‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 49 sur 327 · V. Emploi des modes · texte numérisé non relu

V. Emploi des modes

1° Emploi du conditionnel.

1. Peut-on employer la seconde forme du conditionnel passé au lieu du plus-que-parfait de l’indicatif ? — 2. Avec le conditionnel , à quels temps doit être le verbe précédé de la conjonction si?

1. — On peut employer, au lieu du plus-que-partait del'indicatif, la seconde forme du conditionnel passé. Ex. :

Une main si habile eût sauvé l’Etat, si l’Etat eut pu être sauvé (au lieu de, si L’Etat avait pu être sauvé).

2. — Avec le conditionnel ,Je verbe précédé de la conjonction si doit être à l’imparfait ou au plus-que-parfait de l'indicatif. Ex. :

Je lirais, si vous écriviez,

Je lirais, si vous aviez écrit,

On dit de même avec le futur :

Je lirai, si vous v

écrivez, ( j si vous écrirez, )’ qui ne se

Je lirai, si vous I p I si vous aurez écrit, t disent pas.

avez écrit, 1

si vous écririez, P our si vous auriez écrit,

qui ne se disent pas.

2° Emploi du subjonctif.

Quels sont les sept cas où l’on emploie le subjonctif? quelles sont les exceptions au 2 e et au 3 e cas? quelle est la remarque a faire sur le 7 e cas?

Le subjonctif étant le mode du doute, de l’incertitude, de la dépendance, on l’emploie dans les sept cas suivants :

1° Après les verbes qui expriment la volonté, le commandement, le désir, la crainte, le doute, etc. Ex. :

Obéis, si tu veux qu’on l'obéisse un jour.

2° Après une phrase interrogative ou négative. Ex. :

Je ne avis pas Croyez-vous

qu’il vienntt

Exception. On emploie l’indicatif, quand la phrase a un sens affirmatif sous une forme interrogative. Ex. :

• • • • • • Madame, oubliez-vous

Que Thésée est moo père, ei qu’il est voire époux?

3° Après un verbe unipersonnel ou employé unipersonnellement. Ex. :

Il semble Il convient Il J'aut Il est juste

Exception. Il semble , accompagné des pronoms me , nous, te, vous, lui, leur, et les verbes il y a, il parait, il résulte, il s'ensuit, il est certain, il est sur, il est évident, et toute locution unipersonnelle qui exprime quelque chose de positif, demandent Tindicalif. Ex. :

Il me semble 11 vous semble II paraît II est évident

Mais on dira avec une négation : Il ne parait pas qu'il doive venir.

4° Après un pronom relatif et l’adverbe oit, quand on veut donnera la phrase un sens de doute, d’inceriitude. Dans le uas contraire, on emploie l’indicatif. Ex. :

| qu’il vienli

qu’il

Je cherche une place Je cherche une place

qui me soit agréable.

où je sois tranquille.

yui est fort agréable.

où l’on est tranquille.

•j 0 Après un pronom relatif et l’adverbe où , précédés de nul, aucun, personne, rien, le seul, unique, peu, guère, ou d un superlatif relatif , ou des adjectifs ordinaux le premier , le second, le dernier, etc. Ex. :

j-c chien est le seul animal dont la fidélité soit à l’épreuve.

Le vertu est le plus grand bien où l’on puisse aspirer.

Cependant , si l’on veut affirmer la chose sans aucun doute, on emploie l’indicatif. Ex. :

La jeunesse est le seul ége où l’homme peut encore lout sur luimeme pour se corriger.

8“ Après qui... que , quel... que , quelque... que, quoi... que. Ex. :

Qui que vous soyez. Quelque savant que vous soyez.

Quelle que soit votre science. Quoi que vous Jassiez.

7° Après certaines conjonctions, comme afin que , tt moins que , avant que , bien que, de crainte ou de peur que , jusqu’à ce que, loin que, pour que , pourvu que, quoique, sans que, soit que. Ex. :

Quoiqu' il suit savant, il ignore cependant bien des choses.

Remarque- Les conjonctions de façon que, de sorte que , de manière que , si ce n’est que, sinon que, etc., demandent le subjonctif ou l'indicatif, selon qu’on veut exprimer le doute ou l’aflirmation. Ex. :

Conduis-oi de sorte que lu sois estimé de tous.

Il sYst conduit de sorte qu il est estimé de tous.

3° Emploi de l'infinitif.

I . De combien de manières s’emploie l’infinitif? — 2. A quel nombre l’infinitif employé comme sujet veut-il le verbe? — 3. A quoi l’infinitif employé comme complément doit-il toujours se rapporter? — 4. Après quels verbes l’infinitif employé comme complément n’est-il précédé d’aucune préposition ? — 5. Un verbe peut-il être suivi de trois ou de quatre infinitifs?

1 . — L’infinitif s’emploie de deux manières : comme sujet, ou comme complément.

2. — L’infinitif, employé comme sujet, veut toujours le verbe au singulier. Ex. :

Ignorer cl se tromper est le propre de l’homme.

3- — L’infinitif, employé comme complément, doit toujours se rapporter à quelque mot exprimé daus la phrase, et s’y rapporter sans équivoque.

Ainsi l’on ne dira pas :

Le temps est trop précieux pour le perdre.

Ici perdre ne se rapporte à aucun mot exprimé dans la phrase. Il faut dire : Le temps est trop précieux pour qu’on le perde.

C’est pour donner que le Seigneur nous donne.

Ici donner a un rapport équivoque; il semble s'appliquer

également à Seigneur et à nous. Il faut dire : C’est pour que nous donnions que le Seigneur nous donne.

4- — L’infinitif complément n’est précédé d’aucune préposition après aimer mieux , compter, croire , daigner , devoir, entendre, faire, s’imaginer, oser, pouvoir, prétendre, savoir, valoir, vouloir.

Ainsi l'on ne dira pas : il s'imagine de faire mieux qu’un autre; mais : il s'imagine faire mieux.

On ne dira pas non plus : il aime lire; mais : il aime à lire.

15 — On doit éviter d’employer trois ou quatre infinitifs de suite.

Ainsi l'on ne dira pas : Je crois pouvoir aller voir demain mon ami ; mais : je crois que je pourrai aller voir demain mon ami.

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