SUR LA MANIÈRE DE DESSINER LES PASSIONS
t# 4 ; à L'homme, dans l'exercice de toutes ses facultés vitales,
ê HOuVant sans cesse des besoins qu’il cherche continuelle—
las l'intérieur, l'individu devient d’une pâleur extrême : te] St 1e résultat d’un émotion vivement sentie, quand elle ne
Mais si cette émotion devient plus fortement prononcée, vec la pâleur il survient anxiété, la respiration est gênée, uf agite plus ou moins fortement, Le trouble qui para
ssionné ; en l’observant un PEU, On Yerra son corps vivement lecté de Mouvemens plus ou moins convulsifs ; il n’y a plus
que le retour à la tranquillité qui puisse le remettre dans: état ordinaire.
La joie comme la tristesse, et généralement toutes les: fections agréables ou pénibles, impriment souvent aux orgaz essentiels à la vie une activité plus ou moins grande : peut devenir dangereuse ; les peines long-temps endurées : douleur, l'anxiété, le chagrin profond, produisent une ak ration marquée sur toutes les figures; l’épanchement ab devient un adoucissement, les consolations les apaisent les font oublier, lorsqu'il ne survient pas découragement, la mélancolie portée jusqu’au désespoir : l'ennui doit & considéré comme un vide dans ïes affections de l’âme, s venu par la préoccupation de l’objet éloigné. On ne peut di pas le considérer comme passion en parlant des arts.
Comme nous avons parlé du caractère des passions, com nous ayons donné ensuite des principes élémentaires sur le expressions, nous ne devons pas craindre d'entrer dans qur ques détails et d'indiquer aux artistes lamanière de les dessi: eux-mêmes. Ainsi, d’après ce que nous venons d'exposer en prenant le mot passion dans toute son acception , elle sera rien autre chose que le signe particulier à l’aide duc tout ce qui peut affecter l’âme se manifeste à al Ainsi, dans la passion, toute impression qui peut contribi aux modifications de la sensibilité, lorsqu’on en a la conscie intime, devra correspondre à l'extérieur par tous les chart mens qui surviennent de suite à la physionomie : c’est ce qM nous reste à prouver par des exemples caractéristiques, ] dans les plus marquantes.
Nous aurions pu recueillir un assez grand nombre di servations pour appuyer l’objet que nous nous sommes f| posé de développer ici; mais d’après le docteur Moreau s la Sarte), qui tout en appuyant par les caractères de Lebm dont nous avons parlé page 131 et suiv., les preuves de la E siognomonie de Lavater, les a jugés bons à être conservés} l'étude des passions par le dessin linéaire, nous avons cru voir suivre son exemple, mais sans nous y astreindre rigl reusement., Nous désirons seulement que les dessinateurt toutgenre puissent, à l’aide de nos conseils, rendre les passs par les traits qui servent à les caractériser, avec autant di surance que de facilité, puisque pour y parvenir il leur ss seulement d’en bien connaître les effets sans avoir besoin!
remonter à la cause qui a pu les déterminer. Telles sont les suivantes dont nous avons fait un choix particulier, comme plus faciles à rendre ; dans plusieurs même nous nous sommes bornés à ne prendre que Îies masques.
… (Voyez, planche 4, les n°5 2, 5, 4, 7,8, 10, 16, 20, 21 jusqu'à 25.)
L' Admiration.
Dans l’admiration exaltée par quelque chose de sublime, et
“qui développe sur-le-champ un mouvement aussi subit qu’il rest incompréhensible, le corps et la tête se jettent un peu en arrière, l’œil est grandement ouvert, le regard élevé fixe l’objet, tous les traits du visage sont frappés par une sorte d’éléyation majestueuse.
}, Dans l'admiration simple, il ne survient pas de changepre bien remarquables sur les traits du visage et dans tout le reste du corps, il suffit, pour rendre la figure en la dessinant, de lui élever les sourcils, d'ouvrir les yeux un peu plus grands que d’habitude, de placer leurs prunelles dans une ligne droite et parallèle à l'ouverture des deux paupières, en la fixant sur l’objet, la bouche demeure légèrement ouxerle, et les joues dans l’immobilité complète.
( Voyez la pl. 4, fig. 2, et la page 132.)
L'Étonnement.
Dans l'admiration avec étonnement, les sourcils devront
être plus élevés, les yeux plus ouverts, les prunelles plus exaucées et plus fixes, la bouche un peu plus béante que dans les autres cas, toute la face devient plus animée et d’une Xpression beaucoup plus vivement marquée; dans son attiude ( car ici les gestes sont presque nuls ), la figure doit être osée droite, la tête fixe, les deux bras étant rapprochés du orps, les pieds également placés l’un contre l’autre doivent ère sur une même ligne. ( Voyez la pl, 4, fig. 3.)
Le Ravissement.
Dans l'admiration avec ravissement, la tête devra se ti ver légèrement inclinée sur l'épaule gauche, ayant les y directement élevés vers le ciel, avec les côtés un peu relet la bouche restera entr’ouverte, enfin l’attitude et la pose tronc seront à demi-fléchies sur les articulations des jambi tout l’ensemble de la figure devra indiquer le recueillem intime des affections religieuses fortement prononcées.
(Voyez la pl, 4, fig. 5.)
La Tranquillité.
La tranquillité et la sécurité, le courage à supporter le : ou les privations en tout genre, quoique placés dans le nonx des passions, doivent être plutôt considérés comme des ractères. Dans cet état, une figure dans laquelle on voit! gner le calme accompagné d’une douce harmonie, annonc tranquillité. Dans ce cas les yeux doivent être un peu ouve les pupilles sans mouvement et placées précisément dam milieu de lorbite. Il en sera de même dans la sécurité @ courage; mais toutes les fibres charnues des muscles épn vent une espèce de contractilité qui fait paraître de la denr dans toute la physionomie; alors elle parait être as ferme qu’elle est rigide, fixe et immobile, avec les yeux 1 ouverts, le regard annonce une assurance imperturbaÿ les lèvres sont rapprochées, les mèchoires serrées de mans à rendre les dents sur une seule ligne : pour avoir deux dèles de la sécurité et du courage, il ne s’agit que d’exams avec attention le portrait du maître d'armes de Raphaël! la tête d'Alexandre, dans les batailles de Lebrun. Cepena il est bien démontré encore que la tranquillité devient qu quefois aussi imposante qu’elle peut être majestueuse,, rencontre plusieurs preuves de cette vérité dans les table des martyrs, dans les innocens conduits devant leurs jus comme dans Îe tableau de saint Gervais et saint Protaiss le Sueur, (Voyez la pl. 4, fig. 4.)
L' Attention. 4
L'attention doit être caractérisée par l’abaissement et le
rapprochement des sourcils vers le nez, les yeux tournés du côté de l’objet qui occupe celui qui est attentif, la bouche restant un peu ouverte; l'élévation de la lèvre supérieure est très-apparente, l’homme occupé incline un peu la tête : soit en regardant, soit en écoutant, l’expression de la figure n'est pas tout-à-fait la même, elle diffère même assez, suivant l’un des motifs qui la détermine comme dans le doute, dans lintérêt qu’on prend, la croyance qui se manifeste, le désir qu’on ressent, la curiosité qui devient visible, l'amour qu'on éprouve, l'espérance qu'on a lieu de concevoir. En ‘écoutant, la bouche demeure ouverte, tous les traits de la figure sont pour ainsi dire suspendus dans tous les individus qui écoutent quelque chose avec une attention soutenue ; mais lorsqu'on est obligé d’observer attentivement et de regarder en même temps un objet fixe, l'œil est immobile, plus ou moins ouvert, et quelques rides superficielles ou profondes paraissent au milieu du front. ( Voyez la pl. 4, fig, 6.)
L'Estime.
Tous les traits employés pour rendre et exprimer l’attention sur les parties différentes de la face, surtout si elle est Soutenue, et dans quelque situation qu’on puisse en avoir be- Soin, deviennent, pour ainsi dire, le type Caractéristique de Vestime, principalement dans le cas où il est nécessaire de tendre l'individu fortement attaché à l’objet qui a dû la lui Causer. Les sourcils alors devront être dessinés un peu avancés sur les yeux et pressés contre le nez , l’autre partie assez élevée, l’œil étant largement ouvert, les veines qui serpentent Sur les muscles frontaux sont gonflées, celles qui environnent les yeux, et les narines contractées par en bas, sont de même; les joues alors doivent paraître aplaties sur les màchoires, la bouche demeure ouverte, ses angles inclinés en arrière el abaissés. Toute figure d'homme dessinée dans l'expression de l'estime, devra se trouver dans une pose à
demi-fléchie , les épaules étant un peu élevées , les bras plaë
avec gêne, les mains un peu ouvertes et rapprochées l'w
de l’autre, les genoux à demi-pliés dans leur articulation: (Voyez la pl. 4, fig. T, et page 132.)
La Vénération.
Mais si la vénération se manifeste dans un homme dé pénétré d’estime pour quelque personnage rapproché de lu il devra baisser les sourcils, avoir la figure calme, les pr+ nelles plus élevées, la bouche contractée vers ses angles ré tera entr'ouverte; car c’est à ces traits que l’on reconna l’homme dont l’âme est pénétrée de respect, et entièremes soumise à tout ce qu’elle croit au-dessus de son intelligence dans ses yeux l'élévation des prunelles doit indiquer la gra deur de l’objet qu’elle considère et qui lui inspire la vénu ralion dont elle est pénétrée.
Lorsqu’après avoir été frappés d'inspiration, tous les trail du visage se trouvent complètement abaissés, si l'âme el beaucoup plus profondément émue que dans les premiers ini tans dont nous avons parlé, les yeux et la bouche demew reront fermés, car tous les traits caractéristiques doivent tendi à démontrer ici, et d’une manière indubitable, que tous lé autres sens extérieurs n’y participent ‘plus sous aucun rappoy direct ou indirect. Alors, au moyen des bras et des main: rapprochées, ou presque jointes , les genoux et les membre: inférieurs inclinés vers la terre serviraient à indiquer | plus profond respect; dans le cas d’une vénération simplé si elle doit indiquer la foi, le corps s'incline entièrement, lé bras pliés sur eux-mêmes, avec les mains jointes, tout sert id à indiquer une grande et profonde humiliation. Dans l’extass réunie à la vénération, tout le corps devra être renversé «> arrière, avec les bras tendus, les mains ouvertes, levées a: ciel, tous les mouvemens dans la pose serviront à indiquer ici les transports de la joie la plus sincère,
( Voyez pl. 4, fig. 8, et page 152.)
Le Mépris.
Dans quelques circonstances de la vie où un homme se trouve et qui sont contraires à la vénération, et encore beaucoup plus au ravissement, ainsi qu’à tous les mouvemens d’extase, lorsqu'il ne peut résulier autre chose que très-peu d'estime, qui se rapproche alors singulièrement du mépris, dans ce cas les mouvemens de la figure sont aussi vifs que parfaitement marqués: alors ils se manifestent par un front sillonné par les rides et le froncement bien prononcé des sourcils, par l’inclinaison des côtés du nez à droite et à gauche, au milieu des yeux grandement ouverts se trouvent les prunelles, les narines contractées du côlé des yeux, et la bouche complètement fermée en laissant dépasser la lèvre inférieure.
Alors dans l'instant du mépris, comme dans le moment d’ane aversion prononcée, le corps setrouveun peu retiré en arrière, les bras et les mains légèrement étendus comme pour repousser l’objet qui inspire ces deux mouvemens de l’âme : les jambes ainsi que les pieds devront y correspondre.
(Voyez pl. 4, fig, 9, et page 132.)
TL’ Horreur.
. Mais si l’objet méprisé est tel, qu’il excite de l'horreur, les sourcils doivent se froncer davantage en s’abaissant, la Prunelle se trouvera située au bas de l'œil, à moitié cachée Par la paupière; enfin comme la bouche est un peu plus contractée vers ses angles quoiqu’en restant un peu ouverte, alors les joues se phssent, l'individu se décolore en pâlissant, ses yeux et ses lèvres deviennent livides, tous ses muscles Sont en contraction, les veines gonflées et très-apparentes ; l’ensemble général de la figure se rapproche beaucoup de ce- Jui qu’on observe dans la frayeur.
Ainsi dans l'horreur tous les mouvemens sont plus prononcés que dans le mépris; ils devront par conséquent inspirer encore plus d’éloignement pour l’objet qui est devenu horrible à voir; dans la pose les bras seront tendus et serrés contre le tronc, avec les mains bien ouvertes et les doigts écartés ;
quant aux jambes, on recommande de les dessiner dans! mouvement et l’action de fuir en courant.
(Voyez la pl. 4, fig. 10, et page 153.)
La Frayeur.
Si l’on veut examiner avec attention tous les mouveme d’un homme effrayé, il sera facile de reconnaître que dans « état il se rapproche beaucoup de celui qui éprouve de l’ha reur : aussi tous les mouvemens de l'individu saisi par frayeur, volontairement ou contre son gré, doivent être beak coup plus marqués, plus prononcés et plus étendus que da tout autre cas analogue ; les bras devront se raidir en avan les jambes dessinées comme dans leur plus grande étendi pour courir en prenant la fuite; dans tous les traits servas à l’expression de cette figure, on doit retrouver les traces « plus grand désordre.
Dans une altération physionomique pareille à celle dok nous parlons, les sourcils sont très-élevés, toutes les fibre musculaires deviennent raides, saillantes, gonflées de ma nière à comprimer la peau qui recouvre leur surface ; comme ils sont tous retirés les uns sur les autres, le nez et les na rines les suivent dans le même mouvement, la paupière su: périeure cachée sous le sourcil, le blanc de d'œil deven rouge , la prunelle abaissée inférieurement dans l'œil, le des sous de la paupière se gonfle et devient jaune, les muscld du nez et des joues sont de la même couleur, en se termii nant en pointe du côté des narines, la bouche très-grand( ment ouverte laisse paraître ses angles; tout ce qui constitui le cou est tuméfié par les vaisseaux sanguins des muscles les cheveux se hérissent; à l’extrémité du nez, des oreilles au pourtour des yeux, la pâleur est aussi fortement prononi cée qu’elle est livide. Tout annonce la suspension momentaë née des battemens ordinaires du cœur, celle des gros vaiss seaux qui en partent ; de là survient une gêne plus ou moim forte dans la circulation du sang, c'est pourquoi l’homnw véritablement effrayé fait de temps entemps un grand effo» pour essayer de respirer à l'aise; sa bouche éprouve un mout vement presque convulsif lorsqu'il veut l’ouvrir, et quant l'air, pour parrenir aux poumons, traverse la cavité guttua
rale, ou quand il la parcourt en sens contraire, si la voix se fait entendre, ce n’est plus que par des sons fort mal articulés. (Voyez la planche 4, fig. 11, et page 155.)
* L'Amour.
… Tous les mouvemens de l’amour simple (ou plutôt seul, isolé, sans être en aucune manière accompagné d’une affeetion autre que celle qui le provoque), doivent être rendus par des traits aussi doux qu’ils sont eux-mêmes peu marqués; malgré cela, très-souvent leur expression se trouve “compliquée, et doit encore se trouver réunie avec les autres “émotions qui lui servent de cortège; mais quand il est séparé d'une joie plus ou moins démonstrative, quand celui qui l'éprouve n'est point excité par le désir, lorsqu'il n’est point abattu par la tristesse, son pouls est égal, mais plus déve loppé que d'habitude, la chaleur augmente dans l’intérieur de la poitrine, le front paraît serein, uni, les sourcils rehaussés du côté des prunelles, la tête se porte en s’inelinant du côté de l’objet qui en est la cause, souvent même Jes yeux ne sont ouverts qu’à moitié; mais le blanc qu’on y voit devient brillant, si la prunelle demeure fixée sur quelque chose, elle devient étincelante ; toute la figure se colore œivement el paraît rosée, vermeille sur les lèvres et les joues ; on remarque à la bouche, légèrement entr’ouverte, ses aigles un peu élevés; il survient aux lèvres une humidité involontaire. (Voyez la planche 4, figure 12, et page 133.) Cependant nous ne devons pas oublier de dire que l’a Mour maternel comporte avec lui une expression beaucoup plus admirable encore, car la suavité qui en résulte dans Pexpansion de la figure et son coloris sont beaucoup moins forts que dans l’amour habituellement érotique, ardent et désireux d'obtenir ce qu’il désire; celui-ci est un mélange aussi heureux que parfait, non-seulement de la plus tendre sollicitude, mais encore celui d’un amour accompagné de ravissement, comme celui d’une amabilité aussi gràcieuse, qui s'élève vers un objet digne de toutes les affections de l’àme:; c’est celleenfin dont on rencontre tant d'exemples frappans Sur toules les figures de vierges dans les tableaux de Raphaël.
ct
Le Désir.
Une figure dans laquelle on voudrait exprimer les ef! d’un désir plus ou moins ardent, doit être dessinée avec bras tendus vers un objet quelconque, du moment où paraît le convoiter avec plus ou moins d’ardeur; le corps suivant le même mouvement sera incliné dans une semi ble direction, et tout le reste dans les indices de l’inqu tude conçue par une âme incertaine.
Pour parvenir à caractériser le désir, les sourcils ser avancés et comprimés sur les yeux ouverts beaucoup ] grands que d'habitude, la prunelle placée dans le milieu l'œil doit paraître enflammée, les narines élevées et : rées vers les yeux, dans la bouche très-peu ouverte, lesk vres sont animées par une couleur extrêmement vive et! est de couleur rosée fortement prononcée.
Cependant il est bon d'observer encore iei que si tor les passions déterminent le plus ordinairement sur la fig et dans tout le reste du corps, une manière d’être différe de celle qui existe dans l’état habituel de la vie, il y e aussi quelques-unes, telles que l’amour seulement, la j lespérance, dans lesquelles ce changement devient à p/ sensible, et par conséquent très-difficile à exprimer, surt lorsqu'on ne sait pas s’en rendre un compte exact. (Ve planche 4, figure 13, et page 133.)
L’' Espérance.
Dans l'espérance, tous les mouvemens qui pourraient vir à l’exprimer, existent plutôt à l’intérieur qu’ils ne visibles à l’extérieur, il y a suspension momentanée dans toc les parties du corps, l’âme presque annéantie se balance j ainsi dire entre la crainte qui la fait redouter, et la fe assurance qui la fait espérer de réussir, de manière que, le visage, si l’un des côtés du sourcil indique la crainte, l'a devra annoncer la sécurité,ainsi tous les traits devront sé à bien rendre tous les mouvemens d’une indécision d'au
plus palpable, qu'elle sera plus fortement prononcée dans l'espoir de réussir. (Voyez planche 4, figure 14,)
| La Crainte.
Après le désir et la crainte, si l’objet convoiié échappe et ne peut pas être obtenu, la crainte survient d’abord, ac- (pente et suivie quelquefois du désespoir : lorsqu'elle - existe seule, ses mouvemens caractérisques ont une grande analogie avec tous ceux qui résultent de la frayeur ; enfin : si l’on appréhende le mal, si l’on redoute une perte plus | ou moins considérable, l’homme qui craint doit avoir les 1. bras posés contre le corps, les mains dans la même posi- » tion, tout le restant du COTps se trouve concentré sur Jui— même comme s’il était obligé de se soumettre au tremblement, avec des horripilations suivies d’inquiétudes plus ou moins h prononcées. | Dans l'expression à donner à la crainte Pour la rendre visible, les sourcils doivent être très-peu élevés du côté du hnez; la prunelle vivement animée et brillante, annoncera L Vinquiétude, et sera placée dans le milieu des yeux; la bou “che un peu plus ouverte sur ses côtés que dans son milieu, devra être resserrée en arrière, avec la lèvre inférieure plus MGontraciée que l’autre; la couleur du visage, plus foncée Db'que dans le désir et l’amour, presque toujours avec une teinte bjaunâtre et livide jusque sur les lèvres: et si l'amour vient à changer par la crainte, ou à déterminer la jalousie, alors celles-ci deviennent non-seulement de plus en plus livides, mais encore complètement desséchées. (Voyez planche 4, ‘figure 15, et page 153.)
VS
La Jalousie.
Si l’on vient à rapprocher l’ensemble des traits linéai- , TeS Que nous avons désignés pour peindre d’une manière caracléristique le mépris, l’aversion, l'horreur et la colère | Concentrée, il sera démontré qu’ils pourraient aussi se trou- Yer réunis pour exprimer la jalousie et même la haine.
Le4 Le]
Dans la première comme dans la seconde de ces circom tances, le front est plissé par des rides plus ou moins sup ficielles ou profondes, l’œil devient brillant, sa pruneli tournée vers l’objet qui lui inspire de la jalousie, regar: du côté opposé où la face se trouve placée ; la prunelle, lé et ses paupières agitées d’un mouvement continuel, doivé: non-seulement annoncer la plus grande agitation, mais «€ core devenir extrêmement brillans.
Les narines sont pâles et livides, ouvertes et saillantes pn des joues ; plissées par ce mouvement de contraction, il sul vient abaissement et forte rétraciior. en arrière dans la lèv de dessous ; les angles de la mèchoire qui pourraient aw demeurer fermés, ne servent qu’à démontrer que les der sont très-serrées les unes contre les autres; tous les muscs des mâchoires sont peu saillans, une partie du visage di se colorer d’une pâleur jaunâire, tandis que le reste se rouge foncé ; dans les lèvres cela diffèrera encore, puisqu’ell restent presque continuellement aussi pâles qu’elles sont] vides. (Voyez planche 4, figure 16, et page 153.)
La Haine.
Tout visage d'homme affecté d’un sentiment de ha fortement prononcé, porte avec lui tous les traits extérier avec lesquels on pourrait dessiner et rendre celui d’un jalou comme il devient inutile de répéter ce qui vient d’être ci on pourra donc, avec toute assurance de réussite, avoir 1 cours aux moyens employés pour la première, afin de bo exprimer la seconde. (Voyez pl. 4, fig. 17.)
La Tristesse.
Dans latristesse, quel que soit le motif qui ail pu la détl miner forte, continuelle, ou passagère, la figure et tous: mouvemens corporels doivent se rapporter à un abattemi complet, car elle provient presque toujours des affectii morales qui agissent spécialement sur le cœur et sur tout! qui peut y avoir quelque rapport plus ou moins dires comme la tristesse est Le résultat d’une langueur monott
plus ou moins désagréable; comme dans ce cas toutes les facultés sensoriales ne reçoivent que des impressions aussi incommodes qu’elles sont profondes et réelles, on parvien— dra à la caractériser Par tous les traits qui servent à rendre linquiétude et l’abattement, avec les sourcils élevés vers le milieu du front plutôt que du côté des joues, les prunelles seront agitées, les Paupières abattues, légèrement gonflées, le pourtour des yeux sera d’une Couleur livide, les narines abaissées de même que les angles de la bouche entr’ouverts, la tête plus ou moins penchée sur une des épaules, la cou— leur générale de la figure serait aussi terne que plombée, et les lèvres complètement décolorées ; c’est par l’ensemble et et la réunion de tous ces traits qu'on reconnaîtra la tristesse, (Voyez pl. 4, fig. 18.)
t Nota. Siles mouvemens du Corps indiqués dans le mépris avec aversion, dans l'horreur, et ceux de la colère, peuvent correspondre à la jalousie et à la haine, comme dans la tris-. tesse on ne retrouve qu’un abattement dans la région pré— cordiale, on devra donc le remarquer non-seulement dans toute la face, mais encore dans toutes les autres parties du cor ps.
La Douleur.
Nous devons ici distinguer la douleur par trois manières différentes employées pour l’exprimer : la première sera la douleur simple, celle qui résulte des affections de l’âme ; la seconde, désignée sous le nom de douleur corporelle, devra encore être plus ou moins aiguë ; la troisième sera appelée douleur extrême, répandue dans le Corps tout entier, ou seulement dans quelques-unes de ses parties.
à première affection douloureuse, presque toujours compagne de la tristesse, s’annonce par les mêmes signes, mais beaucoup moins aigus et moins prononcés. Les sourcils sont trés=peu rapprochés et légèrement élevés, la prunelle doit paraître fixée sur un seul objet; les narines un peu contracées en se rehaussant rendent les plis des joues moins appa— rens ; dans la bouche à demi-ouverte, les lèvres sont relevées ers leur milieu.
Dans la Seconde, connue sous le nom de douleur corpo-
relle aiguë, les sourcils se rapprochent davantage l’un l’autre en s’élevant un peu dans leur milieu; la prunelle cachée sous les sourcils, les narines relevées marquent un! sur la joue, la bouche retirée sur elle-même reste ouvert l'agitation de la figure doit toujours être proportionnée àk forcé plus ou moins grande des accès douloureux.
Dans le troisième degré, la douleur corporelle portée: l'extrême, lorsqu'elle est parvenue à ce point, tous les tra du visage doivent en exprimer la violence ; les sourcils da: leur plus grande élévation sont très-rapprochés, la prune! enfoncée dans l'orbite, ainsi que les narines relevées, rer dent sensible la plicature des joues ; la bouche contractée : arrière est grandement ouverte; ses angles sont presq effacés ; toutes les parties de la face doivent suivre pour l’e pression la force et la violence des douleurs. (Voyez planct 4, fig. 19.)
C’est par l’augmentation inévitable dans les contractios pour l’enfantement qu’il est bien facile de remarquer la grac tion et les mouvemens d’une belle douleur, toujours d’auta: mieux marquée qu’elle approche davantage vers la fin, et q si elle est non-seulement plus près du terme de toute espè de souffrance, elle est encore suivie de toutes les doucer: indicibles de l’amour maternel.
La Joie.
Dans un homme qui éprouve de la joie, tous les se extérieurs, lorsqu'ils y participent, changent très-peu les tra de sa figure; il peut même pendant très long-temps en ss vourer les douceurs sans qu’il paraisse rien au-dehors c: puisse déterminer une altération assez marquée pour êb rendue par des lignes dessinées ; cependant la sérénité de s front, l’élévation, des sourcils dans leur milieu sans auct mouvement sensible, l'œil riant quoiqu'il soit presque fera les narines légèrement ouvertes, la bouche un peu élevée, teint vif et animé par des lèvres de couleur rosée, sont d signes assez habituellement susceptibles de guider un artig qui désirerait caractériser un homme joyeux. (Voyez ] 4, fig. 20.)
Le Rire.
Il est bien rare qu'un mouvement de joie mêlée de sur— prise ne donne pas lieu sur-le-champ à celui de rire ; C’est par les sourcils élevés dans leur milieu el abaissés près des côtés du nez, par des Yeux mouillés de quelques larmes, qui ne changent même pas la moindre chose à la figure, par la: bouche entr’ouverte de manière à laisser paraître les dents, par ses extrémités du côté des joues qui se gonflent parce que les narines sont ouvertes, enfin les couleurs sont animées ; c’est par ces moyens qu'on peut essayer de rendre le rire non forcé, mais qui accompagne toujours Ja joie et la gaité. (Voyez pl. 4, fig. 21.)
h Le Pleurer.
Dans le cas dont il s’agit c’est bien différent, le contraste devient frappant, tous les changemens éprouvés en répandant des larmes, sont aussi visibles à l'œil du dessinateur, d'autant plus même qu'ils sont indiqués sur la face par des
abaissent du côté des joues, les narines gonflées, les veines très-apparentes, la bouche close, font naître des plicatures aux joues ; la lèvre inférieure renversée sur le devant comprime la supérieure, tout le visage est sillonné par des plis, le rouge survient à l’entour des sourcils, dans le pourtour des Yeux, aux lobes du nez et dans le milieu des joues. (Voyez pl. 4, fig. 22.)
La Colére.
À l'instant même où l'homme irascible est pris d’un accès de colère plus où moins violent et qu’il s’y abandonne entièrement, il éprouve dans tout le Corps uns secousse qui l’agite et lui fait exécuter des mouvemens proportionnés à la violence de l’accès qu’il éprouve ; tous ses membres sont en con- Vulsion, ses muscles contractés deviennent plus apparens que
de coutume ; les vaisseaux sanguins qui les parcourent se 6 sinent dans leur trajet par suite de l'impression exercée
les nerfs, qui augmente la sensibilité générale ; ses yeux | viennent rouges, la prunelle extrêmement mobile pas égarée, elle devient brillante ; les sourcils s’abaissent par : tervalle, d’autres ils s'élèvent; il survient des plicatures le front jusqu’à l’espace qui se trouve entre les yeux;
parines largement ouvertes contrastent avec les lèvres ce primées l’une sur l’autre ; l’inférieure, plus avancée, lab entrevoir une légère ouverture vers les angles, ce qui don à la figure une façon de rire quelquefois dédaigneuse, «2 plus souvent cruelle ou farouche. (Voyez pl. 4, fig. 25.)
Le Désespoir.
Tout homme poussé par le malheur aux actes du dés poir le plus violent, lorsqu'il est parvenu à la dernière ext milé, se trouve dans un état d’exallation d'autant plus my qué et d'autant plus visible qu’il se manifeste toujours | des actions désordonnées ; souvent sa fureur l’excite à s’ar cher les cheveux, à se mordre, à se déchirer, à marcher, ce rir avec précipitation en s’arrêtant subitement pour recop mencer l'instant d’après; tous ses mouvemens sont irrég liers, sans aucune suite, tellement changeans qu’il est trs difficile de les saisir à propos, et de les dessiner afin dé: rendre par des traits.
Cependant comme ils sont extérieurs et outrés, il fd prendre garde de ne rien exprimer qui ne soit dans le mêñ sens, le front devra être rempli de plicatures et ridé du hà en bas, les sourcils fortement inclinés sur le nez, l’œilardes presque toujours rougi par les vaisseaux sanguins, la pr nelle cachée, égarée sous le sourcil, quoique cela continus lement brillante et ne s’arrêtant pas sous les paupières ent! rement décolorées et qui sont d’une päleur presque livide : | narines tuméfiées se relèvent et présentent leur plus gran ouverture ; l’extrémité du nez s’abaisse , tous les muscles des face sont en contraction, ses veines gorgées de sang, les jou: grossies dans leur partie supérieure en serrant l'angle d mâchoires, la bouche en contraction, un peu plus ouver dans les côtés que vers son milieu, la lèvre inférieure devenh
plus grosse se renverse, le plus souvent il survient des grincemens de dents involontaires, épanchement abondant d’une salive écumeuse, avec acharnement et la propension à se mordre ou se déchirer avec les ongles; il survient une agitation tellement violente et excessive, que toute la figure devient d'une pâleur jaunâtre et livide, presque horrible à voir, les cheveux hérissés se redressent en affectant un désordre aussi difficile à rendre qu’à bien exprimer. (Voyez la pl. 4, fig, 24.)
j La 0 OMpPaAssion.
> L'homme qui apporte la plus grande attention à tous les Maux qui peuvent survenir aux autres, comme celui qui com-
âtit aux différentes peines qui affligent ceux qui l’environ- Dot tous ceux enfin qui ressentent de la pitié et de la com- Mmisération pour l'humanité souffrante, en général éprouvent à l'intérieur de la compassion, situation particulière de âme dans laquelle tous les traits restent constamment dans Une apparence de douceur et de modération telle que la figure Change à peine. Cependant les sourcils s’abaissent légèrement vers le milieu du front, la prunelle dans les yeux reste cons— läamment fixée sur l’objet qui l’inspire:; les narines un peu relevées du côté du nez forcent les joues à conserver quelques plicatures légères, la bouche demeure un peu ouverte avec la lèvre supérieure ayancée sur l’autre, tous les muscles réstent dans une situation fixe sur la face, la tête doit tou- Ours s’incliner vers l’infortuné auquel se rapporte la com— Passion, soit qu’on partage ses malheurs, ses peines ou ses chagrins, soit qu'on ne lui en manifeste qu’une simple pitié attompagnée d’une légère commisération. (Voyez la planche fig. 25.)
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» Il n’est point de formes de visage qui ne soient sus » tibles d’un certain fond de probité, mais elles ne l’adu » tent pas indistinctement. Les physionomies les plus la » etles plus disgraciées, sont quelquefois les plus honné » tandis que souvent les plus belles et les mieux proport » nées sont trompeuses. Cependant, à tout prendre, je » fierai plutôt à un visage régulier qu’à des traits gr » cés. Lorsque les sourcils, les yeux, le nez et les lèvres : » en parallèle, l’expression de la probité n’en acquiert! » plus de certitude. »
» On ne risque rien d’appeler honnête un visage: réunit dans le même degré l'énergie et la bonté. L’éne. seule est dureié, une trop grande bonté dégénère en sims cité ; c’est dans leur juste milieu qu’on trouve la force : tive, l'équité, la probité.
Au nombre des signes généraux de la probité, on admettre tout ce qui est naturel : une force active, qui 1 ni farouche, ni indolente; de plus, un son de voix qui à la douceur, sans être traînant; qui, rapide et ferme juse un certain point, se plie sans effort au sujet du discov une démarche ni gênée, ni négligée, la même précision 4 même facilité dans l'écriture, dans les mouvemens, c: toutes les actions; dans le ton de l'amour, de l'amitié, ci prévenance et de la politesse.
On reconnait surtout le véritable honnête homme, a: que le sage, à la manière dont il sait écouter.
Il faut mettre encore au rang des traits physionomicl de la probité, une certaine clarté dans les yeux, un reg lumineux, qui semble réunir le calme à la mobilité, etl tient le milieu entre le brillant et le terne; une bouche | grimace et sans contorsion; de l’harmonie entre le mou inent des yeux et celui des lèvres, un teint qui n’est nii plombé, ni trop sanguin, ni trop fade.
On ne peut pas révoquer en doute l’homme qui en riant de bon cœur ne laisse échapper aucune marque d’ironie, et sur-
En général, les différentes expressions du rire et du sou— rire peuvent être envisagées comme autant de distinctions caracléristiques de l’honnêteté ou de la fourberie.
Les traits physionomiques du Courage marchent tou jours de pair avec ceux de la probité. Toute fraude est la-
té.
… Les visages qui réunissent des contours fortement arqués, de faibles sourcils éloignés des yeux, un petit nez flasque, une bouche molle et un petit menton, ont ordinairement à combattre l’inconstance et la perfidie qu’entraîne la faiblesse.
. Des sourcils placés horizontalement, des yeux creux et forement dessinés, et une tension marquée dans la ligne que décrit la bouche quand elle est fermée, sont l'indice certain
Un Caractère judicieux et discret.
> Un homme qui ne se tient pas ferme sur ses pieds, et »qui n’est pas capable de tourner lentement ses regards » d’un objet à l’autre, ne brillera ni par la hardiesse des en- » treprises, ni par la vigueur de l'exécution. Un langage, ou > précipité, ou traînant, est de mauvaise augure pour l’éner- »ngie de l’ésprit. »
“Celui qui sait écouter sait aussi se taire, et la discrétion nlue essentiellement sur toutes ses actions.
Le sens droit se manifeste par un regard direct sur l’objet juiest devant lui, et par une belle proportion dans la forme lu visage.
Au contraire, le faux esprit se trahit par quelque déransement des traits de la physionomie, et surtout de la lèvre.
L'homme modeste qui sait se tenir à sa place, qui se donne ® temps d'attendre, et qui craint de se mettre en avant, ne ‘annonce guère par de grands yeux perçans, il ne sourit pas abituellement, et jamais aux dépens d'autrui. C’est la vanité
ui aime à sourire; sa compagne favorite est l'affectation u’on démêle dans les traits voisins de la bouche,
» L'humilité baisse les Jeux et se plaît à rester en arrière,
elle voudrait occuper le plus petit espace possible dans la
» création; elle est embarrassée s’il lui arrive d'interces » sans le vouloir, la lumière qu’un autre est jaloux d’at » sur lui. »
L’orgueil se dresse et s’élève, il se rengorge, il veut! jours occuper un plus grand espace, déplacer et éclipse autres. Le mouvement des sourcils, la manière dont ill lèvent et se contractent, trahit cette passion. On la recos aisément au langage, à l'accent, aux gestes, à la déman L’orgueilleux s'annonce surtout décisivement dans le ment où 11 vous approche et dans celui où il vous qu Pour l'ordinaire il a un profil avancé et fortement arqui nez aquilin et des yeux étincelans.
La bonhomie se peint dans tous les traits du visage. est caractérisée par une bouche mobile sans agitation: front bien voûté, un son de voix uniforme et doux, nonchalance qui fuit toute espèce d’assujettissement. Son! iraste est la malice, qui n’est jamaiscontente, quoi que l’on fé qui réserve une réponse contradictoire à chaque proposii
Elle a pour caractère physionomique un système oss très-massif, des traits marqués, une joue qui approche forme triangulaire, une mâchoire large et grossière, À lèvre d’en bas qui déborde, de petits yeux, et un front « sillonné de lignes tranversales. Le trait qui s'étend des le nez juqu’à la lèvre supérieure est fort rapide et pre: sans échancrure.
La chasteté se caractérise moins par les formes que par attitudes : son regard baissé et sa contenance modeste l’ï4 quent assez.
À l’opposite est la volupté, qui se manifeste, ou par un gard langoureux et à demi-fermé, ou par des yeux à fleu:} tête, fixés avidement sur l’objet qui les attire, et enfin: un nez courbé ou fort concave. Le voluptueux amour voile ses regards; celui qui est purement sensuel regc4 avec effronterie l’objet qu’il convoite. |
La modération dans les désirs est accompagnée d’une pif sionomie reposée et sereine, dont les traits sont plus ou mt prononcés.
Un extrême relâchement dans le bas du visage, et part lièrement un menton fort charnu , sont la marque, au mo! d’un penchant vers l’intempérance. |
Un nez, ou trop plombé ou trop coloré, l'œil hagard
des lèvres mal closes, sont la suite ordinaire de l’ivrognerie. Des contours hardiment Prononcés, mais sans dureté, de petites lèvres bien fermées , des Yeux perçans et des paupiè
bitude du corps l'annonce, surtout le bas charnu et Spongieux du visage , la bouche ouverte, l’abattement des yeux, les bras pendans.
La douceur a tous les dehors de la tranquillité et du calme. Les yeux n’ont ni courbures, ni angles marqués ; le nez, irré- | Sa dessiné, n’avance presque jamais par le haut : ily
Plutôt une petite cavité vers la racine; les lèvres bien ondécs & s’affaissent pas dans les Coins; le front est couvert d’une Lu douce et fine.
… Les signes de l’emportement sont un front » OU proéminent b fort osseux, où perpendiculaire et mal arrondi par le haut, des sourcils épais, le plus souvent de grands yeux, et quel- Juefois aussi de petits yeux bruns, un grand nez et une ande bouche, un menton large et saillant, avec de profondes cisions, une espèce de tremblement dans la lèvre inférieure, le voix sonore, une démarche rapide et inquiète, un pas lourd.
IS qui ne sortent jamais à fleur de tête; au dessin gracieux
uSqu’à la bouche, enfin à l’arrangement, à la forme et à la rOprelé des dents,
à bassesse ne saurait se déguiser : tantôt elle baisse le TOnbcomme si elle méditait ; tantôt elle se ravise subitement, rt S'efforce de redresser la tête, sans qu’elle parvienne à la enir long-temps levée, et moins encore à la fixer dans l’équiibre du repos. Son regard est profond, toujours aux aguets, amais serein, jamais content. Sa bouche oblique est défigurée ar de longues dents mal rangées.
La libéralité etl'avarice, mises en Comparaison , se distinuent aisément, car l’une est occupée à donner, l’autre à endre pour entasser. L'air de satisfaction et l'insouciance : l’une, l’inquiétude et la circonspection de l’autre, forment
un contraste qui n'échappe à personne. Observez seull la démarche de l’avare quand il vous quitte après un 1 sa prudence éera en défaut et vous le démasquerez, saë est toujours marquée d’un noi me sollicitare.
L'homme grave et décent vous découvre un front can sillonné de rides égales; de petites plissures presque per diculaires et faiblement prononcées entre les sourcils lèvres qui ne sont ni pendantes, ni jointes avec effon. se fait connaître par son maintien et ses mouvemens , Vair dont il vous aborde et vous congédie , par l'attention deste avec laquelle il vous écoute; enfin par les répy sages, pertinentes, et qui vont toujours droit au but.
L’étourdi et le moqueur remuent sans cesse les lèvres ne se donnent pas le temps de vous entendre, et leurs répo ne sont jamais satisfaisantes. Ils ont toujours la bouche di vers , plus ouverte d’un côté que de l’autre,
La force de la volonté est accompagnée du calme et! concentration.
Une transition bien marquée du front au nez, un nez lé plus ou moins courbé vers le haut, et un front ouvert se rétrécit doucement par le bas, sont les signes d’un! rage entreprenant, qui est sûr de son énergie et de la ni site de ses plans.
Nous rapporterons ici quelques signes physiognomont présentés par Lavater dans une autre partie de ses fragne
L'homme qui s’abandonne à de fréquens accès de ce finit par avoir habituellement la prunelle égarée, le ret agité; ses sourcils s’abaissent et se relèvent souvent; le | est ridé, des plis se forment entre les yeux ; les narines: ouvertes, élargies, les lèvres serrées l’une contre l’autre, , férieure surmonte celle de dessus, laisse les coins de la che un peu entr’ouverts, ce qui produit un rire sardoni dédaigneux et cruel. Enfin son langage est brusque, ma ses efforts pour l’adoucir.
L’individu naturellement gai porte habituellement su figure l'expression d’un doux sourire, son regard est ser ses sourcils sont élevés vers le milieu de l’œil et abaissét côté du nez. La bouche entr’ouverte laisse apercevoir dents. Les extrémités de la bouche, retirées en arrière, un pli aux joues qui paraissent gonflécs. I] s'exprime & vivacité el passe rapidement d’un objet à un autre.
MORALES, à de d
Celui dont l’âme est affectée Par quelque chagrin secret et Qui s’abandonne à la tristesse, à le sourcil plus élevé vers le milieu du front. Les prunelles Sont troublées, le blanc de l'œil
des yeux livide ; les narines tirées en bas, la bouche entr’ou- Yerte et ses angles abaissés; Ja couleur du visage est plombée, les lèvres pales. La tête est nonchalamment penchée sur une épaule. Enfin le ton de la voix est peu élevé, languissant
Quiconque éprouve de vifs regrets, Ou est tourmenté par des remords , présente tous les signes Caractéristiques de la trisfesse, mais en outre il lève fréquemment les yeux vers le ciel, et de temps en temps il [ui échappe des soupirs étouffés, -On le voit souvent méditatif, absorbé par ses pénibles réfle- “xions , puis toul—à-coup il semble se réveiller et s'efforce de “paraître au courant de la conversation qu'il n’a pas entendue : il porte fréquemment sa main Sur son front ou sur son cœur, Æt sa tôle est plus ordinairement penchée en avant que sur Vépaule.
br Le front ridé, le sourcil abattu et froncé, le regard in— “quiet, les narines päles , ouvertes, plus marquées que dans Vétat habituel, et retirées en arrière, ce qui cause des plis faux joues ; la lèvre supérieure dépassant l’inférieure les coins
fe la bouche retirés en arrière et fort abaissés, les mus— Æles de la mâchoire qui semblent enfoncés : tels sont les Signes qui annoncent un jaloux, ou un homme haineux, Surtout s’il ÿ a une légère obliquité ou une contraction pres- Que imperceptible des lèvres. Néanmoins il est mielleux dans $6S discours qui souvent présentent un double sens lorsqu'il Parle des femmes. ; © AL le docteur Moreau a trop bien décrit l'ironie pour que M9US nous permettions d'en retrancher un seul mot.
« L'expression ironique consiste dans un ton essentielle - ? Ment faux et équivoque, d’où résulte nécessairement un » défaut d'harmonie dans les traits du visage. Le carac- » ère dominant consiste dans un écartement et une éléva- » {ion simultanés de la lèvre supérieure : les ailes du nez sont » du reste presque toujours en action; l'expression de l'en » semble du visage est variable, changeante à chaque in— » slant, ne conservant aucun trait décidé; quelquetois c'est » un mélange d’assentiment , de bienveillance, de dédain et
» d'orgueil. On serait tenté, dans quelques instans, de & » aux signes d'approbation qui s’arrêtent tout-à—coupo » sont aussitôt démentis par un mouvement d’élévatios » la lèvre supérieure, ou par un regard de mépris. »
Amour. — Front uni, sourcils un peu élevés du côt se porte la prunelle; le blanc de l’œil vif, éclatant, la bo entr'ouverte , ses angles un peu élevés ; les lèvres vermu et humides.
Courage. — L’harmonie de tous les traits annonce calme ; l’œil est très-ouvert, le regard assuré, les nan écartées, les lèvres et les dents rapprochées, la tête dans: attitude ferme.
Insolence. — Front bas, étroit et bombé ; la lèvre i! rieure avance beaucoup ainsi que le menton; les bras serrésa tre le corps. C’est de côté et par-dessus l'épaule que l’inse regarde les gens en relevant la tête et ayant l’air de men tout le monde.
Avarice. — Front perpendiculaire, bombé à sa p supérieure; sourcils petits, yeux enfoncés dans l’ork la lèvre inférieure épaisse et saillante : les mains touji crochues. S
La moquerie resserre les yeux, la peau voisine des h se plisse comme on le voit chez la plupart des fous: les ji sont enflées, ont une forme globuleuse, telle que dar portrait de Lamettrie. Enfin la moquerie donne à la boy une irrégularilé vraiment extraordinaire.
Mémoire. — Front élevé et oblong , qui paraît carréé le devant. Une peau blanche, molle et charnue qui couyri front spacieux.
Cependant lorsqu'un front large, élevé et spacieux, ess couvert d’une peau coriace, fortement tendue et brunâtre! mémoire manque, surtout quand la partie osseuse est re ligne et oblique.
Esprit. — Un front qui recule par le haut, de petites m autour des yeux et de la bouche; des sinus frontaux p? minens, et la plupart du temps aussi le contour plus ou m' arqué d’un nez rabattu, peuvent faire soupçonner au me des dispositions à l'esprit.
Génie. — C'est par l'œil, par le regard qu’il se manifet et surtout par le contour de la paupière supérieure vue profil. On le reconnaît aussi à la racine du nez, lorsqu
est large, plus ou moins arrondie, resserrée et proéminente au-dessus de sa voûte.
Le génie intensif, qui agit sur un seul point, se distingue par la force du système osseux » par des chairs fermes, par la pesanteur et la simplicité des Mmouvemens, par la solidité des nœuds frontaux, par un front qui approche de la perpendiculaire.
Au contraire, le génie extensif, qui embrasse une plus grande étendue , admet des formes plus douces et plus allongées , des chairs plus molles ; le front est plus penché, sans Pourtant retomber nonchalamment en arrière,
Peinture. — Les grands maîtres de l’art ont l’œil bien fendu , brillant d’une douce lumière, et plus ou moins Jangoureux , et avec cela un contour fortement prononcé.
L'œil de l'artiste qui excelle dans les détails à presque toujours la paupière Supérieure reculée. Avec une paupière languissante qui s’affaisse doucement sur la prunelle, il im— Primera à tous ses ouvrages une teinte amoureuse et senti mentale.
De petites lèvres rognées caractérisent la précision et la netieté dans l’exécution ; de grosses lèvres échancrées, l'énergie de l'expression.
. On ne risque rien d’assigner l’immortalité aux productions de l'artiste dont le dos du nez est large et parallèle, depuis la racine jusqu’à l'extrémité.
Poésie. — Front large, carré, doucement incliné en ar — rière par le haut, recouvert d’une peau blanche et moelleuse ; les sinus frontaux prononcés; les sourcils arqués gracieuse- Ment et bien séparés l’un de l’autre. OEil brillant, entouré de petites rides; regard vif et gai; la paupière supérieure recu lééet peu visible : la racine du nez formant un enfoncement : le nez voûté, son dos large et parallèle dans sa longueur; les Coins de la bouche légèrement relevés ; la lèvre supérieure Saillante et pour ainsi dire suspendue au-dessus de l’inféme Sans la toucher; le menton arrondi et ayancé en saillie.
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