TIRÉS DE LA FORME DU VISAGE
« En physiologie, les mots face et visage ne doivent pas être regardés comme synonymes, »
« La face est cette grande division de la tête placée audessous et en devant du crâne dans l’homme, et qu’oc- Cupent les sens de la vue, de l'ouïe, du goût et de l’odorat; une partie des organes de la masticalion, et ceux qui servent à l'expression de la physionomie. L'implantation
» des cheveux, le bord inférieur et l'angle de la mâchoire » férieure, marquent les limites de la face , dont la figur » rapproche de la forme élégante d'un ovale insensibler » comprimé et rétréci à son extrémité inférieure. De que » Côté que l’on considère une tête humaine bien conforr » elle présente un ovale dont la pointe correspond toujour: » mentor. »
Le visage ne se dit que de la face considérée relativeme l'exercice du sens de la vue, et au iangage physiognomonic La partie de la face désignée particulièrement par le 1 de visage s'étend de la lèvre supérieure au sommet du fr Semblable à la toile transparente à travers laquelle on jouer les ombres chinoises, le visage laisse apercevoir mouvemens des passions : il est un des organes les plus quens et les plus actifs du langage du cœur et de l'esprit, , des surfaces de l’organisation qui ont le plus de rapports a les affections de l’âme, et où les maladies, les vices etl vertus opèrent des changemens plus remarquables. D'après cette admirable faculté du visage, il est évident! c’est principalement dans sa forme et dans celle de la en général, qu'il faut chercher les caractères essentiels l’homme; et la preuve la plus décisive, c’est que le ge humain est un genre séparé de tous les genres d’animas par un vasle intervalle, une famille isolée, et qui 4 avoir son histoire et son portrait à part dans le tablea la nature,
Des Proportions et des Principales Variétés Visage. |
Les visages offrent un grand nombre de variétés , de férences très-marquées : les unes sont individuelles et : ressort de la physiognomonie; les autres sont générales et € pendent de la constitution particulière de certaines race ainsi que de l’âge, du tempérament, etc.; genre de div sités dont s'occupent le naturaliste et le physiologiste.
Ces variétés se remarquent dans l’ensemble du visage « de quelques-unes de ses parties, et la forme ovoïde de la f
est plus ou moins altérée, selon qu’elle s'éloigne ou se rapproche des beaux modèles. |
Suivant Camper, la face du lapon, du groënlandais, du tartare , paraît ronde ou carrée, Celle du kalmouck se rapproche moins de l’ovale que de la losange,
Les naturalistes et les artistes ont pris la longueur de la têle comme mesure et terme de Proportion des autres parties du corps. |
Ainsi le corps de l’homme adulte, bien conformé, doit xvoir sept têtes et demie de longueur. Le lapon, le samoïède, ont loin de cette Proportion ; pour l'ordinaire, leur stature otale n’a pas plus de cinq têtes, ce qui leur donne un air ourd et désagréable ; aussi n'ont-ils aucun rapport avec l'A- Oflon qui a sept têtes, trois parties et six minutes de hau— eur, d’après les mesures prises par G. Audran, sur plusieurs lätues antiques.
La plus grande largeur de la face est un peu au-dessus des eux, au niveau de la ligne qui la partage en deux parties gales. Dans une tête bien conformée, cette largeur diminue sensiblement depuis les orbites jusqu’à la pointe du men )n .
D’après M. Vincent, peintre distingué, la plus grande larur de la tête de l’Apollon a deux parties et demie, ou cinq 18 la longueur de l'œil.
La longueur du nez a été également prise par les artistes mme mesure des autres parties du Corps : sa longueur dans \pollon est égale au quart de la longueur totale de la face,
Sa largeur de sept minutes à l’ouverture des narines.
La bouche est à quatre minutes de la base du nez; sa plus ande largeur est de neuf minutes.
L'épaisseur de chaque lèvre est de deux minutes au milieu
chacune d’elles.
L'oreille, vue dans la tête de profil, a douze minutes de 1gueur, six de largeur, et l'extrémité inférieure de son lobe au niveau de l’aile du nez.
nfin l’espace qui s’étend de la limite supérieure du front
point le plus élevé du cräne, à une partie ou un nez de sueur dans l’A pollon.
Felles sont les belles proportions qui font de cette statue
ique un chef-d'œuvre de l’art; malheureusement on ne les
contre pas très-fréquemment chez les humains , mais nous
avons dû les indiquer aux physionomistes afin qu’instruite type du beau ils puissent, par la comparaison, apprécie degré d’éloignement ou de rapprochement des figures qu analysent.
Dans l’enfance, le nez est encore peu saillant, les ri choires qui manquent de dents sont très-rapprochées, et . suite de ce rapprochement les joues sont rebondies. D’aillé dans la tête, comme dans la totalité du corps, les part moyennes et inférieures sont moins développées, et c’estl procédant de haut en bas que la nature perfectionne et achl le corps humain. Voyez l'Embryon, ses bras et ses jambes sont qu'un filament, et proportionnellement sa tête énorme,
Chez les vieillards , le nez cessant d’être appuyé à sa ba: se voûte, s’allonge et paraît tomber sur la bouche, surt quand elle est dégarnie de dents.
La distance du menton au nez diminue alors d’une mani: très-marquée : en outre, dans les vieillards, la mâchoire : férieure tend à remonter, les angles de la bouche sont abais et le cou est parsemé de rides.
En général, c'est principalement dans le quart inférieur! la face que les altérations produites par la vieillesse s4 plus sensibles, (Voyez pl. 5, fig. 8 et 9.)
Enfin chez les enfans, la bouche qui n’a point encore as: de capacité pour loger spacieusement la langue , est habitui lement entr’ouverte; et, lorsqu'elle est close, les visages € fantins paraissent moins agréables. Le bas du profil des e fans est en outre plus oblique, le double menton p! marqué et le cou moins long.
Telles sont les différences de la face humaine considérée : lativement à à la physiognomonie.
Appareil Musculaire du Visage.
Les muscles du visage, dit M. le docteur Moreau , en fé ment la partie essentiellement active et mobile. Ce sont | principaux et presque les seuls organes de la physionomie : mouvement. En jetant un simple coup-d’œil sur la planche ‘ figure 17, et pl. 5, fig. 40, il est impossible de ne pas remarqu combien estheureusement disposée la structure de cet appar!
| musculaire de la face, que l’on voit se présenter sous la forme de faisceaux élégans , délicats, et agissant sur des parties dont le moindre mouvement , l’ondulation la plus légère, le frémissement presque insensible, révèlent nos sentimens et nos pensées.
Ja figure 17€, planche 2e, représente une tête dont la dissection a enlevé la peau, le tissu cellulaire et les vaisseaux, afin de faire voir les muscles qui recouvrent les os que nous
‘axons précédemment examinés, page 477.
Les indications exprimées dans les figures contiennent la nomenclature des muscles de la face et de quelques autres qui, sans en faire partie, contribuent néanmoins à l’expression de la physionomie.
“Ces muscles doivent être divisés en deux classes :
M9 Les muscles de la face, dont le principal usage est de contribuer à la vie animale en opérant avec force l'élévation de la mâchoire inférieure :
20 Les muscles du visage, dont l’emploi principal est rela= tif à la vie morale et intellectuelle.
Les muscles de la première classe sont au nombre de six, axoir : les deux temporaux, les deux zigomato-maxillaires, eb les deux alvéololabials, dont on n’aperçoit qu’une petite partie qui suflit pour faire connaître leur position et leur direction vers les angles des lèvres , auxquelles ils s’attachent, bqu’ils tendent à retirer en arriére.
‘Ces muscles ne prennent que très-péu de part à l’expression de la face, mais ils contribuent à sa forme, surtout chez les personnes qui mangent beaucoup ; ils agissent d’une manière plus prononcée sur les joues des joueurs d’instrumens, qui sont obligés de retenir une grande quantité d’air dans leur bouche, et sur celles des ouvriers souffleurs de verre. Leurs joues continuellement dilatées se déforment, perdent leupélasticité, sont molles et pendantes.
Au contraire, les musiciens qui jouent d’instrumens à anche, ne formant point de leur bouche un réservoir d'air, nt Îles buccinateurs dans un état habituel de contraction, qui “endleurs joues creuses et déprimées ; aussi le physionomiste éclairé reconnaît-il, à La première vue, le musicien qui donne u Cor, ou joue du basson, et ne le confond point avee celui ui joue de la flûte ou de la clarinette.
Dans la colère, la fureur et toutes les passions convulsives
et cruelles, ces mêmes muscles se contractent forternen lorsque ces passions sont habituelles, elles forment SE face un trait isolé très-frappant, indice certain d’un ci tère impitoyable, d’habitudes querelleuses, duellistes « dispositions au meurtre. C’es! sans doute par une indic de ce genre que Lavater, comme nous l'avons déjà dit! connut subitement pour un scélérat ce jeune abbé Frickt,, tout Zurich admirait la beauté et vantait les qualités est bles, et qui, néanmoins, périt sur l’échafaud peu de ti après le jugement porté à la première vue par le savant | sionomiste,
La contrainte que l’on s'impose pour cacher habitut ment des sentimens impérieux, des projets d’une E importance, les transports d’une âme agitée par des sions violentes, en un mot, la dissimulation constante, les mâchoires dans un état continuel de resserrement, contraction des muscles des lèvres donne à la bouche disposition particulière. Les lèvres sont ordinairement mi et jamais entr’ouvertes, l’espace entre la bouche et lesa rines à peu d’étendue, enfin la lèvre supérieure est tou} plus mince et moins avancée que la lèvre inférieure.
Au contraire, la bouche entr’ouverte comme chez les fans, est l’indice d’innocence, candeur, sécurité etmême franchise qui va jusqu’à la crédulité.
Il résulte de ces observations que c’est avec des org qui appartiennent plus particulièrement à la vie animale, la physionomie de l’homme exprime des penchans gros et bas, des passions farouches, cruelles, contraintes, et qu signale un caractère brutal ; Violent et dissimulé.
L'organisation musculaire du visage Conslitue un app: propre à la vie de relation, au service spécial des sensat et de la pensée; néanmoins, dans quelques circonstances : rares, il prend part à la vie nutritive et animale.
Cet appareil musculaire, en y comprenant l'appareil : ticulier des oreilles, se compose de quarante-sept muscles « le jeu, l’action et les mouvemens combinés, peuvent ex: mer les divers états de la sensibilité humaine.
En général, les muscles du Corps se meuvent et n’en nent point dans leurs mouvemens la peau sous laquelle agissent sans y adhérer; on voit seulement leur volume &
menié par la contraction : les muscles de la face produisent à peu près le même effet, mais en outre ils manifestent leur action par les plis de la peau à laquelle ils adhèrent.
Si la face a peu d’embonpoint, si elle a été fréquemment et fortement animée par les passions, ces plis sont plus profonds , plus prononcés et toujours ils coupent à angle droit les fibres des muscles qui les occasionnent.
Qu'on jette un coup d’œil sur la figure 17, planche 2, on yoit que les fibres des muscles frontal, sterno-masloïdien , sterno-hyoïdien, sierno-thyroïdien, sont longitudinales, et on conçoit pourquoi au front et au cou les rides sont hori— zontales, en rayons divergens autour de la bouche et des yeux, attendu les fibres circulaires du labial et de l’orbicuaire; enfin en examinant la direction du muscle carré et du masséier, on juge que les rides de la mâchoire inférieure doivent être parallèles à son contour.
I y a encore un muscle nommé le thoraco-facial (ou Peaussier) mais qui appartient plus au cou qu’à la face. Ce muscle très-mince et qui recouvre tous les autres muscles, sans les cacher, s’étend du sommet de l'épaule et de la partie supéricure de la poitrine au bord externe de la mâchoire inférieure et à l’angle des lèvres.
. Lesfibres du thoraco-facial (peaussier ) étant longitudinales, lorsqu'il se contracte, il ride le cou transversalement. Quand agit avec énergie chez les personnes maigres et faibles, ou âgées , il se dessine fortement sous la peau et forme sur les tés du cou deux saillies très-dures et d’un aspect désa— réable. Le thoraco-facial ( le peaussier ) abaisse la mâchoire inférieure, et écarte en dehors la lèvre inférieure, ainsi que angle de la bouche.
Les muscles dela face, en écartant, ou resserrant, ou élevant, Ou abaissant les parties mobiles auxquelles ils se terminent, révélent une pensée, une impression, un sentiment, car ils Changent la forme, l'attitude, la direction de ces parties délicates, et surtout de la lèvre supérieure, dont les plus petites différences sont très-significatives pour l'observateur éclairé. Il est donc bien évident que la physiognomonie n’est point uniquement conjecturale, et que cette science est fondée sur l'anatomie, beaucoup mieux que la phrénologie.
Considérés en masse, les humains n’ont pas tous la même
manière de sentir; chacun a ses habitudes morales et intel-
lectuelles, qui sont plus ou moins influencées par le ge des habitudes, des occupations, des travaux, par conséqu les muscles du visage ne sont pas également employés, et cette inégalité proviennent les variétés de la physionomie:
Ghez les enfans et chez les femmes, les pensées, les I! sions sont vives, mais si éphémères, qu’elles rident à pé la surface du visage. Chez les hommes c’est différent : penchans se développent, ou se modifient par l’éducations l'existence morale se forme et s’étend ; alors il y a dans visage des parties qui changent d’abord, qui présentent 1 autre expression et qui prennent ensuite un caractère dét miné. L’habilude de rire très-souvent, d’éprouver constaë ment Îles mêmes sentimens, de céder fréquemment à telles telle passion, suffit pour donner au visage un caractère HF} manent, une forme, une empreinte qui annonce l’affect! dominante et habituelle. C’est à l'étude, à la connaissa approfondie de cette empreinte, chez chaque individu, que! ligre le physionomisie : ainsi ses connaissances , nous le 1 pêtons, n’ont rien de conjectural; au contraire, elles sont po tives et évidentes pour tout le monde.
» I y a, dit M. le docteur Moreau (auquel nous avc emprunté ses savantes observations sur l'appareil musculaë de la face), « il y a des personnes qui sont douées d’une » gacité naturelle si grande, que, sans connaître même : » nom de la physiognomonie et de l'anatomie , elle saisisse » au premier Coup-d’œil ces traits délicats, ces lignes, « » vestiges des affections caractéristiques de chaque individk » elles se décident dans les occasions les plus important » de leur vie, d’après ces indications, on se repentent pre » que toujours d’avoir résisté à de semblables détermimr » tions. »
Le fait suivant prouve que le sentiment physiognomoniqy est plus commun que bien des gens ne le croient.
Après deux ans de mariage, un ouvrier ébéniste accow tumé à travailler dans sa chambre, étant devenu père, s’inn gine qu'il lui sera plus avantageux de se placer ouvries Avec un joli petit meuble de sa façon il se présente chez x grand fabricant qui lui est inconnu; son ouvrage plait, Jui de sa personne est agréé comme ouvrier à un prix qui n'avait point espèré ; mais comme la figure de ce fabricant I! dorne une très-mauyaise opinion deson caractère, ilse mont!
trop exigeant pour être accepté, etvase placer à un prix trèsinférieur chez un autre, qu'il juge plus favorablement.
Le premier fabricant est colère, emporté, difficultueux, tracassier, et assez rusé pour trouver fréquemment des prétextes à l’aide desquels il fait de temps en temps des retenues sur le prix convenu. Celui chez lequel l’ouvrier ébéniste travaille maintenant, est doux, bon, franc, fidèle à ses promesses, et lui a déjà donné des petites gratifications. Voilà donc un simple ouvrier sans instruction devenu par instinct naturel xcellent physionomiste.
Les étroites limites de notre Manuel ne nous permettant point d’entrer dans tous les détails anatomiques relatifs à la ace, nous invitons nos lecteurs à étudier soigseusement la igure de l’appareil musculaire, afin de bien connaitre le iom , la position des différens muscles, la direction de leurs ibres, et juger de l’influence de chacun d’eux, ainsi que la art qu’ils prennent aux mouyemens caractéristiques de la ace. Par ce moyen ils pourront, en faisant leurs observations >hysiognomoniques, noter d’une manière certaine l'indice articulier donné par tel ou tel muscle dans l’expression de elle passion , de tel sentiment.