‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 130 sur 327 · I. Afrique · texte numérisé non relu

I. Afrique

Quels sont les principaux peuples d’Afrique donl s'occupe l’histoire

ancienne?

Les principaux peuples de l’Afrique dont s’occupe l’histoire ancienne sont les Egyptiens et les Carthaginois.

§ I . Histoire des Egyptiens.

t. Que savez-vous sur les temps primitifs de l'Egypte, et par qui la civilisation y fut-elle importée. 1 1 que firent Mènes et Busiris? — 2. Qu’est-ce que les rois pasteurs, et par qui furent-ils chassés ?

— 3. Que firent Maris, Uchoréus, Osymandias, Rhamses et Aménophis? — 4. Que fit Sésostris? — 6. Quels furent les successeurs les plus remarquables de Sésostris ? — fi. Qu’cst-ce que les douze rois, et comment Psammitichus régna-t-il seul? — 7. Que fit Néchao? — 8. Comment Amasis devint-il roi , et par nui Psamménit fut-il détrôné? — 9. Que devint l’Egypte sous la domination des Perses? — )0. sous Alexandre et les Ptolémées ?

— 11. Comment finit le royaume nouveau d’Egypte? — 12. Quelle était la religion des Egyptiens ? — 1 3. Quel était l’esprit et le caractère -du gouvernement égyptien? — 14. Quelles étaient les lois, les mœurs elles coutumes des Egyptiens? — 15. Quels étaient leurs arts et leurs monuments ? — 16. Quel parti tiraientils du Nil?

f. — L’Egypte, qui sc bornai! dans l’origine à la Thébaïde 1 , fut d’abord gouvernée par des dieux de trois ordres, c’est-à-dire par les prêtres de ces divinités. Après les dieux, régnèrent des hommes classés en trente dynasties, dont les premières surtout ne doivent pas être regardées comme

I. Le reste n’était qu’un vaste marais couvert par les eaux du Nil mêlées à celles de la mer.

successives, mais réparties sur plusieurs principautés simultanées, telles que celles de Thébes, de Thin, de Memphis et de Tanis.

Ce furent les Ethiopiens qui portèrent dans l’Egypte les premiers germes de la civilisation, la religion et l'agriculture. Ménès en fut le premier roi. Il commença les conquêtes des Egyptiens sur le Nil , et fonda Memphis dans l’Ileplanomide (Egypte du milieu J, sur un terrain de nouvelle acquisition. Longtemps apres Menés, Busiris fonda la fameuse Thèbcs aux cent portes , dans la haute Egypte.

2 . — Sous la 13° dynastie de ses rois indigènes, l’Egypte fut envahie, la Thébaïde exceptée, par des princes arabes et phéniciens, qui s’y maintinrent 260 ans sous le nom de rois pasteurs. Ce fut sous l’un de ces rois, appelés dans l’Ecriture Pharaons', que Joseph établit les Hébreux au pays de Tanis, dans la terre de Gessen. Les rois pasteurs furent chassés par Thoutmosis , qui dès lors régna sur toute l’Egypte.

3 . — Parmi les successeurs de Thoutmosis, on remarque Mœris, qui fit creuser un lac immense destiné à corriger les inondations irrégulières du Nil; Uchoréus, qui acheva de bâtir Memphis; Osymandias , dont la bibliothèque, la première connue , avait cette inscription : Trésor des remèdes de l’âme ; Rhamscs, qui commença la persécution contre les Israélites ; enfin Amênophis, sous qui Moïse passa la mer Rouge avec les Hébreux. C’est le père du grand Sésostris.

— Sésostris fil de grandes conquêtes (1645) : il soumit la Libye, l’Ethiopie, l’Arabie, l’Asie jusqu’au Gange, et l’Europe jusqu'au Danube. De retour dans ses Etats , il creusa des canaux , éleva des villes sur des chaussées pour les préserver des inondations du Nil, et fortifia l’isthme de Suez.

8 . — Le premier successeur de Sésostris est P héron , son fils, à qui succédèrent, à différents intervalles, Protée, contemporain de la guerre de Troie, et deux frères, Chéops et Chéphrem, qui fermèrent les temples, accablèrent les peuples d’impôts et construisirent deux des grandes pyramides. Mycérinus, fils de Chéops, bâtit la troisième; mais il sut se faire chérir de toute l’Egypte. Sésac , l’un de ses successeurs, vainquit Roboam , roi de Juda. Bocchoris sc

I . La Bible applique le nom de Pharaons à dix des rois pasteurs

distingua par la sagesse de ses lois : l’une d’elles portait" qu’un enfant ne pouvait emprunter que sur le corps de son père. Mais l’Egypte, dégénérée depuis Sésoslris, se laissa deux fois assujettir par des rois éthiopiens, dont l’un est appelé Sabacon. Délivrée de ces étrangers, elle fut régie l’an 713 par Séthos, prêtre de Vulcain.

0 . — Après la mort de Séthos, l’Egypte, désolée par l’anarchie, se soumit à douze rois qui régnèrent ensemble pendant quinze ans (671-656) et bâtirent à frais communs le Labyrinthe. A la fin, Psammitichus, l’un d’eux, causa de l’ombrage à ses collègues, qu’il vainquit avec le secours des Grecs; resté seul maître de l’Egypte, il fit fleurir le commerce et ouvrit ses ports aux étrangers.

y. — Néchao, fils de Psammitichus , commença le canal de communication entre le Nil et la mer Rouge, fit faire, dit-on, le tour de l’Afrique par des navigateurs phéniciens, et porta la guerre jusqu’en Assyrie.

g. — A Psammis , son fils , succéda le tyran Apriês , qo'Amasis détrôna. Cet.Amasis avait été longtemps voleur; mais il fit oublier, par une heureuse administration et de sages lois, sa basse naissance et son ancien état. Psamménit, son fils , fut vaincu et détrôné par Cainbyse , roi de Perse (525).

9 . — Après la mort de Cambyse, l’Egypte devint une satrapie sous un gouverneur persan; mais il s’y éleva à diverses reprises des révoltes, dont la première eut lieu sous Darius I er , fils d’Hyslaspe, la seconde sous Artaxerxès I er , et la troisième sous Darius II. Les Egyptiens rétablirent en quelque sorte le trône des Pharaons, parmi lesquels on cite Amyrtée (408), Psammi tique, Néphrée, Pausiris, Nectanêbe I er , Tachas et Neclancbe If, vaincu par Artaxerxès III en 354.

10 - — L’an 351 , Alexandre conquit l’Egypte sur le roi de Perse Darius III Codoman. Après sa mort, elle tomba en partage à Plolémée I er (523-283), fils de Lagus, et fondateur de la dynastie des Lagides, qui gouverna ce royaume pendant près de trois siècles. Ptolémée II Philadelphe (285-247), fils et successeur de Ptolémée I er , construisit le fanal de Pharos pour les navigateurs, fit traduire les livres saints en grec, achever le canal commencé par Néchao et fleurir le commerce, la navigation, les arts et les lettres. Ptolémée III Everaête (247), fils de PhiiadeJphe, marcha sur ses traces ; il fut le dernier prince de sa race qui

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sc fit aimer de ses sujets par sa modération et sa justice. Presque tous les autres Ptolémées furent des monstres aussi méprisables que cruels.

11. — Plolémée XI Aulétës, en mourant, avait mis ses trois enfants , Ptolcmée XII, Plolémée XIII et Cléopâtre sous la tutelle de Pompée, rival de César. Cléopâtre, d'après les lois du pays, épousa tour à tour ses deux frères. Ptoléinée XII fil lâchement assassiner Pompée fugitif, combattit César et périt dans les eaux du Nil (48). Plolémée XIII, à peine âgé de douze ans , fut associé par César à Cléopâtre , qui le fit mourir ( 44 ) , épousa Antoine , rival d’Octave , et le trahit à la bataille d’Actium (30); mais sa perfidie ne put la sauver, et, pour échapper au vainqueur, elle se.fit mordre au bras par un aspic. Avec elle s’éteignit la dynastie des Lagides, et Octave, qui prit le titre d'empereur sous le nom d’Auguste, réduisit l’Egypte en province romaine.

12. — La religion des Egyptiens était le polythéisme. Osiris et Isis (le soleil et la lune) étaient leurs principales divinités; ils adoraient en outre le bœuf Apis, le crocodile, le loup , le chien , le chat , l’ibis, etc., et même des plantes, des légumes : ils croyaient à la métempsycose.

13. — De temps immémorial, l’Egypte obéit à des rois héréditaires. Leur fonction la plus ordinaire était de juger par eux-mêmes une partie des causes. Le reste des procès était soumis à trente juges.

Les prêtres, seuls dépositaires des connaissances et seuls instituteurs de la jeunesse, jouissaient encore de toute influence dans le gouvernement : un roi ne pouvait régner que s’il se faisait agréger à leur caste. Ainsi le gouvernement égyptien était plutôt théocratique que monarchique.

14. — Parmi les lois égyptiennes, on distingue celles qui punissaient de mort le meurtre volontaire, le parjure, le défaut d’assistance mutuelle en cas de danger. Le calomniateur était puni de la peine qu’aurait subie l'accusé si le crime s’était trouvé véritable. Les biens, et non la personne du débiteur, répondaient de la dette : au refus de payer était attachée l’infamie, et à celle-ci , la privation de sépulture.

La population se partageait en trois castes : les prêtres, les guerriers et le peuple. Les professions étaient héréditaires.

Tout Egyptien, monarque ou particulier, subissait, après

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sa mort, un jugement d'où dépendait la sépullure du défunt.

Les corps des morts étaient embaumés avec soin , enveloppés dans des linges, et renfermés dans des boîtes où ils sesonl conservés jusqu’à nas jours : c’est ce qu’on appelle momies.

I o. — Les Egyptiens connaissaient l'architecture , la sculpture, la peinture, la géométrie, la mécanique, l’astronomie, etc.; leurs monuments étaient gigantesques et, pour ainsi dire, indestructibles. On admire encore leurs pyramides , les obélisques , les sphinx colossaux , etc. ; des inscriptions en caractères hiéroglyphiques , gravées sur ces monuments et sur des colonnes appelées hernies , conservaient le souvenir des grands événements et des découvertes, ou contenaient d’utiles maximes.

16. — Comme il pleut rarement en Egypte, les débordements annuels du Nil y fécondaient les terres; de nombreux canaux en conduisaient partout les eaux , et au moyen d’écluses cl de pompes, on les faisait monter jusque sur les lieux les plus élevés.

g 2. Histoire (les Carthaginois.

« J. Par qui Carthage fut-elle fondée, et quels furent les trois premiers siècles de son histoire ? — 2. Quelle fut sa lutte contre la Sicile? — 3. Quelle fut sa lutte contre Rome et sa réduction en province romaine? — 4. Quelle était la religion des Carthaginois? — 5. Quel était leur gouvernement? — 6. leur commerce ? — 7. Quelles étaient leurs mœurs?

f. — Carthage, fondée par des Tyricns en 1259, fut augmentée par Didon *, en 860, d’une nouvelle ville nommée Carthada par les Phéniciens, Carchèdôn par les Grecs, et d’une citadelle appelée Byrsa. Les trois siècles qui suivirent la fondation de Carthage n’offrent guère à l'histoire que la constitution de son gouvernement. Entourée de peuples brigands ou nomades , elle les subjugua par les armes et les retint sous le joug par des établissements coloniaux. Les Carthaginois s’emparèrent de i’ilc de Corse en 545, puis des îles Baléares , qui leur fournirent d’habiles frondeurs, et des côtes méridionales de l’Espagne , où ils trouvèrent de riches mines d’or et d'argent.

1. Celte princesse avait fui la cour de Pygmalion, roi de Tyr, et meurtrier de Sichée , son mari.

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2 . — Alliés de Xcrxès, dont l’empire s’étendait jusqu’à la grande Syrie, les Carthaginois, chassés en ffhrtie de la Sicile, l’envahirent de nouveau vers 480; maisGélon, roi de Géla , leur tua cent cinquante mille hommes, le jour meme du combat des Thermopyles (480). Carthage humiliée demanda la paix, et l'obtint à condition qu’elle abolirait l’usage des sacrifices humains. Dans les guerres suivantes, la cruauté carthaginoise se porta sur les prisonniers : Hannibal en égorgea trois mille (400). Himilcon , son parent , alla jusqu’à détruire les tombeaux ; mais il fut bientôt puni de son impiété : la peste décima scs troupes , et Denys l’Ancien détruisit sa flotte. Sous Denys le Jeune, los Carthaginois revinrent assiéger Syracuse; maisTimoléon les repoussa glorieusement (343). Trente-trois ans après, ils reparurent encore devant la ville, et déjà même ils étaient sur le point de la prendre , lorsque l’audacieuse expédition d’Agalhocle en Afrique délivra de nouveau Syracuse. Pyrrhus, roi d’Epire, eut à la garantir d’une dernière invasion, et c’est quelque temps après que la possession de la Sicile mit aux prises Home et Carthage (204).

.%. — La lutte de Carthage contre Home se prolongea pendant cent dix- huit ans (204-146) dans trois guerres fameuses 1 , nommées guerres puniques : la première , qui dura vingt-deux ans (204-241), fut signalée par l'expédition de liégtilusen Afrique et par la victoire navale de Lutatius, „ qui força les Carthaginois à la paix; la deuxième, qui dura dix-huit ans (219-201), fut signalée par les victoires d’//annibal au Te 8 in, à la Trcbie, au lac Trasimè ne, à Cannes, en Italie , et par sa défaite à Zama , en Afrique; la troisième, qui dura trois ans (1 49-1 40), fut signalée par la destruction de Carthage, dont Scipion H milieu réduisit tout le territoire en province romaine.

4- — La première divinité des Carthaginois s’appelait Uranie, c’est-à-dire Céleste ; on l’implorait contre les sécheresses, si fréquentes en Afrique. Hercule, dieu principal de Tyr, avait aussi son culte à Carthage. Enfin cette ville adorait Moloch ou Saturne, auquel on olTrait des sacrifices humains.

J». — Le gouvernement de Carthage était un mélange du pouvoir royal , du pouvoir aristocratique et du pouvoir populaire. Le premier était représenté par deux sufféles ,

1. Le récit de ces guerres appartient à l’histoire romaine. Voy. plus loin.

magistrats annuels qui présidaient aux délibérations publiques, jugeaient les procès importants et commandaient quelquefois les armées; le second, par le sénat, qui traitait Jes grands intérêts de l’Etat, prononçait la paix ou la guerre et décidait sur les affaires en dernier ressort, si les suffrages étaient unanimes ; le troisième, par le peuple, qui ne prenait part aux affaires que lorsque le sénat était divisé de sentiments.

En outre, un tribunal de cent citoyens devait veiller au maintien de la constitution. Il faisait rendre compte aux généraux de leur conduite, et punissait leurs revers avec la même rigueur que les crimes.

G. — Le commerce des Carthaginois était immense : il se faisait en partie par terre et en partie par mer. Le commerce maritime, fondé sur leurs colonies, s’étendait jusqu’aux côtes de la Bretagne et à celles de la Guinée. Le commerce par terre, au moyen des caravanes, s’étendait à l’E. jusqu’à ilammonium et la haute Egypte, et au S. jusqu’au pays des Garamantes et plus avant encore dans l’intérieur de l’Afrique.

7. — Les Carthaginois avaient dans les mœurs quelque chose d’austère, de sauvage et de cruel ; mais ce qui les distinguait, c’était la finesse, la ruse, la fourberie : de telle sorte que, pour désigner la mauvaise foi, les Latins disaient proverbialement une foi carthaginoise , une foi punique.

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