‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 17 sur 133 · N° 7. L'ÉROTISME · texte numérisé non relu

N° 7. L'ÉROTISME

Amour physique, amour des sexes. (Gall. )

Amalivilé. (Spurzheim. )

Nous pensons que l’on doit préférer la dénomination employée par M. le docteur Broussais dans ses leçons phrénologiques ; elle rend avec exactitude l’idée de Gall, en outre, quoiqu’elle soit d’origine grecque, elle possède l'avantage d'être naturalisée française et d’être comprise par tout le monde.

L'homme adulte et les animaux parvenus à leur dernier degré d’accroissement, éprouvent non-seulement le désir mais encore le besoin de la reproduction; ce penchant agit sur les hommes avec une puissance extraordinaire, il les porte aux grandes choses, aux belles actions, comme il les excile aux plus grands crimes, et sous ce rapport on n’a que trop souvent des exemples de sa funeste influence; d'autres fois, lorsque ce besoin n’est pas satisfait conformément aux lois de la nature, il altère les fonctions intellectuelles, la santé, et devient la cause de plusieurs maladies plus ou moins graves.

Après la mort de son mari, une jeune femme tombe dans la mélancolie; elle est tourmentée par de violentes convul-

sions annoncées chaque fois par une tension très-forte à nuque et un sentiment de chaleur très-désagréable.

Appelé par cette veuve, Gall l’examine plusieurs fois d le moment de ses crises, il palpe, et sent la chaleur extrê à la nuque, il remarque surtout la proéminence très-bom} plus tard cette femme lui ayoue que, depuis son enfance lui a éié impossible de résister au désir de satisfaire à besoin impérieux; après cet aveu la chaleur de la nu et la proéminence fixèrent l'attention dé Gall en lui rap lant plusieurs faits analogues; ses recherches subséquer lui démontrèrent que le cervelet placé dans cette pa renferme l'organe de l'érotisme, et qu’il se manifesle dehors et sur la nuque par une forte saillie à la bases crâne.

François Ier, Buffon, Mirabeau, Denon, Gall lui-mêi disent les phrénologiens, avaient cet organe très-fc Charles XIT, Newton, Kant, l'avaient très-faible; ces derniers, dit-on, seraient morts vierges : l’histoire x dit pas autant du pape Alexandre VI, car elle le gnale, au contraire, pour ses vices et ses infàmes bauches. Etant cardinal, il avait eu d’une concuk quatre fils et une fille nommée Lucrèce Borgia. La | duction de l’épitaphe latine que lui fit Pontanus suffit p faire connaître l’effroyable immoralité de ce pontife :

Ci gît cette Lays, qui soit disant Lucrèce, Fut d’un pape la bru, la fille et la maîtresse.

Voir la planche 1re, figure 7. Indépendamment du dé loppement de l'érotisme, la masse du cerveau la plus cons: rable portée en arrière, annoncerait seule que toutess facultés animales prédominent celles qui dépendent de | telligence.

C’est sans doute sur la réputation amoureuse de F? çois Jer qu’on lui attribue cet organe très-fort, car Il à présumer qu’on ne possède pas son crâne, et son b) n’est qu’une ressemblance trop incertaine pour qu’elle pu mériter aucune confiance. Quant à Buffon, ilest vraisem: ble, on pourrait même dire certain, qu'il n’était pas mb partagé que Newton, car une grande contention de l’es

etile travail de cabinet sont de très-puissans antidotes contre l'érotisme.

“De nombreuses observations ont prouvé l'influence du cervelet, et le rapport de son developpement avec celui des organes génitaux. À ce sujet nous ferons observer que le grand développement de ces derniers n’est point, comme on le croit généralement, un signe, une preuve de force. Les Grecs avaient sans doute fait cette remarque, car dans toutes leurs statues, même dans celles qui représentent des athlètes, les organes génitaux sont proportionnellement fort petits.

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Mimique de l'Erotisme.

Nous entendons par mimique d'un penchant, l'influence qu'il exerce sur les mouvemens du corps, sur sa pose, ses attitudes, et sur les gestes, « Comme la connaissance de ces diverses particularités est utile aux physionomistes, nous aurons soin de les indiquer dutant qu’il nous sera possible.

L'individu chez lequel l’organe de l'érotisme est bien développé, porte la tête en arrière, son regard est animé ét devient plus vif en présence des femmes; ses lèvres sont fermées, tous les muscles autour de la bouche sont agités, là respiration est courte, fréquente, et la poitrine s'élève beaucoup au moment de laspiration.

Un libertin parle-t-il d'amour, il enfonce la tête dans les épaules, porte le menton en avant, serre les dents et contracte ses lèvres, que sa langue humecte fréquemment.

N°8. PHILOGÉNÉSIE.

Amour de la progéniture. (Gall).

Amour de la géniture, philogéniture.

(Spurzheim.)

Si les règles grammaticales ne le défendent pas expressément , il est au moins contre le bon goût de composer des mots bybrides, par exemple de réunir dans un seul mot une

expression grecque et une expression française (1). pourtant ce qu'a fait Spurzheim, qui à la prétention d1 primer mieux que Gall la pensée de Gall, et croyant corri son maître, il fabrique ün mot hybride. Il convient de 1 tifier ‘cette erreur, pour ne pas dire ce barbarisme, En c séquence on doit rejeter sa philogéniture et la remplacer : la philogénésie qui rend avec exactitude l’idée du fondat de la phrénologie, et celle de Spurzheim.

Un jour, dans une de ses leçons de crânioscopie, en f sant remarquer à ses auditeurs le développement de la tie postérieure de la tête des singes, Gall est inopiné frappé de l'amour extrême que ces animaux montrent pb leurs petits : cette réflexion subite devient un trait de mière qui lui fait entrevoir le siége de la philogénésie, après de longues recherches, le conduit à la découverte cet organe.

Un instinct irrésistible chez les animaux, très-puiss sur la femme, mais beaucoup moins actif sur l’homme, , cite les uns et les autres à veiller sur leur progéniture à lui prodiguer des soins de tous les genres; car que 4 viendraient-ils sans cela?

Beaucoup d’observateurs admirent, avec juste raise Part, l'intelligence et le zèle des animaux, notamment! oiseaux, à préparer le gîte où ils déposent leur progéé ture. Ces admirateurs de linstinct des animaux, que k des gens appellent des bêtes, s’extasient en voyant leur vi lance constante et leurs soins assidus pour protéger le nouveaux-nés, les nourrir et les instruire jusqu’au mo où ils on! assez de force, assez d’instinct, ou d’intelligen Pour se passer de leurs secours. |

Eh bien ces enthousiastes qui ne trouvent pas d’exph sions à leur gré pour vanter la philogénésie des anima ne pensent point à celle des femmes! Les phi nologiens eux-mêmes écrivent dix pages sur l’amour bêtes pour leur progéniture, et six lignes leur suffisent Id qu'ils parlent de la tendresse maternelle de leurs épous

LU

(*) Géniture, ce qu’un homme a engendré. Un pére en mn trant son fils, dit: Voilà ma géniture, ma chère géniture. Ce mot Yieux et ne se dit plus que par plaisanterie.

(Dictionn. de lAcad.)

ou de la femme qui leur donna le jour!.. Pourquoi donc cet ingrat laconisme?... Pourquoi, parce que chaque jour, à tous les momens, ils en ont sous les yeux les exemples les plus touchans et qu’ils y sont trop accoutumés. Leur esprit observateur se porte de préférence sur des objets qui leur sont moins familiers; il semble qu'ils dédaignent de fixer un regard attentif sur cette charmante Amélie, cette jeune épouse, hier encore si folâtre, si amie des plaisirs, des exercices un peu violens, tels que la danse, léquitation, la course à pied. Aujourd’hui elle refuse une partie de bal; elle ne veut plus prolonger la soirée, elle craint de se fatiguer, de veiller; les premiers symptômes de sa grossesse viennent de se manifester, et déjà teutes ses pensées se dirigent vers l'avenir de l'être qui va lui devoir l’existente; déjà elle l'aime, lui sourit dans sa pensée ; elle se plait à lui sacrifier toutes ses jouissances pour ne s'occuper que de lui, de lui qui cependant est la cause des petites indispositions qu’elle éprouve, et qui le lui font chérir encore davantage parce qu’elles sont une preuve de son existence. S’il n’était pas aussi tendrement aimé, la complaisante Amélie s’empresserait, comme elle a fait jusqu’à ce jour, de céder au désir de son époux, elle consentirait à ne point allaiter son enfant; mais C'est en vain qu’on cherche à lui inspirer la crainte de perdre une partie de ses charmes, peu lui importe d’être moins jolie, pourvu qu’elle ne soit pas mère à demi. Les ennuis, les fatigues, les privations qu'on lui fait entrevoir, ne sont à ses yeux que des jouissances dont elle ne veut pas être privée.

Ordinairement Amélie passait son temps à volliger de plaisirs en plaisirs, il était bien rare de Îa rencontrer chez elle; maintenant on est toujours certain de la trouver occupée à tailler, coudre ou broder la layette qu’elle prépare pour cet enfant que son imagination caresse continuellement, et qui, en se faisant attendre pendant neuf mois, répond bien mal à sa tendresse impatiente de se manifester. Arrive enfin Vinstant si désiré, Amélie souffre, elle souffre beaucoup pendant de longues heures, mais cafin elle est au comble du bonheur, elle est mère, et en pressant son enfant sur son cœur, elle a oublié toutes ses souffrances.

A ces instans d'ivresse indicible succède bientôt la délicieuse jouissance d'offrir la mamelle à ce pelit être qu’elle.

idolätre depuis neuf mois. C’est à regret qu’Amélie, encore trop faible, se voit forcée d'abandonner à une mercenaire le soin de le laver, de l’envelopper dans ses langes; que de fois elle recommande de bien prendre garde de lui faire du mal, de ne pas trop serrer sa poitrine, d’avoir grande attention qu'aucune épingle ne puisse le blesser, et combien elle se trouve heureuse quand son rétablissement lui permet de se charger seule de tous ces soins. Pendant une année entière elle les lui prodigue jour et nuit, le moindre cri de son enfant la réveille, aussitôt elle lui présente le sein, et pour le replacer dans son berceau elle attend qu’il se soit endormi; mais si ses cris persistent, elle tremble qu’il ne soit malade, elle veille près de lui, cherche tous les moyens de l’apaiser, elle oublie qu’elle-même à besoin de repos, tant que son enfant n’en jouit pas.

Nous ne suivrons pas Amélie dans ses soins maternels après l'allaitement, nous en avons dit assez pour prouver la phailogénésie des femmes, qualité si remarquable en elles; et que je leur ai entendu contester par Gall; car il émit celte bizarre idée à une soirée chez Mlle Willams : ma femme, mère alors de quatre enfans qu’elle avait nourris, combattit cette opinion qui l’indignait. La nombreuse sociélé qui se trouvait réunie, lui donna gain de cause, notamment Ducis, Bouflers, l’ancien ministre Sarvan, monsieur Maron, l’évêque de Canose, qui tous approuvèrent sa réfutation. Gall jura, mais un peu tard, qu’on ne le prendrait plus à soutenir cette thèse contre des femmes qui auraient nourri leurs enfans.

Tout nouvellement arrivé en france, il prétendait, avec une énergie encore un peu tudesque, nous démontrer que ce sexe, naturellement si tendre, était bien loin d’aimer sa progéniture avec autant d’affection que les animaux en montirent pour leurs petits.

L’organe de la philogénésie se prononce à l'extérieur par la saillie de la région postérieure de la tête. Il est en général moins développé chez l’homme que chez la femme; cette disposilion est une suite naturelle des fonctions spéciales attribuées au sexe féminin par son organisation particulière : aussi remaraue-t-on la même différence entre le mâle et la femelle des animaux.

Quoique la philogénésie soit ordinairement moins dé-

veloppée chez les hommes, on en voit cependant qui éprouvent pour leurs enfans urie tendresse égale à celle de la meilleure des mères. M. Casimir Perrier était idolâtre de ses enfans, et ses enfans l’adoraient. Heureux père !.... que la mort a dû te paraître pénible! { Voyez planche 1re, n° 8.)

On a prétendu, dit M. le docteur Broussais, que l'organe existe chez la poule, et ne se trouve point chez le coq : cependant le coq, devenu chapon, soigne les petits après les avoir couvés, il leur enseigne à chercher et à prendre ieur nourriture.

Il semble d’après ce passage que le coq doit être devenu chapon pour soigner les petits, etc... Nous n’avons jamais employé de chapon, mais nous avons fait couver, toujours avec succès, un grand nombre de coqs, dont plusieurs avec des œufs de canne ; dès que les cannetons étaient éclos les coqs les conduisaient à l’eau, mais aussitôt qu'ils y étaient entrés, ces coqs, ne pouvant les suivre, battaient des ailes, et gloussaient à peu près comme les poules qui rappellent leurs petits.

Mimique de la Phlogénésie.

Le sentiment philogénésique donne à la physionomie de la femme une expression habituelle de bonté, de bienveillance. A l’aspect des enfans, son teint se colore légèrement, un tendre sourire anime sa figure, sa voix prend une expression plus douce, elle promène sur ces jeunes êtres des regards caressans, et l'on voit qu’elle éprouve un véritable plaisir en les couvrant de baisers.

La femme qui a nourri et tenu sur ses bras des enfans, a contracté, en les portant, l'habitude de rejeter la poitrine en arrière, aussi sa taille est plus cambrée, ses coudes sont moins rapprochés du corps, et les mouvemens de ses bras plus arrondis,

N° 9. TOPOPHILIE.

Amour de l'habitation, concentrativité, habilatjvité. { Spurzheim. )

€ En examinant les mœurs des animaux, dit Spurzheim, » On trouve que Îles différentes espèces sont attachées à: » des régions déterminées, ....... A

» ,,.. La nature paraît avoir voulu que toute la terre fût » habitée, et, à cet effet, elle a assigné aux animaux leurs: » différens séjours par un instinct particulier. »

« Quelques peuples sont extrêmement attachés à leur paÿs;! » d’autres sont disposés aux émigralions. »

D’autres aussi sont nomades, tels que les tartares quii n’ont point d'habitations fixes.

Quant à la disposition à émigrer, ne vient-elle pas du désirs d’être mieux ? n'est-ce pas là l'espoir de ces bandes d’alle-mands qui abandonnent leurs foyers pour aller s'établir en: Amérique.

« Quelques personnes sont très-attachées à une habita-- » tion; d’autres changent leurs habitations aussi facilement! » que leurs habits. »

Tous les hommes n’ont pas ce goût du changement, ill en est qui sont au contraire très-attachés au lieu qui les: a vu naître, et qui préfèrent à tout l’antique demeure de: leurs parens. Ce sentiment de préférence est quelquefois si: prononcé que des gens forcés de quitter l'endroit qu'ils ha-. bitent depuis leur enfance, et de vivre dans un autre pays, deviennent tristes, s’ennuient de tout et sont bientôt atteints : de nostalgie, vulgairement appelée maladie du pays, amour : du pays.

Les animaux ressentent aussi cette prédilection des lieux : l'aigle établit sa demeure sur les rochers les plus élevés; la grive se plaît dans l’herbe à la surface de la terre; le chamois habite le sommet des montagnes; le lapin creuse son terrier et s’enfonce dans la terre, etc., etc.

C'est ce sentiment de préférence, cet amour de l’habi-

… tation que Spurzheim a voulu désigner par concentralivité, … ou habilativilé.

& Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, « Et les mots, pour le dire, arrivent aisément. »

Mais il nous semble que ni l’une ni l’autre des expressions de Spurzheim n’énonce clairemeni l’objet dont il est question. Concentrativité !.... Malgré la rudesse de ce mot, on soupconne qu'il s’agit de concentration, mais de quoi 2... Cette baroque expression ne le dit pas, et si elle le disait, elle serait inexacte dans certains cas : par exemple, on ne pourrait point l’appliquer aux oiseaux et aux autres animaux voyageurs, qui, selon la saison, quittent un pays pour aller en habiter un autre; leur penchant n’est pas exclusif, il n’est pas concentré sur un lieu, puisqu'ils en changent ; or il n’est pas permis de dire qu’on a concentré ses affections sur deux objets, il y a partage entre deux, ei non pas concentration.

Le mot habitativité, quoique d’étrange fabrique, laisse entrevoir qu'il a quelque rapport avec l’habitation, mais voilà tout, il ne dit rien plus, il n’énonce pas ce sentiment de préférence, d’amour, dont on veut parler, ‘il est donc vague et insignifiant. Que dans les romans on emploie des expressions à peu près convenables, le lecteur n’y attache pas grande importance, mais dans les sciences des à peu près ne sont pas des admissibles; il est essentiel que les termes, les dénominations surtout, soient claires, précises et présentent une idée positive de l’objet que l’on traite. En conséquence, au lieu de concentrativité ou d’habitativité dont nous venons de démontrer le ridicule et l’im- Propriété, nous proposons {opophilie. Ce mot, dont la significalion (amour des lieux) remplit complètement le but que Spurzheim s’esi proposé, sera compris d’autant plus facilement que nous ayons déjà le mot topographie, ( des- CTiplion des lieux. )

L'organe de la topophilie est placé à la partie postérieure de la tête, où il produit une saillie immédiatement au-dessus de la philogénésie.

M. le docteur Fossati, président de la société phrénolo—

gique de Paris, à trouvé cet organe bien développé che l’astronome de Zach, le docteur Esperon, Walter Scott et très-petit sur les têtes du matelot Henin, et du Char ruas mort à Paris.

Il est étonnant que la topophilie n'ait pas présenté ul grand développement chez le Charruas, car, ainsi que le osages, il regrettait beaucoup son pays, et nous penson même que la nostalgie à contribué à sa mort.

Walter Scott est le meilleur exemple de topophilie qw nous puissions offrir : aux plus riches campagnes, aux plu beaux sites, il préférait les stériles montagnes de l’Ecoss sans un taillis, sans un bouquet d’arbres.

Un jour il disait à M. Washington Ivring, « j'aime jus » qu’à la nudité de cette terre, j'aime jusqu'a sa physionomi » sévère, agreste, rustique. Si je ne voyais pas les bruyère » au moirs une fois l’an, je crois que j’en mourrais, »

{Voyez planche re, figure 9.)

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