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du Nord , l’affranchissement de la Suisse, l’asservissement de Venise, etc.
g 2. Du grand schisme d’Occident à la prise de Constantinople.
1. Qu’ost-cc que le grand schisme d’Occident, et comment finit-il ? 2. Que se passa-t-il dans la maison d’Autriche? — 3. dans les maisons souveraines d’Italie ? — 4. dans la république de Toscane ? — à. Quels furent les troubles d’Espagne dans la sixième époque ? — 6. Quelles furent les guerres et les découvertes des Portugais en Afrique? — 7. Que se passa-t-il dans les Etats slaves et Scandinaves ? — 8. Que fut l’empire grec sous les Paléologues ? — 0. Qui fonda l’empire des Turcs-Ottomans? Que firent les successeurs d’Osman? — 10. Qu etait-ce que Tamerlan, et que fit-il ? — 11. Qui mit fin à l’empire d’Orient ? — 12. Quel fut l’esprit et le caractère de cette époque ?
1 . — En 1578, les papes revinrent à Rome; ce fut alors qu’a près la mort de Grégoire XI commença le grand schisme d’Occident par l’élection simultanée de deux papes , Benoit XIII et Grégoire XII. Le concile de Pise, assemblé pour remédier au désordre, ne fit que l’accroître par l’élection d’un troisième pape, Alexandre (1-409). Le concile de Constance (1414) n’obtint qu'une réunion momentanée par l’exaltation de. Martin V ; le concile de Bàile (1451) produisit un nouvel antipape, Félix F. Enfin, après le concile de Ferrure, Nicolas F, par sa prudence , et Félix V, par son abdication , rendirent l’union et le repos a l’Eglise (1449).
1 . — Albert d'Autriche , gendre de Sigismond, lui succéda (1457-9). Après lui régna Frédéric III , son parent, qui reçut du pape Nicolas F la couronne impériale (1452). Le prince acquit pour la maison d’Autriche tous les Pays- Bas par le mariage de son fils Maximilien avec Marie de Bourgogne, tille de Charles le Téméraire. Il mourut en 1495, laissant pour successeur Maximilien I ,r .
5. — Le chef des Visconti , l’archevêque Otton , avait rendu la seigneurie de Milan héréditaire dans sa famille. Jean Galéaz, l’un de ses successeurs, réunit à ses Etats toute l’Italie lombarde depuis la Brenta jusqu’au Tésin. L’empereur AVenceslas lui conféra la dignité ducale (1595). Ses fils, Jean et Philippe, lui succédèrent, et moururent sans postérité légitime. Philippe avait pris à sa solde les plus fumeux condottieri (ou mercenaires) du temps, tels
que Carmagnole et François Sforce ou Sforza. Ce dernier, fils d’un paysan, parvint à épouser Blanche, fille naturelle du duc, s’empara du duché (1430), et fonda une dynastie qui, cinquante ans après, se trouva en lutte avec les rois de France.
4 . — Florence fut l’ennemie constante des empereurs et des ducs de Milan. Au commencement du 13 e siècle, les Florentins conquirent Pise (140G), achetèrent Livourne (1421), et s’ouvrirent la mer pour leurs spéculations commerciales. Du milieu des marchands enrichis par le commerce sortit une famille, celle des Médicis, puissante par son opulence, son amour des arts et sa popularité. Jean de
• Médicis , le Père des pauvres, fonda la grandeur de sa maison, et son fils Cosme, le Père de la patrie, resta pendant trente-quatre ans l’arbitre de la république (1430- 1464).
5. — Depuis l’invasion des Arabes , l’Espagne était continuellement en proie aux guerres étrangères ou aux guerres civiles. Les Almoravides et les Meirinides, tout en combattant les chrétiens , s’y disputèrent tour à tour la puissance ; d’un autre côté , les rois de Castille , d’Aragon , de Navarre, au lieu de rester unis contre les Maures, lie cessèrent presque jamais de guerroyer entre eux. Toutefois, malgré ces dissensions, les infidèles perdirent peu il peu du terrain, et, lorsque Ferdinand le Catholique d’Aragon épousa Isabelle de Castille (1474), il ne leur restait plus que le royaume de Grenade , qui devait bientôt leur être enlevé.
6. — Les guerres des Portugais en Afrique commencèrent, sous Jean I" le Grand, par la prise de Ceuta. Alphonse V, surnommé Y Africain, conquit Tanger. Sous ses successeurs, les Portugais découvrirent successivement sur la côte d’Afrique le cap Bojador (1433), le cap Blanc (1440), les îles de Las Gardas et d'Arguin (1444), celles du Cap-Vert et des Açores (1402), celles de Fernando- Po , de San-Thomé, etc.; les royaumes de Bénin, de Congo, etc.; et enfin, en 1486, le cap de Bonne-Espérance, qui ne fut doublé qu’en 1498, par V asco de Gama.
7. — Les Russes, devenus tributaires des Mogols au milieu du 13 e siècle, ne furent affranchis de ce joug qu’en 1462 par Ivan III. — En Pologne, le règne de Casimir III (1333-70) fut une époque de grandeur; sa fille Iledwidgc épousa Jagellon (1386), grand-duc de Lithuanie, dont le fils, JFladislas VI, périt en 1444, à la
bataille de Varna, gagnée par les Turcs. — La Bohême, échue l’an 1309 à la maison de Luxembourg, passa, apres Sigismond (1437) , à la maison d’Autriche , en la personne d'Albert, qui, gendre de ce prince, hérita aussi de la couronne hongroise.
Les trois Etals Scandinaves (Danemark, Suède et Norvège), presque toujours en guerre, furent réunis en 1397, à Calmar, par la fameuse Marguerite , fille de Waldemar. Fric XIII, son successeur, fut déposé en 1438, et Charles Canutson parvint en 1448 à détacher la Suède du Danemark et de la Norwége , où régna la maison d’Oldenbourg par l’élection de Christian I". Par la suite, la Norwége fut de nouveau réunie à la Suède pour ne plus s’en séparer.
8- — Michel Paléologue avait enlevé Constantinople à Baudouin II et mis fin à l’empire latin (1261). La race des Paléologues fut livrée pendant deux siècles à la merci des moines schismatiques et des marchands génois. Michel sollicita plusieurs fois l’appui de la chrétienté; mais l’Occident mit son secours au prix de la réconciliation des Grecs avec l’Eglise romaine. La réunion , décrétée par le concile de Lyon, l’an 1274, et jurée par Michel, fut rompue par son fils Andronic l’ancien. Aux querelles religieuses se joignirent les guerres civiles , qui aboutirent à faire détrôner ce prince par son petit-fils, Andronic le jeune (1332). Celui-ci , plus soigneux de défendre le quiétisme que son empire, mourut en controversant (1341), et son fils Jean Paléologue était occupé des mêmes soins, lorsque Jean Cantacuzéne le détrôna ; mais il reconquit son héritage avec le secours des memes infidèles qui le lui avaient fait perdre (1538) : c’étaient les Turcs Ottomans.
9. — Osman ou Othman, simple émir (commandant), fonda, l’an 1300, l’empire des Turcs Ottomans, par la conquête de la Bithynie, province de l’Asie Mineure (Anatolie). Orkhan, son fils, créa la puissante milice des janissaires et prit le titre de sultan. Amurat /"envahit l’Europe, prit Andrinople (1360), soumit la Thrace, la Bulgarie, la Servie , la Macédoine , et mourut vainqueur à Cassova (1389). Bajazet /" affermit les conquêtes de son père, joignit toute l’Asie Mineure et bloqua Constantinople , qu'il eût prise sans l'invasion de Tamerlan.
10. — Tamerlan, descendant de Gengis-Khan , après avoir conquis toute l’Asie depuis le Gange jusqu’à l’Euphrate, se jeta sur l’Asie Mineure. Bajazet marcha contre lui ; mafè il fut défait et pris à la bataille d’Ancyre (1402).
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Le manque de vaisseaux empêcha Tamerlan de passer en Europe ; il se dirigeait de nouveau vers l'orient pour conquérir la Chine, lorsqu’il mourut, en 1105. Il avait coutume de détruire tous les monuments des arts et d’élever des pyramides avec les têtes des vaincus.
11. — Les Turcs, affaiblis par leur défaite et leurs discordes civiles, se relevèrent sous Amurat II. Vaincu plusieurs fois pur Ilunyad, régent de Hongrie* il délit les chrétiens aux sanglantes batailles de Farna et de Ctissova (1411-8). Son lils, Mahomet II, s’empara de Constantinople, en 1153, et mil fin ù l'empire d’Orient.
12. — L’esprit et le caractère de cette époque , c’est le grand schisme religieux d’Occident, la destruction de l’empire d’ürient, et par suite l’établissement d’une nouvelle puissance mahométanc à l’est de l’Europe.
g 3. Des lettres, des sciences et des arts depuis Charlemagne jusqu’à la prise de Constantinople.
i. Donnez des deuils sommaires sur les lettres, les sciences et les arts jusqu’à Charlemagne. — 2. Donnez depuis Charlemagne des details sur les lettres. — 3. sur les sciences. — 1. sur les arts.
1 . — La décadence des lettres latines, après l’invasion des barbares, fut plus rapide et plus générale que celle des lettres grecques, parce que l’invasion fut universelle dans l’Occident. La littérature ecclésiastique compte cependant plusieurs hommes célèbres : saint Grégoire, Sulpicc Sévère, Prudence, saint Paulin, saint Prosper, etc. La poésie cite Ausonc, Claudien, Doèce , etc. L’histoire nomme quelques chroniqueurs, Jornandcs, Grégoire de Tours, Frédégaire , etc.
A celte époque, la littérature grecque vit naître le roman, genre d’ouvrage inconnu aux siècles classiques , cl dans lequel se distinguèrent lléliodore et Longue. C’est aussi l’époque de ce qu’on appelle les historiens byzantins, Zozime , Procope , etc. La jurisprudence brilla du plus vif éclat sous Justinien.
L’Eglise conserva les plus beaux restes de l’architecture antique, comme elle avait conservé les débris des connaissances humaines. Théodoric, roi dcsOstrogoths, bâtit la célèbre rotonde de Ravenne, et Justinien , la fameuse église de Sainte-Sophie de Constantinople ; mais les invasions des musulmans, ennemis des images, et les fureurs ((es icono-
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clastes portèrent aux beaux-arts , surtout à la peinture et à la sculpture, une atteinte irréparable. C’est alors que parut l'architecture gothique , qui , née chez les Arabes et les Goths , devait dominer pendant plusieurs siècles dans toute l’Europe.
1° Des lettres.
2. — Depuis Charlemagne jusqu'à la fin du 11 e siècle, l'Europe resta plongée dans la barbarie la plus profonde; mais l'activité que les croisades avaient mise dans les esprits, se porta naturellement sur les lettres, les sciences et les arts. On dut à la générosité des rois, des prélats et des abbés, un grand nombre d’écoles.
L'ensemble des études réunissait les sept arts libéraux, divisés en deux parties: \° le trivium, qui comprenait’ la grammaire , la dialectique et la rhétorique ; 2° le quadrivium, qui embrassait la musique (chant d'église), l’arithmétique, la géométrie et l’astronomie (astrologie). Les vaines recherches des alchimistes donnèrent naissance à la physique et à la chimie, rangées parmi les sciences occultes. La théologie, le droit canon, ainsi que la médecine, avaieut des écoles particulières.
On peut réduire à quatre les principales langues du moyen âge , dont les divers dialectes sont aujourd’hui parlés en Europe. Ces langues sont : 1° la langue grecque , inconnue à l’Occident, et qui, dès le II e siècle, dégénérait, dans les provinces, en langue romaïque ou grec moderne; 2° la langue slave, d’où dérivent le russe, le polonais, le bohémien, etc., encore informes dans le moyen âge; 3° la langue teutonique, d'où viennent l'allemand, le flamand, l’anglais, le danois, le suédois, l’islandais; 4° la langue romane rustique, corrompue du latin, qui fut longtemps commune à tous les peuples de l’Europe latine : c’est de là que sont nés lé provençal ( langue d’oc), le français ( langue d'oyl), l’italien ( langue de si), ainsi que le castillan, le portugais, le vainque.
Le roman provençal eut ses troubadours , et le roman français, ses trouvères. La poésie naquit au U 1 ' siècle dans le midi de la France, d’où le goût s’en répandit dans les provinces du Nord.
Les poètes espagnols et italiens adoptèrent d’abord la langue provençale. La poésie italienne prit naissance en Sicile, à la cour de Frédéric II, et fut cultivée en Toscane à la fin du 15" siècle.
De toutes les langues latines, l’italienne fut fixée la première, et bien longtemps avant les autres, par trois hommes de génie, le Dante, Pétrarque et Boccace (1321, 1371, 1373). Vers ce temps le provençal dégénérait déjà en patois , et le français restait de beaucoup en arrière de tous les autres idiomes latins. Les genres en prose suivirent le sort de la poésie chez les différents peuples. Les progrès de la littérature, arretés vers le milieu du 12 e siècle, reprirent leur cours au 11'. Celte régénération commença par l’élude des lettres classiques grecques et latines , qui , restaurée en Italie , passa de là en France , en Espagne , en Allemagne et en Angleterre. En France , la langue vulgaire fut adoptée de préférence à la latine par les poêles et les historiens ; mais les écrivains furent peu nombrenx , et parmi eux aucun n’eut assez de génie pour ennoblir et fixer la langue française.
Plusieurs bons Mémoires, parmi lesquels on distingue ceux de Dugucsclin , d'Olivier de la Marche, et surtout ceux de Comines; les Chroniques de Froissart , de Monstrelet et de Juvénal des Ursins; quelques poésies peu remarquables : telles sont les richesses littéraires de la France pendant le 14 e et le 13° siècle.
2® Des sciences.
3. — Les sciences ne comprenaient guère, à cette époque, que la médecine, avec l’arithmétique, la géométrie et l'astronomie, ou plutôt l'astrologie, trois parties du quadrivium.- C’est l'époque des sciences occultes, et particulièrement de l 'alchimie, art chimérique de la transmutation des métaux : on l'appelait recherche de la pierre philosophale.
Les principales inventions de celte époque sont : la poudre à canon , la boussole, le papier de linge , les lunettes , la distillation de l’eau-de-vie , la fabrication des glaces et l’imprimerie. On avait d’abord inventé la gravure en bois. Vers l’an 1434, Jean Guttcnbcrg , de Mayence, imagina les caractères mobiles. On attribue la découverte de la fonte à caractères à Schœffer de Gernsheim (1432). Faust s’associa à Guttenberg, et de leurs presses sortirent les premiers exemplaires de la Bible et du Psautier (1457).
3° Des arts.
4 . — La Toscane fut le berceau des beaux-arts : Guy d’Arezzo, mort l’an 1031, avait inventé les notes de musique; Pise produisit les premiers architectes , et Florence, les premiers peintres. En France, l’architecture ecclésiastique perfectionna le genre gothique ou plutôt mauresque. La peinture s’enrichit d’une découverte inappréciable. dont la gloire appartient aux Pays-Bas : Jean de Bruges (Van Eick) et son frère Hubert inventèrent la peinture à l’huile.
Les arts industriels et mécaniques se perfectionnaient peu à peu, surtout dans les Pays-Bas, où de nombreuses manufactures attiraient des richesses immenses.