‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 90 sur 133 · APERÇU DE L'HISTOIRE DE L'HOMME · texte numérisé non relu

APERÇU DE L'HISTOIRE DE L'HOMME

« L'homme, a dit Helvetius, est un modèle exposé : » vue des différens artistes; chacun en considère quelc » faces, aucun n’en fait le tour. »

« Le peintre et le musicien connaissent l’homme, mais » lativement à l'effet des couleurs et des sons sur les y » et sur les oreilles, »

« Corneille, Racine et Voltaire l’étudient, mais relati » mentaux impressions qu’excitent en lui les actions de gx » deur, de tendresse, de pitié, de fureur. »

C’est sous ce même aspect que les physionomistes doiv considérer l’homme, puisque la connaissance de l'effet l'intérieur sur l'extérieur est le but de leurs études et! leurs recherches.

En faisant ces recherches, il importe de ne pas oublier : la figure de chaque peuple porte un caractère de national qui la distingue et ne permet pas de la confondre avec € d’un autre peuple.

Le français, l'anglais, le hollandais, l'allemand, l'italien, l'espagnol, etc., se reconnaissent au premier aperçu, par Ja seule différence de leur figure, c’est-à-dire de tout leur individu. Il est donc essentiel que le physionomiste, en examinant un étranger, tienne compte de cette différence, qui est déterminée principalement par le plus ou le moins de développement des facultés intellectuelles, et qu’on aurait tort d'attribuer à l'influence du climat, comme nous le ferons remarquer ci-après.

Car chaque peuple a un caractère physique et moral qui lui est propre et qui se manifeste par sa physionomie, son tempérament physiologique, par ses habitudes, par ses dispositions artistiques et religieuses, et toujours aussi par ses tendances industrielles : les anglais et les allemands s’enten dent admirablement aux arts minéralogiques; les allemands passent pour les premiers mineurs du monde, les anglais pour des fondeurs sans pareils, les anglo-américains excellent à travailler le bois sous forme de ponts gigantesques et de navires fins voiliers. Les uns et les autres réussissent dans ces professions diverses sans effort et par instinct. Mais pour les arts qui exigent un goût délicat et raffiné, les français sont les maîtres à tous. Ce n’est point, il s’en faut de beaucoup, à l’eau de la rivière de Bièvre qu'est due la beauté écla— tante des inimitables tapisseries des Gobelins; ce n’est ni l'air ni l’eau de la vallée du Rhône, ce n’est pas même la qualité de nos soies, qui assurent à Lyon la prééminence sur toutes les fabriques connues; c’est qu’il y a dans les français un je ne sais quoi, vrai don du ciel qui donne à nos dessinateurs @4 au canut lyonnais, comme au tisseur des Gobelins, à côté de ses écheveanx et en face de son modèle, une sorte de double Die, dont ne jouissent ni l'artiste le plus exercé de Man— chester, ni le plus intelligent méchanie de Sheffield.

. On sent bien que nous ne pouvons pas entrer dans tous les

détails qu'exigerait l’histoire des peuples, et que nous nous bornerons à indiquer les principaux traits qui les différencient d’une manière générale seulement.

Les raturalistes sont aujourd’hui presque d’accord pour rapporter à quatre races principales tous les humains dissé- Minés sur la surface du globe. Ces quatre races sont :

49 La race blanche, dite caucasienne et cellique, ou arabeeuropéenne ;

LS le]

29 La race olivâlre ou mongole, kalmouek et chinoise »!

5° La race malaie;

40 La race nègre.

La configuration de la tête et la couleur de la peau sa les principaux caractères distinctifs de ces diverses races ; conséquence nous aurons soin d'indiquer l'angle facial chacune, et le lecteur, en se rappelant ce que nous avons « à ce sujet, pourra facilement apprécier le degré de dévelos pement de leurs facultés intellectuelles.

Dans la race arabe-européenne, ou caucasienne, la lig® qui mesure la hauteur de la face est presque verticah Cette race se distingue par la couleur blanche de sa peat son visage est ovale, son front haut et développé; son n étroit el un peu convexe; les os des joues sont peu saillans la bouche petite et les lèvres légèrement tournées en dé hors, les dents placées verticalement et sans aucune saill extérieure, le menton plein et arrondi,

C'est par celte race seule que les sciences, les arts, philosophie, ont atteint une élévation inconnue chez les na tions provenues des autres races. Enfin c’est de cette rae Caucasienne qu’on fait descendre, non-seulement les habi tans de l’Europe, mais encore ceux de l'Egypte, de la Syrii de la Barbarie, de l’Kthique, etc., etc.

. Les caractères de la race mongole, ou kalmouck et chi noise, présentent de grandes différences : sa peau esl de cou leur olivâtre ; la ligne qui mesure la hauteur de la face, a lieu d’être verticale, est oblique, ce qui dénote une dépres sion à la partie antérieure du cerveau. La face est large, car rée, aplatie; les os des joues sont saillans; le nez est plat gros, écrasé à sa racine et paraît enfoncé; les narines étar très-ouvertes sur les côtés, les yeux sont comme bridés, l'espace qui les sépare est plat et très-large ; ils sont placé obliquement; leur angle interne étant abaissé vers le nez la paupière supérieure décrit un cercle pour se réunir à | paupière inférieure.

Cette race comprend les Chinois, les tartares Mantchoux: les Kalmoucks, les Kirguises, les Kamchadales, les Tunguses, cic. D'après la dépression du front, on concoit qua la race mongole est loin d’avoir les facultés intellectuelles aussi développées que la race caucasienne.

La couleur de la race malaie est plus foncée que celle des mongols, et son front est encore plus déprimé; aussi la ligne qui mesure la hauteur de la face est très-oblique : le nez est plein, épais à son extrémité : la bouche est large ét les pommettes médiocrement élevées. M. Virey regarde celte race seulement comme une variété, comme une lignéo bâtarde de mulètres indiens, propagée, multipliée par le temps, enfin perpétuée d'elle-même.

Gette race malaie, dont je cerveau est si fortement affaissé à sa partie antérieure, est, comme on le prévoit aisément, Moins intelligente et moins civilisée que la race mongole.

L'angle facial de la race nègre n’est environ que de soixanté-quinze degrés ; ainsi l’on conçoit que cette race offre les caractères les plus frappans de la dégradation physique et morale. Son front déprimé est arrondi, sa tête comprimée Vers les tempes; ses cheveux sont laineux, ses lèvres grosses et renverséees, les yeux ronds et à fleur de tête, un nez large et épaté, un menton reculé, des dents placées obliquement en saillie, et la face prolongée comme un museau. (Voyez pl. 3, fig. 6 et 7.)

Pendant long-temps on attribua ces dégradations de l’es- Dèce humaine à l'influence du climat; mais, comme le disent MM. les docteurs Grimaud et Durocher, « si l’on veut que ce soit un effet du climat, comment se fait-il que les Juifs, qui ne se mêlent jamais avec les autres peuples, quoiqu’ils h soient dispersés par toute la terre, conservent leurs ca- ) ractères nationaux? Comment se fait-il que les anglais, * établis depuis si long-temps dans les Indes, n’aient con ) traclé, dans leur organisation, aucun des caractères par— ticuliers aux Indous? Comment se fait-il, enfin, que les familles portugaises transplantées en Afrique depuis Plusieurs générations, ne se soient pas transformées en Yéritables nègres? C’est que la nature a voulu que la Configuration d’un individu füt toujours analogue à celle des êtres dont il provient par la génération. »

En Laponie et sur les côtes septentrionales de la Tartaie, On trouve des peuplades d’une figure bizarre. Tous s hommes de ceite contrée ont le visage large et plat, le 6Z Camus et écrasé; l’iris de l'œil jaune-brun et tirant sur > noir, les paupières retirées vers les tempes , les joues exémement élevées, la bouche très-grande, le bas du visage

étroit, les lèvres grosses et relevées; [a voix grêle, la { grosse, les cheveux noirs et lisses, la peau basanée : ils s8 très-petits, trapus, quoique maigres: la plupart n’ont € quatre pieds de hauteur, les plus grands quatre et demii

Les Borandiens sont encore plus petits que les Lapor les Samoïèdes plus trapus. Ceux-ci ont la tête plus gros le nez plus large et le teint plus obscur, les jambes courtes, les genoux plus en dehors, les cheveux plus lo et moins de barbe.

Les Groënlandais ont encore la peau plus basanée qu’é cun des autres : elle est couleur d'olive foncée. Chez te ces peuples, les femmes sont aussi laides que les hom

Les peuples de la Tartarie ont le haut du visage fort lare et ridé, même dans leur jeunesse; le nez courtet gros, , yeux petits et enfoncés, les joues fort élevées, le bas visage étroit, le menton long et avancé, la mâchoire sup rieure enfoncée; les dents longues et séparées, les soure gros qui leur couvrent les yeux, les paupières épaisses; face aplatie, le teint basané et olivâtre, les cheveux noi ils sont de stature médiocre, mais très-forts et très-robustt ils n’ont que peu de barbe, et elie est par petits épis com: celle des Chinois : ils ont les cuisses grosses et les jamh courtes.

Les Kalmoucks, qui habitent dans le voisinage de la Caspienne, entre les Moscovites et les grands Tartares, soi dit Tavernier, des hommes robustes, mais les plus laidss les plus difformes qui soient sous le ciel ; ils ont le visage plat et si large, que d’un œil à l’autre il y a l’espace de ci ou six doigts. Leurs yeux sont extraordinairement petits, le peu qu'ils ont de nez est si rapproché de la face, qu’on 1 voit que deux trous au lieu de narines; ils ont les gena tournés en dehors, et les pieds en dedans. Les Tartaress Daghestan sont, après les Kalmoucks, les plus laids € Tartares.

Les petits Tartares, ou "Tartares Nogais, ont per une partie ds leur laïdeur, en se mêlant avec les C2 cassiens.

Les voyageurs hollandais s'accordent tous à dire que Chinois en général ont le visage large, les yeux petits, nez camus, et presque point de barbe,

Les Japonnais sont assez semblables aux Chinois.

Les habitans d’Yéço sont grossiers, brutaux, sans mœurs, sans arts : ils ont le corps court et gros, les cheveux longs ethérissés, les yeux noirs, le front plat, le teint jaune, mais un peu moins que celui des Japonnais; ils sont fort velus sur le corps, et même sur le visage,

Les habitans d’Aracan estiment un front large et plat ; ils ont les narines larges et ouvertes, les yeux petits et vifs, et les oreilles si allongées, qu’elles leur pendent jusque sur les épaules.

Les habitans de la Nouvelle-Hollande, qui est à 16 degrés 15 minutes de latitude méridionale et au midi de Timor, soni des gens fort misérables et qui approchent beau-

coup des brutes : ils sont grands, droits et menus ; ils ont Jes membres longs et déliés, la tête grosse, le front rond, les sourcils épais ; leurs paupières sont toujours à demi-fer— mées par babitude et par besoin de garantir leurs yeux des moucherons qui les incommodent beaucoup. Ils ont le nez gros, les lèvres et la bouche grande; il paraît qu’ils s’arrachent les deux dents de devant de la mâchoire supé— rieure, car elles manquent aux hommes, aux femmes, aux jeunes et aux vieux. [ls n’ont point de barbe; leur visage est long, d’un aspect très-désagréable, sans un seul trait qui puisse plaire; leurs cheveux ne sont pas longs et lissés comme ceux de presque tous les Indous, mais ils sont courts, noirs et crépus : leur peau est noire comme celle des Nègres de Guinée.

Les habitans des provinces septentrionales du Mogol et de la Perse, les Arméniens, les Turés, les Greorgiens, les Mingréliens, les Circassiens, les Grecs et tous les peuples de PEurope, sont les hommes les plus beaux, les plus blancs et les mieux faits de toute la terre; et quoiqu'il y ait fort loin de Cachemire en Espagne, ou de la Circassie à la France, il ne laisse pas d’y avoir une singulière ressemblance entre ces peuples si éloignés les uns des autres, mais situés à peu près à une égale distance de l'équateur. Les Cachemiriens sont renommés pour leur beauté; ils n’ont point ce nez écaché et ces petits yeux de cochon qu’on trouve chez leurs voisins.

Le sang de Georgie est encore plus beau que celui de Cachemire ; on ne trouve pas un laid visage dans ce pays, la nature à répandu sur Ja plupart des femmes des grâces

qu'on ne voit pas ailleurs, et les hommes sont aussi | beaux,

Les Espagnols sont maigres et assez petits; ils ont taille fine, la tête belle, les traits réguliers, les yeux beax les dents aussi bien rangées, mais ils ont le teint jau et basané, On à remarqué que dans quelques provin: d’Espagne, comme aux environs de la Bidassoa, les ha tans ont les oreilles d’une grandeur démesurée.

Les hommes à cheveux noirs commencent à être ras en Angleterre, en Flandre, en Hollande, et dans les pr vinces seplentrionales de l'Allemagne : on n’en trot presque point en Danemarck, en Suède, en Pologne.

Les Goths sont de haute taille, ils ont les cheve lisses, blond-argenté, et l'iris de l’œil bleuâtre.

Les Finnois ont le corps musculeux et charna, les c veux blond-jaune et longs, l'iris de l’œil jaune-foncé.

Les sauvages du Canada et des terres voisines sont te assez grands, assez bien faits, robustes et forts ; ils ont to les cheveux etles yeux noirs, les dents très-blanches, le ti basané, peu de barbe et point ou presque point de poil aucune pariie du corps; ils sont durs et infatigables à marche, très-lègers à la course ; ils sont hardis, courageu fiers, graves et modérés. Enfin ils ressemblent si fort au Tartares orientaux par la couleur de la peau, des chever et des yeux, par le peu de barbe ct de poil, et aussi par! naturel et les mœurs, qu’on les croirait issus de cette n tion, s’ils n’en étaient point séparés par une vaste me mais ils sont placés sous la même latitude,

I ÿ a autant de variété dans la race des noirs que dan celle des blancs. Les noirs ont comme les blancs leurs tar tares et leurs circassiens : ceux de Guinée sont extrêmemes laïids, et ont une odeur insupportable; ceux de Sofala et « Mozambique sont beaux et n’ont aucune mauvaise odeut Ces deux espèces d'hommes noirs se ressemblent plus ps la couleur que par les traits du visage: leurs cheveux, leu peau, l'odeur de leurs corps, leurs mœurs et leur nature sont aussi très-différens.

Les nègres du Capverd n’ont pas une odeur si mau: vaise que ceux d’Angola, et ils ont la peau plus belle « plus noire, le corps mieux fait, les traits du visage moir durs, le naturel plus doux et la taille plus avantageuse.

Les Sénégalois sont, de tous les nègres, les mieux faits eb les plus aisés à discipliner. Les Nagos sont les plus humains, les Mondonges les plus cruels, les Mimes les plus résolus, les plus capricieux et les plus sujets à se désespérer.

Tous les Hottentots ont le nez fort plat et fort large, et l'on prétend que les mères se font un devoir d’aplatir le nez des enfans, peu de temps après leur naissance, Il est permis de douter que celte pratique détermine la forme du nez des Hottentots, il y a des têtes qui, par leurs formes, impliquent de toute nécessité l’aplatissement du nez. Il y en a d’autres dont le nez ne saurait être aplati que par “effort le plus violent. Si l’aplatissement du nez était le résultat d’une pression mécanique, il présenterait de fréquentes irrégularités, tantôt la racine serait peu déprimée, tantôt une des £iles du nez serait très-enfoncée, tandis que l’au— tre s’élèverait en saillie. L’uniformité de l’aplatissement prouve qu’il dépend uniquement de la conformation de la lêle, et que la nature seule l’aplatit et l’écrase.

Les Péruviens n’ont pas la taille fort élevée, mais quoique trapus ils sont assez bien faits : il y en a pourtant qui ont monstrueux à force d’être petits, d’autres qui sont sourds, imbéciles, aveugles, muets, et d’autres auxquels il nanque quelques membres en naissant. Ce sont apparem— nent les travaux excessifs qui leur sont imposés par les esvagnols, qui produisent tant d'hommes défectueux. La tyranue, dit M. de P..., dans ses recherches philosophiques sur es américains, y a influé jusque sur le tempérament hysique des esclaves : ils ont le nez aqüilin, le front étroit, a tête bien fournie de cheveux noirs, rudes, lisses ; le teint ‘Oux-olivâtre, l'iris de l'œil noir, et le blanc un peu battu. Îme leur croît jamais de barbe, car on ne peut donner ce 10m à quelques poils courts et rares qui leur naissent par-ci af-là dans la vieillesse. Les hommes et les femmes n’ont

as ce poil follet qu'ils devraient avoir généralement après Voir atteint l’âge de puberté.

On n’a point découvert dans cette quatrième partie du onde une seule peuplade qui n’eût adopté la coutume de hanger par artifice, ou la forme des lèvres, ou la conque e l'oreille, ou la séparation des narines, ou la forme de i tête.

On y à vu des sauvages à tête pyramidale ou conique, dont

le sommet se terminait en pointe; d’autres à la tête apl avec un front large, et le derrière écrasé : cette bizarre paraît avoir été très à la mode, au moins était-elle la [ commune. On a trouvé des Canadiens qui portaient la! parfaitement sphérique. Et cette monstruosité les a fait si nommer fêtes de boule.

Enfin on a vu, sur les bords du Maragnon, des Américaii tête cubique ou carrée, c’est-à-dire aplatie sur la face, le haut, sur l’occiput et les tempes, ce qui paraît être le ce plément de l’extravagance humaine.

Les Russes, les Polonais, les Allemands et les Hongroiss l'air mâle, le nez plus camus et moins courbé que les Italie Parmi ceux-ci, les Vénitiens sont bien proportionnés d’une figure agréable. Les Suisses (notamment les pays Grisons, ceux du canton de Glaris et du Valais) et en gét ral les habitans des Alpes, ont presque tous des goîtres très-souvent le visage de travers; défauts qu’on attribv l’eau de neige dont ils font leur boisson.

Les Gênois sont fameux par leurs têtes pointues et cos ques. Les Espagnols et les Portugais conservent toujours reste de la couleur et de la conformation du peuple qu'ils: si inhumainement expulsé.

Les Perses et les Arméniens se distinguent par des tr gracieux et majestueux, et surtout par un beau nez aqui qui semble être particulier à leur nation, et qui nulle f ailleurs n’est aussi commun.

Autrefois le nez aquilin était un trait national des 1 mains, mais aujourd'hui it n’y ont pas plus de droit que autres européens.

Les Indiens ont le front naturellement élevé et le nez mus : cette règle souffre cependant des exceptions pour € qui se sont mêlés au sang portugais, et pour ceux qui £ moins voisins des parties méridionales.

Il est singulier que dans les quatre parties du monde? Juifs conservent toujours les caractères distinctifs de l’orié leur première patrie :les cheveux noirs, courts et frisés, € teint halé. Leur langage rapide, l'air brusque et précii qu’ils mettent en tout ce qu'ils font, semblent remonté la même origine. Je crois: aussi qu’en général les Juifs plus de fiel que nous.

Aux traits nationapx de la physionomie des Israélites

doit ajouter, d’après Lavater, le menton pointu, les grosses lèvres, et la régularité Ge la ligne de la bouche.

» Je ne me suis pas arrêté seulement à observer les différences des physionomies nationales, mais j’ai eu occasion de me convaincre, par des expériences sans nombre, que la forme principale de tout le corps, son attitude en général, un air de tête ou dégagé, ou embarrassé, une démarche ferme ou incertaine, rapide ou lente, offrent peut-être souvent des signes bien plus infaillibles du caractère, que le visage considéré séparément. L'homme étudié depuis l’état du plus parfait repos jusqu’au dernier degré de la colère, de la crainte et de la douleur, serait si facile à reconnaître, qu’on pourrait

Stinguer le hongrois, l’esclavon, l’illyrien et le vallache,

Uniquement à l'attitude du corps, à l'air de tête et au geste. Gonséquemment les mêmes signes serviraient à fixer nos idées sur le caractère positif de telle et telle nation, . Les Chinois, les habitans des Moluques et des autres îles de l’Asie, dit le professeur Camper, paraissent se distinguer par des joues larges, et par une mâchoire plus ou moins Saillante ; ils ont surtout celle d’en bas fort élevée, formant Presque un angle droit, qui chez nous est obtus, moins cependant que chez les nègres d'Afrique. En général, il est certain que chez les Européens la largeur des deux mâchoires n'excède Jamais la largeur du crâne, tandis que chez les Asiatiques c’est tout le contraire.

Extrait du manuscrit d’un homme de lettres.

Je n’examine que les Russes proprement dits, qui s’éten— ent depuis les frontières de la Finlande, de l’Esthonie, et de a Livonie, jusqu'aux confins de l'Asie. Ce qui frappe le plus lans cette nation au premier abord, est sa force étonnante. lle s'annonce aussitôt par une large poitrine et par un cou rament colossal, qui rappelle l'hercule de F'arnèse, et que

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vous retrouverez sans exception dans chaque individu de t} un équipage de matelots. Une chevelure et une barbe noi épaisse et rude, des yeux enfoncés et noirs comme du jais, front étroit qui se termine près du nez par une inflexi sont encore autant de signes d’une constitution robuste, Qu quefois les hommes ont la bouche élégante, mais plus so vent elle est massive, largement fendue, et bordée de gros lèvres. Chez les femmes l'élévation de l’os de la joue, tempes rentrantes, et un nez camus qui va se joimdre: front couché en arrière, n’offrent guère de trails qui rép: dent à l’idéal du beau. À un certain âge, les deux se prennent de l’embonpoint. Leur vertu prolifique passe ta croyance.

Au centre de l'empire est l'Ukraine, province dont . tire la plupart des régimens de cosaques. Ceux-ci différ à peu près des autres russes, autant que les juifs des chrétie Îls ont ordinairement des nez aquilins, ils sont bien fa! sensuels, de bon accord et assez industrieux.

Ilen est des turcs comme des russes ; c’est un mélange du [ beau sang de l’Asie mineure avec le rebut matériel et gross de la race tartare. Né avec de l'esprit, le Natolien est ta turne, Son regard est exempt de passion, il a de la sagaë et même un degré de ruse qui pourtant ne fait pas tort à probiié. Sa bouche annonce le don de la parole; sa cher lure, sa barbe et son cou grêle, un homme souple. Che: tartare nomade, les contours de la tête, des yeux et de l’os: la joue, désignent la force et la sensualité. La coupe de l’c des sourcils, du nez, de la bouche et de l'oreille, tout € montre sa constitution robuste, mais en même temps un é qui borne toutes ses jouissances à l'instinct physique.

L’Anglais a la démarche droite, et quand il se tient debl il est d’une raideur immobile. Ce qui le distingue surtl des autres nalions, c'est larrondissement et l'égalité | muscles de son visage. Dans le silence et dans l’inactiom physionomie ne fait guère deviner les capacités qu’il possèt Son œil se tait et ne cherche point à plaire; son caracti est uni Comme son costume. Il est trop brave pour cherch querelle, mais une fois irrité il ne se possède plus. Jaloux: son existence personnelle, il se met peu en peine de l’opini publique, quitte à passer pour singulier. Il n’est pas libertin

goût, mais il lui arrive quelquefois d'afficher la théorie du vice, Parmi toutes les nations prises ensemble, le Français est le sanguin par excellence. Naturellement bon, léger, tour à tour avantageux et ingénu, il conserve une aimable gaîté jusque dans l’âge le plus avancé ; il est toujours prêt à saisir e plaisir, et toujours de la meilleure socièié possible. Il se permet bien des choses, mais il en Permet toui autant aux autres, pourvu qu’ils se reconnaissent étrangers, et qu’ils lui laissent }’honneur d’être français. Son imagination suit les objets jusque dans leurs moindres rapports, avec la rapidité d'une pendule à secondes.

. L'esprit est l'apanage du Français ; sa physionomie ouverte annonce, dès le premier abord, mille choses agréables et aimables. Quelque distinguée que soit sa figure, il est diff cile de la décrire. Aucune nation n’a gi peu de traits mar- ‘qués et tant de mobilité. Le Français exprime tout ce qu'il eut par sa physionomie et par son geste ; aussi le démêle- H-on aisément, parce qu’il ne sait pas se déguiser. La physionomie de l’Elalien est tout âme. Son langage est une exclamation et une gesticulation continuelles. Rien de | noble que sa forme; son pays est le siége de la beauté, Un petit front, les os de la joue fortement prononcés, un nez énergique et une bouche élégante, attestent ses droits de paenté avec l’ancienne Grèce. Le feu de son regard prouve de rechef jusqu’à quel point le développement des facultés intellectuelles dépend des influences d’un heureux climat, Son Imagination est toujours active, toujours en sympathie avec les objets qui l’environnent, Son esprit est un reflet de la €réation entière. Enfin, chez l'Italien tout est poésie, mu- Slque et chant, et le sublime de l'art lui appartient en Propre.

Le Hollandais est d’un esprit paisible, apathique et borné: il semble ne rien vouloir. Sa démarche et son regard n'expriment rien, et yous pouvez converser des heures entières avec lui sans qu’il lui arrive d’avancer une opinion. 4 possession et le repos sont ses idoles. Les arts par lesquels il peut se procurer les avantages de la vie sont les seuls qui l’occupent.

Un front élevé, Les yeux à demi-fermés, un nez charnu, les joues affaissées, la bouche béante, les lèvres plates et un large menton; tels sont Jes traits dont il faut composer la

physionomie du Hollandais, c’est-à-dire de lhabitant sept provinces-unies, qu'il ne faut pas confondre avec? Flamand, dont le caractère jovial tient le milieu entre l'itah et le français.

L’Allemand est honteux de ne pas tout savoir; l’idée d’é pris pour un ignorant l’effraie, et cependant sa retenue et excès d’honnêteté lui donnent quelquefois l’air d’un hom borné. Ils’attache de préférence à la solidité du jugement la pureté des mœurs. Depuis les temps de Tacite, il s’est t jours plu à vivre dans la dépendance des grands et à rec cher leurs faveurs; il fait pour eux ce que d’autres natil font pour la liberté et pour la propriété. À une certaine « tance, sa physionomie est plus expressive; elle ne fait effet comme une peinture à fresque, mais elle demande à € approfondie et étudiée de près. Son caractère de bonhos et de bienveillance est souvent offusqué par un extérii rembruni, et il faut beaucoup d’attention pour débrouil ses traits à travers les rides qui les couvrent. L’Allemand difficile à émouvoir, et il ne parle guère de soi que le v à la main. Rarement il se doute de son mérite, etilest tout s pris quand vous lui en trouvez. La candeur, l'application la discrétion sont ses trois colonnes d’appui. Le Gel esz n’est pas son affaire, mais il se nourrit d'autant plus du se timent. Enfin l’Allemand est sobre dans la jouissance | biens de la vie; il a peu de penchant à la sensualité, et évite les excès; mais d’un autre côté il est raide dans manières, et moins sociable que ses voisins.

L'air d’hypocondrie et d’abattement, la relaxation et l” faissement des muscles chez tous les peuples du nord et! sud qui ont à lutter contre la faim, sont des preuves évide que le sort les à condamnés à occuper la dernière place | l'échelle de l'espèce humaine, et que le bonheur, dans le si que nous attachons à ce mot, ne sera jamais leur partage»

Laideur et Beauté.

Nous venons de présenter le tableau physiognomoniq des divers habitans de la terre : parmi tant de figures: variées choisissons maintenant ce qu’on trouve de plus be

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et de plus laid, et rapprochons l’un de l’autre une Géorgienne et un Baskir. (Voyez pl. 2me, les fig. 15 et 16.)

» L’énorme différence des deux têtes que nous allons examiner, dit Lavater, doit frapper tous les yeux. Le physio— nomisie peut observer cette différence sous plusieurs points de vue, relativement à l'humanité en général, au caractère national, à la beauté et à la laideur des formes. L'une et l'autre tête appartiennent à l'espèce humaine, et quand inême je ne répondrais pas de l’exactitude scrupuleuse du dessinateur, je garantirais Pourtant la vérité des formes prin- £ipales, et le degré de la différence. Un témoin oculaire, sur lequel je peux compter, me proteste que la difformité du Paskr n’est point exagérée ; mais supposé qu'elle le füt, je ga— gerais pourtant que la beauté de la Géorgienne n’a pas été alteinte dans toute sa perfection. On ne risque rien de dire de SON portrait ce qu’on peut dire des portraits de la plupart des personnages distingués : Là où il y a tant, il doit y avoir davantage. »

C’est donc jusqu’à ce point que l’homme diffère de Phomme, l'humanité de l'humanité! JL est très-probable que ce Baskir se trouve relégué sur le dernier échelon de notre espèce, et par conséquent on Pourrait abstraire de son crâne

t de sa physionomie, les Coniours, les lignes et les angles de la forme humaine dans toute sa dégénération, Entrons dans quelques détails.

Quels sont dont les traits qui dégradent si prodigieusement “visage et qui le rendent si hideux? -

“C'est 10 ce front raboteux, incliné, ou plutôt affaissé en aYant ; ce front qui ne saurait se joindre à un autre front, et qui, ne pouvant se lever au ciel, cesse d’en devenir le reflet, ébperd ainsi une des plus belles prérogatives de l’homme. | Os homini sublime dedit, cælumque tueri jussit. | Cest 20 cet œil qui tient de la brute, tant par sa peli-

éSSe que parce qu’il est sans paupières ;

Ces grands sourcils hérissés ;

4%. Ce petit nez épaté et sa racine enfoncée, qui forment

ne disproportion si révoltante avec le front ;

50 L’extrême petitesse de la lèvre supérieure ;

6% Cette masse de chair rebondie, qui forme la lèvre

’en bas ;

19 Enfin le petit menton.

Chacun dé ces traits pris à part est déjà suffisant pour € ractériser la bêtise, pour exclure toute espèce de cultus Un être tel que notre Baskir ne saurait être susceptible: d'amour, ni de haine, parce que son esprit est fermé à tou idée abstraite. Il pourra se mettre en colère, mais il ne haï pas ; la haine n’étant qu’une suite de notre manière d’env sager les imperfections de notre ennemi. L’amour dont homme-ci peut être capable, n’est apparemment que l’éf où il n’a point d’emportemens.

Le profil de la Géorgienne met en évidence que les ancié artistes ont été plutôt imitateurs que modèles. L’ensembles Ja forme est absolument l'idéal de l’antique ; même simplici même douceur dans les contours, même harmonie; mais apb ces éloges, tout est dit aussi, et l’on est obligé d’ajouter ce visage est sans expression et saus amour. Peu m’impos que sa forme puisse admettre l’un et l’autre, il n’y par pas. Ainsi, cette belle figure n’est au fond qu’un vase in tile : avec un bel extérieur on peut aimer sans doute, maif ne s'ensuit pas qu’on aimera. Or le vrai beau prend source dans le sentiment, et quelle que soit l'élégance profil de la Géorgienne en comparaison de son pendant,, en comparaison de cent autres visages moins hideux que dernier, on pourrait certainemént dessiner plus d’une tête : l’emportt sur la Géorgienne, autant que celle-ci lemporte : le Baskir; mais pour cet effet, il ne faudrait pas négliger li pression du sentiment. On ne saurait le dire assez souvent avec assez d'énergie : Chaque faculté morale active, chaa sentiment et chaque mouvement de bienveillance, produit! favorise la beauté du physique; fût-ce dans la forme la pl abjecte, pour peu qu’elle soit encore susceptible d’amon Tout ce qui aime peut aussi s’embellir. Rien ne saurait rt verser cette vérité incontestable : L'amour, l’amour seul € bellit tout ce qui respire ; point de beauté sans amour. Na Géorgienne n’est que belle en apparence : elle ne l’est : en effet, elle n’est guère plus qu’un beau masque. Esolezmettez-la hors de relation avec des figures laides , et j’ave que son genre de beauté me sera insupportable; elle est fra comme la glace, insensible comme le marbre, et la seule : pression avantageuse qu’on puisse lui accorder, c'est celle la bonté. Si vous examinez les traits séparément, vous ne» rez content ni du front ni de sa transition au nez. Quel

beau que soit le profil du nez, il cesse d’être naturel, s’il est sans ondulation, car /a nature répugne aux lignes droites. Tout le reste du contour, depuis la pointe du nez jusqu’au menton, est vague, et tout au plus l’ombre d’une belle forme : je n'y vois rien de grand, rien d’attrayant, et la vivacité du régard n’est pas assez mitigée.

Quoi qu’il en soit, le connaisseur découvrira bientôt à travers ces défauts, que le peintre est resté au-dessous de l’original et qu’il a pour ainsi dire engourdi sa copie. Cette espèce d’engourdissement, je le retrouve même dans les plus beaux ouvrages de l’art antique, et, j'ose l'avouer, en dépit les éloges qu’on leur prodigue. Quand on suit assidument a nature dans ses productions les plus ordinaires, le sentinent paysiognomonique s'exerce et s’aiguise au point d’apervoir les moindres imperfections des contours qui ont été lessinés d’après les plus beaux modèles; on distingue la plus égère dégradation, la plus légère charge. J'attends encore artiste qui perfectionnera ce profil-ci, en y mettant plus laccord, plus de vérité et de naturel, Si je puis m’expriner ainsi, je trouve à la figure du Baskir de l'harmonie dans es dissonnances, et celle &e la Géorgienne est dissonnante jusjue dans son harmonie, ou, pour parler en termes plus clairs & plus simples, le visage de la femme est hétérogène dans à beauté, et celui de l’homme est du moins homogène dans a laideur.

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