GRAMMAIRE PROPREMENT DITE
§ i. Notions préliminaires.
1. De quoi traite la grammaire proprement dite? de quoi les mots sont-ils composes? — 2. Combien y a-t-il de sortes de lettres i qu’est-ce que les voyelles? qu’est-ce que les consonnes? — a. Qti’appelle-t-on syllabe, et qu’est-ce que la diphlhonguc ? — i. Quels noms prennent les mots suivant le nombre de leurs .syllabes ? — S. Combien y a-t-il de sortes de mots ?
I. — La grammaire proprement dite traite des mots considérés isolément.
Les mois sont composés de syllabes , et les syllabes, de lettres.
<2. — 11 y a deux sortes de lettres : les voyelles et les consonnes.
Les voyelles se nomment ainsi parce qu’elles forment par elles seules un son, une voix. Il y a deux sortes de voyelles, les voyelles simples et les voyelles composées ou diphthon gués.
Les voyelles simples sont au nombre de huit, savoir: n, e, é , è , t, y (t grec) o, u. Il faut y joindre quatre autres voyelles qui ne sont composées que dans la forme; ce sont : ou, eu, ie, ou, et quatre nasales, c’est-à-dire qui se prononcent du nez: an, in, on, un.
Les voyelles composées ou diphlhongues sont au nombre de quatorze, savoir: ia, ie, iè, io, ieu, ian, ien , ion, io , oin, oi, oui, ui, uin.
Les consonnes se nomment ainsi parce qu’elles ne forment un son qu’avec le secours des voyelles.
Les consonnes simples sont au nombre de dix-neuf, savoir : b, c, d, f, g, h, 1c, l, m, n, p, q, r, s, I , t , x, z, qu’on peut ranger ainsi d’après l’analogie du sou : b, p, f, v ; — c, k, q ; — g, j ; — d , t ; — l, m, n, r : — s , x , z c ~ k '
Il faut y joindre quatre autres consonnes qui ne sont composées que dans la forme ; ce sont : ch, ph (f), ill, gn. Hors les cas de ch, ph, et ceux d’aspiration, le h n’influe en rien sur les lettres qui l’accompagnent.
3. — On appelle syllabe une ou plusieurs lettres qui se prononcent en un seul temps par une seule émission de voix .
La diphthongue est une syllabe qui fait entendre deux sons distincts prononcés par une seule émission de voix : telles sont les voyelles composées (n® 2).
4. — Un mot, s’il n’a qu’une syllabe, se nomme monosyllabe ; s’il en a deux, dissyllabe; s’il en a trois, trissyllabe; en général polysyllabe, s’il y en a plusieurs, quei qu’en soit le nombre.
3. — II y a dans la langue française dix sortes de mots, qu’on appelle les dix parties du discours, savoir : ie nom ou substantif, Y article , Yadjectif, le pronom, le verbe. le participe, la préposition, Y adverbe , la conjonction et Y interjection. Les six premières sortes de mots sont variables; les quatre dernières sont invariables.
$ 2. Du Nom ou Substantif.
I Du nom ou substantif en général.
I. Qu’est-ce que le nom ou substantif ? — 2. Combien y a-t-il de sortes de noms ou substantifs? — 3. Qu’est-ce que le nom propre et le nom commun? — 4. Que distingue-t-on parmi les noms communs ? — 5. Qu’est-ce que le nom collectif et le nom partitif? — 6. Combien les substantifs ont-ils de propriétés ?— 7. Qu’cslcc que le nombre? — 8. Qu’est-ce que le genre?
1 . — Le substantif, qu’on appelle aussi nom , est le mot qui sert à nommer une personne ou une chose. Ex. : Paul, Louise, Paris, la Seine, homme, femme, cheval, rose.
2. — 11 y a deux sortes de substantifs, savoir: le substantif propre ou nom propre et le substantif commun ou nom commun.
5 ■ — Le nom propre est celui qui ne convient qu’à une seule personne ou à une seule chose. Ex. : Paul , Louise , Paris, la Seine.
Le nom commun est celui qui convient à tous les individus ou à tous les objets de la même espèce. Ex. : Homme , femme , cheval, rose.
4 . — Parmi les noms communs, on distingue des noms collectifs et des noms partitifs.
5. — Le nom collectif est celui qui désigne plusieurs personnes ou plusieurs choses comme faisant un tout; le nom partitif est celui qui les désigne comme faisant partie d’un tout. Ex. : La foule des hommes est inconstante ; ici , la foule est un nom collectif ; — une foule d'hommes ont péri; ici , une foule est un noin partitif.
En général , le nom partitif est précédé de un, une.
6. — Les substantifs ont deux propriétés, savoir : le nombre et le genre.
7. — Le nombre est la propriété qu’ont les substantifs de représenter V unité ou la pluralité. Il y a donc deux nombres, savoir : le singulier et le pluriel.
Le singulier ne désigne qu’une seule personne ou qu’une seule chose. Ex. : Un roi , un royaume.
Le pluriel désigne plusieurs personnes ou plusieurs choses. Ex. : Des rois, des royaumes.
CR/kMMAiRE.
8. — Le genre est la propriété qu’ont les substantifs de désigner les êtres mâles ou femelles. Il y a donc deux genres, savoir : le genre masculin et le genre féminin.
Les noms d’homme, de mâle, sont du genre masculin. Ex. : Roi, lion.
Les noms de femme, de femelle, sont du genre féminin : Ex»: Reine, lionne.
Par analogie ou par caprice, on a donné le genre masculin ou le genre féminin à des noms d'objets qui ne sont ni mâles ni femelles. Ex. : Le soleil, la lune; un éclair, une épée.
IL Formation du pluriel dans les noms ou substantifs.
1. Quelle est la règle générale pour la formation du pluriel dans les substantifs? — 2. Les substantifs terminés au singulier par s, x Ou z ajoutent-ils quelque chose au pluriel? — 3. Qu’est-ce que les substantifs terminés au singulier en au ou en eu ajoutent au pluriel? — 4. Quels sont les substantifs en ou qui prennent .r au pluriel? quelle lettre prennent les autres? — 6. Comment les substantifs en al forment-ils leur pluriel ? quelles sont les exceptions ? — G. Quels sont les substantifs en ail qui changent ail en aux au pluriel? quel est le pluriel des autres substantifs en ail? — 7. Combien les substantifs aïeul, ciel et œil ont-ils de pluriels?
1 . — La règle générale pour la formation du pluriel dans les substantifs, c’est d’ajouter s au singulier. Ex. : Un homme , des hommes; un enfant , des enfants.
Remarque. Le mot genl ne conserve pas le t au pluriel ; la genl souriquoise, les bonnes gens.
2. — Les substantifs terminés au singulier par.*, x ou s n’ajoutent rien au pluriel. E*. : Un héros , des héros; une voix, des voix; un nez , des nez.
3 . — Les substantifs terminés au singulier en au ou en eu ajoutent# au pluriel. Ex. : Un tableau, des tableaux ; un jeu, des jeux.
h. — Les huit substantifs suivants en ou ; bijou, caillou, chou, genou, glouglou, hibou, joujou, pou, prennent un x au pluriel et font : bijoux, cailloux, etc.
Les autres substantifs en ou prennent un s : un clou., des clous, etc.
d- — Les substantifs en al forment leur pluriel en changeant al en aux. Ex. : Un cheval , des chevaux, etc.
Exceptions., liai, cal, carnaval, chacal, pal, regai, prennent un s, et font : bals, cals, carnavals, etc.
fi. — Les sept substantifs : ail, bail, corail, émail, sou pirail, travail, vantail, ont leur pluriel en aux, et font : aux ou aulx, baux , coraux, émaux, soupiraux, travaux, vantaux.
Remarque. Travail fuit travails, s’il s’agit des machines où l'on ferre les chevaux vicieux. ,
Les autres substantifs en ail prennent un s au pluriel. Ex. : Un portail, des portails ; un gouvernail, des gouvernails.
Remarque. Jiétail n’a pas de pluriel, ni bestiaux de singulier.
7. — Aïeul, ciel et œil ont deux pluriels. Ainsi : aïeul fait aïeux, quand il désigne les ancêtres en général, et aïeuls, quand il désigne les deux grands-pères ( paternel et maiernel) ; — ciel fait deux quand il désigne le paradis ou la voûte du ciel, et ciels dans ciels de lits, ciels de tableau, ciels de carrière, comme aussi dans le sens de climat; — œil fait yeux quand il désigne l’organe de la vue , et œil s dans œils de bœuf (lucarne ronde).