NOTIONS D’AGRICULTURE
§ 1. üc l’Agriculture en général.
I. Qu’est-ce que l’agriculture ? — 2. Gomment se divise la superficie du sol ? — 3. Qu’entend-on par terres arables ou labourables, cl quelles en sont les principales variétés ?— 4. Quelles sont les propriétés du sol léger? du sol argileux ou alumineux? du sol calcaire? du sol argilo calcaire ? du sol marneux ? du sol glaiseux? de la terre franche? — 5. Qu’entend-on par prairie ? A quoi reconnaît-on qu’une terre est propre à être mise en prairie ? Quelles sont les prairies les meilleures ou les plus productives ? — C. Comment se plante la vigne? Quel est le terrain le plus propre à la plantation de la vigne? — 7. Qu'est-ce que la sylviculture? — 8. Quel sol demande le chénePle châtaignier? le hêtre ? le bouleau ?
1 . — V Agriculture est l’art de travailler la superficie du sol, afin de la rendre le plus productive qu’il est possible.
2. — La superficie du sol se divise en terres arables ou labourables, en prairies, en vignes et en bois.
5. — On entend par terres arables ou labourables les terres que l’on travaille avec la charrue.
Les principales variétés des terres arables sont au nombre de sept, savoir : le sol léger, le sol argileux ou alumineux, le sol calcaire, le sol argilo-calcaire, le sol marneux, le sol glaiseux et la terre franche.
4 — Le sol léger, composé surtout de silice, a la propriété de pouvoir être travaillé en tout temps ; mais il a l’inconvé'nient délaisser trop vite évaporer les engrais. Le sol argileux ou alumineux a la propriété de retenir plus longtemps les engrais et de donner des produits plus abondants; mais le travail en est difficile et chanceux. Le sol calcaire a la propriété d’élre en général le plus favorable aux prairies artificielles. Le sol argilo-calcaire a la propriété de convenir
I . Nous avons emprunté en grande partie ces notions au Manuel de M. Bruno.
776 AGRICDLTURÉ.
éminemment aux céréales et presque aussi bien aux prairies artificielles. Le sol marneux a la propriété d’exciter la terre, à raison de la chaux qu’il contient et de l’eau qu'il lui enlève. Le sol glaiseux, composé de silice et d’alumine, a la propriété d’être le plus difficile à travailler et le moins productif. La terre franche, composée de silice, d'alumine et de chaux , a la propriété d’être la plus productive, parce que c’est elle qui contient le plus d'humus ou terre végétale.
8. — On entend par prairie une terre qui a été ensemencée de diverses espèces de graminées propres à la nourriture du bétail. — On reconnaît qu’une terre est propre à être mise en prairie lorsqu’elle est entourée de sources et de moyens d’irrigation. En général , les prairies sèches donnent un meilleur foin , plus aromatisé ; mais les prairies grasses le donnent plus abondant.
C — La vigne se plante de marcottes, ou plants enracinés qu’on lève après la récolte, et de crosseltes, ou sarments choisis à l’époque de la taille. Le terrain le plus propre à la plantation de la vigne est un terrain neuf, c’està-dire un terrain qui n’ait jamais porté de vigne, ou du moins qui soit depuis longtemps en repos. Si la terre est forte, glaiseuse au fond et un peu fraîche, sept à huit ans suffisent pour la reposer; si ce terrain est en pente et au midi, il n’en est que meilleur.
7. — La sylviculture est la partie de l’agriculture qui a pour objet l’éducation , l’entretien et la récolte des bois.
8. — Le chêne, ou, comme on dit, l’essence de chêne, demande un sol profond, frais et meuble, composé de terre végétale qui contienne de l’argile ou du sable humide ; le châtaignier aime un terrain frais, mêlé de terre végétale, de sable ou d’argile ; le hêtre préfère un terrain meuble, calcaire, non sablonneux ; le bouleau, qui croit dans presque tous les terrains , préfère cependant un terrain d’alluvion.
AGRICULTURE
§ 2. Des moyens de fertiliser la terre.
1. Qu’appellc-t-on amendements? — 2. Combien y a-t-il de moyens généraux de fertiliser la terre ? — 3. Qu’entend-on par amendements fonciers? — 4 Qu’entend-on par engrais? — 5. De quelle manière les engrais d’étable agissent-ils sur le sol? — G. N’y a-t-il pas d’autres engrais que les engrais d’étable ?
1 . — On appelle amendements tous les moyens propres à rendre la terre plus fertile et la culture plus aisée.
2. — Il y a deux moyens généraux de fertiliser la terre : 1° les amendements provenant d’engrais qui peuvent disparaître au bout d’un temps déterminé par la succession des récoltes; 2° les amendements qui s'immobilisent au sol.
5 . — On entend par amendements fonciers ceux qui s’immobilisent au sol , comme quand on convertit un sol arable en prairie naturelle, avec les irrigations, les plantations, les transports de terre, les dessèchements, la marne , la chaux, appliqués à ce sol; ou lorsque, par des labours de défoncement et par l’épaississement de l’humus, on convertit une terre à seigle en une terre à froment.
4 . — On entend par engrais les amendements qui ne s’immobilisent pas au sol , tels que la litière saturée par les excréments des bestiaux.
#. — Les engrais d’étable agissent de deux manières sur le sol : 1° chimiquement, par la décomposition des sels qu’ils transmettent aux plantes; 2° mécaniquement, par la division qu’ils opèrent dans le sol.
6. — Outre les engrais d’étable, on se sert encore de ia marne, delà poudrette, des boues ramassées dans les villes, et quelquefois des récoltes vertes qu’on enfouit et qui changent une terre à seigle en une terre à froment.
agricuCtube.
§ 5. Des assolements et des labours.
1. Qu’entend-on par assolement, et quel en est le meilleur? —
2. Quelle est la durée des assolements ? — 3. Que doit-pn faire dans un bon assolement? — 4. Qu’entend-on par jachère, et quand faut-il remployer ? — 5. Qu’entend-on par labour, et en quoi consiste un bon labour? — 6. Combien y a-t-il d'espèces principales de labours, et en quoi diffèrent-elles ?
|. — On entend par assolement un cours de récoltes variées dans le but de ne point épuiser le sol; car l’expérience a prouvé qu’en général le retour annuel des mêmes plantes épuise le sol , et par cela même, la variété des cultures lui convient. Aussi le meilleur assolement est-il celui qui, en prenant le moins au sol, donne le produit net le plus élevé.
— Il y a des assolements de deux ans jusqu’à dix. Dans ceux de deux et de trois ans, on ne récolte qu’une fois du blé; on en récolte deux fois dans tous les autres. Ainsi, dans l’assolement de cinq ans : 1 r “ année, récolte sarclce fumée; 2° blé; 5 e trèfle; 4 e blé ; 5 e févcrolles, avoine ou seigle <
3. — On doit, dans un bon assolement, faire autant que possible succéder une- plante améliorante, telle que les fourrages, à une plante épuisante, telle que les récoltes qui arrivent à graine et à maturité.
4. — On entend par jachère une terre à céréales qu’on laisse reposer sans lui rien faire produire. La jachère est généralement préjudiciable, parce qu’une terre se repose par un assolement bien conduit; elle n’est utile que lorsqu’on n’a pas assez de capitaux pour se créer des fourrages et pour acheter du bétail.
3. — On entend par labour l’opération de remuer la superficie du sol avec la charrue. — Le bon labour consiste à prendre la tranche égale partout autant que possible, et à la bien retourner.
6. — On distingue trois espèces principales de labours : les labours préparatoires, ceux de défoucement et ceux de semaille. Ces labours diffèrent l’un de l’autre par leur profondeur : le premier n’a guère que 8 à H centimètres, le second est de 24 à 40 centimètres, et le troisième de 16
AGRICULTURE. 779
à 19. Le second a l’avantage de garantir les récoltes des sécheresses et de l’abondance des pluies.
§ 4. Des instruments, des bestiaux et de l’administration.
1. Qu’entend-on par instruments perfectionnés, et quelle condition doivent-ils réunir? — 2. Quels sont les principaux instruments perfectionnés? — 3. Comment améliore-t-on en général les races des bestiaux? — 4. Qu’entend-on par administration, et en quoi consiste celle d’une ferme ?
1. — On entend par instruments perfectionnes ceux dont on obtient le meilleur travail dans toutes les circonstances et au plus bas prix possible. Ces instruments doivent joindre à l’avantage de la solidité celui d’assurer un travail plus prompt et plus parfait , avec le moins de force motrice possible.
2. — Les principaux instruments perfectionnés sont : les charrues Dombasle et Grange, pour les plaines; les charrues à oreille mobile, pour les coteaux ; les charrues à défoncer, pour les labours de défoncement ; les charrues à sept socs, pour ameublir et nettoyer le sol ; le scarificateur, pour déchaumer les terres après la moisson et déraciner les herbes parasites ; la herse à cheval, pour opérer un sarclage entre les lignes des récoltes sarclées ; la charrue à butter, à deux versoirs mobiles, pour butter la pomme de terre, les colzas, etc.; I erouleau, pour émietter la surface du sol , favoriser la levée des graines fines et répercuter l’humidité; le semoir Hugues, pour économiser la semence; le dynamomètre, pour mesurer la force motrice des divers instruments.
3. — On améliore les races des bestiaux : 1° par les fourrages, les racines, enfin par une bonne nourriture; 2° par les croisements, qui sont aux bestiaux ce que les assolements sont aux terres.
4. — On entend par administration l’art de conduire les opérations agricoles avec ordre et économie. L’adininistralion d’une ferme consiste donc dans le règlement bien entendu du travail, dans les soins du ménage, la nourriture des hommes et des bestiaux, le placement des denrées, les bons achats, les bonnes, ventes, et l'aménagement de toutes les ressources de la ferme.
Notions applicables aux usages de la vie.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
1. Qu’est-ce que la physique ? — 2. Qu’entend-on par corps matériel ? — 3. Quels sont les divers états sous lesquels les corps
se présentent? — 4. Qu’appelle-t-on propriétés générales des corps ?
1. — La Physique est la partie des sciences naturelles qui s’occupe spécialement des modifications passagères que subissent les corps, des propriétés qui les caractérisent, et des lois auxquelles sont soumises ces propriétés. Nous ne parlerons ici que de l’air, des liquides, de la chaleur , du magnétisme et de Y électricité.
2. — On entend par corps matériel tout ce qui produit sur nos organes un certain ensemble de sensations déterminées. — On appelle propriétés la faculté d’exciter en nous ces sensations.
Un corps est en repos ou en mouvement . La persévérance des corps dans leur état de repos ou de mouvement senomme inertie. On appelle force la cause qui les fait passer du repos au mouvement ou du mouvement au repos.
L’espace est pénétrable à la matière, puisqu'elle se meut librement; mais la matière est impénétrable, c’est-à-dire que deux corps ne sauraient être à la fois dans le même lieu.
Les corps sont des assemblages de particules matérielles, séparées par des intervalles ou interstices appelés pores, et formant des masses plus ou moins denses . Ces particules, nommées molécules ou atomes, sont soumises à l’action permanente de deux forces contraires qui se font équilibre, savoir : Yaltraction moléculaire ou cohésion, qui les rap-
{ iroche, et la force de répulsion ou force du calorique, qui es éloigne les unes des autres.
1 . Nous avons suivi pour cette partie le programme officiel prescrit pour les écoles normales. Nous en avons déduit les raisons dans la préface.
PHYSIQUE. 78f
S. — Tous les corps se dilatent par Paclion de la chaleur et se contractent par le froid. De là les différents états sous lesquels les corps se présentent : la solidité , la liquidité et la fluidité aériforme ou gazéité.
Un corps est solide lorsque la cohésion des atonies est assez grande pour que le déplacement d’un atome entraîne celui de tous les autres. Il est liquide, lorsque les atomes roulent facilement les uns sur les autres sans tendre isolément à s’écarter. Il est fluide aériforme ou gazeux, lorsque les atomes tendent mutuellement à s’écarter. Un même corps, l’eau par exemple, peut affecter successivement ces trois états : ainsi la glace est un solide, l’eau est un liquide, et la vapeur aqueuse est un fluide aériforme ou corps gazeux.
4 . — On appelle propriétés générales des corps celles qui leur sont communes, quel que soit leur état. Elles sont au nombre de quatre principales, savoir : l 'étendue, l’fmpénétrabilité, la divisibilité et la mobilité.
L’étendue est l’espace qu’un corps occupe; l 'impénétrabilité consiste en ce que deux corps ne peuvent occuper en même temps le même lieu; la divisibilité est la propriété qu’ont tous les corps de pouvoir être partagés en un nombre indéGni de parties, et la mobilité, celle qu’ils ont de pouvoir être mis en mouvement.