III. Formation du féminin dans les noms ou substantifs
J. Les substantifs ont-ils un féminin? — 2. Quelle est la réglé générale pour la formation du féminin dans les substantifs ? qu’y a-t-il à remarquer sur le féminin des mots en er, et quel est le féminin des mots roi, neveu, héros? — ■ 3. Quel est le fé- -minin des subsiantifs terminés par un e muet? quelles sont les exceptions ? — 4. Quel est le féminin des substantifs en et, on, en (précédé d’une voyelle)? — 5. Quel est le féminin des substantifs en eur? quelles sont les exceptions ?
1. — Un certain nombre de substantifs et beaucoup d’adjectifs -substantifs s’appliquant aux êtres mâles et femelles ont un féminin formé du masculin. Voici les règles principales de cette formation.
2. — La règle générale pour la formation du féminin dans les substantifs, c’est d’ajouter e au masculin. Ex. : Marchand, marchande ; français, française, etc.
Remarques. 1° Cocher, berger, boucher, vacher, et au'res mots terminés en er, changent Te en è et font : cochère, bergère, etc.; — 2° roi fait reine; neveu , nièce ; héros, héroïne.
3. — Les substantifs terminés par un e muet ne changent rien au féminin. Ex. : Un élève, une élève.
Exceptions. 1° Ane, chanoine , comte, vicomte, hôte, ivrogne, maître, prêtre, prince, prophète, tigre, etc., changent e en esse, et font dnesse, comtesse, chanoinesse , etc.; — 2° abbé fait abbesse ; duc fait duchesse.
4. — Les substantifs en et, on, en (précédé d’une voyelle), redoublent au féminin leur consonne finale. Ex. : Sujet , sujette ; lion, lionne ; chien, chienne.
Exceptions. Compagnon fait compagne , et larron fait larronnesse.
Remarques. 1° Paysan fait paysanne; chat fait chatte, — 2° tourtereau , jouvenceau, pastoureau, tirés d’un ancien mot en et, font : tourterelle, jouvencelle, pastourelle,
3. — Les substantifs en eur ont le féminin en euse, en rice ou eresse. Ex. : Porteur, porteuse-, revendeur, revendeuse; lecteur, lectrice; instituteur, institutrice; chasseur, chasseresse (en poésie), chasseuse (en prose); bailleur, bailleresse (terme de palais), comme défendeur, défenderesse , et demandeur, demanderesse.
Auteur, professeur, littérateur, sont masculins et féminins. Ex. : Il ou elle est auteur.
Orateur n’a pas de féminin, non plus qu 'hébreu. — Témoin sert pour les deux genres.
Exceptions. Chanteur fait chanteuse ou cantatrice ; gouverneur, gouvernante ; serviteur, servante; empereur, impératrice.
§ 3. De l’Article.
1. Qu’est-ce que l’article? — 2. Combien y a-t-il d’articles en français ? — 3. Devant quels substantifs s’emploient te, la, les ?
^ a , ns < f ue l cas I es lettres e et a sont-elles retranchées des articles le et la ? Comment s’appelle ce retranchement ?— 5. Quel autre changement éprouve l’article? — G. De quoi sont composes les articles au et du? devant quels noms se placent ces deux articles? devant quels noms la contraction n’a-t-elle pas lieu? — 7. De quoi sont composés les articles aux et des? devant quels noms se placent-ils? — 8. Qu’entend-on par équivalents de 1 article?
1 . — L’article est un mot qui se met avant les substantifs, pour indiquer qu’ils sont pris dans un sens déterminé,
c ’est à-dire pour designer un genre ou une espèce. Ex .- L.e père, la mère, les plantes.
2. — Il n’y a en français qu’un article: le, la, au singulier; les, au pluriel.
5. — L’article le s’emploie devant un substantif masculin singulier. Ex. : Le père, le livre. — L’article la s’emploie devant un substantif féminin singulier. Ex. : La mère, la fleur. — L’article les s’emploie devant les substantifs masculins et féminins pluriels Ex. : Les pères, les mères.
4. — Lorsque les articles le et la se trouvent devant des substantifs commençant par une voyelle ou par un h muet , les lettres c et a soni retranchées de le et la et remplacées par une apostrophe (’). Ex. : L’enfant pour le enfant ou la enfant ; l'homme pour le homme. — Ce retranchement des lettres e et a se nomme élision.
3. — L’article éprouve encore un autre changement , appelé contraction, et qui consiste dans la réunion de deux syllabes en une seule.
O — L’arliclc au, qui est une contraction de à le, et l'article du, qui est une contraction de de le, se placent devant les substantifs masculins singuliers qui commencent par une consonne ou par un h aspiré. Ex. : Au père, du père ; au héros, du héros.
Remarque. La contraction n’a pas lieu devant les substantifs qui commencent par une voyelle ou par un h muet. Ex. : De ien- Jant, il l’homme.
^ L’article aux, qui est une contraction de à les , et
l'article des, qui est une contraction de de les, servent pour les deux genres au pluriel. Ex : Aux pères, des pères; aux mères, des mères.
0. On entend par équivalents de l’article les adjectifs ce, cet, mon, ton, son, un, une, aucun, nul, chaque, tout (mis pour chaque), quelque, certains, plusieurs, etc., et tous les adjectifs numéraux cardinaux qui remplissent la fonction de l’article. Ex. : Un ami doit tout sacrilier pour son ami (c’est l’équivalent de : /’atni doit tout sacrifier pour l’ami).
§ 4. De l’Adjectif.