L’interjection se place avant le mot qu’elle modifie
2. — Ah! exprime la joie, la douleur ou l’admiration; ha! exprime l’étonnement, la surprise. Ainsi l’on dira: avec ah !
Ah ! que je suis heureux de revoir un ami !
et avec ha !
Ha ! que me dites-vous là?
Eh! exprime l’interrogation , l’étonnement, l’indignation , etc.; hé! exprime la douleur, la crainte, la dérision, etc. Ainsi , l’on dira avec eh!
Eh ! que faites-vous là ? et avec hé !
Hé ! quelle nouvelle ra’apprenez-vous?
3 . — Oh! s’emploie dans l’exclamation; ho ! dans l'appel ; 0 dans l’apostrophe. Ex. :
Oh ! que les impies sont à plaindre!
Ho! venez un peu ici.
O honte ! 6 douleur !
loft
$ 12. Des différents sens des mots dans le discours, des figures de mots, et spécialement des tropes.
I. Combien de sens les mois peuvenl-ils avoir dans le discours?
Quand sonl-ils employés dans le sens propre? dans le sens figuré? — 2. Qu’est-ce que les ligures? — 3. Qu’est-ce les figures
de mots et combien y en a-t-il de sortes ?
1 . — Les mots ont dans le discours un sens propre et un sens figuré. Ils sont employés dans le sens propre, lorsque, ne perdant point leur signification primitive , ils signifient la chose pour laquelle ils ont été créés ; et dans le sens figuré, quand on les fait passer de leur signification naturelle à quelque autre signification étrangère. Le mot chaleur exprime une propriété du feu; le mot rayon, un trait de lumière. Ainsi, quand on dit la chaleur de la flamme, les rayons du soleil , ces mots sont pris dans le sens propre ; mais si l’on dit la chaleur du combat, un rayon d'espérance, ils sont pris dans le sens figuré.
y. — Les figures sont des manières de parler qui ajoutent au style de la force, de la grâce ou de la noblesse, soit en transportant la signification d’un mot sur un autre , soit en donnant à la construction des phrases certaines former suggérées par l’imagination, le sentiment ou l’artifice oratoire.
Si l’on disait : Tel est fait pour le second rang , qui n’est pas capable d’occuper le premier, on parlerait sans figure, parce que tous les mots y sont employés dans Ip sens propre; mais si l’on rend ainsi cette pensée :
Telle brille au second rang, qui s’éclipse au premier (Henriadt),
on emploie une figure, et la signification des mots brille, s’éclipse , transportée des astres à l’homme incapable de tenir le premier rang, donne à l’idée, par cette image, plus d’élégance et de vivacité.
5. — Les figuresde mots sont celles qui dépendent du mol lui-même, c’est-à-dire, qui disparaissent, si le mot vient à changer. Ces figures sont du domaine de la grammaire 1
I. 11 y a aussi des Jigures de pensées, c’est-à-dire des ligures (lui tiennent à la pensée et qui subsistent, malgré le changement des mots, pourvu qoe le sens ou la forme du discours ne change
Parmi les ligures de mots, les unes laissent aux mots leur sens primitif, et conservent le nom générique de figures ; les autres changent la signilication des mots efse nomment tropes (d’un mot grec qui signifie changer), comme quand on dit cent voiles pour cent vaisseaux.
i° Des figures de mois proprement dites , ou de l'ellipse, du pléonasme , de la syllepse et de l’inversion.
I. Qu’est-ce que l’ellipse? quels en sont les avantages? — 2 Le pléonasme ? quels en sont les avantages? — 3. La syllepse? quels en sont les avantages? — 4. L’inversion? quels en sont les avantages ?
1. — L 'ellipse supprime des mots nécessaires à la construction sans l’être au sens. Exemple :
Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fait fidèle ? (Raeine.)
La grammaire eût dit : si je t’aimais, quoique lu fusses inconstant, qu’aurais- je fait, si lu avais été fidèle? Mais quelle différence !
Les avantages de l’ellipse sont de donner plus de concision aux phrases, plus de rapidité au style, plus d’énergie à la passion ou au sentiment.
2. — Le pléonasme ajoute ce que la grammaire regarde comme superflu. Exemple :
Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qui s’appelle vu.
Les avantages du pléonasme sont comme ceux de l’ellipse, de rendre la pensée ou le sentiment plus vif et plus énergique.
3. — La syllepse fait accorder un mot avec l’idée plutôt qu’avec le corrélatif de ce mot. Exemple :
Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge ;
Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin ,
Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin
(Racine.)
Comme eux s’accorde non avec le mot singulier pauvre qui précède , mais avec l’idée des pauvres , en faveur
pas. Ces figures sont du domaine de la rhétorique, et la connaissance n’en est point exigée des aspirants.
•lesquels le grand*prètre Joad veut intéresser le jeune roi Joas.
Les avantages de la syllepse sont de donner à la phrase plus d’élégance et d’harmonie.
4 . — \ 'inversion transpose l’ordre ordinaire de la syntaxe. Exemple :
A tous les cœurs Lien nés que la patrie est chère ! (Voltaire.)
Les avantages de l’inversion , principalement propre à la poésie, sont de donner à la phrase plus de grâce, d’élégance, d’énergie et de rapidité.
2 " Des tropes.
1. Combien y a-t-il de principaux tropes? — 2, Qu’est-ce que la
métaphore? — 3. L’allégorie? — 4. La catacbrèse? — 6. La
métonymie? — G. La synecdoque? — 7. L’antonomase? —