I. MINÉRALOGIE
§1. Notions générales.
1 . Qu’est-ce que la minéralogie ? — 2. Qu’est-ce qu’un minéral t — 3. En combien de classes se partagent les minéraux proprement dits ?
1 . — La Minéralogie est la partie de l’Histoire naturelle qui traite de la structure , des propriétés et de la classification des minéraux.
2 . — Un minéral est une agglomération plus ou moins régulière de molécules juxtaposées.
3. — Les minéraux proprement dits se partagent en trois classes, savoir : 1° les substances inflammables ou combustibles ; 2° les substances métalliques ou métaux; 3° les substances pierreuses ou pierres.
§ 2. Des substances inflammables ou Combustibles.
1. Qu’appelle-t-on substances inllammables ou combustibles, et quelles en sont les principales ? — 2. Qu’est-ce que la houille , le coke, et à quoi servent-ils? Qu’est-ce que la houille grasse ? la houille maigre? — 3. Qu’esl-ce que l’anthracite? — 4. Qu’estce que la lignite? le jayet ou jais ? — 5. Qu’est-cc que la tourbe, et à quoi sert-elle ? — 6. Qu'est-ce que le bitume? Combien y en a-t-il d’espèces ? Qu’est-ce que le naphte ? l’asphalte? le bitume élastique? — 7. Qu’est-ce que le soufre ? la Heur de soufre ? Où trouve-l-on le soufre, et quel en est l’usage?
i . — On appelle substances inflammables ou combustibles les corps qui jouissent de la propriété de se combiner avec l’oxygène de l’air pour donner naissance à des produits gazeux. Ce phénomène est accompagné de chaleur et de lumière.
Les principaux combustibles , les plus employés dans la vie domestique ou dans les arts, sont : la houille, Yanthracite, la lignite, la tourbe, le bitume, le soufre , etc.
< 2 , — La houille ou charbon de terre est une substance noire métalloïde , qui brûle aisément , répand une odeur bitumineuse, et fournil pour résidu quand on la distille un charbon léger nommé coke (p. 858).
La houille donne plus de chaleur que le bois et le charbon de bois à volume égal ; elle s’emploie surtout dans les usines et dans les machines à vapeur : le coke, ne donnant ni odeur ni fumée, s’emploie dans les appartements.
La houille grasse, préférée pour les forges , se gonfle en brûlant et se fond ; on en relire le gaz hydrogène pour l’éclairage. La houille maigre est moins bitumineuse , moins collante et plus dure : on s’en sert dans les fours à chaux , les verreries.
5. — L'anthracite (charbon de pierre) est une substance charbonneuse qui donne beaucoup de chaleur, sans flamme ni fumée, mais qui brûle avec peine : aux États-Unis elle supplée à la houille.
4. — La lignite ou bois bitumineux est une substance charbonneuse, brune ou noire, fibreuse, et montrant encore la structure des végétaux dont elle provient. La lignite est un combustible économique qui peut , jusqu’à un certain point, suppléer à la houille. — Le jayet ou jais, dont on
HISTOIRE NATURELLE. 8<i"
fait des ornements de deuil, est une lignite d’un noir brillant , cassante , et qui prend le tour.
o. — La tourbe est une matière brune ou noirâtre , formée par les débris de certaines plantes marécageuses ; on la trouve dans les terrains marécageux des diverses contrées du globe ; c’est un combustible économique dont les cendres servent d’engrais.
6- — Le bitume ou poix minérale est une substance minérale , tantôt liquide , tantôt solide , mais s’enflammant toujours avec facilité et dégageant une odeur particulière qui la fait reconnaître. Il y a trois espèces de bitumes , savoir : le naphte , \' asphalte et le bitume élastique.
Le naphte, liquide, transparent et d’un blanc légèrement jaunâtre, s’emploie comme huile de lampe; il sert à goudronner les vaisseaux et leurs agrès , à graisser les rouages, etc. : combiné avec l’asphalte, c’est \e pétrole.
L’ asphalte , solide et noir, sec et friable, surnage les eaux de certains lacs , entre autres le lac Asphallile (mer Morte). Mêlé à -5*5 de poix noire , il forme un ciment impénétrable à l’eau et dont on se sert pour luler les jointures des pierres dans les bassins , pour recouvrir les terrasses , les trottoirs, etc.
Le bitume élastique , solide et noir, est la base de la houille : lorsqu’il est pur, il sert dans la peinture h l’huile.
7. — Le soufre est solide, friable , insapide , d’un jaune citron, odorant quand on le frotte. A une grande chaleur, il rougit et devient visqueux; c’est dans cet état qu’on s’en sert pour le mouler : soit en creux , soit en relief ; puis il durcit et redevient jaune. Le soufre volatilisé se change, par la condensation, en une poussière jaune nommée fleur de soufre.
On trouve le soufre libre dans les terrains volcaniques ; il y est en masse ou en fleur. La laine , les poils , les œufs, etc., contiennent du soufre: d’où vient que les cuillers d’argent jaunissent quand elles séjournent dans un plat d’œufs.
Outre l’usage qu’on fait du soufre pour prendre des empreintes de médailles, de bas-reliefs, etc., on l’emploie encore comme remède dans les maladies de la peau , dans la confection des allumettes et dans la fabrication de l’acide sulfurique et de la poudre.
HISTOIRE SATt’RELLE.
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§ 3. Des substances métalliques ou Métaux.
1 . Qu’appelle-t-on substances métalliques ou métaux ? A quoi servent les métaux, et quels en sont les principaux? — 2. Qu’ est-ce que le fer? De quoi se couvre-t-il quand il est exposé à l’air humide? Qu’cst-ce que l’acier? En quoi consiste la trempe? Qu’est-ce que la plombagine, et à quoi sert-elle? — 3. Qu’est-cc que le zinc, et à quoi sert-il?— 4. Qu’est-ce que l’étain, et a quoi sert-il? Comment se fait le fer-blanc? le moiré métallique? En quoi consiste l’étamage, et de quoi se compose-t-il ? — 5. Qu’est-cc que le cuivre, et à quoi sert-il ? De quoi se couvret-il lorsqu’il est exposé à l’air humide? Qu’esl-ce que l’airain et le bronze? Qu’esl-ce que le laiton ? Qu’csl-ce que le cuivre chinois, et à quoi sert-il? — 6. Qu’cst-ce que le plomb, et à quoi sert-il ? Qu’est-ce que la litharge, et à quoi sert-elle? — 7. Qu’estce que le platine? A quoi sert-il?— 8. Qu’cst-cc que le mercure, et quand s’appelle-t-il cinabre ou vermillon ? Quels sont les usages du mercure? Que fait-on pour mettre une glace au tain?
— 9. Qu’esl-ce que l’argent? Quels sont les usages de l’argent ?
— 10. Qu’csl-ce que l’or ? A quoi l’or est-il employé ? Comment se fait la dorure sur bois, sur porcelaine, etc.?
j. — On appelle substances métalliques ou métaux des corps solides, opaques, brillants , colorés par réflexion, bons conducteurs du calorique et de l'électricité. — Les métaux servent à fabriquer des instruments de toute nature, s’emploient dans presque tous les arts, et donnent à la médecine plusieurs remèdes importants. I.es métaux se trouvent, les uns dans le sein de la terre , soit purs, soit mélangés ; les autres , dans les eaux des fleuves et des rivières etc,.
Les principaux métaux sont le fer, le zinc, Y étain, le cuivre, le plomb, le mercure , Yargent , le platine, et l’or.
2. — Le fer est un métal d’un gris clair, grenu , moins malléable que l’or, l’argent et le cuivre; il est plus tenace que ces métaux , mais moins ductile , quoiqu’on puisse le tirer en lils aussi fins que les cheveux. — Le fer exposé h l’air humide se couvre d’une couche jaunâtre qu’on appelle rouille (p. 837).
L’acter n’est autre chose que du fer forgé mis en contact avec la poussière de charbon de bois à une haute température. 11 est plus léger que le fer, plus dur, plus fin dans son
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grain , plus susceptible d’un beau poli. — Si l’ofi plonge subitement l’acier chauffé jusqu’au rouge dans un liquide quelconque froid , on lui donne plus de dureté et d’élasticité : cette opération s’appelle trempe.
La plombagine est un minerai composé de carbone mélangé avec i à 5 centièmes de fer; il est d’un gris noir onctueux , infusible. La plombagine la plus pure est employée à faire des crayons. Mêlée à la graisse , la plombagine forme un enduit destiné à diminuer le frottement des machines (p. 828).
. .?/ — Le ««c est un métal blanc bleuâtre, lamelleux , brillant et dur. Réduit en feuilles à l’aide du laminoir iî sert pour la couverture des toits , pour les gouttières ’les baignoires, etc. (p. 837). ’
. ,w e .? in est un métal blanc, brillant, peu sonore, très-malléable , peu ductile ; il n’est pas susceptible de sfe rouiller. Letain sert à faire des vases et des ustensiles de ménagé ; on l’emploie pour fabriquer le fer-blanc, étamer les vases de cuivre , etc. (p. 838).
Le fer-bjanc se fait en plongeant dans de l’étain en fu- «lon des feuilles de tôle découpées. — Le moiré métalhquejÇ fait en trempant une feuille de fer-blanc, légèrement chauffée, dans une solution faible d’acide chlorhydriqueon la trempe ensuite dans l’eau froide, et on la vernit. — Si 1 on recouvre d’une légère couche d’élain fondu la surface de differents métaux, et surtout du cuivre , on l’empêche de lormer des sels vénéneux par le contact de l’air ou des aliments : cette opération s’appelle étamage (p. 866). L’étamage se compose de 3 parties de plomb sur 5 d’étain.
J. Le cuivre est un métal d’un beau rouge , brillant dur , très-sonore , malléable, très-ductile et d’une saveur nauséabonde.
Ce métal sert à de nombreux usages dans l'industrie, par exemple à faire diverses sortes de vases et à couvrir extérieurement la partie des vaisseaux que mouille la mer.
Le cuivre exposé à l’air humide se couvre d’une croûte verdâtre appel é vert-de-gris, qui est un poison violent. Aussi ne faut-il jamais laisser rien refroidir dans les casseroles ou autres vases de cuivre non étamés. Le sucre est un antidote puissant contre ce poison (p. 837).
L airain est un mélange de cuivre fondu avec du zinc Le bronze est un alliage de cuivre et d’élain. C'est un compose sonore et durable , qui entre dans la fabrication des canons, des cloches, des statues, etc. - Le laiton est Manuel. — D. Supérieur.
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un alliage de cuivre et de zinc. — Le cuivre chinois est un inétal blanc, très-sonore, formé d’un alliage de laiton, de cuivre, de nickel et de fer ; il sert à faire l’instrument de musique appelé tam-tam.
t». — Le plomb est un métal blanc bleuâtre, mou, flexible, malléable, peu tenace, facile à fondre. Il raye en gris bleu le papier. En feuilles épaisses, le plomb sert à couvrir ies édifices , à revêtir l’intérieur des bassins , à faire des tuyaux de conduite, etc.; en feuilles minces, il forme l’enveioppe du tabac, de la poudre fine, du thé, du chocolat, etc. (p. 837).
La litharge est une combinaison de plomb et d’oxygène qui entre dans la fabrication du blanc de céruse. Les cabaretiers de mauvaise foi s’en servaient pour frelater leurs vins. La litharge s'emploie encore à préparer Vonquent de la mère.
7. — Le platine est un métal solide, très-brillant, d'un blanc d'argent, ductile, malléable, infusible à tout feu de forge, pouvant se souder, inaltérable à l’air et à l’eau. C’est ;c plus dense de tous les métaux et de tous les corps (p. 792).
Le platine sert à faire des vases de chimie , des pointes de paratonnerre , des miroirs de télescope , des boites de montres, etc.
3. — Le mercure ou vif-argent est le seul métal fluide à la température ordinaire; il est d’un blanc d’argent, inodore , le plus dense des métaux après l’or et le platine. Il a la propriété de dissoudre l’or. — Il s’appelle cinabre ou vermillon, quand il est combiné avec le soufre.
Le mercure sert à la construction des baromètres et des thermomètres, à l’étamage des glaces, à l’extraction de l’or et de l’argent, etc. Il sert aussi dans la pharmacie.
Pour mettre une glace au tain, on étend sur une feuille d’étain une couche de mercure , et l’on pose le verre pardessus. Les deux métaux s’unissent par leurs points de contact et le liquide ne peut plus couler.
9. — L 'argent est un métal dur, d’un beau blanc, malléable, ductile; il acquiert un brillant par la fusiou (p. 838).
L'argent sert à faire la monnaie, les bijoux, les médailles, la vaisselle, différents ustensiles domestiques, etc.