DU STYLE
Les diverses passions inspirent chacune un langage par culier, un choix d'expressions qui leur sont propres, et même temps elles donnent à la voix des intonnations dif rentes très-caractérisées. Nos grands acteurs ont bien démo tré que, selon le sentiment qui agite l’âme, le timbre de: voix suffit pour le faire connaître. Mais il ne faut pas cro! que ce timbre, ce son de la voix, ne puisse être l'indice q des passions violentes et qui s'expriment avec plus ou mo» d'énergie; la voix de Miie Mars n’a-t-elle pas fait jouir | nombreux auditeurs de toutes les nuances des sentimens plus tendres, les plus délicats, les plus doux?
Nous n’entreprendrons point de désigner le ton de ve propre à telle passion, à tel sentiment ; nous manquerie d'expressions pour indiquer les nuances d’intonnations subissait la voix de Talma, dans la représentatign de ses d férens rôles. C’est au physionomiste à étudier les bons teurs, puis les orateurs profanes et sacrés; surtout qu’il néglige pas de visiter les temples des protestans, il y trouve plus de naturel, par conséquent plus de vérité dans la pe ture des passions,
Du Style.
« Si jamais chose au monde peut servir à faire connaît » l’homme, c’est son style. Tels nous sommes, et tels no » parlons et tels nous écrivons. Le physionomiste dira » jour, à la vue d’un orateur, d’un homme de lettres : @« » ainsi qu’il parle, c’est ainsi qu’il écrit. Xl dira un jour, & » le son de voix d’un homme qu'il n’a pas vu, sur le stx » d’un ouvrage dont il ignore l’auteur : cet inconnu doit avc » tels et tels traits, une autre physionomie n’est pas faï » pour lui, »
Nous ne pensons point, comme Luvater, que l’homme peint dans ses écrits ; celte opinion peut bien être fondée d quelques circonstances, nous n’en doutons pas; mais il no semble qu’on ne doit point la généraliser, parce qu’on que de rares occasions de l'appliquer avec justesse et vérit or, il ne faut pas que les exceptions soient plus fréquentes q4 l'emploi de la règle.
Le philosophe peut et doit même se peindre dans ses écrif