INSTRUCTION MORALE ET RELIGIEUSE
1. De quoi traite l’instruction morale? — 2. D’après quoi traitet-elle de ces différentes matières ?
1. — L’instruction morale traite de trois choses principales, savoir: 1° del 'existence de Dieu ; 2° de la destinée de l'homme; 3° de la morale.
2. — L’instruction morale traite de ces différentes matières d'après les seules lumières de la raison et les seuls jugements de la conscience. — La raison est la faculté intellectuelle par laquelle l’homme connaît, juge et se conduit, et la conscience, le sentiment intérieur par lequel l’homme se rend à lui-méme témoignage du bien et du mal qu’il fait.
§ 1 .De l’existence de Dieu. — Des principaux attributs de Dieu. — De la divine Providence.
i. Qu’entend-on par Dieu? — 2. Combien y a-t-il de sortes de preuves de l’existence de Dieu ? — 3. Combien y a-t-il de preuves physiques, et quelles sont-elles? Comment l’existence de Dieu est-elle prouvée : 1° par l’existence de la matière ? 2° par le mouvement de la matière ? 3° par l’ordre de l’univers ? — 4. Combien y a-t-il de preuves morales et quelles sont-elles? Comment l’existence de Dieu est-elle prouvée : 1° par la loi naturelle? 2° par le besoin irrésistible de la croyance à un être supérieur ? 3° par le consentement unanime des peuples? — 5. Quelle est la principale preuve intellectuelle ou métaphysique^? Comment l’existence de Dieu est-elle prouvée par la nécessité d’un premier être? — 6. Quels sont les principaux attributs de Dieu? — 7. Qu’entend-on par divine Providence?
1 . — On entend par Dieu l’étre suprême, créateur et conservateur de l’univers, et auquel nous devons nos hom-
mages et nos prières. Un grand nombre de preuves attestent son existence.
2. — Les preuves de l’existence de Dieu sont de trois sortes : physiques, morales et intellectuelles ou métaphysiques. On appelle preuves physiques celles qui sont fondées sur l’observation de la nature; preuves morales, celles qui reposent sur les croyances du genre humain et sur le témoignage de l’histoire; preuves intellectuelles ou métaphysiques , celles qui s’appuient sur les conceptions universelles de la raison.
3. — Les preuves physiques sont au nombre de trois principales, savoir : 1° l’existence de la matière; 2° le mouvement de la matière; 3° l’ordre de l’univers.
1° L’existence de la matière prouve l’existence de Dieu. En effet, la matière n’est pas nécessaire, puisque tout en elle est contingent, c’est-à-dire accidentel; donc la matière suppose un créateur. Ce créateur, je l’appelle Dieu : donc Dieu existe.
2° Le mouvement de la matière prouve aussi l'existence de Dieu. Car de deux choses l’une : ou le mouvement est essentiel à la matière, ou il ne lui est pas essentiel. Or le mouvement ne lui est pas essentiel, car nous pouvons la concevoir en repos ; de plus , tout mouvement essentiel n'admet point de variation ni dans la direction ni dans la vitesse ; cependant le contraire se voit tous les jours. La matière a donc un premier moteur; ce moteur, je l’appelle Dieu : donc Dieu existe.
3° Enfin l 'ordre de l’univers prouve l’existence de Dieu. Car un ordre quelconque témoigne une intelligence qui le produit; plus cet ordre embrasse d’objets, plus l’intelligence de son auteur est grande. L’intelligence qui a ordonné l’univers est donc suprême; celte intelligence suprême, je l’appelle Dieu : donc Dieu existe.
4. — Les preuves morales sont au nombre de trois principales, savoir : 1° la loi naturelle ; 2° le besoin irrésistible de la croyance à un être supérieur ; 3° le consentement unanime des peuples.
f°On appelle loi naturelle les sentiments et les principes de justice et de bienveillance sans lesquels les sociétés humaines ne pourraient subsister, et que l’auteur de la nature a imprimés dans le cœur de tous les hommes. Or, Y existence de la loi naturelle prouve l’existence de Dieu. En effet, la conscience humaine distingue partout le bien du mal , ainsi
que l'obligation de faire l’un et d’éviter l’autre. Or toute loi suppose un législateur, et ce législateur ne saurait être l’homme, puisque la loi naturelle existe en lui, sur lui , malgré lui. Ce ne peut être qu’une puissance supérieure à l’homme; cette puissance supérieure , c’est Dieu : donc Dieu existe.
2° Le besoin irrésistible de la croyance à un être supérieur prouve aussi l’existence de Dieu. En effet l’hômme malheureux est porté à recourir à quelque être supérieur, et l’homme heureux à le remercier; cet être supérieur, arbitre des destinées humaines, c’est Dieu : donc Dieu existe.
3° Enfin le consentement unanime des peuples prouve l’existence de Dieu. En effet, tous les hommes sensés dans tous les pays, dans tous les temps, ont reconnu l’existence d’un être supérieur; c’est la tradition la plus universelle, la mieux établie, la plus naturelle. Or un tel accord ne pourrait exister si celte tradition n’était pas vraie, si l’idée n’en était pas inspirée par Dieu lui-même. Donc Dieu existe.
S. — Les preuves intellectuelles ou métaphysiques sont en grand nombre : la principale est la nécessité d’un premier être, c’est-à-dire d’une cause première.
La nécessité d'un premier être prouve l’existence de Dieu. Carde deux choses l’une : ou tous les êtres sont contingents, ou il y a un être nécessaire. Si tous les êtres sont contingents, il fut un temps où nul d’eux n’existait : or le néant ne peut produire l’être; ainsi , dans cette supposition, l’existence du monde serait impossible. Il existe cependant, personne ne peut le nier. Un être nécessaire l’a donc produit; cet être nécessaire, c’est Dieu : donc Dieu existe. Ainsi l’on peut dire avec le poète :
Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer.
6» — On appelle attributs d’un être ce qui lui est propre et particulier, ce qui constitue sa nature. Or les principaux attributs de Dieu sont d’être un pur esprit, infini, éternel , tout-puissant, immense, infiniment bon et infiniment juste.
Dieu ne peut être conçu que comme un pur esprit, c’està-dire comme un esprit libre et dégagé de la matière, et donnant le mouvement et la vie à toute chose. Il est tout esprit , raison , intelligence; il échappe à nos regards , il ne peut être entrevu que par la pensée.
Dieu est infini; car s’il était fini, il dépendrait d’une autre cause , il ne serait plus cause première.
Dieu est étemel, c’est-à-dire, qu’il n’a ni commencement ni fin. On ne peut le concevoir autrement, puisqu’il est cause première.
Dieu est tout-puissant, c’est-à-dire qu’il n’y a rien que Dieu ne puisse faire et sans aucune peine.
Dieu est immense : de quelque côté qu’on se tourne , Dieu est présent; il remplit tout son ouvrage.
Dieu est infiniment bon; car, d’une part, le mal ne peut s’accorder avec l’infini , et de l’autre , nous devons à Dieu tous les avantages que nous possédons , l’intelligence, la vie, la vertu, le talent, etc.
Dieu est infiniment juste ; car l’injuste ne peut s’accor der avec ce qui est infini.
7 • — On entend par divine Providence la triple action de la bonté, de la puissance et de l’intelligence infinies de Dieu, dans le plan de l’univers. Ce plan, nous ne faisons que l’entrevoir; mais, quelque bornée que soit notre vue, nous découvrons partout un ordre admirable, et, dans cet ordre, la cause infiniment intelligente qui l’a conçu , la cause infiniment puissante qui l’a créé, la cause infiniment bonne qui le maintient pour le bonheur de ses créatures.
§ 2. De la Destinée de V homme et de l’Immortalité de l’âme. — De la Liberté ou du libre Arbitre .
I. Quelle est la destinée de l’homme? — 2« Quelles sont les principales preuves de l'immortalité de l’âme? — 3. Comment l’immortalité de l’âme est-elle prouvée : 1° par l’immatérialité de [âme? 2° par le désir inné de l’immortalité? 3° par la justice infinie de Dieu ? — 4. Qu’est-ce que la liberté, dans le langage philosophique ? — 5. Comment la liberté est-elle prouvée par la conscience ? — 6. Quelle est l’objection tirée de la prescience de Dieu contre la liberté humaine, et comment peut-on y répondre? — 7. Quelles seraient les conséquences du fatalisme?
1 • — La destinée de l’homme est contenue dans ces mots de la doctrine chrétienne: connaître, aimer et servir Dieu, et, par ce moyen, obtenir la vie étemelle. Voilà notre destinée tout entière. Connaître, aimer et servir Dieu , c’est faire un bon usage des facultés qu’il nous a don-
nées; c’esi connaître, aimer et faire le bien; c'est arriver au bonheur par la vertu.
Or le bonheur n’accompagne pas toujours la vertu dans ce monde, c’est un fait incontestable ; il faut donc une autre vie, qui complète la destinée de l’homme; autre vie qui i suppose nécessairement l’immortalité de l’âme. Un grand nombre de preuves attestent celte immortalité, i 2. — Les principales preuves de l’immortalité de l’âme sont: 1” l'immatérialité de l'âme; 2° le désir inné de I l’immortalité ; 3° Vin finie justice de Dieu.
3. — 1° L'immatérialité de l’âme prouve son immortalité-, car une substance immatérielle ou simple ne peut mourir, puisque la mort n'est qu'une décomposition de parties : donc l’âme est immortelle.
2° Le désir inné de l’immortalité prouve celle de l’âme.
I L’âme, en effet,, désire naturellement un bonheur qui se pro-
I longe sans fin au delà du trépas. Or ce désir inné nous vient
l de Dieu , qui ne peut nous avoir trompés : donc l’âme est i immortelle.
3° Enfin la justice infinie de Dieu prouve l’immortalité de l’âme. En effet, un être infiniment juste doit rétribuer 1 chacun selon ses œuvres. Or celte rétribution n’est pas équitable ici-bas; car le bonheur n'accompagne pas toujours la vertu dans ce monde, et souvent même les méchants y sont plus heureux que les bons. Donc il doit exister une autre vie qui répare les désordres de la vie présente. Cette vie n'est possible qu'avec la continuité de l’existence de l'aine au delà de la tombe : donc l'âme est immortelle.
4. — La liberté, dans le langage philosophique, est le pouvoir que l’âme possède de vouloir ou de ne vouloir pas ; en d’autres termes, c’est la faculté de choisir entre diverses choses, et de se déterminer pour l’une ou pour l’autre. C’est ce qu'on appelle libre arbitre.
y. — On peut démontrer la liberté par la conscience.
En effet, la conscience atteste à chacun de nous sa liberté ; chacun de nous , après une détermination quelconque , sent en lui-même qu’il aurait bien pu ne pas la prendre. Si la détermination est bonne, il s’en attribue le mérite; si elle est mauvaise, il s’en impute le tort. Or pourrait-on s’attribuer le mérite ou s’imputer le tort d’une détermination qui n’aurait pas été libre? Le témoignage de la conscience prouve donc incontestablement la liberté.
G. — On a dit : « Dieu a prévu toutes les actions de
l'homme; or ce que Dieu a prévu arrivera nécessairement, puisqu’il est infaillible : donc l'homme n’est pas libre. •>
Celte objection est plus spécieuse que solide. Eu effet, si l'homme doit faire infailliblement ce que Dieu a prévu, ce n'est point parce que Dieu l’a prévu; mais, au contraire. Dieu ne l’a prévu que parce que l’homme devait agir ainsi de son propre mouvement , en vertu de sa liberté. Dieu , si l’on peut parler ainsi, est alors semblable à un homme qui, témoin oculaire d’une action , ne peut se tromper sur ce qu’il voit de ses propres yeux, sans qu’il soit cause, par son intuition , de ce qui se fait devant lui.
b ailleurs , pour Dieu , la durée est comme un point, sans passé ni avenir; tout lui est présent. Pour lui , prévoir n’est donc que voir, et si le mot prescience prouve quelque chose, ce n'esl point contre la liberté, mais contre l’imperfection des langues humaines.
7 . — Si l’homme n’était pas libre, c’est-à-dire s’il était soumis à la fatalité, en d’autres termes, à une destinée inévitable, toute législation, soit divine, soit humaine, serait absurde et injuste. En effet, toute législation lui commande d’éviter le mal et de pratiquer le bien : or à quoi servirait celte prescription , si l’homme n’avait pas en son pouvoir de faire le bien prescrit , et de ne pas faire le mal défendu? Toute justice disparaîtrait, car toute action serait forcée; l’homme , devant les tribunaux , arguerait de la nécessité pour échapper à la peine, et toujours il devrait être absous. Ainsi, avec le fatalisme, plus de morale, plus de société. Tout serait confondu , le mal et le bien , le crime et la vertu, l’injustice et l’équité; toutes les actions deviendraient indifférentes, et le monde ne serait plus qu’un vaste chaos.
$ 3. De la Morale ou Science des devoirs.
I. Quel est l’objet de la morale? — ‘ 2 . En combien de parties se divise la morale? — 3. A quoi peuvent se réduire les devoirs de l’homme envers Dieu? — 4. Comment prouve-t-on que l’homme doit croire en Dieu, aimer Dieu, obéir à Dieu et adorer Dieu ? — 5. Qu'est-ce qui constitue la religion et la morale religieuse ? Combien y a-t-il d’espèces de cultes? — 6. Qu’esl-ce que le culte intérieur? — 1. De quoi se compose le culte extérieur? — 8. A quoi la morale individuelle est-elle relative? — 9. Quel est l’objet des devoirs relatifs à l’âme, et en quoi consistent-ils ? — 10 . Quel est l’objet des devoirs relatifs au corps et en quoi con-
sistenl-ils? — 11. D’où vient la morale sociale? — 12. Quels sont les devoirs envers l’homme en général et en combien de classes les partage-t-on? — 13. Qu’appelle-t-on droit des gens et dans quelle classe de devoirs rentre-t-il? — 14. Quels sont les devoirs envers l’Etat , c’est-à-dire envers la nation, la cité et la famille ?
1 . — La morale a pour objet de prescrire des règles à la volonté, c’est-à-dire de tracer à l’homme ses devoirs, soit envers lui-même, soit envers ses semblables , soit envers Dieu. Ces règles, considérées d’après les seules lumières de la raison, reposent sur la distinction du bien et du mal, du juste et de l'injuste, distinction qui existe dans tous les esprits ; en d’autres termes, c’est une loi naturelle qui dit à chacun : Fais ce qui est bien, ce qui est juste; évite ce ce qui est mal, ce qui est injuste. Or la loi qui nous parle ainsi, nous impose en même temps l’obligation d’y obéir; et c’est cette obligation qu’on appelle le devoir.
2. — La morale se divise en trois parties , suivant les personnes avec lesquelles l’homme est en rapport, savoir ; 1° la morale religieuse , ou devoirs de l’homme envers Dieu; 2° la morale individuelle , ou devoirs de l'homme envers lui-même ; 3° la morale sociale , ou devoirs de l'homme envers ses semblables.
5. — Dieu a créé l’homme, il le conserve, il se fait connaître à lui, il le juge. De ces rapports, naissent pour l’homme des devoirs envers Dieu qu’on peut réduire à quatre chefs : croire, aimer, obéir, adorer.
4. — Dieu existe : tout le prouve , la raison , les sentiments moraux , l’ordre et la beauté de l’univers. L'homme doit donc croire en Dieu.
L’homme existe et il ne conserve son existence que par Dieu ; c’est à Dieu qu’il doit l’intelligence et la liberté qui le font roi de la nature, etc. L’homme doit donc aimer Dieu.
Dieu, créateur de l’homme, se montre à lui comme une force non-seulement bienfaisante , mais encore supérieure. L’homme doit donc obéir à Dieu.
L’homme tient tout de Dieu : c’est de lui qu’il dépend et qu’il relève ; il lui doit donc l'hommage de tout son être ; être fini, il doit s’abaisser devant l’être infini : il doit donc adorer Dieu.
5. — La foi, l'amour, la soumission et l’adoration constituent la religion. La religion rattache l'homme à Dieu
l'ji INSTRUCTION
pur des devoirs dont la science s’appelle morale religieuse.
Or toute religion suppose un culte. Il y a deux espèces de cultes : le culte intérieur et le culte extérieur.
6. — Le culte intérieur n’est autre chose que la foi, l’amour, la soumission et l’adoration, renfermés dans le sanctuaire de l'érae.
7 — Le culte extérieur se compose de prières et de cérémonies. Ce culte est naturel, puisqu’il est difficile, pour ne pas dire impossible à l’homme , de sentir , de penser et de vouloir, sans exprimer ses émotions, ses pensées et ses volontés par des signes sensibles et des formes matérielles. Il est convenable; car les hommes, participant tous aux mêmes bienfaits, doivent tous participer aux mêmes actions de grâces. Il est nécessaire pour les individus, qui sans cela ne prieraient qu’avec distraction; il l’est surtout pour la société , dont la religion est l’unique soutien. Une société sans religion ne peut subsister.
8. — La morale individuelle , c’est-à-dire les devoirs de l'homme envers lui-même, sont relatifs les uns à son âme. et les autres à son corps.
9. — Les devoirs relatifs à l’âme ont pour objets les trois facultés dont elle est douée, la sensibilité , Yintelligence et la volonté ou liberté.
L’homme est tenu de diriger l’exercice de ces facultés vers l’accomplissement de la loi morale. Ainsi la sensibilité doit être conservée pure, pour ne point altérer l’intelligence ou la volonté ; l’intelligence doit être développée, pour atteindre à la vérité , découvrir l’erreur , parvenir à la coni.aissance de l’Etre suprême et se rendre digne de lui ; la volonté doit être cultivée, pour faire le bien et fuir le mal ; pour conserver son empire sur l’intelligence cl la sensibilité, enfin pour maintenir l’homme dans sa dignité. Tout ce qui l’affaiblit et le dégrade est contraire à la loi morale; tout ce qui le fortifie et l’élève y est conforme.
! 0 . — Les devoirs relatifs au corps ont pour objet la conservation de ses organes. Le corps est le serviteur de Pâme 1 ; en relourdes services qu’elle en reçoit, elle doit veiller à sa conservation, subvenir à ses besoins, le fortifier même. Ainsi, mesurer son travail à sa force, sa nourriture à son estomac, le repos à sa lassitude, tels sont les devoirs
1. L’homme est une intelligence servie par des organes, dit M. de Bonald.
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de l'homme à l’égard de son corps. On voit par là que le suicide est un crime moral.
I i . — La morale sociale ou science des devoirs de 1 homme envers ses semblables vient de ce que l’homme peut être considéré comme faisant partie, soit de la grande tamillc humaine, qu’on appelle l'humanité, soit d’une famille moins étendue qu’on appelle l'Etat. De là deux grandes sortes de devoirs, envers l’homme en général ou l humanité, et envers l’Etat.
12. — Les devoirs envers l’homme en général peuvent se résumer en deux mots : la charité , qui comprend les devoirs positifs, et la justice, qui comprend les devoirs négatifs. En effet, l’humanité est une grande famille dont tous les membres sont frères. De celte fraternité dérive le premier devoir de l’homme envers ses semblables, l'amour ou la chanté, d’où dérivent à leur tour tous les autres devoirs positifs l'indulgence pour les fautes, la bienfaisance envers le malheur, la tolérance pour les opinions; devoirs qui sont tous renfermés dans ce précepte : Faites à autrui ce gue vous voudriez qu’il vous fit. Les devoirs négatifs sont contenus dans cet autre précepte : IVe faites pas à au trui ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fit. Le premier devoir négatif est de respecter la vie de son prochain saur le cas de légitime défense, et lorsque la loi frappe de mort pour la punition d’un crime. Ce dernier devoir nous delend donc de nous faire justice à nous-mêmes et proscrit le combat singulier ou duel. Les autres devoirs négatifs consistent à respecter la vie, les biens, la réputation la liberté de son prochain ; à ne point fourvover sa sensibilité ni son intelligence; à ne pas l’entraîner dans des plaisirs funestes, etc. 1
I3- — On appelle droit des gens ou droit international le droit qui réglé les rapports des nations entre elles II rentre dans la classe des devoirs sociaux. En effet les nations se composent d’hommes qui sont tous égaux aux yeux oc Dieu. Elles doivent donc, d’un côté, respecter mutuellement leurs lois, leurs usages , leur individualité, et de . ’ es " ommes doivent se regarder comme frères et
établir entre eux des communications pour le plus grand bien non-seulement de la famille humaine, mais encore de chaque nation ou groupe de celle famille.
„ 1 L ’ Eut se compose de la nation, de la cité et de la famille.
Manuel. — D. Supérieur.
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194 1SSTRUCT10N
1° et 2° L’homme, dans la nation et dans la cité , est homme public ou gouvernant , homme privé ou gouverné.
Homme public ou gouvernant, il doit faire respecter les lois et les respecter lui-même ; il doit aux gouvernés justice , sécurité , moyens de perfectionnement , sous le rapport moral, intellectuel et physique, etc.; — homme privé ou gouverné , il doit obéissance aux gouvernants , en tant que chargés de l’exécution de la loi.
3° L’homme , dans la famille , est fils (011e) , époux (épouse), père (mère), maître (maîtresse) ou serviteur (servante).
Fils ou fille , on doit à ses parents respect , tendresse, reconnaissance et docilité; — époux ou épouse , on se doit, l’un à l’autre amour , ûdélité , complaisance : l’épouse doit en outre, obéissance à l’époux ; — père ou mère , on doit à ses enfants la triple éducation morale , intellectuelle et physique qui leur convient; — maître ou maîtresse, on doit à ses serviteurs ou servantes bonté, soins et justice ; — serviteur ou servante, on doit à ses maîtres ou maîtresses zèle, fidélité, discrétion, déférence l .