II. INSTRUCTION RELIGIEUSE
1. De quoi iraile l'instruction religieuse? — 2. D’après quoi traitet-elle de ces difiércntes matières?
f. — L’instruction religieuse traite de trois choses principales, savoir : 4° la vérité des dogmes, 2° la morale chrétienne ; 3° le culte de la religion chrétienne, qui est la religion de la majorité des Français.
2- — L’instruction religieuse traite de ces différentes matières d’après les Livres saints et les décisions de l’Eglise.
1. La section destinée à l’explication des Commandements de Dieu (p. 201 et s.), contient des détails plus étendus sur ces différents devoirs; mais nous avons mieux aimé faire ici une redite de peu d’importance, que de renoncer a l’avantage d’une théorie rapide et résumée de toute la morale.
§ 1. Des Preuves de la vérité de la Religion chrétienne
i . Quelles sont les principales preuves de la vérité de la religion chrétienne?— 2. Par qui le Messie a-t-il été annoncé? — 3. En qui les prophéties de Jacob et de Daniel se sont-elles accomplies?
— 4. Ces prophéties n’ont-elles pas clé faites après coup, et comment peut-on en démontrer l’authenticité? — 5. Quelle est la vérité fondamentale de la religion chrétienne ? — 6. Par qui fut annoncée la résurrection de J. C.? — 7. A qui J. C. s’est-il fait voir après sa résurrection? Comment l’incrédulité des apôtros et des disciples fut-elle dissipée? — 8. Comment prouve-t-on que les apétres et les disciples n’ont été ni trompés ni trompeurs?
— 9. Comment et devant qui J. C. est-il monté au ciel? — 10. Comment la religion chrétienne s’est-elle établie dans le inonde? — 11. Qu’est-ce que prouve l’étal actuel des Juifs?
4 - — Les principales preuves de la vérité de la religion chrétienne sont : la divinité et la résurrection de J. C., Vétablissement du christianisme et l'état actuel des Juifs.
ît. — Le Messie a été annoncé par Jacob, dont Moïse rapporte les prophéties dans le Pentatcuque. Or le Penlateuque ne contient rien que de vrai , soit sur la création , soit sur les événements postérieurs ; le récit de Moïse, connu de tout un peuple, n’a jamais été démenti ni par les Juifs ni par les Samaritains , sectes constamment ennemies ; Moïse n’a donc pu écrire que sous l’inspiration de Dieu. Les miracles authentiques par lesquels il a signalé sa mission attestent qu’elle était divine comme la religion qu’il annonçait et le Messie dont il prédisait la venue. Daniel a confirmé cette prédiction par les siennes propres.
3- — Les prophéties de Jacob, de Moïse et de Daniel se sont accomplies en J. C. En effet, J. C. est né dans les circonstances prédites par Jacob , et dans le temps fixé pat- Daniel ; il a été mis à mort précisément comme le dit ce prophète, au milieu de la soixante-dixième semaine d’années, à compter de l’édit qu’Artaxerxès Longue-Main, roi des Perses, donna pour la reconstruction du temple de Jérusalem. Enfin , il n’y a point d’incident de sa naissance de sa vie et de sa mort qui n’ait été prédit par les prophètes : donc J.C. est le Messie.
4 . — Ces prophéties sont si claires, que les païens ont été tentés de les supposer faites après coup par les chrétiens;
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mais ia vérité en est si certaine, que nul homme de bonne
foi ne peut la révoquer en doute.
L’histoire des Juifs en démontre la certitude. Ce peuple a eu de tout temps en dépôt les prophéties , et c’est de ses mains que les chrétiens et les gentils les ont reçues. Malgré les reproches humiliants et terribles dont elles sont remplies contre les Juifs, ils les ont toujours révérées comme divines ; elles ont été traduites en grec avant J. G. et répandues par là dans tout le monde. Si les chrétiens se fussent avisés d’y faire le moindre changement, les Juifs, irréconciliables ennemis des chrétiens , et attachés comme ils l'étaient à leurs livres, ne se seraient-ils pas récriés contre toute falsification ? Or ils ne l’ont point fait : donc ces prophéties sont antérieures à J. C.,et prouvent invinciblement la vérité de la venue du Messie eu sa personne.
6. — La vérité fondamentale de la religion chrétienne est la résurrection de J. C. Car, si cette résurrection est vraie, les témoins qui l’ont annoncée doivent être écoulés , être crus, et l’onvloit croire également ce qu’ils ont écrit par rapport à tout le reste. Il ne s’agit donc que de prouver la vérité de la résurrection de J. C.
6. — J. C. avait dit de lui-même : Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux gentils, qu'il soit crucifié et qu’il ressuscite le troisième jour. Or, J. C. n’est resté que trois jours dans le tombeau; il est ressuscité le troisième jour, c’est-à-dire que son âme s’est réunie à son corps et qu’il est sorti glorieux du tombeau. Les prophètes sont pleins làdessus de prédictions circonstanciées.
7. — J. C. apparut d'abord aux saintes femmes qui étaient venues au sépulcre pour embaumer son corps ; puis à saint Pierre, chef des apôtres; puis aux deux disciples qui allaient à Einmaüs, et à qui il expliqua les Ecritures ; puis à ses apôtres assemblés, auxquels il montra ses plaies et avec lesquels il mangea. Toutes ces apparitions eurent lieu le jour même de la résurrection. Comme saint Thomas était alors absent, et que, n’ayant point vu J. C., il s’obstinait à n’y point croire, J. C., pour vaincre son incrédulité, lui fit mettre le doigt dans les plaies de ses mains, de ses pieds, et enfoncer la main -dans l’ouverture de son côté. Saint Thomas, ne pouvant résister à la force de la vérité, s’écria avec transport : Mon Seigneur et mon Dieu ! J. C. apparut ensuite à sept de ses disciples, tandis qu’ils étaient occupés à la pêche sur le lac de Tibériade; il leur fil faire une pêche miraculeuse et mangea avec eux. Après cela, il voulut que
saint Pierre réparât, par un triple témoignage de son amour, la faute qu’il avait commise en le reniant trois fois. Il lui confia ensuite le gouvernement de son Eglise et lui prédit le genre de martyre qu’il souffrirait. Puis il ordonna à ses disciples d’aller en Galilée, désignant lui-même la montagne où il voulait se montrer à eux dans toute sa gloire. Ils s'y rendirent au nombre de plus de cinq cents, et il se manifesta à eux ; enfin il apparut à saint Jacques , qui fut le premier évêque de Jérusalem. Par là fut dissipée l’incrédulité des apôtres et des disciples, qui ne se rendirent qu’à l’évidence matérielle des faits.
0 . — Les apôtres et les disciples n’ont été ni trompés ni trompeurs. On peut le prouver de plusieurs manières.
1° Ils étaient au nombre de plus de cinq cents, et parmi ces cinq cents témoins oculaires , nul ne s’est démenti , et presque tous ont souffert la mort pour rendre témoignage à la vérité du fait. Or, y a-t-il quelque autre exemple qu’un si grand nombre d'hommes aient donné leur vie pour assurer, contre leur conscience, un fait faux ?
2° Ces témoins oculaires étaient des gens simples et timides, incapables, par conséquent, de former de leur chef un projet si surprenant et si périlleux. La force seule de la vérité pouvait donc leur faire publier un fait qui devait paraître si incroyable; qui devait être combattu par tant de gens habiles, malins, puissants ; qui devait enGn leur attirer tant de persécutions.
3° Les apôtres , lâches et incrédules pendant la vie de J. C., lorsque sa présence, scs instructions, son autorité, ses miracles, leur pouvaient donner tant de force, sont devenus inébranlables et pleins de foi dans un temps où, J. C. ne pouvant les soutenir, il était de leur intérêt , s’il ne fût ressuscité , de reconnaître leur trop grande crédulité, au moins après sa mort, s’il en avait abusé pendant sa vie.
4° Enfin, les apôtres, en rendant témoignage à la résurrection de J. C., produisaient les livres des prophètes qui l’avaient prédite ; ils la soutenaient par de grands miracles, qui persuadaient une infinité de monde, malgré les risques terribles où l’on s’exposait en embrassant cette croyance; et ces miracles se faisaient à la vue des plus grands ennemis de J. C., qui n’osaient contester la vérité des faits.
9 . — J. C., après avoir passé quarante jours à instruire ses disciples , les conduisit sur la montagne des Oliviers , leur annonça encore les plus sublimes vérités , et y joignit
les promesses les plus consolantes ; puis, élevant les mains, il les bénit, et, en les bénissant, il se sépara d’eux et monta au ciel à leur vue.
10- — La religion chrétienne, qui prêchait l’abnégation de soi-même et la répression des passions par la bouche de simples hommes, a été traversée et persécutée dans son établissement, et cependant elle a triomphé partout des puissances humaines qui lui étaient opposées : les persécutions, les tortures et l’eCFusion du sang des martyrs n’ont fait que contribuer à sa propagation et déterminer sa victoire : c’est ce qui fait voir que la conversion du monde a été l’ouvrage de Dieu et non des hommes.
1 i . — La dispersion et l’état actuel des Juifs achèvent de prouver la vérité des prophéties et de la religion chrétienne, puisque J. C. a prédit clairement que les Juifs demeureraient jusqu’à la fin du monde dans l’aveuglement à son égard, qu’ils seraient dispersés par toute la terre, et qu’ils formeraient un peupleàpart au milieu de toutes les autres nations.
§ 2. Des Dogmes y de la Morale et du Culte de la religion chrétienne en général.
J. Quels sont les principaux dogmes de la religion chrétienne? — 2. Qu’enseigne la morale de la religion chrétienne? — 3. Que comprend le culte de la religion chrétienne?
1. — Les principaux dogmes ou articles de foi de la religion chrétienne sont : 1° le mystère de la très-sainte Trinité; 2° le mystère de Y Incarnation ; 3° le mystère de la Rédemption.
Le mystère de la très-sainte Trinité consiste à croire que la nature de Dieu subsiste en trois personnes, qui sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; — le mystère de l’Incarnation consiste à croire que le Fils de Dieu s’est incarné , par l’opération du Saint-Esprit, dans le sein de la vierge Marie , pour la rédemption des hommes ; — le mystère de la Rédemption consiste à croire que le Fils de Dieu a souffert la mort de la croix pour racheter les hommes de la mort éternelle qu’ils avaient méritée.
2. — La morale de la religion chrétienne enseigne ce que c’est que Y amour de Dieu et l’amour du prochain ; ce
que c’est que le péché en général , et les sept péchés capitaux (l’orgueil, l'avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse); ce que c’est que la vertu en général, et ce que sont les trois vertus théologales (la foi , l’espérance et la charité), et les quatre vertus cardinales (la prudence , la force , la tempérance et la justice).
Vamour de Dieu consiste à aimer Dieu par-dessus toutes choses ; — l 'amour du prochain consiste à l’aimer comme nous-mêmes.
Le péché en général est une transgression de la loi de Dieu ; — les péchés capitaux sont ceux auxquels peuvent se réduire tous les péchés qu’on peut commettre. On les appelle capitaux parce que chacun d’eux est la source et le principe de plusieurs autres.
La vertu est un don de Dieu ou une disposition de l’âme qui nous donne de la facilité et de l’inclination à connaître et à accomplir les devoirs de la vie chrétienne ; — les vertus théologales sont celles qui se rapportent immédiatement à Dieu et qui le regardent directement ; — les vertus cardinales sont celles qui contribuent au règlement des mœurs et servent de base à toutes les autres vertus.
3. — Le culte de la religion chrétienne comprend : les dix commandements de Dieu, la prière en général , l'oraison dominicale , le symbole des apôtres, le signe de la croix, les sept sacrements, enfin les six commandements de l'Eglise.
Les dix commandements de Dieu sont les commandements que Dieu donna à Moïse sur le mont Sinaï. On les appelle aussi Décalogue.
La prière en général est une élévation de notre Ame à Dieu.
V oraison dominicale, c’est-à-dire l’oraison du Seigneur, ainsi appelée parce que J. C. en est l’auteur, contient l’abrégé de tout ce que nous devons demander à Dieu, et l’ordre dans lequel nous devons le demander. On l’appelle encore le Pater et on la qualifie de prière par excellence.
Le symbole des apôtres est une formule solennelle de profession de foi qui nous vient des apôtres par tradition. On l’appelle encore le Credo.
Le signe de la croix est un signe institué pour nous remettre dans l’esprit les principaux mystères de notre foi, pour faire voir aux autres que nous les croyons , et pour
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nous attirer le secours de Dieu et sa bénédiction par les mérites de J. C. mort sur la croix.
Les sacrements sont des signes sensibles que J. C. a institués pour nous sanctifier. Il y a sept sacrements, savoir : le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Exlrême-Onctioii, l’Ordre et le Mariage.
Les commandements de l’Eglise, au nombre de six, ont pour double effet : 1° de régler quelques actes extérieurs de piété, et par là l’observance des commandements de Dieu ; 2° de déterminer le temps et la manière d'observer quelques-uns des commandements de Dieu *.
$ 3. De la Morale et du Culte de la religion chrétienne en particulier. — Des Commandements de Dieu. — Des sacrements : le Baptême, l’Eucharistie et la Pénitence.
I. Ou est contenue la morale de la religion et quel est le fondement du culte ? — 2. Quels sont les commandements de Dieu? — 3. A quoi se réduisent ces commandements? Quels sont ceux qui remplissaient la première tahle de la loi? la seconde table?
— 4. Que prescrit le premier commandement? que défend-il?
— 5. Que prescrit le deuxième? que défend-il ?-— 6. Que prescrit le troisième ? que défend-il P — 7 . Que contient le quatrième ? — S. Qu’appelle-t-on supérieurs? inférieurs? — 9. Quels sont les devoirs réciproques des pères, des mères et des enfants? des belles-mères et des belles-filles ? des oncles, des tantes et des nièces? des tuteurs, des curateurs, des orphelins et des pupilles? des femmes et des maris?— 10. Quels sont les devoirs réciproques des élèves, des instituteurs et des institutrices? des jeunes gens et des vieillards? — 1 1 . Des serviteurs, des ouvriers et des maîtres? des pauvres et des riches?— 12. Des peuples et des pasteursde l’Eglise? des gouvernés et des gouvernants ?— 13. Que prescrit le cinquième commandement? que défend-il? — 14. Que prescrivent le sixième et le neuvième? que défendent- ils ? — 15. Que défend le septième commandement, et quelles personnes peuvent pécher contre ce commandement? — 16. Que prescrit le huitième? que défend-il? — 17. Que prescrit le dixième? que
I. Nous ne traiterons ici particulièrement que des commandements de Dieu qui contiennent la morale de la religion , et des principaux sacrements qui sont le fondement du culte. Quant aux commandements de l’Eglise et autres objets de l’instruction religieuse , nous renvoyons au catéchisme du diocèse, où l’on trouvera tous les renseignements désirables.
défend-il? — 18. Qu’est-ce que le baptême, et par qui a-t-il été institué? — 19. Quel est le but et l’effet du baptême? détruit-il les suites du péché originel ? — 20. Pourquoi le baptême nous laisse-t-il les suites du péché originel ? — 21. En quoi le baptême nous fait-il renaître? quel caractère imprime-t-il à notre âme, et peut-on le recevoir plusieurs fois?— 22. Quelle était la cérémonie jgj primitive et quelle est la cérémonie actuelle du baptême? — 23. 1.e baptême est-il indispensable pour le salut, et n’y a-t-il pas quelques exceptions? — 24. Qu’est-ce que l’eucharistie? — 25. Qui a institué l’eucharistie? — 26. Que signifient les espèces du pain et du vin, et qu’arrive-t-il dans la consécration? qu’est-ce que la transsubstantiation, et comment s’opère-t-elle ? — 27. Comment J. C. est-il dans chaque espèce? — 28 Qu’est-ce que le sacrement de pénitence, et par qui a-t-il été institué? — 29. Quels péchés sont remis par le sacrement de pénitence? — 30. La confession est-elle nécessaire ? — 31. Quelle différence y a-t-il entre le baptême et la pénitence?
1. — La morale de la religion chrétienne est contenue dans les commandements de Dieu, et le culte est fondé sur les sacrements.
1“ Commandements de Dieu.
2 . — Les commandements de Dieu, gravés sur deux tables de pierre pour être donnés au peuple d’Israël, sont au nombre de dix. Les voici :
1. Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tiré de la terre d’Egypte, de la maison de servitude. Vous n’aurez point d’autres dieux que moi. Vous ne ferez point d’images taillées, ni d’autres ligures, pour les adorer ni pour les servir.
2. Vous ne prendrez point en vain le nom du Seigneur votre Dieu.