Vous ne désirerez point la femme de votre prochain
10. Vous ne désirerez point sa maison, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien qui soit à lui.
3 . — Les dix commandements se réduisent à l’amour de Dieu et du prochain : les trois premiers concernent Dieu, cl les sept derniers, le prochain. Les uns remplissaient la première table de la loi de Moïse, et les autres, la deuxième table.
4. — Le premier commandement 1 nous prescrit de «oire à un seul Dieu, créateur et maître de l’univers ; de l’adorer et de le servir seul, en esprit et de corps, de l’aimer souverainement, et de prouver cet amour par la piété de nos sentiments et de nos actions. — Il nous défend: \° tous les péchés opposés aux vertus de foi, d’espérance et de charité; 2° le sacrilège ou la profanation des choses saintes ; 3 ® la superstition ou toute pratique inutile , vaine , dangereuse , telle que la magie , le sortilège , la divination , l’astroiogie judiciaire, etc.
3. — Le deuxième commandement nous prescrit d’honorer le saint nom de Dieu par la prière, par des discours édifiants et par une vie chrétienne. — Il nous défend de le profaner, de faire des jurements indiscrets et téméraires, de blasphémer, c’est-à-dire de prononcer une parole injurieuse 5 Dieu, de se parjurer, c’est-à-dire de faire un faux serment ou de violer un serment juste et raisonnable.
g, — Le troisième commandement nous prescrit de consacrer plus spécialement le dimanche (jour du Seigneur) à des œuvres de religion et de charité. — Il nous défend de regarder le jour du Seigneur comme un jour de dissipation et d’oisiveté. S’il ne rejette pas tout à fait les délassements honnêtes et modérés, les travaux nécessaires ou pressants, il condamne les divertissements excessifs, les occupations mercenaires, les œuvres serviles, enfin tout ce qui n’est pas compatible avec la sainteté du dimanche.
7. — Le quatrième commandement contient les devoirs des inférieurs envers leurs supérieurs, et les devoirs des supérieurs envers leurs inférieurs; il n’y est parlé que des pères et des mères, parce que les supérieurs doivent aimer leurs inférieurs comme leurs enfants, et que les "inférieurs, de leur côté , doivent aimer, craindre et respecter leurs supérieurs comme leur père et leur mère.
8. — Les supérieurs sonlles pères, les mères, les tuteurs, instituteurs et institutrices, les vieillards, les maîtres et maîtresses, les pasteurs de l’Eglise, les magistrats et les souverains; les inférieurs sont tous ceux qui sont soumis à l’autorité de quelqu’un.
9. — Les principaux devoirs des enfants envers leur père et leur mère sont : i° de les honorer et de les respecter -,
1. Tout ce qui sc rapporte aux commandements est extrait du Catéchisme de Montpellier,
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2° de les aimer ; 3° de les consulter; 4° de leur obéir en tout ce qui n'est pas contraire aux commandements de Dieu ; 5° de les assister dans leurs besoins en santé et en maladie; 6° de supporter leurs défauts; 7° d’imiter leurs vertus ; 8° de prier pour eux ; 9° de leur rendre les derniers devoirs; 10° d’exécuter ponctuellement leurs dernières volontés.
Les principaux devoirs des pères et des mères envers leurs enfants sont : 1° de les aimer pour Dieu et selon Dieu ; 2° de les nourrir, de les entretenir et de les établir suivant leur état ; 3° de les instruire par eux-mêmes ou de les faire instruire par d’autres ; 4° de veiller sur eux ; 3° de les corriger avec douceur, quelquefois avec force, toujours avec charité ; 6° de leur donner bon exemple; 7° de prier pour eux.
[.es devoirs réciproques des beaux-pères et des bellesmères, des gendres et des belles-filles, des oncles et des tantes , des neveux et des nièces , des tuteurs et des curateurs, des orphelins et des pupilles, sont analogues, les uns aux devoirs des pères et des mères , les autres à ceux des enfants.
Les devoirs réciproques des femmes et des maris sont : amour, confiance, fidélité, support, assistance et consolation. Les femmes doivent, en outre, déférence et obéissance à leurs maris ; les maris doivent à leurs femmes protection et entretien convenable.
10- — Les élèves doivent aux instituteurs, aux institutrices et à toute personne qui contribue h leur éducation , obéissance, respect, affection. — I.es instituteurs, les institutrices, etc., doivent aux élèves ce que leur doivent les parents dont ils tiennent la place.
Les jeunes gens doivent aux vieillards honneur, déférence , support. — Les vieillards doivent aux jeunes gens bon conseil et bon exemple.
U. — Les serviteurs et servantes, à l’égard des maîtres et maîtresses , doivent les servir avec fidélité et affection , conserver et ménager leur bien , prévenir tout sujet de plainte. — Les maîtres et maîtresses, à l’égard des serviteurs et servantes , doivent observer fidèlement leurs conventions, les assister sains et malades, les corriger de leurs fautes, veiller sur leur conduite et sur leur instruction, et les traiter avec charité.
Les ouvriers et ouvrières, 5 l’égard des maîtres et maîtresses , doivent travailler fidèlement, employer leur journée sans fraude, ne rien promettre qu'ils ne croient oi»
qu’ils ne veuillent tenir. — Les maîtres et maîtresses , à l’égard des ouvriers et ouvrières , doivent observer leurs conventions, et, si ceux-ci demeurent dans leur maison, s’acquitter envers eux à peu près des mêmes devoirs qu’envers les domestiques.
Les pauvres, à l’égard des riches, ne doivent pas faire d’imprécations contre ceux qui ne leur donnent pas ; ils doivent reconnaissance et dévouement à ceux qui leur donnent. — Les riches, à l’égard des pauvres, lëur doivent secours , assistance , instruction , conseils et consolations.
12. — Les peuples doivent aux pasteurs de l’Eglise respect et déférence, attention à leurs avis, à leurs instructions en public comme en particulier. — Les pasteurs doivent aux peuples bon exemple , instruction , secours , prières.
Les gouvernés doivent aux magistrats respect, déférence, obéissance; aux souverains, honneur, service, fidélité, attachement, obéissance, crainte respectueuse, prière pour leur conservation , pour leur bonheur et pour la prospérité de l’Etat. — Les gouvernants, à l’égard des gouvernés, doivent les conserver en paix, punir les crimes, récompenser la vertu et le mérite, empêcher les scandales ou les arrêter, faire observer les lois qu’ils doivent observer euxmêmes, être les pères du peuple, contribuer à le rendre heureux, en faisant fleurir l’agriculture, l’industrie, le commerce, les arts, les lettres et les sciences, et surtout la religion, première sauvegarde des Etats.
13. — Le cinquième commandement nous prescrit d'aimer le prochain , de lui donner bon exemple, de lui souhaiter et de lui procurer tout le bien qui dépend de nous ; d'être pacifiques, patients, toujours prêts à pardonner.
Il défend: 1° de tuer son prochain de sa propre autorité, c’est-à-dire hors le cas de légitime défense, de guerre ou d’exécution de jugements légaux; 2° de se tuer soi-même ; .""de nuire au prochain par coups ou blessures, par injures ou par malédictions, par participation à ses péchés ,
Î »ar mauvais conseils ou mauvais exemples ,etc.; 4° de vouoir du mal au prochain , c’est-à-dire d’avoir contre lui des sentiments de haine ou d’envie, ou de colère, ou de vengeance.
14. — Le sixième et le neuvième commandement prescrivent la chasteté. Pour les personnes non mariées , la chasteté consiste à vivre dans une continence absolue ; pour .
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les personnes mariées, à garder la fidélité conjugale. Ils défendent tous les péchés d’impureté et tout ce qui y conduit; non-seulement les actes impurs ou trop libres, mais aussi la pensée ou le désir de ces actes, et tout ce qui peut les faire naître ou les nourrir, comme les paroles indécentes, les mauvais livres, les images obscènes, etc.
tiî. — Le septième commandement défend de prendre ou de retenir le bien d’autrui injustement: 1° à son insu ; 2° en le trompant; 3° en lui faisant violence.
Sont coupables de péchés contre ce commandement : 1° les femmes, les enfants cl les serviteurs ou servantes qui prennent le bien de la maison , à l’insu et contre la volonté du maître ou de la maîtresse; 2° les écoliers ou écolières qui prennent ou dégradent méchamment des objets ‘appartenant à l’école, à leurs maîtres, à leurs maîtresses ou à leurs camarades; 3° les marchands ou marchandes qui vendent à faux poids ou à fausse mesure , qui donnent de mauvaise marchandise pour bonne, qui profilent de l’ignorance des acheteurs ou de leur embarras pour vendre trop cher ou achètera trop bon marché, etc.; 4° les fabricants et les marchands ou marchandes qui se coalisent sans autre motif que la cupidité , pour augmenter le prix des marchandises ou pour diminuer le salaire des ouvriers ou ouvrières ; 3" les ouvriers ou ouvrières qui se coalisent pour faire augmenter le prix de leurs journées, ou ne pas travailler chez tel ou tel maître, telle ou telle maîtresse, etc.; ceux qui n’einploient pas fidèlement leur temps , qui retiennent ou changent en tout ou en partie ce qu'on leur confie , etc. ; 0° les fonctionnaires publics qui, par leur faute, ne rendent pas bonne et prompte justice , qui vendent leur protection , etc.; 7° les plaideurs ou plaideuses qui font des procès injustes , et se servent de moyens criminels pour les gagner; 8° les instituteurs ou institutrices qui font payer aux parents ou aux élèves plus qu’il ne leur est dû ; 9° les personnes qui prêtent au-dessus de l’intérêt légal ou commercial , c’est-à-dire les usuriers; 10° les personnes qui ne payent pas leurs dettes ou frustrent leurs créanciers ; celles qui ne restituent pas les dépôts qu’on leur a confiés; celles qui ne rendent pas un compte fidèle du bien d’autrui , dont elles ont eu la jouissance ou l’administration ; celles qui ne rendent pas une chose qu’elles ont trouvée ou qui n’en cherchent pas le propriétaire pour la lui rendre; celles qui, ayant causé des pertes à leurs créanciers, ne les dédommagent pas quand elles peuvent le faire, etc.; les personnes qui trompent au jeu , celles qui font sciemment
usage de fausse monnaie, les recéleurs ou recéleuses d’objets volés , etc.
IG. — Le huitième commandement nous prescrit : 1° d’aimer sincèrement la vérité , car Dieu est la vérité môme , et de dire toujours la vérité quand nous parlons; 2° de ne dire aucun mensonge en justice, mais de déclarer nettement ce que l’on sait relativement aux faits sur lesquels on est interrogé juridiquement et suivant les lois; 5° d’interpréter les actions d’autrui en bien , à moins que le mal ne soit évident.
11 nous défend toute injustice qu’on peut faire au prochain par parole ou par pensée : 1° par faux témoignage ; 2° par le mensonge, quel qu’il soit; 5° par la détraction, c’est-à-dire la calomnie ou la médisance ; f° par la flatterie ; 5° par l’outrage verbal ; G° par les jugements ou les soupçons téméraires.
17. — Le dixième commandement nous prescrit de régler tous nos désirs sur la religion, la morale et la raison. — 11 nous défend de désirer le bien du prochain à son préjudice.
Sont coupables de péchés contre ce commandement: 1° les marchands ou marchandes qui souhaitent la disette ou la cherté, soit des vivres, soit des marchandises, pour s’enrichir; 2° les enfants qui sont assez dénaturés pour souhaiter la mort de leurs parents, afin de jouir de leurs biens ; 7>° toutes les personnes qui portent envie au bonheur, à la gloire, aux richesses ou au mérite d’autrui.
2* Des principaux sacrements : le Baptême, l'Eucharistie et la Pénitence '.
18. — Le Baptême est le premier de tous les sacremeuts, celui qui donne le pouvoir de participer aux autres. C’est J. C. qui l’a institué, lorsqu’il a dit à ses apôtres : Allez, instruisez lotis les peuples ; baplisez-les au nom du Père , et du Fils , et du Saint-Esprit ; tous ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés.
19. — Le baptême a donc pour but de sauver les hommes; il a pour effets : 1° d’effacer le péché originel, tous les autres péchés et toute la peine qui leur est due; 2° de nous rendre , par une seconde naissance , enfants de Dieu et de
J. Nous ne donnons ici que des notions générales sur les principaux sacrements; pour les détails, ainsi que pour les autres sacrements et le culte rendu à la Sainte Vierge et aux saints, il faut les étudier dans le catéchisme da diocèse.
l’Eglise. — Cependant le baptême ne détroit pas les suite» du péché originel, qui sont l’ignorance , la concupiscence , les misères de la vie et la nécessité de la mort.
20. — Le baptême nous laisse les suites du péché originel, . comme un exercice continuel à notre vertu. Sans ces suites, quel mérite y aurait-il à éviter le mal, à faire le bien, puisque cela ne nous coûterait aucun effort ?
21. — Le baptême nous fait renaître en J. C. par une nouvelle vie toute spirituelle; il imprime à l'âme un caractère spirituel qui ne peut être effacé, et c’est pour cela qu’on ne peut recevoir ce sacrement qu’une seule fois.
22. — La cérémonie primitive du baptême était l’immersion. Aujourd’hui on verse trois fois , en forme de croix, de l’eau naturelle sur la personne que l’on baptise, en disant : Je te baptise au nom du Père f, et du Fils f, et du Saint- Esprit f.
23. — Le baptême est si nécessaire pour le salut, que les enfants mêmes ne peuvent être sauvés , s’ils ne l’ont pas reçu; cependant le martyre, c’est-à-dire la mort soufferte pour J. C., et qu’on appelle baptême de sang, peut tenir lieu de baptême d’eau; il en est de même du désir ardent et sincère de le recevoir, lorsqu’il est matériellement imposable de le faire.
2 4 . — L’ Eucharistie est le sacrement qui contient réellement et véritablement le corps, le sang, l’âme et la divinité de J. G. , sous les espèces ou apparences du pain et du vin. C’est le sacrement par excellence: les autres nous donnent la grâce ; l’eucharistie nous donne l’auteur de la grâce , c’est-à-dire Dieu lui-même.
23- — C’est J. C. qui a institué l’eucharistie, la veille de la passion, dans la Cène (c’est-à-dire repas du soir) où il mangea l’agneau pascal avec ses disciples. Il prit le pain, et, après avoir rendu grâces à son Père , il le rompit et le distribua à scs disciples, en disant : Prenez et mangez ; ceci est mon Corps , qui sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi. Puis, prenant le calice, il leur dit: Buvezen tous; car ceci est mon Sang , le sang de la nouvelle alliance , qui sera répandu pour vous et pour plusieurs en rémission des péchés; faites ceci en mémoire de moi. C’est par le saint sacrifice de la messe, substitué aux sacrifices anciens , que J. C. , par la voix du prêtre , accomplit le sacrement de l’eucharistie, c'est-à-dire le changement des espèces du pain et du vin en son corps et en son sang.
26- — Les espèces du pain et du vin , signe visible d’un effet invisible , marquent que le corps et le sang de J. C. sont la nourriture du corps. Par la consécration, les apparences, c’est-à-dire la couleur, la figure et le goût, restent les mêmes ; mais la substance du pain se change en celle du corps de J. C., et la substance du vin, en celle de son sang : c’est ce qu’on appelle transsubstantiation ou changement de substance ; elle s’opère par la vertu toute-puissante des paroles de Jésus-Christ que le prêtre prononce au nom du Sauveur. Nous ne pouvons comprendre, à la vérité, comment s’opère cette merveille; mais Dieu nous l’a révélée lui-même, et nous devons le croire.
27. — J. C. est tout entier sous l’une et l’autre espèce; et par J. C. , il faut entendre son corps, son sang, son âme et sa divinité, qui sont inséparablement unis. J. C. est aussi tout entier sous chaque partie divisée de l’espèce.
28. — Le sacrement de Pénitence est un sacrement institué par J. C. pour remettre les péchés commis après le baptême. J. C., après sa résurrection, souffla sur ses apôtres et leur dit : Recevez le Saint- Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Ce pouvoir a été transmis aux successeurs des apôtres, qui sont les é .’êques et les prêtres.
29. — Le sacrement de pénitence remet tous les péchés commis depuis le baptême ; mais il n’y a que ce sacrement qui , reçu dans les dispositions nécessaires , puisse faire remettre les péchés mortels, hors le cas d'impossibilité, où il peut y être suppléé , comme pour le baptême , par le désir ardent et sincère de le recevoir.
50. — La confession de tous les péchés mortels commis après le baptême est donc nécessaire , si l’on veut en obtenir le pardon. Quant aux péchés véniels, il est bon , mais non pas nécessaire de s’en confesser. On peut en obtenir la rémission par la contrition du cœur, le jeûne, l'aumône et les autres bonnes œuvres.
51. — Le baptême remet toujours tous les péchés et toute la peine, soit étemelle, soit temporelle, qui leur est due. Le sacrement de pénitence remet aussi tous les péchés et la peine éternelle; mais il ne remet pas toujours la peine temporelle: il laisse au pécheur l’obligation d’expier ses fautes par des satisfactions proportionnées; c’est de là qu’on appelle la pénitence un baptême laborieux et pénible.