EXPRESSION
il considérait la tranquillité comme une passion, parce l'âme, dans cet état, en avait la conviction intime. s
En cherchant à démontrer par quel moyen on pouvait 1 dre, par des traits dessinés, le caractère des passions, ce gra peintre avait dû les faire connaître d’abord dans leur étaë plus calme, ensuite dans leurs plus grands excès: mais ce: ci ne devaient être que très-rarement l'objet des arts de mitation, et l’on ne devait en faire usage que tout au } Pour représenter des personnages de basse extraction, et se livraient sans aucune retenue à tout ce qu’il y a de Hi ignoble dans les mouvemens de la nature la plus extéri rement dégradée.
Pour peu que l’on voulût pousser les recherches un plus loin, on trouverait que d’autres artistes l'avaient dé. long-temps avant M. Lebrun, recommandé dans leurs € vrages, et qu’ils ne s’en étaient jamais écarté d'aucune 1: nière, car jamais ils n'avaient pu consentir à employer: degré extrême des passions dans les figures principales qui avaient à rendre sur toile; ils les réservaient touja. pour tous les individus qu’ils désiraient livrer au mép} et dans ce casils ne devaient même pas craindre d’altérer+ belles formes de la nature, puisqu'ils ne cherchaient q les avilir,
D’après Lebrun, tout ce qui est susceptible de causer l’âme quelque passion, doitcommuniquer au visage (la fas une forme caractéristique, qui dépend toujours de Pimpri sion faite, par le moyen des nerfs, sur l’ensemble des musc situés sous la peau qui les recouvre, comme ils s’épanouissé pendant l’expansion de la face, et qu’ils se resserrent dans: moment où elle s’allonge; c’est d’après tous ces mouveme irréguliers que les expressions sont extrêmement variabl dans la haine , dans le mépris, la dérision, la fausseté.
Quoi qu’il en soit, M. Lebrun ne comptait le plus ordinr rement que quatre passions principales : 10 celles qui s@ tranquilles; 20 les passions agréables: 50 celles qui sc tristes ou douloureuse ; 4° enfin celles qui sont violentess terribles. ;
Dans les deux premières, toutes les parties du visage sé vent et doivent se porter vers le cerveau, siége de lim gination qui en est affectée avec plaisir et délice; dans. tristesse, les muscles de la face sont très-agités, et leur aë
DÉS PASSTONS. 254 érité s’affaiblit si la langueur survient : c’est même par le froncement des sonrcils que l’on s’en aperçoit, Quant aux passions violentes et terribles, elles s'emparent tellement du corps et de l’esprit, qu’elles font pencher, selon lui, toutes les parties de la face du côté du Cœur, qui se trouve alors navré par le déplaisir, | Ainsi, c’est dans les yeux et surtout dans les sourcils, ef leurs mouvemens, que les passions, quelles qu'elles soient, se manifestent et sont le plus visiblement caractérisées ; en effet, toute espèce d’émotion qui soulève doucement les sourcils, ex- Prime ordinairement une passion très-calme ; tout ce qui tend au Contraire à les incliner d’une manière forcée, représente la
lus énergique, la plus vive et la plus brutale. Mais lorsque les sourcils s’élèvent par leur milieu, ils dénotent un sentiment aussi gracieux qu'il est agréable; s’ils remontent vers le Milieu du front, c’est de la douleur et de la tristesse , alors ils s’abaissent de manière à Couvrir une partie de l’œil dans Son orbite ; c’est dans le calme ou les froncemens alternatifs des Sourcils qu’on retrouve les marques du plaisir ou du chagrin ; il ne faut même pas oublier que la bouche éprouve presque toujours des mouyemens analogues à ceux des yeux dans l’ex- Pression des passions , quelles qu’elles soient.
, Comme noire intention n’est pas de faire un traité sur Vart de dessiner les contours et les traits de toutes les parties de l'homme, encore moins de celles qui pourraient avoir Quelques rapports plus ou moins directs avec l'expression dans ses formes, dans ses mouyemens et surtout dans la cou- Eur qui la caractérise; nous renvoyons à ce qui à été dit Plus haut sur la physionomie, car il serait besoin, pour y Parvenir, d’avoir recours à des dessins, ou plutôt à des études faites par des artistes très-habiles etassez instruits pour établir des observations d'autant plus précises qu’elles deviendraient la base d’une physiognomonie dont les jeunes artistes Dé sauraient trop s'occuper au commencement de la carrière qu'ils se proposent de Parcourir; nous leur conseillons de les faire pour eux afin de s’instruire.
Out ce que nous pourrions leur offrir ne vaudrait pas ce qu’ils seraient capables d’exécuter eux-mêmes par des copies, des croquis, ou des études bien faites et capables de leur donner une grande précision dans le Coup-d’œil, qu’ils soutiendraient ensuite par des exercices à saisir et rendre avec la