Que se passa-t-il en Espagne pendant Içs croisades
14. Que firent les Mogols, Gengis-Khan et scs (ils? — 15. Quelles sont les principales inventions du 13 e siècle ? — 10. Quel fut l’esprit et le caractère de cette époque?
|. — On appelle croisades les expédilions religieuses conduites par les chrétiens d’Occident contre les infidèles d’Orient, d’abord pour la délivrance du saint sépulcre, ensuite et surtout pour la destruction de la puissance musulmaue. On compte huit croisades principales : la première , en 1095, sous Godefroi de Bouillon; la deuxième, en 1 1 47, sous Louis le Jeune et Conrad III ; la troisième, eu 4189, sous Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion et Frédéric L r Barberousse ; la quatrième, en 4204, sous Bonifacc II de Montfcrrat ; la cinquième, en 4217, sous André II ; la sixième, en 1228, sous Frédéric II ; la septième, en 1248, et la huitième, en 1270, sous saint Louis.
La terre sainte, berceau de notre religion , était opprimée par les musulmans, et les pèlerins n’y pouvaient aborder qu'avec les plus grands périls. Un cri , parti de France , Dieu le veut ! Dieu le veut / arma l’Europe contre l’Asie pour la délivrance de Jérusalem, et fit entreprendre , de l’an 1095 à l’an 1270, huit expéditions religieuses appelées croisades. La France , et après elle l'Angleterre et
l'Allemagne, y prirent la plus grande part. Après ces huit tentatives plus ou moins infructueuses, on renonça à ces expéditions ; mais si elles ne délivrèrent pas Jérusalem , elles eurent sur l’état politique et moral de l’Europe une grande et salutaire influence.
2. — Un gentilhomme picard , Pierre l’Ermite , excita les chrétiens à s’armer contre les infidèles. Le pape Urbain II , dans le concile de Clermont (1095) , fit résoudre l’expédition. Dieu le veut! s’écrièrent tous les auditeurs; on adopta pour signe de ralliement une croix rouge sur l’épaule droite : de là les noms de croisés et de croisade. Six à sept cent mille hommes se croisèrent ; mais la plupart périrent en route; vingt mille seulement parvinrent en Palestine, sous les ordres de Godefroy de Bouillon, et prirent Jérusalem en 1099. L’armée victorieuse proclama pour roi Codefroy de Bouillon, qui justifia cet honneur par la victoire d ’Ascalon, remportée sur le khalife d’Egypte. La conquête fut réglée d’après un code féodal connu sous le nom A' Assises de Jérusalem. Le royaume de Jérusalem dura près de deux siècles , jusqu’à l’an 1291.
5.— La deuxième croisade fut prcchée par saint Bernard et exécutée par Louis le Jeune, roi de France, et Conrad III, empereur d’Allemagne (11-17-9); elle n’eut aucun succès. La troisième fut occasionnée par la victoire de Tibériade que Saladin, sultan d’Egypte, remporta sur Guy de Lusignan , roi de Jérusalem , et qui donna lieu à l’établissement de la dime saladine. Philippe Auguste, roi de France, prit la croix avec Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre , et Frédéric Barbcrousse , empereur d’Allemagne (1191). Ces trois princes ne purent enlever Jérusalem aux infidèles ; mais Richard s’empara de l’ile et du royaume de Chypre , qu’il vendit à Guy de Lusignan, dont les descendants les possédèrent pendant plusieurs siècles.
4- — A la quatrième croisade, prêchée par Foulques, curé de Neuilly , les croisés prirent la route de la mer par Constantinople (1204). La perfidie des Grecs tourna contre cette ville les armes des princes croisés. Ils s’en rendirent maîtres, se partagèrent la dépouille de l’empire , et proclamèrent pour empereur Baudouin IX, comte de Flandre. C’est ce qu’on appelle l 'empire latin de Constantinople. Il ne dura que 57 ans , de 1201 à 1201.
S. — La cinquième croisade fut exécutée par l’empereur Frédéric //,qui prit Jérusalem sans pouvoir s’y faire couronner roi (1228). Dans l’intervalle de la cinquième à la
sixième croisade, tout l’Orient fut déchiré par l’anarchie. Jérusalem , prise et reprise par divers princes musulmans , resta au pouvoir des sultans d’Egypte. Zoufs /X(saint Louis), qui se mit en relation avec les Mogols, dirigea la septième croisade (1218) contre ce pays, s’empara de Damiette, tomba, par l'imprudence de son frère, au pouvoir des Sarrasins , et ne dut sa liberté qu’à son héroïsme. Il alla passer quatre ans en Palestine, et ne revint en France que l'an 1234. fl en repartit l’an 1270, pour clore, par sa mort devant Tunis , dans la 8 e croisade, la série des expéditions religieuses.
6. — La guerre des investitures divisa l'Italie en deux factions : les guelfe s, ou partisans des papes, et les gibelins, ou partisans des empereurs. Ces deux partis se tirent de longues et cruelles guerres.
7. — Les trois républiques maritimes de Venise , Gênes et Pise continuèrent à faire des progrès dans celte période. Venise en dut de nouveaux aux croisades ; Gênes et Pise s'unirent pour ravir aux musulmans, l’une la Corse et l’autre la Sardaigne (1050); mais cette conquête lit naître entre les deux alliées de longues guerres, qui, 150 ans après , minèrent la puissance pisane.
8. — Après Henri V, mort en 1123, la couronne impériale fut disputée par Lothaire de Saxe et Conrad de Souabc; mais en 1158 elle passa à la maison de Ilohenstaufen , en la personne de Frédéric Barberousse, qui eut pendant presque tout son règne à guerroyer en Italie. Il eut, en 1190, pour successeur Henri VI, son üls, qui régna 7 ans et laissa le trône à Frédéric II, après lequel commença le grand interrègne allemand de 23 ans (1250-1273), terminé par l’avénement de la maison de Habsbourg-Autriche, en la personne de Rodolphe.
A cette époque, les guelfes et les gibelins s’appelèrent les noirs et les blancs, et leur querelle ne fut plus qu’une lutte entre les nobles et les plébéiens.
O. — Les princes ecclésiastiques ou séculiers d’Allemagne s'occupèrent aussi de leurs intérêts particuliers. Profitant de la faiblesse de l'Empire, sept d'entre eux s’arrogèrent le droit d'élire les empereurs : telle est l'origine des sept électeurs. Le reste de la noblesse allemande les imita, et chacun fit le souverain dans son petit Etat.
10. — I)'un autre côté, Lubeck, Hambourg , Brême , Danlzick et d'autres villes se déclarèrent libres , et, pour
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protéger leur commerce, elles formèrent la Hanse ou ligue hanséatique , qui régna longtemps sur les mers du Nord.
11. — L’Angleterre, déchirée par les guerres civiles, se révolta , dans le treizième siècle , contre la tyrannie de Jean Sans-Terre, à qui elle arracha la grande Charte , fondement des libertés anglaises , qui garantit à la nation , représentée par le clergé et la noblesse , la liberté des personnes et des propriétés , le libre vote de l’impôt, etc.
12. — Les chartes d’incorporation communale remontent, en Angleterre, à Guillaume le Houx (1087-1100); Henri I " accorda celle de Londres en 1100. Sous Jean Sans-Terre , les communes obtinrent le droit d’élire leurs aldermans, et bientôt après, le grand conseil ou parlement, composé des évêques et des barons, arracha à la couronne diverses autres immunités.
Sous Henri III , la guerre civile ouvrit le parlement aux députés des communes (1204). La chambre des communes commença à se constituer, et son consentement devint indispensable pour l’imposition des taxes publiques , sous Edouard I" (1295).
1 3. — L’Espagne ne prit point part aux expéditions d’Asie ; elle était en croisade continuelle contre les Maures (Sarrasins , Arabes). Henri de Bourgogne , arrière-petit-fils du roi de France Robert, leur enleva Porto (d’où le nom de Portugal); son fils, Alphonse Henriquez, fut reconnu roi de ce pays après sa victoire d’Ourique (1139). Telle fut l’origine du royaume de Portugal, qui se sépara alors de l’Espagne. Les ordres militaires d' Alcan tara, dcCalatracu . de Saint-Jacques et d 'Avis rendirent de grands services aux chrétiens contre les infidèles.
14. — Les Mogols ou 'Part ares , guidés par Geng’is- Khan et ses fils , conquirent la Chine , la Perse , Bagdad , où ils mirent fin au khalifat d’Oricnt, ravagèrent toute l’Europe orientale , et fondèrent le klianat du Kaptschak ou de la Horde d’Or, qui pendant deux siècles domina sur la Russie. L'empire mogol se divisa peu après sa fondation en beaucoup d’Etats, dont le dernier débri fut l 'empire du Grand Mogol , dans les Indes.
liî. — Les principales inventions du 13' siècle, sont : la boussole, le papier de linge cl la poudre à canon. Ces inventions ont changé la face du inonde : la boussole, en accélérant les progrès de la navigation, la papier de linge, en facilitant la diffusion de l’imprimerie qui fut découverte
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plus tard, et la poudre à canon, en détruisant le reste de la tactique ancienne.
iG. — L’esprit et le caractère de cette époque , c’est le mouvement religieux qui précipita l’Europe sur l’Asie dans la période des croisades, les guerres civiles de l'Italie, la fondation des libertés politiques en plusieurs contrées , etc.
Quatrième période. — De la fin des croisades à la dei ttruction de l’empire d’Orient ou la prise de Constantinople (1271-1 133).
§ 1. De la fin des croisades an grand schisme d’ Occident.
I. Quelle full’originc de la ligue helvélique ? — 2. Que se passa -t-i t sous les maisons impériales de Luxembourg et de Bavière ? — 3. Pourquoi le saint-siège fut-il transféré à Avignon ? — 4. Que se passa-t-il, à cette époque, dans les Etals Scandinaves et slaves ? — 5. Qu’est-ce que l’ordre teutonique et avec qui fut-il en guerre? — C. Quelle fut la rivalité de Venise et de Gènes? Qu’étail-cc que le conseil des Dix à Venise ? — 7. Que se passat-il dans le royaume des Deux-Siciles? — 8. Quel fut l’esprit et le caractère de cette époque?
1. — Sous l’empereur Albert , lils de Rodolphe (p. 566), dont la tyrannie, exercée par le bailli Gessler, écrasait les Suisses, trois cantons , Uri , Schwitz et Unterwalden , donnèrent avec Guillaume Tell le signal de l’insurrection. Trois autres Helvétiens, Arnold de Melchtal, Walter Furst et Stauffacher, conclurent pour dix ans une alliance défensive (1308), qui devint par la suite une fédération républicaine sous le nom de Suisse (Schwitz).
2. — Frédéric le Bel , fils d’Albert , aspira vainement à lui succéder. Les électeurs lui préférèrent Henri Fil de Luxembourg, en qui commença la maison de ce nom (1508); il ne jouit que cinq ans de la couronne impériale (1315). Après un an d’interrègne, les suffrages se partagèrent entre Louis V de Bavière et Frédéric le Bel d’Autriche , dont la lutte dura pendant dix ans. Louis de Bavière , à qui resta le sceptre, fut remplacé, l’an 13-17, par Charles IF de Luxembourg, qui donna la bulle d’or, où se trouve réglé tout ce qui concernait l’élection du roi des Romains (1336). Après Wenceslas son lils , la maison de Bavière remonta sur le trône impérial en la personne de Robert , qui le garda dix ans pour le laisser h Sigismond, roi de Hongrie, en qui s'cleignit la maison de Luxembourg (1137).
5. — Pour échapper aux troubles continuels excités par la turbulence des Romains, Clément /^transporta le saintsiège à Avignon. Rome fut livrée alors à une grande anarchie , d’où sortit Nicolas Gabrino de Jlienzi , lils d’un cabaretier, qui , devenu l’orateur le plus distingué de son temps, rétablit, par le seul empire de la parole, le gouvernement de la république sous le nom de Bon Etat (1547); mais son orgueil causa sa chute en 1354.
4. — Marguerite, fille de Waldemar III, réunit sur sa tète, par Védit de Calmar { 1397), les trois couronnes scandinaviques , de Danemark , de Suède et de Norwége. — Les Russes, les Polonais et les Hongrois, peuples slaves, présentent encore peu d’intérêt a cette époque.
y. — L’ordre teutonique, fondé à la troisième croisade • (1190), s’établit en Prusse pour y combattre les idolâtres; ■ il conquit le pays presque tout entier.
C. — Les Vénitiens, exclus par les Génois de la mer Noire et de la mer Syrienne, dominaient encore dans l’Archipel ; la guerre éclata derechef entre les deux républiques rivales (1350). Vainqueurs ü Gallipoli, battus à Cagliari , les Génois triomphèrent à Porto-Longo par l’habileté de leur amiral Paganino Doria. Quelque temps après, la guerre de Chiozza (1378-1581) mit les Vénitiens à deux doigts de leur perte. Victor Pisani d’abord , puis Carmagnole , les soutinrent contre les Génois et les .Milanais (1581-1428). La mort de Carmagnole fut suivie d’une paix courte, et celle-ci, d’une guerre sans résultat (14411.
Une conspiration donna lieu, a Venise, à l’établissement du conseil des Dix ( 1355), qui exerça depuis une dictature secrète et terrible.
7. — Charles d’Anjou, frère de saint Louis, monta sur le trône des Deux-Siciles en 1266. Le massacre connu sous le nom de Vêpres siciliennes lui ravit la Sicile. Charles 11, son lils, régna à Naples jusqu’en 1309, tandis qnc l’ile était occupée par Frédéric d’Aragon. Après Robert le Sage, deux reines du nom de Jeanne déshonorèrent le trône napolitain par leur conduite scandaleuse (1543-1435). Réné d’Anjou 11e put résister à Alphonse V d’Aragon , qui resta maître paisible des Deux-Siciles en 1412, et les garda jusqu’en 1458 pour transmettre Naples à Ferdinand, son fils naturel , et la Sicile à Jean II, son frère.
8. — L’esprit et le caractère de celle époque , c'est le déplacement du saint-siège , l’union des trois couronnes