III. LAVIS DES PLANS
I. Qu’est-ce que le lavis des plans? — 2. Comment éclaire-t-on un plan? — 3. Comment reconnatl-on la bonne qualité de l’encre de Chine? — 4. Quelles sont les différentes espèces de papiers employés pour les plans ? — 5. Quelles sont les couleurs nécessaires pour laver un plan? — 6. Quels pinceaux emploie-t-on, et comment en juge-t-on la bonté? — 7. Comment lave-t-on les terres labourables , les vignes, les prés? — les bois, les taillis, les futaies? — les vergers ? — les étangs, les rivières et les ruisseaux? — les marais et les (laques d’eau ? — les friches ? — les bruyères ? — les landes ? — les sables ? -— les rochers , les carrières et les rocailles ? — les montagnes ? — les bâtiments ?
"I . — Le lavis est l’art de donner, sur le plan , à chaque espèce de terrain ou de culture , une teinte naturelle qui serve à le distinguer des autres cultures ou des autres terrains.
2. — On éclaire un plan par un rayon de lumière qui vient frapper les objets sous l’angle de 45° de gauche h droite. Les côtés exposés à la lumière doivent avoir un trait extrêmement délié, tandis que les côtés opposés au jour ont un trait de force. L’ombre se fait avec un petit ton d’encre de Chine.
— II est important, pour le trait et pour les ombres, d’avoir de bonne encra de Chine. L’encre de Chine mauvaise est ordinairement grumeleuse, terne et d’un noir sale; la bonne encre de Chine, dite du Grand-Mandarin, est dure, cassante et luisante; si l’on frotte sur l’ongle mouillé le petit pain, il se délaye sans heurter ; le noir en est brillant ; les traits que l’on trace avec cette encre ne s’altèrent pas, lorsque, bien secs, on les lave avec le pinceau.
AUPENTAGE. 77"
4.— te papier de lavis doit être épais, bien collé et trèsuni. Le papier anglais, dit fVatthmann , est excellent, mais fort cher ; on peut y suppléer par le papier de Hollande. Les papiers vélins, toujours mal collés, ne sont pas susceptibles de recevoir le lavis.
Voici les dimensions de quelques sortes de papiers em-
K s ordinairement, et qu’il est important de connaître .ne la grandeur des plans exige la réunion de plusieurs feuilles.
Hauteur, largeur.
m. rn.
Carré 0,420 0,530
petit raisin 0,445 0,585
grand raisin 0,480 0,050
Hauteur, largeur.
Jésus 0,526 0,090
colombier 0,057 0,845
grand aigle 0,605 0,975.
S. — Les couleurs nécessaires pour laver un plan sont : Y encre de Chine, la sépia, la gomme-gutte , le bleu de Prusse ou indigo, le carmin et le vert de vessie.
6- — On emploie des pinceaux de marte-zibeline. On les juge bons lorsque, mouillés, ils présentent une pointe aigue, résistante et élastique. 11 en faut au moins deux : on charge l’un de couleur, et l’autre d’eau, afin d’étendre convenablement la teinte qu’on veut produire.
Lorsqu’on doit fondre ensemble deux teintes, on prend l’une avec un pinceau , et l’autre avec l’autre pinceau , et on les étend aux lieux précis qu’elles doivent figurer.
7. — On lave de la manière suivante les différents objets qui peuvent entrer dans un plan.
Terres labourables. On emploie deux teintes légères, l'une aurore pèle, de carmin et de gomme-gutte, et l’autre d'un vert clair. On marque les sillons en les pointillant avec une teinte forte ci analogue à la culture, verte, rousse, etc.
Vignes. On les dessine en formant à l’encre de Chine de petits échalas qu’on enveloppe d’un trait semblable à un S. Elles se lavent avec un mélange léger d’encre de Chine, de carmin, de sépia et d’indigo.
Prés. Ils se lavent avec une teinte verte composée d’une petite partie de gomme-gutte et de bleu qui y domine.
Bois, taillis, Jutaies. On emploie deux teintes, l’une rousse , de gomme-gutte dominante et de carmin, et l’autre, vert doux, que Pon fond avec la première. Les arbres se dessinent en élévation avec leur tige et leur feuillage, pour en imiter la nature et permettre à l’œil de distinguer, par exemple, un peuplier d’un chêne ou d’un arbre fruitier. On les poche (lu cùié de l'ombre avec du
vert de vessie épais et l’on repique le sol avec quelques coups heurtés de celte couleur.
V èrgers. Ils se lavent avec une teinte d’un vert très-lcger.
Etangs , rivières, ruisseaux, etc. On emploie le bleu de Prusse, très-léger; l'ondulation de l’eau se fait avec des lignes délicates plus foncées, et l’on indique le courant par une llècbc dont la pointe en suit la direction.
Marais, Jlai/ues d'eau. On les lave au bleu avec quelques coups légers de teinte verte sur les bords.
Friches. On emploie un vert moins foncé que pour les prés.
Bruyères. Elles se lavent panarhées de vert et de rose; le vert se compose de gomme-gutte et de bleu; le rose, de carmin et d’eau.
Landes. On les lave avec deux teintes, l’une vert terne, et l’autre aurore pâle.
Sables. On emploie la gomme-gutte et un peu de carmin. On les pointillé légèrement à la plume.
liochers, carrières , rocailles. Le côté de l’ombre se lave avec une teinte faite de carmin, d’encre de Chine et de gomme-gutte. On indique les cassures avec la même teinte, beaucoup plus forte. Le côté ue la lumière reçoit quelques coups bleuâtres.
Montagnes. On adoucit, comme pour les rochers, la teinte du haut vers le bas; le côté opposé à ia lumière est plus intense, les pentes s'indiquent par des hachures.
Bâtiments. On les passe au trait d’encre rouge ; et l’on marque l’ombre avec un filet de carmin. Une teinte plate et pâle de carmin indique l’épaisseur des murs. On fait la même chose pour tout ce qui est construction.
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