N° 17. CIRCONSPECTION
Circonspeclion, prévoyance. (Gall.)
Circonspection. (Spurzheim.)
Voici la première occasion où Spurzheim a adopté la dénomination choisie par son maître, sans se permettre le . moindre alibiforain : son génie inventif serait-il donc épuisé?... Ce serait un événement heureux pour la phrénologie, son vocabulaire deviendrait plus intelligible,
Pendant son séjour à Vienne, Gall eut de fréquentes relations avec un prélat, homme de sens et de beaucoup d’esprit ; mais il est fort ordinaire aux gens d’esprit d’avoir quelques petits travers plus ou moins bizarres, et ce prélat était d’un caractère excessivement méticuleux. Craignant toujours de se compromettre, il hésitait en tout et pour tout; parlant toujours très-lentement, il n’achevait jamais une phrase sans avoir répété le commencement deux ou trois fois, afin de se procurer le temps de réfléchir à ce qu’il disait, et de peser la valeur des mots qu’il employait.
Get homme, qui agissait comme il parlait, était en rap- Ports journaliers avec un conseiller de la régence, doué d’un caractère absolument semblable, et que ses continuelles hésitations avait fait surnommer Cacadubio.
Dans une assemblée publique, Gall se trouva placé derrière ces deux personnages toujours disposés à hésiter. On pense bien que le savant cränioscope profita de cette occa- Sion favorable pour examiner et comparer les têtes de ces messieurs; il fut frappé de la largeur qu’elles avaient toutes
deux à la partie latérale, Cette remarque lui fit présamer qu l’irrésolution, l’indécision et la circonspection tenaient au dé veloppement des parties latérales du cerveau : bientôt de now
velles etnombreuses observations changent ses doutes en cer titude.
La circonspection produit ordinairement l'émotion de 1 crainte, et porte à se tenir en garde; inspire la prudence mais il ne faut pas que cette action soit trop énergique, ca alors elle détermine l’appréhension, l’indécision, l’irrésolu: tion comme dans les deux personnagcs qui ont procuré à Gal la découverte de cet organe.
Si l’on s’en rapporte à ce que disent les phrénologiens « cet organe est en général très-développé dans les enfans. Nous pensons qu’on leur accorde une prévoyance qu’ils no possédent point à un si haut degré. Il est bien vrai que dan l'enfance la tête est fort large sur les côtés, mais cet élargis-
avant même que l'enfant puisse marcher, et par conséquent avant qu'il ait besoin de circonspection ; enfin, elle devient moins forte à fur et à mesure du développement de la tête,
saillant des pariétaux, les phrénologiens lui ont attribué cette élévation qui n’est, comme nous venons de le dire, que le résultat naturel de l’ossification. En outre, si les enfans paraissent d'aulant plus circonspects qu'ils sont plus jeunes, c’est que le défaut d'expérience les rend plus craintifs et plus timides, Les adultes, eux-mêmes, chez lesquels la circon- Spection est peu prononcée, éprouvent aussi, comme les enfans, de la crainte et de la timidité.
La circonspection chez l’homme sage et réfléchi est souvent un acte de retenue, de réserve, de prudence, de discrélion, et sous ce rapport Lavater est un physionomiste trèsrecommandable, qui mérite toute confiance. Lorsqu'il indique: comme Certain quelque signe physiognomonique, c’est que des nombreuses observations lui ont donné la conviction de cette»
certitude, On peut donc le regarder comme un écrivain doué “de la plus grande circonspection. (planche 2, fig. 3 et 4.)
Plusieurs animaux, le lièvre, la grue, le loup, le mulet, le chien, ont cet organe très-développé; chez les herbivores il est moins allongé.