‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 50 sur 327 · VI. Emploi de certains Verbes · texte numérisé non relu

VI. Emploi de certains Verbes

N’y a-i-il pas un certain nombre de verbes qu’il faut remarquer ou qu’on peut distinguer les uns des autres, soit par leur complément , soit par leur sens propre, soit enfin par l’usagc ?

Il y a un certain nombre de verbes qu’il faut remarquer ou qu’on peut distinguer les uns des autres, soit par leur complément, soit par leur sens propre, soit enfin par l’usage. Tels sont les verbes suivants :

i° Aider quelqu’un , c’est simplement l’assister; aider à quelqu’un , c’est l’assister en partageant ses efforts , sa fatigue. Ex. :

Je les ai aidés de ma bourse et de mes conseils Je lui ai aidé à se relever.

2° On n’emploie plus aujourd’hui je fus pour j’allai. Ainsi l’on ne dit pas : Je fus le voir, il fut le trouver, mais, j’allai le voir, il alla le trouver.

3° Anoblir , c’est donner des lettres de noblesse; ennoblir, c’est rendre plus éclatant, plus illustre, plus considérable. Ex. :

La famille de Jeanne d’Arc a été anoblie par Charles Vit. — Les beaux-arts ennoblissent une langue.

4° Assurer quelqu’un, c'est témoigner à quelqu’un ; assurer à quelqu’un, c'est donner pour sur à quelqu’un. Ex. :

Assurez-le de mon estime. — dssurez-lui cette nouvelle.

o° Atteindre à quelque chose suppose des obstacles; atteindre quelque chose ne suppose pas de difficultés. Ex. :

J’ai’ atteint au bal. — Il a atteint sa vingtième année.

0° Bosseler , c’est travailler en bosse; bossucr, c’est faire des bosses à un métal. Ainsi l’on ne dira pas : J’ai bosselé mon gobelet en le faisant tomber; mais : j’ai bossue.

7° Croire quelque chose , c’est l’estimer véritable; croire quelqu’un , c’est l’estimer véridique; — croire à quelque chose , c’est y ajouter foi ; croire à quelqu’un, c'est admettre son existence. Ex. :

Croire la religion chrétienne. — On ne cmit pas le menteur. — ('mire h la vérité d’un récit. — Croire aux revenants.

8° Eclairer quelqu’un , c’est l’instruire; éclairer à quelqu’un, c’est le guider au moyen d’une lumière. Ex. :

La lecture éclaire /'esprit. — Eclairez à monsieur, c.-à-d. éclairez le passage à monsieur.

y» Egaler, c’est être ou mettre à l’égal d’un autre ; égaliser, c’est rendre égal, uni, semblable. Ainsi l’on ne dira pas : Il faut égaler nos fortunes, égaler ce terrain; mais : égaliser nos fortunes, ce terrain.

10° En forcir et renforcer se disent ; enforcer et renforcir ne se disent pas. Ainsi l’on ne dira pas : Cet enfant est renforci , mais, renforcé; — cet enfant est enforcé , mais, enforci.

11" Entendre raillerie, c’est bien prendre la raillerie ; entendre la raillerie , c’est avoir le talent de railler. Ex. :

Un honnête homme entend raillerie. — Peu de gens entendent ta fine et innocente raillerie.

12" Entier se dit des choses; et porter envie, des personnes. Ex. :

Le chrétien n 'envie pas le bonheur d’autrui, et ne porte envie a personne.

13° Espérer , promettre , compter, etc., marquant toujours une idée de futur, ne doivent pas être construits avec un présent ni un passé. Ainsi l’on ne dira pas :

i’espère que vous vous portez bien. — Je vous promets que j ai dit vrai...

Mais on emploie un autre verbe, tel que croire , penser , se flatter, assurer, etc. Ex. :

Je me Jlalle que vous vous portez bien. — Je vous assure que j’ai dit vrai.

14° C’est à vous d, se dit de l’ordre, du tour; c’est à vous de, se dit du droit, du devoir. Ex. :

C'esi h vous maintenant à répondre. — C'est h Dieu cfordonuer, a l’homme t/’obéir.

Io° Éviter signifie fuir On ne dira donc pas dans le sens d 'épargner: Je veux vous éviter cette peine; mais: je veux vous épargner cette peine.

16° Excuser quelqu’un, c’est recevoir les excuses qu’il fait ; faire excuse, c’est offrir une réparation. Ex. :

Je vous prie de m’excuser. — Je vous Jais excuse.

Demander excuse n’est pas français.

17° Faire, suivi d’un infinitif, ne s’emploie jamais passivement. Ainsi l’on ne dira pas : Il a été fait mourir en place de Grève; mais : on l’a fait mourir.

18“ Fixer signifie arrêter, rendre fixe, stable, constant. On ne peut donc pas dire fixer dans le sens de regarder. Ex. :

JW fixé cette personne sans la reconnaître.

On peut dire : Fixer ses regards sur quelqu'un, regarder fixement.

19° Imaginer, c’est créer, inventer; s’imaginer, c’est croire, se persuader. Ainsi l’on ne dira pas : Il imagine être un grand homme; mais : il s'imagine être un grand homme.

20° Imiter, c’est suivre l’exemple. On ne peut donc pas dire :

Imiter l’exemple de quelqu’un.

L’idée d 'exemple serait deux fois dans la phrase. II faut dire :

Imiter quelqu’un ou suivre l'exemple de quelqu’un.

On ne dit imiter l’exemple que pour un modèle d’écrilurc, de dessin, etc. Ex. :

Imitez cette exemple d’écriture.

21° Imposer, c’est inspirer du respect, de l’étonnement,

de la crainte; en imposer , c’est mentir, faire accroire, tromper. Ex. :

( L’air noble et simple de l’innocence impose. — L’air composé d'un hypocrite en impose. 1

22° Infecter, c’est répandre une mauvaise odeur, propager la contagion, corrompre; infester , c’est piller, ravager. Ex. :

Celte eau infecte. — L’hérésie a infecté le monde. — Les pirates infestent les mers.

23° Insulter quelqu’un, c’est lui faire insulte; insulter à quelqu’un, c’est manquer aux égards que l’on doit aux personnes, aux choses. Ex. :

Insulter quelqu’un de paroles. — Insulter au malheur de quelqu’un.

24° On ne dit pas invectiver quelqu’un, mais contre quelqu’un.

23° Manquer , suivi d’un infinitif, veut de; faillir ne veut pas de préposition. Ainsi l’on ne dira pas : Il a manqué tomber; mais : il a manqué de tomber. — U a failli de tomber; mais : il a failli tomber.

26° Observer , c’est considérer, remarquer. Ainsi l’on ne dira pas : Je vous observe que vous êtes dans l’erreur : — car on ne dirait pas: Je vous remarque que vous êtes dans l’erreur. Il faut dire • Je vous fais observer, remarquer que, etc. On ne dira pas non plus : Je vous fais celle observation ; mais : je vous fais faire cette observation.

27° Parler mal, c’est parler incorrectement ; mal parler, c’est parler méchamment. Ainsi l’on ne dira pas : (I ne faut pas parler mal des absents ; mais ; il ne faut pas mal parler des absents.

28° Réunir , signifiant posséder à la fois , veut et ; unir veut à. Ainsi l’on ne dira pas : Réunir le mérite à la modestie; mais : réunir le mérite et la modestie. — Unir le mérite et la modestie; mais : unir le mérite à la modestie.

29° Suppléer une chose, c’est remplacer ce qui manque par des objets de môme nature; suppléer à une chose , c’est en tenir lieu. Ex. :

J ai supplée les mots qui manquaient. — La valeur supplée au nombre.

On dit suppléer quelqu’un, ou suppléer a quelqu’un.

94 LANGEE FRANÇAISE.

30° On touche le clavecin, le piano, l’orgue; — on bat la caisse, le tambour, les timbales; — on donne du cor; — on sonne du cor et de la trompette; on pince la harpe , la guitare , etc. ; — on joue de tous les instruments.

51° Viser, dans le sens de prendre pour but, veut à quand on lui donne un complément unique. Ainsi l’on ne dit pas :

Viser un but, mais viser à un but..

Je ne le visais pas, mais je ne visais pas à lui.

Mais on peut dire : Viser un animal à la tète, viser tin homme au cœur.

§ 7. Syntaxe du Participe.

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