MÉLANGES
Abaissement du thermomètre.
Degrés de froid produits.
parties.
Phosphate de soude. 3
Nitrate d’ammoniaque. 3
Acide nitrique étendu. 4
de — 52
Phosphate de soude. 3
Nitrate d’ammoniaque. 2
Acides mêlés et étendus. 4
de — 30 à — 40.
Neige. 3
Acide sulfurique étendu. 2
de — 52 à — 43.
Neige. 8
Acide sulfurique étendu. 3
Acide nitrique étendu. 5
de — 23 à — 40.
Neige. 1
Acide nitrique étendu. 1
de — 27 à — 47.
Neige. 3
llyd.-chlorate de chaux. 4
de — 7 à — 44.
Neige. 4
llyd.-chlorate de chaux. 3
de — 12 à — 48.
Neige. 2
Hyd. -chlorate de chaux. 3
de — 9 a — 55.
Neige. 1
llyd.-chlorate de chaux cristallisé. 2
de — 34 à — Si.
Neige. 1
Hyd. -chlorate de chaux cristallisé. 5
de — 40
Neige. 8
Acide sulfurique étendu. 10
de — 54 à — 04.
Nota. Les substances désiç être refroidies, avant leur mélan de l’une des compositions frig précédens.
nées dans la premiè 5e, à la température oriques désignées
re colonne doive equise, au moye ans les tableau
Expérience. — Sel réfrigérant.
M. V auquelin a analysé un sel réfrigérant anglais, qu’il
trouvé composé de la manière suivante :
Hydrochlorale de potasse . 57
— d’ammoniaque. ... 55
— de potasse . 10
Ce sel agité promplemeut dans quatre parties d’eau, fait pscendre le thermomètre de Réaumur de 20 + 0 à 5 — 0.
Un mélange salin fait avec les mêmes proportions, a prouit le même effet-
Wollaston a décrit un instrument fort ingénieux qu’il a ommè crysphore, pour faire geler l’eau avec facilité, dans ■S vaisseaux fermés, par son évaporation. Il se compose d’un ibe de verre [fig. 50), dont le diamètre intérieur est d’eniron trois pouces; il est recourbé à angle droit, à un demiouce environ de chaque boule. On met tie l’eau dans l’une e ces boules, environ aux deux tiers; on fait bouillir pour iire sortir l’air; on bouche ensuite hermétiquement le tube rpi lia i re qui est au bout de l’autre boule ; en plongeant alors i boule vide dans un mélange de neige et de sel, la vapeur y condense si promptement que l’eau de l’autfe boule se èle.
Conservation de la glace.
Il est bien reconnu que l’eau ne se convertissant en glace nie par l’abaissement de température, doit repasser à l’état quide quand celle-ci vienl à augmenter. Pour éviter ce rave inconvénient, on a construit des puits secs souterrains ui pussent préserver la glace des atteintes de la chaleur, les puits portent le nom de glacières. Nous allons en donifir la description.
Des Glacières.
Tout. le monde sait qu’une glacière est un ouvrage d’art, bécialement destiné à conserver de la glace , pendant les plus randes chaleurs de l’été. Les glacières ne doivent pas être >ut— à- fai l regardées comme des ouvrages de luxe; car l’utge des bois.-,ons à la glace est absolument nécessaire dans fs déparlemens méridionaux, pour pouvoir y supporter sans ,eine les plus grandes chaleurs. Il produit cet effet sur les
hommes, uon pas, ainsi qu’on le croit communément, par que cela rafraîchit , mais parce que cet usage donne du ton l’estomac et remonte tous les ressorts de la machine.
Une glacière offre encore un autre avantage , qui est inaf préciablc pour ceux qui vivent à la campagne pendant l’été c’est celui de pouvoir y conserver les viandes et autres prc visions, qui se corrompent partout ailleurs, et souvent dai la journée même, pendant cette saison.
l)’ailleurs, lorsque le local s’y prête, la construction d’un glacière n’est pas coûteuse ; et nous ne voyons pas pourqu1 dans une semblable position, l’homme aisé se priverait d’ui chose à la fois utile et agréable.
Nous allons indiquer les travaux que sa construction exig suivant la nature plus ou moins favorable du terrain, al que les propriétaires soient à même d’évaluer les dépenses qt| ces differentes circonstances pourront leur occasionner.
Nous parlerons aussi des glacières nouvellement exécuté' dans l’Amérique septentrionale, et qui sont construites dai des principes contraires à ceux admis jusqu’ici dans cet espèce de construction.
Details des constructions des glacières , telles qu'on est dai l'usage de les exécuter en France. — Les qualités qui const tuent une bonne glacière de cette espèce, sont : 1° d’ètr toujours saine et sans aucune humidité ; 2° de jouir constan ment d’une température assez froide pour empêcher que glace ne s’y fonde; 3° de n’avoir aucune communication im médiate avec l'air extérieur, lors même que Ton est obli{ d’y pénétrer pour en retirer la glace destinée à la consoin mation journalière.
Pour obtenir les qualités essentielles, on choisit un terrai sec qui ne soit point ou qui soit peu exposé au soleil. On creuse une fosse de quatre à cinq mètres de diamètre par haut, et finissant en bas comme un pain de sucre renversé dont la pointe aurait été un peu tronquée. Sa profondeur o> dinaire est d’environ six mètres. Plus une glacière est pr< fonde et large, et mieux la glace et la neige s’y conservent.
11 est bon de revêtir cette fosse, depuis le bas jusqu’e haut, d’un petit mur de moellons de deux à trois décimètre d’épaisseur, bien enduit avec du mortier, et de percer dar le fond, un puits de deux tiers de mètre de diamètre, < d’un mètre un tiers de profondeur. On garnit ensuite le des sus de ce puits d’un grillage de fer, pour laisser passer l’ea qui s’écoule du massif de glace.
Au lieu du mur dont ou vient de parler, quelques-uns revêtissent la fosse d’une cloison de charpente garnie de chevrons lattes, et font descendre la charpente jusqu’au bas de la glacière, au lond de laquelle ils pratiquent le petit puits pour l’écoulement de l’eau. 1
D autres n y font point de puits; mais, pour en tenir lieu, as ne font descendre la charpente que jusqu’aux trois quarts ic la profondeur delà glacière. Ils ménagent ensuite, à huit m dix décimètres du fond, un bâtis de charpente en forme de çrihe, sous laquelle leau s écoule quaud les grandes chaeurs font fondre la glace.
Si le terrain où est creusé la glacière, est bon et bien erme, on peut se passer de charpente, et mettre la glace tans le trou sans rien craindre; mais il faut toujours garnir e fond et les côtés avec de la paille , afin que la glace ne oit pas en contact immédiat avec le terrain de la fosse.
On couvre le dessus de la glacière en paille attachée sur une riarpente élevée en pyramide, de manière que le bas de cette ouverture pende jusqu’à terre.
Pour entrer dans la glacière , on pratique, au nord de sa Position, un vestibule d’environ deux mètres deux tiers de angueur, sur huit à dix décimètres de largeur intérieure , et h le couvre également en paille. Ce vestibule est garni ’de eux portes, l’une intérieure, l’autre extérieure. Elles seront a entrer dans la glacière, et à en sortir, sans permettre jeune communication directe de l’air extérieur avec l’air ùérieur ; et , c est dans ce vestibule où, en été, on peut trèsen conserver les viandes, le beurre , etc.
Enfin, on a 1 attention d’eloigner les eaux pluviales de la acièie,en les détournant par des rigoles convenablement sposées.
Tels sont les moyens les plus économiques de construire ae glacière dans les terrains les plus favorables. Ils sont par- .uhèrement employés dans les places de guerre : les glabres y sont placées dans le terre-plein des bastions, ou s ouvrages avancés, et elles y sont ombragées par des ■untalions : la glace s’y conserve très-bien ; mais leur service t un peu gêné par la position de la charpente sur le bord ême de la fosse.
Pour obvier à cet inconvénient, on construit dans son uriour, et à cinq ou sept décimètres de son bord, un mur culaire de deux mètres de hauteur et d’un demi-mètre
Limonadier. \~l
d’épaisseur, qui lui procure une clôture encore plus fraîche, et forme, autour de celle fosse, un marche-pied très-commode pour les ouvriers. C’est alors, sur ce mur extérieur, que l'on pose la charpente du toit, et on la prolonge sur le terrain environnant, comme nous venons de l’indiquer.
Lorsqu’on ne craint pas la dépense, on voûte le dessus de la glacière : elle en devient meilleure. On peut alors la couvrir en paille, comme dans la construction précédente; Ot mieux, et lorsque cela est possible , on en recouvre extérieu renient toute la maçonnerie , d’abord avec un lit de glaise biei corroyée, d’un demi-mètre d’épaisseur, et ensuite avec un h de terre végétale de la plus grande épaisseur possible , afin d' préserver la couche des effets de la sécheresse.
Cette construction devient plus dispendieuse que la première; mais la glacière est bien meilleure, et elle présente la facilité de l’entourer de plantations de grands arbres et même de garnir sa partie supérieure en arbustes à racine déliées, qui assureront à l’air intérieur de la glacière une lem pèralure toujours également fraîche. D’ailleurs, cesmondrain décorés de semblables plantations, font un effet piltoresqu dans les jardins d’agrément.
Jusqu’ici , la dépense de construction d’une glacière n’ei pas assez grande pour excéder les facultés pécuniaires d l’homme aisé, parce que nous la supposons placée dans u j terrain de qualité favorable. Mais, lorsque le sol est nalifrel lement susceptible d’humidité, la dépense augmente dans | proportion de son intensité, parce que, pour pouvoir y conse ver la glace, il faut encore plus de précautions et des travau d’autant plus multipliés, que le terrain devient plus ingrat
Du moment que le sol ne peut plus absorber promplemei et naturellement l’humidité, il faut, pour ainsi dire, isol< la fosse de tout le terrain environnant, afin de pouvoir pre curer à l’air intérieur de la glacière une tempétature coi stamment sèche. A cet effet, on est quelquefois obligé, pai ticulièrement dans les terrains argileux et marneux , d’élev un second mur autour du cône, à six ou huit décimètres i distance, et de remplir l’entre-deux de ces murs d’argi fortement corroyée. De plus, dans ces natures de terrain, puits du fond du cône ne peut pas absorber les eaux q s’écoulent de la glace, comme dans les sols perméables : il < donc nécessaire de procurer un écoulement extérieur à ( eaux, car le puds pourrait en être rempli, etlcur contact av la glace la ferait fondre.
Mais, pour pouvoir effectuer cet écoulement, il faut que le fond du puits se trouve à un niveau un peu plus élevé que celui d’une partie de terrain environnant ; autrement, il serait impossible de procurer une pente convenable au conduit souterrain qui doit dégorger les eaux de ce puits. D’un autre ipôté , ce conduit, ou raie couverte, établit nécessairement une Communication directe entre l’air extérieur et celui de l’intérieur de la glacière, et celle communication peut quelquefois Avoir une influence fâcheuse sur sa température intérieure: t’est du moins ce qui est arrivé à la glacière de Pont-Charlrain, et que feu M. Parcieux est parvenu à corriger d’une matière simple et ingénieuse. La simplicité de ce procédé trop peu connu, la facilité de son exécution, nous engage à en donner ici la description.
Il faut une cuvette de pierre ayant dix-huit pouces de ongueur intérieure , un pied de largeur et six pouces de proondeur au milieu.
Le bord ou dessus de l’un des bouts de cette cuvette (c’est elui qui doit être placé du côté du puisard), est de deux pouces plus bas que les trois autres côtés du pourtour de la cuvette.
Ce petit bassin doit être posé de niveau dans l’épaisseur du mur, et à la hauteur du pavé intérieur, ou de la rigole par laquelle les eaux arrivent dans le puisard; de manière Jju’il faut quelles passent par la cuvette, avant que d’arriver [4 u puisard.
On fait à chacun des grands côtés de la cuvette , une entaille de 5 pouces de profondeur, autant de largeur, et seulement de deux pouces dans l’épaisseur des lianes. Ces entailles doivent être un peu plus près du bout de la cuvette qui est du côté du puisard, que de l’autre. On pose de champ, dans ices entailles, un morceau de dalle de pierre dure, de trois pouces d’épaisseur, de seize pouces de largeur et d’autant de •hauteur environ; et on achève de maçonner autour de celte dalle ainsi posée, pour ne laisser d’autre passage à l’air, du dehors au dedans, que par le bas de la cuvette, sous la pierre de champ.
Le bord du bout de celte cuvette, qui est du côté du puisard, n étant que de deux pouces plus bas que le restant du pourtour, et les entailles de la pierre de champ descendant de trois pouces, il en résulte que celte pierre plonge d’un pouce dans l’eau, quand la cuvette en est remplie : ce qui ôte toute communication d’air du dedans du puisard au de-
hors, parce que la cuvette doit toujours être pleine d’eau. Il est nécessaire de prolonger, le plus qu’il est possible, l’issue de cette raie couverte , et d’en recouvrir l'empierrement avec une couche de terre d’épaisseur convenable.
Enfin, dans les terrains exposés aux inondations, on ne peut pas creuser en terre le cône d’une glacière , les eaux y pénétreraient à la longue, malgré les précautions que l’on pourrait prendre pour l’en préserver. Le puits même doit en être élevé au-dessus du sol, afin d’assurer l'écoulement des eaux de glace qui s’y réunissent. Il faut donc s'attende; à une très-grande dépense si l’on \eut se procurer une bonne glacière dans des localités aussi ingrates, du moins en conservant la forme qu’on est dans l’usage de leur donner, en France.
Nous examinerons plus loin s’il ne serait pas possible d’en adopter une autre.
Nous terminerons donc , en faisant observer que, quelquefois, la glace fond dans une glacière nouvellement construite parce que ses murs ne sont pas assez secs: mais que, lorsqu’elle a été bien faite, la glace n’y fond plus la seconde année.
Détails de construction d'une glacière américaine. — Ceux que nous allons donner ici sont tirés des travaux de M. Bordley. Nous les devons à M. le sénateur Yoluey, qui a vu ces glacières sur les lieux.
« En 1771 ( c’est iVÏ. lîordley qui parle ) , je construisis . dans la péninsule de la Chesapeack, une glacière sur ur terrain plat , dont le niveau était seulement élevé de 17 pied; au-dessus des plus hautes inondations d’une rivière salée, e à 80 yards ( le yard est de 35 pouces 9 lignes l/Z de France ) d< ses bords. J’eus un soin particulier, selon l’usage alors dominant, d’empêcher que l’air n’y pénétrât. La capacité de l< fosse était de 1728 pieds cubes : on pui y arranger jusqu’i 4 700 pieds cubes de glace; mais la glace se fondit, mèmi avant 1 été, parce que la fosse était trop humide ; l’on aperçu un peu d’humidité au fond, et, pour une glacière, un peu es trop. La moindre humidité, soit au fond, soit sur les côtés, s’é lève en vapeurs, aux parois du dôme, par l’effet d’une chaleur qui est encore de beaucoup supérieure au degré de congellation ; car, dans les puits les plus profonds et les plus frais le thermomètre marque environ neuf degrés de lempératur au-dessus de 0, et, la glacière étant bien close, les vapeur
«tombent sur la glace , faute de soupirail par où s’échapper. ) ou il résulte: 1° que, si une glacière bien close n’est pas ouvent ouverte, elle devient toul-à-fait chaude, et que la lace se ramollit à la surface comme de la neige; 2° qu'au— une profondeur ne peut préserver la glace de fusion, et nême que c’est, en voulant donner trop de profondeur à une lacière, qu’elle est plutôt exposée à celle moiteur du sol, (ui la fait fondre.
« Quelques années après, je fis une autre glacière, à 150 ards de la précédente, mais je procédai sur d’autres prinipes. Mon principal objet fut d’avoir de l’air et de la ventiation; et, afin d’obtenir sécheresse et fraîcheur, je conçus idée d isoler du terrain la masse de glace, en la mettant dans ne cage de bois éloignée d'un pied par en bas , et de deux deux pieds et demi par en haut , de la clôture de la glacière. ,a fosse lut creusée dans un lieu exposé au vent et au soleil, fin de la rendre bien sèche : la profondeur fut de neuf pieds nglais, la cage fut placée dans celte fosse, et le vide entre ses arois et celles de la cage fut rempli avec de la paille bien eche et bien foulée, comme étant le plus mauvais conduc- -ur de la chaleur; cette cage contenait à peine 700 pieds cu- *es de glace, c’est-à-dire la moitié des glacières ordinaires. Je i couvris d’une petite cloison de planches mal jointes pour la réserver de la pluie plutôt que pour la clore. Les côtés de elle maison étaient élevés de cinq à six pieds, et je laissai au àile du toit un soupirail recouvert. Le dessus de la cage fut tussi couvert de paille après avoir été rempli de glace.
L’on use largement et sans économie des 700 pieds cubes e glace, et cependant elle dure, sans se fondre, aussi long— ;mps que la quantité double de la glacière d’Union-Street, à jhiladelphie, dont le terram, élevé en tertre, est totalement fc et graveleux, mais qui est ferme selon les principes or—
inaires. »
Une autre glacière, construite suivant les principes de M, ordley, est celle de Glocesler-Point. Le fond de sa caisse est abli à 5 pieds seulement au-dessus du niveau des plus hautes aux, et elle n’est enterrée que de trois pieds. Mais, suivant :s details que nous a donnés 51. de Volney, cette glacière résente quelques différences avec celles de M. Bordley : 1° u lieu de la petite maison en planches mal jointes pour enore la cage, on a remblayé les côtés extérieurs de celle clô-
ture jusqu’à la hauteur du bas de la couverture qui est ici en paille; 2° la cage est recouverte par un toit particulier en planches mal jointes, et cette couverture intérieure n’existe pas dans lepremier exemple. D’ailleurs, tout le reste est parfaitement semblable. Doit-on attribuer ces différences à un perfectionnement ou à des circonstances locales? C’est ce qu’il ne nous ait pas possible, de décider, n’ayant point encore assez de données sur les propriétés de ces nouvelles glacières.
Autre Glacière . — La forme de ces glacières, communément adoptées en France et en Angleterre, est représentée par la pçj. ot . On y remarque au fond, un espace a , d’environ deux pieds, pour évacuer l’eau qui provient de la fonte d’un peu de cette glace, dans un égoût souterrain b, ayan une trappe c pour l’évacuation de l’air. Outre cet espace dt fond a, on y place une forte grille en bois, pour facilite] l’écoulement de cette eau. Les côtés de cette glacière cl, d forment une muraille très-épaisse, d’au moins deux pieds la partie supérieure est voûtée, avec une ouverture e, pou y introduire la glace, avec une autre voûte latérale f, pou la prendre. Afin d’éviter l’action ou l’introduction de l’ai dans la glacière, la porte doit être construite en <7, dans un cavité souterraine qui conduit à une seconde porte. Cett première entrée est représentée fuj. 52. A mesure qu’on introduit la glace, un homme est employé à l’y lasser forte ment, et à faire en sorte qu’il y ait le moins dévidé possible Dans cette fig. 52 , on voit que la glacière est couverte ( entourée d’un monticule de terre, qui s’oppose à ce que 1 les pluies, ni les rayons solaires, puissent en pénétrer h murs, ni les échauffer.
Autre Glacière. { Fig. 55.) — a, excavation carrée, creu sée dans le sol ; ayant G pieds en tous sens;
b, rigole pratiquée au fond, et servant à l’écoulement <i l’eau de la glace; c, deux pièces de bois de 5 à 6 pouci d’équarrissage et de 6 pieds de longueur, placées au fou de l’excavation, appuyant par leurs extrémités sur le so
d, traverses posées sur les poutres c; elles servent à sup porter des solives de 2 pouces d’équarrissage et de 6 pieds c long ;
f, montans de 5 pouces d’équarrissage, s’appuyant p; leurs extrémités inférieures sur le fond de la glacière ; ils s' lèvent jusqu'au niveau de l’ouverture
g, lattes d’un pouce et demi d’épaisseur, formant les paois du revêtement de la glacière, et clouées sur les mon— ans f;
h, garniture de paille de 5 pouces d’épaisseur, attachée sur es lattes ;
i, glace remplissant l’excavation;
h, k, quatre poutres de 6 pouces d’équarrissage , et 9 pieds onS > pour soutenir les terres amoncelées au-dessus de la 'lacière ;
l, lattes posées en travers sur les poutres précédentes ;
m , lit de paille étendu sur les lattes l;
n, tertre de 5 pieds de haut, surmontant la glacière;
p, trou carré , creusé dans le tertre , et revêtu de planches , lour former une caisse remplie de paille , et garnie d’un couercle et d un fond amovible; les lignes ponctuées, au-des— us de la caisse , indiquent la quantité de terre à enlever pour
parvenir;
q, entrée de la glacière, qui doit être au nord et pourvue le quelques marches pour descendre au fond. Cette entrée a > pieds de large, et va en diminuant jusqu’au fond, où elle n’a tue la moitié de celle largeur;
r, bottes de paille très-serrées, formant une porte qu’on >uvre pour en retirer de la glace;
s> trappe fermant exactement l’entrée de la glacière ; auledans, elle est revêtue d’un lit de paille ;
t, pièces de viande, vases remplis de lait, etc., qui se conservent parfaitement frais entre les portes r et s.
Une telle glacière peut contenir 4 milliers de glace. La dépense en est de 137 fr. 3 O c.
Autre Glacière , par M. L. Yalcourt. — La fig. 34 offre la coupe , et la fig. 53 le plan de la nouvelle glacière.
a, à, poutres ou sommiers, sur lesquels reposent la glacière ;
b, 6, poutrelles disposées transversalement sur les trois sommiers du centre, et suffisamment espacées pour laisser icouler l’eau ;
c, c, 24 poteaux élevés verticalement, et formant la cage dans laquelle on place la glace; ils ont 4 à 5 pouces d’équarrissage ;
ci, ci, planches en chêne, formant le revêtement des poteaux c, tant eu dehors qu’en dedans;
e, couche de charbon pilé , qu’on tasse fortement entre les ()oteau\ et les planches ci;
f, paille qui tapisse les planches d, de l’intérieur de la cage à glace, ainsi que le dessus des poutrelles b; une couverture de laine est placée entre cette paille et la glace ;
g, 24 poteaux de 05 centim. de large sur 16 cent, d’épaisseur, formant la galerie qui entoure la cage à glace ;
h, planches en chêne, qui recouvrent les deux faces des poteaux g ;
i, charbon pilé, ou tan, bien tassé entre les poteaux m et les planches h;
j, mansarde tournée au nord, et conduisant au couloir qui aboutit à la trappe l, recouverte d’une porte m, donnant entrée à la cage à glace ;
n, cage à glace;
o, porte d’entrée de la mansarde ;
p, porte du fond du couloir k, près la trappe l;
q, autre porte pratiquée dans la partie latérale du couloir k; elle donne accès dans le comble, et permet de descen dre, à l’aide d’une échelle dans la galerie fermée r, qui entoure la cage à glace ;
s, couche épaisse de paille, formant la toiture de la glacière et de la mansarde; les quatre faces du bâtiment son également entourées d’un lit de paille, serré et cloué sur le: planches b;
t, chevrons de la toiture ;
u, couche de décombres de démolition , de tan ou de char bon, tassé sur le sol au-dessous de la glacière;
V, sol bien damé en double dos-d’âne;
x, fossé pratiqué autour de la glacière dans lequel coul l’eau de la glace;
y , maçonnerie en terre, rapportée et bien foulée entre le poteaux g. recouverte en carreaux, pour évacuer l’eau de 1 pluie dans le fossé x.
M. Yalcourt propose de coller avec du goudron bouillant un carton de doublage, les planches qui revêtent les deu faces des poteaux c et g.
On peut varier les dimensions de celte glacière.
Autre Glacière. — Ainsi que nous l’avons déjà dit ailleurs on ménage dans le fond de la glacière ( fi g . 56). un pnit recouvert d’une grille et de petits aqueducs E, avec des bai bacanes 1’’, pour l’écoulement de l’eau de la glace qui se font
La glacière ne doit avoir aucun jour et être voûtée e pierre, briques, etc., recouvertes comme les murailles d’ut
onne couche de mortier, et rendre ces murs et celte voûte es-épais. Pour 1 entrée de la glacière, on construit, à l’exrieur et au-devant, un mur que l’on décore à volonté, et qui rt aussi à soutenir les terres qui la recouvrent. Au de— eurant, la description de celte glacière et de scs parties décnées est parfaitement représentée dans la fig. 57. On ouve aussi deux autres très-petites glacières à couvercle obile, servant de voûte, fig. 58 et 59 (même ouvrage).
Les petites glacières sont destinées à conserver des parties glace, afin de ne pas recourir trop souvent aux glacières 11 peuvent d ailleurs être loin de l’établissement.
La glace a été connue de tous les temps : pendant celui de lomon on remployait aux délices de la table; du temps du opbète Jérémie on parlait beaucoup de la neige du Mont— ban ; les habitans de la Palestine la ramassent encore au- ,ard hui et la transportent au loin pour rafraîchir les boisns. Ale\andre-le -Grand en était fort amateur.
Description d’une glacière anglaise .
La fig. 60 montre la section d'une glacière prise sur le pasije qui sert d’entrée. r
1 est la masse de terre qui la recouvre ; i, le toit voûté du passage; f» la porte de ce passage;
l, I entrée dans le puits f, dont les murs doubles sont attass 1 un à l’autre par intervalles;
7 est le conduit qui sert à évacuer l’eau qui se forme.
La porte de la glacière ne doit avoir que tout juste l’espace mssaire pour qu’on puisse y passer ; elle doit être forte et n fermée. A cinq ou six pieds de distance, on établira une ■onde porte qu’on aura toujours le soin de fermer avant
uvrir la porte intérieure, quand on ira chercher de la
lice.
fu.and uni' Slac'cre est terminée, il faut lui laisser le temps ien secher ; car des murs très-humides ne peuvent manpr de dissoudre la glace. Ces murs doivent être très-épais, ii® 1 e,t Posslj)!e» construits en larges pierres. On place au ! uj3 & ac,ere un treillage en bois qu’on couvre d’une iche de roseaux, laquelle repose sur une autre couche de nu bois. Les roseaux sont préférables à la paiile dont on sert ordinairement pour le fond; on l’emploie du reste pour fvrir les parois des murs verticaux avant d’y introduire la
glace. Celle-ci doit être coupée en petits morceaux, parc que ceux-ci se soudent plus rite. On les comprime alors pou ne laisser que le moins de vide possible. Si c’est de la neig< on la tasse fortement. Si c’est un mélange de neige et c glace, on le recouvre d’un peu d’eau au moyen d’un arrc soir, afin qu’il se prenne bientôt en masse.
Comparaison des glacières françaises avec les glacièri américaines. — Quelqu’opposés que paraissent les prin cipes qui servent de base à la construction de ces espèces i glacières, il n’en est pas moins constant qu’en France glace se conserve très-bien, et pendant long-temps, dan celles qui sont hermétiquement closes, lorsque, d’adleui elles sont construites avec toutes les précautions que no avons indiquées; mais que, dans les terrains nalurelleme humides ou exposés aux inondations, leur construction 01 casionne des dépenses auxquelles l’homme simplement ai ne pourrait pas toujours se livrer.
D’un autre côté il est également prouvé, par le rapport d voyageurs, que, dans l’Amérique septentrionale, et sous u température analogue à la nôtre, on construit d’excellen glacières sur des principes absolument différens, et que le construction devient comparativement d’autant moins dispe dieuse, que les circonstances locales sont plus défavorables : ce genre d’établissement.
En effet, on a vu que, dans les terrains les plus favorab et les plus perméables à l’eau, la construction d’une glaci* • ordinaire n’était pas d’une grande dépense. Cependant, po que la glace puisse s’y bien conserver, il faut que la fo ait un certain volume dont le minimum parait fixé à enr ron 1400 pieds cubes; et pour la consommation d’un mén< d’une aisance ordinaire, trois ou quatre cents pieds cubes glace sont plus que suffisans. Daus ce cas il y a donc i dépense superflue de construction et d’entretien qui devii inévitable.
Dans les mêmes circonstances locales, la conslruct d’une glacière américaine, d’une égale capacité, serait t aussi coûteuse que celle d’une glacière ordinaire, mais ell sur celle— ci l’avantage de pouvoir être réduite, sans au< inconvénient, à des dimensions proportionnées aux besc • du ménage; et cette réduction diminuera nécessairement dans une proportion quelconque, la dépense de sa constn tion.
L’adoption de ces nouvelles glacières, même dans îes circonstances les plus favorables, serait donc économique et tmséquemmenl avantageuse.
Mais c’est dans les terrains les plus ingrats que les glalères de M. Bordley présentent le plus d’avantages économiques. Les dépenses de construction sont à-peu-près les ièmes, quelle que soit la nature du terrain, parce que la tôture extérieure est toujours subordonnée à la commodité •j service qui est constante, et que les dimensions de la luge peuvent toujours être réduites dans des proportions (Hâtives aux besoins de la consommation du ménage, tanns que les dépenses de la construction d’une glacière ordi— aire, dans un terrain naturellement humide, augmentent ans la progression de son humidité.
t Gouvernement des Glacières. — Quelle que soit d’ailleurs
[manière dont on aurait construit une glacière, il faut la mplir et la gouverner avec les mêmes soins et les mêmes écautions.
Pour la remplir, on choisit un temps sec et froid, afin que t glace ne se fonde point.
I Le fond de la glacière est ordinairement construit à jaires voies par le moyen d’un bâtis de charpente. (Dans les lacières américaines, le fond de la cage lient lieu de cette «arpente.)
Avant que d’y poser la glace, on couvre le fond d’un lit il paille, et on en couvre également tous les côtés en monjnt, en sorte que la glace ne touche qu’à la paille et non aux prois des murs ou de la cage.
i On met donc d’abord un lit de glace sur le fond garni de fille, puis un autre; plus ces lits sont entassés sans aucun vide,
J mieux ils se conservent; on bat la glace avec des maillets F le bord delà glacière avant de l’y jeter, afin quelle fasse jrps. Sur le premier lit de glace, on en met un outre et ainsi liccessivemenl jusqu’au haut de la glacière, sans aucun lit paille entre ceux de la glace. Pour la bien entasser, on la i.le avec des mailloches ou des tètes de cognées, on jette un rJ d’eau de temps en temps, afin de remplir les vides par petits glaçons, en sorte que le tout se congelant fait une risse que l’on est obligé de casser ensuite par morceaux >ur s’en servir.
La glacière étant remplie, on couvre la glace avec de la ille par le haut comme par le bas et par les côtés; par-
dessus celte paille, on met des planches que l'on charge d grosses pierres pour tenir la paille serrée.
La neige se conserve aussi bien que la glace dans les gla cières. On la ramasse en grosses pelotes, on les bat et on le presse le plus qu’il est possible, on les range et on les ac commode dans la glacière, de manière qu’il n’y ait point c jours entre elles, en observant de garnir de paille le fond les côtés comme pour la glace. Si la neige ne peut pas serrer et faire corps, ce qui arrive quand le froid est grati il faudra jeter un peu d’eau dessus, elle se gèlera aussiavec la neige, et pour lors il sera aisé de la réduire en mass Elle se conservera bien mieux dans la glacière, si elle e pressée, battue, et un peu arrosée de temps en temps, faut choisir de beaux jours et un temps sec pour la neig autrement elle se fondrait à mesure qu’on la prendrait, ne faut pourtant pas qu'il gèle trop fort, parce qu’on aura trop de peine à la lever.
Il y a des glacières naturelles dans certaines grottes, c'es à-dire qu’il y a des lieux souterrains où la glace se consen naturellement toute l’année et par le même principe; c’e pendant l’hiver que cette glace fond le plus.
Il n’y a de véritables glaciers en France que dans les Ai pes. Il n’est aucun de ceux qui ont séjourné dans leurs bass vallées, et je suis du nombre, qui n’ait éprouvé ces varialioi 1 subites de température qui sont occasionnées par le froid d j versé par les vents qui ont passé sur les glaciers, variatioi t qui nuisent nécessairement aux cultures de ces vallées. C’e i à eux probablement que les vents d’est et de nord-est doive 1 d être si froids dans le climat de Paris et même dans la pb grande partie de la France. Qui ignore combien ces ven I sont nuisibles à la végétation quand ils durent long-temps Et, de tous les vents, ce sont ceux qui, en France, ont cet faculté au plus haut degré. La sécheresse qui les accompagi i presque toujours est indépendante des glaciers : elle est di à l’élévation de la chaîne des Alpes.
Un autre effet des glaciers est d'entretenir les grain ; fleuves. Le Rhône, le Rhin, etc., sortent de ceux des Alpes L’amazone, i’Orènoque, etc., de ceux des Cordelières.
Les glaciers tondent par-dessous, pendant l’hiver, par suil de la chaleur de la terre qui s’est accumulée pendant l’éti et qui n arrive à son minimum qu’au commencement d printemps, sous les glaciers, d après les belles observatioi |
e Saussure. Pendant l’été, ils fondent par-dessus, moins >ar 1 eflet direct des rayons du soleil, effet très-peu considérable dans ces hautes régions, que par celui des renls hauds et des pluies.
Vases rafraîchissant l’eau. — Dans le levant on fabrique es vases destinés à rafraîchir l’eau, qu’on nomme bardaques; eux qui sont également confectionnés en Espagne, pour cet sage, sont appelés alcarazas. La propriété qu’ont ces vases, est d être poreux et de laisser transsuder une partie de l’eau u ils contiennent. Quand celte eau les a traversés et qu’elle P trouve sur leur surface extérieure, elle est vaporisée en □ levant une partie du calorique dont elle a besoin pour , ' L eau ou la liqueur contenue dans la bardaque ou (ilcaraza , par celte perle de calorique, voit sa tempéiture s'abaisser. En France, M. Fourmy a fabriqué des ?ses semblables.
Nous devons ajouter que, dans le midi de la France, on rive au même but par un autre moyen, qui cependant se fttacne à la même théorie. Ainsi, les paysans mettent leur mssou dans une bouteille de fer-blanc qu’ils entourent d’un ige mouillé et qu'ils exposent ensuite au soleil. L’eau du ;ige en s’évaporant, cmpruule du calorique à la boisson et rafraîchit.
Pour terminer ce que nous avons à dire sur l’eau, nous ons joint ici ce que le limonadier, le confiseur, etc., doint connaître sur les eaux distillées aromatiques.
Eaux distillées.
Les eaux distillées résultent en général de la distillation l’eau sur quelques principes végétaux qui s’emparent de |rs principes volatils, consistant le plus souvent en huiles «jjientielles ; le produit de ces distillations est donc une eau re plus ou moins saturée de ces mêmes principes; mais, i/nme les règles à suivre se rattachent à celles qu’on inet ' usaSe Pour l’extraction de certaines huiles volatiles, nous ^envoyons nos lecteurs.
Nous allons maintenant énumérer les principales eaux disjées, en suivant l’ordre observé par MM. Henry et Guilurt ; nous ne parlerons point de l’eau distillée, parce qu’il 1 aisé de roir que c est de I eau volatilisée, et séparée ainsi [■ substances salines, etc., qu’elle peut contenir. On jette la f unière pinte qui passe à la dessiccation.
imonadier.
MM. Chevallier et Idt ont tracé les règles suivantes à ob server pour la préparation des eaux distillées; on ne peu trop les recommander :
1» Si la substance a une texture serrée, ou si elle renferm peu d’eau de végétation, il convient de la concasser, de 1 râper ou de la diviser en morceaux et de la laisser quelqu temps en contact avec l’eau, pour qu’elle pénètre la fibre vé gétale et facilite la sortie des principes volatils;
2° Si la plante est peu odorante, il faut cohober souvent c’est-à-dire redistiller à plusieurs reprises le produit de I première distillation sur une quantité de plantes nouvelles
3° Si la plante est odorante, en mettre de suite dans l’a lambic une quantité suffisante pour la saturation de l'eau
4° Avoir soin qu’il y ait dans l’alambic assez d’eau poi quo les plantes en soient baignées jusqu’à la tin delà dislil lation; plus elles sont succulentes, moins il faut d'eau;
50 Eviter que rien ne passe de la cucurhite dans le réc pienl;
6° Si l’on craint que par leur coction les plantes se ra mol issent au point de former une pâte au lond de la cucu bite. les soutenir à l’aide d’un panier d’osier ou d’un di; phragme métallique ;
70 Porter l’eau rapidement à l’ébullition et l’y mainter jusqu’à la fin ;
8° Rafraîchir le serpentin le plus souvent possible;
9» Employer les plantes fraîches de préférence aux plant sèches, excepté la mélisse qui, par la dessiccation, acquiert l’odeur;
10° Filtrer les eaux aromatiques après leur distiüalio pour en séparer quelques gouttes d’huile volatile, qui so vent peuvent y être en suspensipn et qui les rendrait même dangereuses.
Conservation des eaux distillées.
Les mêmes auteurs disent avec raison que les eaux, il médiatement après leur distillation, n’ont pas une odi très-suave; que presque toutes ont un goût d’empyreume < passe avec le temps et qu'on parvient à leur faire perdre suite en les exposant dans un bain de glace. M. Cheval! a observé qu’à la même époque toutes contiennent un ] d’acétate d’ammoniaque. L’eau de fleurs d’orange, au moine où elle vient être faite, est acide. Au surplus, toutes
resque toutes les eaux distillées de plantes présentent, au fout de quelques jours , des flocons mucilagineux qui restent In suspension ou se précipitent, et leur communiquent un Ijoûl et une odeur désagréables; d’après cela, il faut renouveler souvent ces eaux distillées, les conserver dans un vase
|e verre ou de faïence, les filtrer souvent pour ôter le mu—
(liage, ne pas les boucher avec du liège, mais seulement vec du papier ; car si on bouche avec du liège elles prenant bientôt un goût de moisi, ce que l’on peut voir si on a snu de l’eau de" roses ou de fleurs d’oranger bouchée penant long-temps avec un liège; aussitôt qu’on veut s’en sertir il faut la rejeter et mettre un bouchon de papier , car tutrement l’odeur dont nous venons de parler ne tardera pa*
| se développer.
Nous allons maintenant passer en revue les principales Vaux distillées.
Eau distillée d’angélique.
Racine d’angélique sèche et concassée. 5 liv.
Eau . litres 15.
On fait macérer la racine d’angélique dans 1 eau pendant iin ou deux jours, et l’on distille jusqu’à ce qu’on ait obtenu je 12 à 15 litres de liqueur.
On prépare de la même manière:
Les eaux d’aunée,
— de valériane sauvage ,
— de calamus aroinaticus, etc.
Eau de laurier-cense.
Feuilles récentes de laurier-cerise et
cueillies au commencement de l’été. , . 2 liv.
Eau . . 9 liv.
Distillez pour en retirer 2 livres de liqueur.
Cette eau distillée, contenant de l’acide hydrocyanique , Ist aussi d’un emploi dangereux : à plus forte raison, celle jle Codex qui conseille de ne retirer par la distillation que moitié du produit ci-dessus.
Les eaux des feuilles de pêcher, d’amandier, de cerisier, jl’abricolier , etc. , se préparent de la même manière, et jouis- -ent, à peu do chose près, des mêmes propriétés.
Eau de menthe poivrée.
Feuilles mondées fraîches et sommités fleuries de menthe poivrée. 1 partie;
Eau . .
Après 24 heures de macération, distillez pour obtenir moitié de l’eau employée. Si l’on veut l’avoir plus chargée, on la redistille sur de nouvelles plantes. Lorsqu’on en a une grande quantité à distiller, dès qu’on retire l’alambic du ieu,onen sort la menthe avec une grande écumoire, et l’on en ajoute de nouvelles dans la liqueur, résidu de la distillation, qui, étant bouillante, abrège beaucoup cette seconde distillation.
On obtient de la même manière les eaux
d’absinthe , de cerfeuil , d’hysope, de lierre terrestre de marjolaine, de matricaire.
de mélisse , de menthe crépue, de rue, de Sabine , de sauge , de thym , etc.
Eau de /leurs d’orange.
Fleurs d’orange récentes, mondées de
leurs queues. . . . ||v. 12
Eau pure .
On porte au point voisin de l’ébullition l’eau de la cucurbite de 1 alambic ; on y met alors les fleurs qu’on remue soigneusement, on recouvre du chapiteau, etc., et l’on distdle. Si l'on retire deux livres de produit pour chaque deux livres de fleurs, celte eau est appelée eau cle fleurs d’orangé double. Si l’on relire trois livres pour chaque deux livres dcl Heurs, on la nomme triple. Enfin, elle est dite quadruplt quand on ne retire qu’une livre d’eau par livre de fleur.
L eau de fleurs d orange simple est l’eau double, coupét avec parties égales d’eau distillée.
Les fabricans de Grasse, et quelques pharmaciens, prépa^ rcnt une autre (leur d orange avec les queues des fleurs e les feuilles fraîches, auxquelles ils ajoutent un gros de nérol poui chaque douze livres d eau. Ainsi obtenue, cette eau est plu> amère, moins suave, mais elle est considérée commi cordiale, stomachique et vermifuge.
Enfin, quand on ne peut se procurer de fleurs localement
m en fait venir de salées, soit d’Espagne, soit de Portugal ,
It, si elles n’ont pas plus de trois ou quatre mois, on en obient, par la distillation une eau de fleurs d’orange très-suave, Nous recommandons de jeter les fleurs dans l’eau bouillante de l’alaïubic, parce que MM. Botentuit et Boullay ont emarqué qu’en procédant ainsi, l’eau obtenue n’était pas rouble.
\ M. Boullay a constaté que la qualité de l’eau de fleurs l’orange dépend de la saison dans laquelle la fleur a été récoltée, de la manière dont la distillation est conduite, des •reportions de fleurs employées et de la quantité d'eau que on en retire, ce qui m’a conduit à établi r que la fleur d’oange, comme celle des autres plantes, est plus abondante n huile volatile si la saison a été chaude et sèche, et vice ersd. Pour 13 livres de bonne eau de fleur d’orange, il aut 5 livres de fleurs mondées de leurs calices , qu’on met lans lu cucurbite , contenant 20 livres d’eau bouillante; on ature, si l’on veut, l'acide qui se développe au moyen de ; gros de magnésie par livre de de fleurs.
Moyen de reconnaître la bonté de l’eaude fleurs d’orange.
L’acide #nlfuriqtie, d’après l’observation faite par M- Vatard-Dubesme, jouit delà propriété de communiquer à l’eau ie fleurs d’orange une couleur rose plus ou moins intense, uivant que celte eau est plus moins chargée d’huile es— jCntielle de fleurs d’orange. Comme les autres eaux distillées Aromatiques n’offrent point ce même phénomène, le développement plus ou moins fort de celle couleur peut devenir m moyen de reconnaître la bonté de l’eau de fleur d’orange lu commerce. Il suffit, pour cela, de verser dans une quanilé donnée de celte eau première qualité, et dans une autre [uasititè semblable de celle qu’on vent essayer, une égale juantité de gouttes d’acide sulfurique; on examine ensuite intensité des teintes; plus celle qu’on essaye se rapproche le celle qui sert de type à cet essai, plus elle est bonne, et lice versd.
Eau de roses.
Pétales de roses récentes. . . 15 livres.
Eau . 11 id.
On distille pour obtenir environ 15 livres d’eau ; il est bien vident que si i’on veut l’obtenir plus forte ou plus chargée builç çssentiçüe; on la redistillc sur une nouvelle quantité do
roses, ou bien on retire moins de produit à la distillation. Ainsi, comme l’eau de (leur d’orange, on peut en obtenir de double, triple, quadruple, etc.
On prépare également de très-bonne eau de roses avec des roses salées, ce qui arrive quand le pharmacien n’a pas assez de roses pour en faire une distillation. Il faut alors dissoudre du sel suffisamment dans l’eau bouillante, y plonger les roses et les conserver en cet état plus de six mois ; les roses, quoique devenues brunâtres, n’en donnent pas moins une trèsbonne eau. Il est des pharmaciens qui se contentent de les piler avec du sel : l’une et l’autre méthode sont bonnes à suivre.
De la même manière on distille les eaux de fleurs d’acacia, de muguet,
de bluets, de nymphœa ou nénuphar,
de fèves, de pivoine,
de giroflée jaune, de tilleul, etc.
de lis,
Distillation clés roses par J. Cênedella.
Ayant à distiller beaucoup de roses, j’en cueillis un matin une quantité suffisante que je mondai de leurs calices; j’introduisis les pétales et les étamines dans un alambic à large ouverture, dans lequel je versai la quantité d’eau iftcessaire, et je le couvris de son chapiteau ; je laissai le tout en macération pendant quelques jours, jusqu’à ce qu’il se développât une odeur vineuse, en ayant soin de remuer de temps en temps le mélange; je distillai ensuite et j’obtins une eau de rose très-odorante; le lendemain, j’enlevai avec une petite spatule une huile essentielle qui nageait à sa surface sous forme d’écailles transparentes, luisantes et un peu jaunâtres, d une odeur très-suave, ayant enfin tous les caractères de 1 huile de rose de l'Orient; une pareille quantité de roses distillées par le procédé ordinaire, a donné une eau moins odorante et pas la moindre trace de cette essence.
JV. B. Ce procédé, de laisser fermenter les pétales de roses, n est pas nouveau; malgré cela, M. Cênedella n’en a pas moms le mérite d avoir appelé l’attention des pharmaciens sur un procédé qui, quoique tombé dans l’oubli comme tant d’autres choses utiles, n’en offre pas moins des avantages réels.
1 Eau d'amandes amères.
Amand. amères dont on a tiré l’huile par exprès. 2.
Eau bouillante . . S.
On réduit en poudre le tourteau d'amandes, on le délaie ns l’eau bouillante, el l’on distille. Celte eau est chargée gcide hydrocyanique, reconnaissable même à l’odeur; aussi, même que celle de laurier-cerise, doit-elle être adminis- •e avec beaucoup de circonspection.
Eau d’anis.
Anis sec . S livres.
Eau . 20 id.
Distillez pour obtenir six livres d’eau.
C’est ainsi qu’on obtient les eaux
de coriandre, de piment de la Jamaïque,
de fenouil, de zestes de citrons,
de genévrier, de zestes d’oranges amè-
de laurier, res, etc.
Eau de noix verte, d’après MM. Henri et Guibourt.
Noix à peine formées. . G livres.
Eau . 20 id.
Dès que les fleurs de noyer sont tombées, et que les noix |nt à peine formées, on les cueille, et après les avoir pilées ans un mortier de marbre, on les distille avec les proportions eau portées dans la formule ci-dessus, pour obtenir envi- ;>n six livres de produit.
Eau de thé.
On met dans une cucurbile d’élain une livre d’excellent lé vert, sur lequel on verse 8 livres d’eau bouillante. Après eux heures d’infusiou, on distille pour obtenir G livres eau. Après cela, on prend 8 onces de thé semblable, sur quel on verse une livre d’eau bouillante; el, après quelques eures d’infusion, on y verse le produit ci-dessus, et l’on dislle pour obtenir G livres d’eau de thé.