Depuis Clovis jusqu'à la révolution de 1789, la
France s’agrandit successivement.
A la fin de sou règne, Clovis possédait presque toute la France actuelle; ses fils l’accrurent de la Rourgogne. L’empire de Charlemagne s'étendait beaucoup au delà de ces limites, puisqu'il comprenait tous les pays situés entre l’Océan Atlantique, i’Ebre, la Méditerranée, le Liris en Italie, la Theiss en Hongrie et la mer Baltique. La féodalité démembra, non-seulement l’empire carlovingien, mais encore le royaume de France. A l’avénement de Hugues Capel (987), le domaine royal se bornait au comté de Laon et à la ville de Compiègne; le reste était possédé par les grands et les petits vassaux. Vers le milieu du 14 e siècle, époque du traité de Brétigny, le domaine royal comprenait la Picardie, l’Ile-de-France, l’Orléanais, la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine, le Berry, le Dauphiné; au milieu du 15 e siècle, il y avait de plus la Champagne, le Poitou , la Guyenne, la Gascogne, le Béarn, le Languedoc. Charles VIII ajouta la Bretagne, le duché d’Orléans, les comtés de Valois et de Blois, etc. ; .François I er , le comté d’Angoulême; Louis XI, la Bourgogne, la Provence, etc ; Henri H, les Trois-Evêchés (Metz, Toul, Verdun); Henri IV, toutes les possessions de la maison de Bourbon , la basse Navarre, etc.; Louis XIV, l’Alsace, le Roussillon , l’Artois, la Flandre, la Franche-Comté; Louis XV, la Lorraine, le duché de Bar et la Corse ; enfin , l’Assemblée constituante compléta ces réunions par celle d’Avignon et du comtat Venaissin , qui appartenaient au saint-siège.
Appendice. — Révolution française (1789-1830).
1. Quels furent les premiers résultats de la convocation des états généraux ? Comment s’établit l’Assemblée Nationale ? Que fit-elle et que se passa-t-il sous son règne? — 2. Que fit l’Assemblée Législative, et que se passa-t-il sous son règne ? — 3. Que fit la Convention Nationale à l’égard de Louis XVI? — 4. Que lit la Convention à l’intérieur après la mort de Louis XVI ? — 5. Quels furent les événements de la guerre extérieure et intérieure sous la Convention? — 6. Que fit le Directoire? — 7. Que firent les consuls et particulièrement Bonaparte? — 8. Quel fut le règne de Napoléon, empereur? — 9. Quel fut le règne de Louis XVIII ? — 10. Quel fut le règne de Charles X, et comment Louis-Philippe est-il monté sur le trône?
I. — Les étais généraux s’ouvrirent à Versailles, le S mai 1789. Le tiers-état , par le conseil du ministre Necker, avait obtenu la double représentation. Dirigé par l’éloquent Mirabeau, il exigea que les députés de la noblesse et du clergé se réunissent à lui, pour voler en commun, contre l’usage des anciens états généraux. De là naquit la mésin-. lelligence entre les trois ordres. Le roi suspendit les séances ; mais les députés du tiers jurèrent , au jeu de Paume, de ne se séparer qu’après avoir donné une constitution à la France, et forcèrent les deux autres ordres à venir former avec eux une seule chambre, sous le nom à'Jssemblée Nationale ou Constituante . Ce fut Je signal de la révolution.
Le ministre de la guerre appela quelques troupes aux environs de la capitale. Les Parisiens prirent les armes, démolirent la Bastille (14 juillet 1789), et la garde nationale s’organisa sous les ordres de Lafayette. La province imita Paris, et la cocarde tFicolore fut partout arborée.
L’Assemblée Nationale abolit successivement la noblesse héréditaire, les exemptions d'impôts, les vœux monastiques, remplaça par des appointements les biens du clergé, divisa la France en départements , et décréta la constitution civile du clergé.
Des princes du sang, des nobles, des prêtres, se retirèrent dans les pays étrangers, sous le nom d'émigrés. Leurs biens furent bientôt après confisqués. Gomme l’argent vint à manquer, on émit sur les biens du clergé des billets appelés assignats, qui ruinèrent une infinité de familles. Au milieu ;
de ces événements, le roi, que le peuple avait forcé de venir s’installer à Paris avec l’Assemblée, s’enfuit dans la nuit du 21 juillet 1791 ; mais il fut arrêté à Varennes, ramené à Paris, gardé étroitement aux Tuileries, et forcé «l'accepter la constitution nouvelle (14 septembre 1791}.
2- — L’ Assemblée Législative, qui succéda à l’Assemblée Nationale, s’ouvrit le premier octobre 1791. Au dehors, le roi de Prusse, l’empereur et les princes d’Allemagne s’étaient ligués, disaient-ils, pour délivrer Louis XVI. Les jacobins , partisans exagérés de la révolution, soulevèrent le peuple, qui, le 10 août 1792, vint l’attaquer aux Tuileries. Pour éviter l’effusion du sang, le roi se retira à l’Assemblée Législative , qui prononça sa déchéance et le fit enfermer ensuite au Temple avec sa famille.
Bientôt le roi de Prusse envahit la Champagne; mais Kellermann battit les Prussiens à Valmy (20 septembre;, et Dumouriez les Autrichiens à Jemmapes (6 novembre).
5- — Le 21 septembre 1792, la Convention Nationale s’ouvrit : dès la première séance , elle abolit la royauté et proclama la république. La Convention fit ensuite le procès à Louis XVI qui fut condamné à mort, et qui périt sur l’échafaud le 21 janvier 1795. La reine Marie-Antoinette et madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, y périrent aussi. On n’épargna que les deux enfants du roi, Louis XVII et Madame Royale.
b. — Cependant Dumouriez, qui désapprouvait les actes de la Convention, était passé à l’étranger. On établit alors un comité de salut public, qui régna par la mort et frappa tous les partis. La Convention se décima elle-même. Le régime de la Terreur fut déclaré légal. La loi des suspects combla • les prisons. Un nouveau calendrier compta les années et les jours à partir du 21 septembre 1792, ère de la république; les mois changèrent de noms et furent partagés en décades. On ferma les églises ; on substitua à Dieu la déesse Raison; puis on reconnut YElre suprême. Robespierre dominait alors la Convention. La France se couvrit de guillotines et de sang. Les terroristes s’égorgèrent tour à tour. Robespierre fut mis à mort, à la suite de la journée du 9 thermidor (28 juillet 1794). Louis XVII mourut de misère au Temple (8 juin 1795), et le 13 vendémiaire (5 octobre), après la victoire de Bonaparte sur les sections de Paris, la Convention fit place à un Directoire de cinq membres et à deux Chambres, le conseil des Cinq-Centi et le conseil des Anciens.
ioO HISTOIRE
S. — Apres Je départ de Dumouriez , Ja Convention déclara la guerre à presque toute l'Europe. En même temps l’ouest et le midi de la France se soulevèrent contre l’assemblée. Lyon fut pris après un bombardement de deux mois (octobre 1793) ; Toulon, qui avait proclamé Louis XVII, céda ù l’artillerie dirigée par Bonaparte, alors simple officier. La guerre de la Vendée mit la Convention à deux doigts de sa perte; le pays fut dévasté, brûlé, saccagé, et les hostilités ne finirent qu'en 1796.
An dehors, les armées françaises se couvraient de gloire. Les étrangers se proposaient de partager la France; on fit des levées en masse, et des soldats improvisés battirent de vieux guerriers. Jourdan vainquit les Autrichiens à Fleurus; Pichegru et Moreau conquirent la Belgique cl la Hollande; Hoche força le roi de Prusse à la paix, et l'Espagne posa les armes.
G — Le Directoire, pour récompenser Bonaparte de ses services, l’envoya commander en Italie, pendant que Jourdan et Moreau envahissaient l’Allemagne. Ceux-ci furent, après quelques succès, obligés de faire retraite (1796); Bonaparte, au contraire, vainquit à Montenolte , Millesimo, Mondovi , Lodi, Pizzighettone , Crémone, Casliglione, Arcole, Rivoli; il prit l’imprenable Mantouc, envahit l'Autriche et força rempercur au traité de Campo-Formio (1797), qui donna la Belgique à la France. L’Autriche reçut Venise en échange, Gènes prit le nom de république Ligurienne, et Milan , celui de république Cisalpine.
Bonaparte alla bientôt après combattre les Anglais en Egypte (1798); il prit Malte en passant, et s’empara d’Alexandrie. Avec quelques milliers d’hommes, il vainquit partout : en Egypte, aux Pyramides; en Syrie, au mont Thabor; mais il échoua devant S.-Jean-d’Acrc, défendu par les Turcs et les Anglais. L’amiral Nelson avait détruit la Hotte française au combat d’Aboukir. Sur ces entrefaites , le Directoire s'était livré à des excès de pouvoir. Bonaparte, laissant ses troupes à Kléber, revint en France, renversa violemment le conseil des Cinq-Cents, au 18 brumaire (9 novembre 1798), et se mit à la tète du gouvernement sous le titre de premier consul.
7. — La constitution consulaire comprit trois consuls , un sénat conservateur, un tribundt et un corps législatif. L’Italie , reconquise par les Autrichiens pendant l'expédition d’Egypte, appela d’abord Bonaparte : il les vainquit à Marengo (1800), tandis que Moreau, par la victoire d’Ho-
hcnlinden , forçait l’empereur à la paix de Lunéville\ 1802); l’Angleterre traita la même année à Amiens; l’Egypte, où Kléber avait été assassiné, fut évacuée par les Français. Un Concordat régularisa le clergé, et la paix régna dans toute l’Europe. La France respira de ses maux , et les codes de Bonaparte abolirent la législation antérieure.
fl. — En 1801, Bonaparte se fit élire, sous le nom de Napoléon, empereur des Français , litre auquel il joignit bientôt celui de roi d’Italie. L’Angleterre avait repris les armes ; Napoléon projetait d’y faire une descente , lorsque les empereurs d’Autriche et de Russie lui déclarèrent la guerre. II s’élança sur l'Allemagne, prit une armée d'impériaux dans Ulm, battit les deux empereurs à Austerlitz elles força à la paix de Presbourg (1803). François U perdit, avec les Etats de Venise, le titre d’empereur d’Allemagne; le Wurtemberg et la Bavière furent érigés en royaumes , et les Etats secondaires allemands formèrent la Confédération du Jlhin sous la protection de la France.
Moins heureuse sur mer, la France perdit sa flotte à la bataille de Trafalgar (1805). L’année suivante , Napoléon attaqua le roi de Prusse , le défit à Iéna , envahit tous ses Etals (1800), battit les Busses à Eylau et à Friedland, et les força à la paix de Tilsilt (1807). La Saxe devint royaume; Jérôme, frère du conquérant, fut créé roi de Westphalie : de ses autres frères, Joseph régna à Naples, J,ouis en Hollande. La Hollande devint ensuite française et fut, comme le Piémont, Gènes, la Toscane , Rome même, réduite en départements.
En 1808, Napoléon s'empara de Ferdinand F II, roi d’Espagne , et de Charles IF, son père , qu’il força d'abdiquer en faveur de Joseph Bonaparte. L’Espagne se souleva tout entière, cl, malgré les victoires des Français, elle finit par conserver son indépendance. Sur ces entrefaites , François II avait armé de nouveau : Napoléon le vainquit à Wagram (1809), lui dicta la paix de Fienne, répudia sa première femme Joséphine Bcauharnais , qui était stérile, et épousa Marie-Louise, fille de François II : de ce mariage naquit un fils, qui reçut le titre de roi de Home et qui est mort en Autriche en 1832.
Cependant la Russie songeait à reprendre la guerre. Napoléon la prévint : il y vola avec la Grande Armée et s’empara de Moscou; mais les Russes y mirent le feu et ravagèrent le pays : plus de vivres, plus d’asile; un froid violent se déclare; Napoléon est forcé à la retraite; tout se tourne contre lui: il a quelques succès encore; mais, vaincu h
Letpsick (18)3), il est obligé de repasser le Rhin. Les alliés 1 y suivent et pénètrent en France de tous les côtés; il les bat en différentes rencontres; mais enfin le nombre l’emporte, et les étrangers entrent dans Paris le 30 mars 1814. Le sénat prononça la déchéance de Napoléon, et les Bourbons furent rétablis sur le trône.
9. — Louis XFIII, frère de Louis XVI, rentré dans ,,. a . n ‘ a .K^harte (S juin 1814). Napoléon, quittant V C ioJ „» ou avait été relégué, reparut au printemps de 1815; 1 armée se déclara pour lui , et le 20 mars il était a I a ris. C est l’époque des Cent-Jours. Les puissances européennes, réunies en un congrès à Vienne, lui déclaré rent la guerre. Napoléon battit le général prussien Blucher a rleurus; mais 'Wellington le vainquit à son tour à la sanglante bataille de Waterloo (18 juin). Napoléon, forcé d abdiquer, se livra lui-même aux Anglais, qui le reléguèrent a Sainte-Hélène, où il mourut le 5 mai 1821 et d’où ses restes ont été rapportés en 1840. Paris se rendit après une courte résistance, et Louis XVIII fut de nouveau rétabli.
Louis X VIII, par la sagesse de son règne, répara presque tous les maux du pays. En 1820 naquit le duc de Bordeaux, ^Me père, I e duc de Berry, avait été assassiné par Louvel. hn 182 a, une armée française remit sur le trône Ferdinand VU, captif à Cadix entre les mains des Cortès (assemblées). Louis XVIII ne survécut qu’un an h celte expédition (1824).
10- — Charles X, frère et successeur de Louis XVIII , pour mettre un terme aux craintes des acquéreurs de biens nationaux, lit voter un milliard d’indemnités en faveur des émigrés dont les biens avaient été confisqués. En 1827 les Crées se révoltèrent contre les Turcs, qui furent battus à Navarin par les flottes réunies de l’Angleterre, delà France îL-v ^ l,ss * e > chassés de la Morée ou Péloponnèse. En , 0, une armée française s'empara d’Alger sous les ordres du comte de Bourmont (5 juillet); vingt jours après, parurent les ordonnances qui suspendaient la liberté de la presse. Le peuple de Paris s arma et la victoire lui resta après trois jours de combat; Charles X et sa famille furent obligés de quitter la France. La chambre des députés modifia la Charte, et la fit accepter et jurer au duc d’Orléans, qui, sous le nom de Louis-Philippe, prit le titre de roi des français (9 août 1830;.