N° 12. DESTRUCTION
Instinct carnassier, penchant au meurtre. (Gall.
Penchant à détruire, destructivité. (Spurzheim.
Malgré les grands talens phrénologiques de Spurzheim ! malgré ses droits incontestables à créer des mots toujourt entachés d'élrangetivité, persistons à parler français, ee puisqu'il s’agit de gens qui détruisent, disons qu’ils ont l’or# gane de la destruction, et laissons la destructivité tomber dans l'oubli,
il existe une grande compatibilité du courage et de la des truction ; dans certains cas ils sont même inséparables ; par exemple, le guerrier a besoin de l’un etde l’autre, après un combat où des milliers d'hommes ont péri, le général d chaque parti, quelle que soit son antipathie pour la destruction, est forcé de détruire tout ce qui peut offrir à son en-. nemi des moyens de défense, des ressources quelconques.
Malgré ceite connexité, Gall à placé la destruction dans: un organe à part, silué au-dessus de l'oreille : sa forme » est un peu allongée; lorsqu'il est fortement développé, l’os5 temporal est bombé et semble déjeté en dehors. Cette dispo-sition est très-remarquable sur les crènes d’assassins.
« On ne saurait nier, dit M. Broussais (‘), qu'il n’y ait: » chez les animaux nécessité de destruction : depuis le zoo- » phite jusqu’à l’homme, c’est toujours par la destruction » que l'être organisé se maintient. »
C'est-à-dire que tout animal détruit pour se nourrir, alors la destruction est déterminée par l'organe de l'alimentation; mais cette réflexion nous entrainerait à des développemens qui dépasseraient les bornes de notre OuYrage ; si parfois nous nous permettons de légères observations sur
(*) Cours de phrénologie, p. 247.
quelques idées des phrénologiens, nous n'avons pas le moindre projet de réfuter leur système ; nous reconnaissons comme eux que l’homme omnivore et les animaux carnivores ou herbivores détruisent continuellement : nous faisons plus “encore, nous disons que les végétaux détruisent aussi pour . se nourrir, et la preuve c’est qu’un excellent terrain de-
- viendrait improductif si l’on y semait toujours de la même . grdine ; il ne suflit pas de fumer la terre, il faut la laisser “reposer, la laisser en jachère pour lui donner le temps de ré- + parer ses pertes.
Enfin nous avouons, avec M, Vimont, que l’univers n’est qu'une scène de destruction, mais nous ajoutons qu’il est en même temps une scène non interrompuë de recomposition ; la feuille qui tombe de l'arbre se décompose et fournit à Ja terre de nouveaux sucs nourriciers; en un mottout ce. qui se détruit dans la nature lui sert à de nouvelles compositions , et l’on ne peut pas douter que la destruction est entrée comme partie essentielle dans le plan de la création,
excepté pourtant la destruction de l’homme par l’homme.
« Je trouve aussi chez M. Vimont, dit M. le docteur » Broussais, p.21, que les actes de plusieurs animaux qui n’at- .» laquent pas d’autres animaux, ne peuvent se rapporter
» qu’à cet organe (de la destruction). Ainsi le castor, » l’écureuil, coupent des branches, des écorces pour se con- » struire des habitations. »
* D'après ce passage que nous citons tout entier, et qui peutêtre n’a pas toute la clarté désirable, voilà le castor et l’é— cureuil réputés destructeurs; ne partageant pas cette manière de voir, nous continuerons à les qualifier animaux con- Structeurs, de même que l’homme qui retire des pierres d’une carrière pour faire sa maison; autrement, il faut supprimer l’organe de là destruction ou celui de la construction, Car si d’un côté l’on construit, de l’autre on détruit; alors les fonctions étant inséparables, les deux organes ne doivent en former qu’un seul, et la tête de l'architecte, du constructeur, de l’entrepreneur de bâtimens, etc., offrira un grand développement de la construction et de la destruction, ce qui semble incompatible; mais en phrénologie il y a des choses inexplicables; page 204 de son cours, M. Broussais le déclare
avec sa franchise habituelle, relativement à l'amitié et au choix des lieux.
Le penchant à la déstruction n’est pas toujours déterm par les besoins de l’alimentation. La table de Louis XI ét sans doute bien suffisamment fournie de mets, néanmoiné avait un grand goût pour la destruction, et les chroniquer d'alors comptent quatre mille individus exécutés par ordres,
Il y à aussi des gens qui ne détruisent pas, mais quil plaisent à voir détruire, combien trouvent de plaisir à ê» témoins du supplice des criminels ! Gall raconte qu’an élè en pharmacie éprouvait un penchant si violent à tuer, qu se fit bourreau.
M. Bruggmanns, professeur à Leyde, connaissait un 4 clésiastique en relation avec tous les bourreaux du pays: des environs pour êlre prévenu des exécutions et y assisté Get ecclésiastique élevait chez lui des femelles de divé animaux domestiques, et quand elles mettaient bas, il se pl sait à égorger les petits,
Gall à examiné la tête de plusieurs incendiaires détens dans les prisons, et tous présentaient un développement tré fort de l’organe de la destruction.
Marie, reine d'Angleterre, ne régna que six ans ei fit rir, par la main du bourreau, plus de huit cents person dont deux cent soixante-dix-sept furent brulées. Elle encore exéculer le célèbre Crommer, le duc de Northun berland, l’infortunée Jane Gray sa parente, ainsi que le pè:
. et le mari de cette jeune victime.
La tête de Marie, très-large sur les côtés et aplatie 4 front, indique le développement de la destruction et l’absent de la bienveillance chez ce Caligula féminin.
Voyez planche 1re, fig. n° 12.