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lie triomphe de l'Immaculée Conception

L'an 1629, Ferdinand III, empereur d'Allemagne, se voyant menacé par les Suédois, eut recours à la protection de la sainte Vierge. Il fit élever sur la

grande place de Vienne unemagnifique colonne ornée d'emblèmes et de symboles de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Sur le haut de la colonne s'élève la statue de la très-sainte Vierge, qui écrase de son pied la tête du serpent infernal. Au bas de la colonne, on hl celte inscription en latin : « A Dieu très- « bon et très grand, souverain empereur du ciel et « de la terre, par qui les rois régnent; à la Vierge « mère de Dieu, conçue sans la tache du péché ori- « gluel, et par qui les princes commandent, < > oisie « en ce jour par une dévotion particulière pour souci veraine et patronne d'Autriche, Ferdinand empe- « reur, troisième du nom, confie, dévoue et consacre a tout ce qu'il possède, sa personne, ses enfants, ses a peuples, ses armes, ses provinces, et en mémoire « perpétuelle de cette dévotion il a érigé cette statue. » On ne vit jamais de fête plus solennelle que la bénédiction de ce pieux et magnifique monument. Ce fut vraiment le triomphe de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Dès la pointe du jour, l'église, la grande place et toutes les rues furent pleines de monde. Le religieux empereur, accompagné de son fils et de sa tille, le légat du pape, les ambassadeurs d'Espagne et de Venise, toute la noblesse, toutes les communautés religieuses, tout le clergé, suivi d'une foule innombrable, se rendirent processionnellement à l'église des jésuites. La messe fut célébrée ponlificalcment par le prince Frédéric, évêque de Vienne.

Après que le sous-diacre, selon sa coutume, eut porté la paixà l'empereur, ce prince descendit de son trône; il vint se mettre à genoux au pied de l'autel, et prononça à haute voix la formule de son vœu, par lequel il prit l'immaculée Mère de Dieu pour patronne spéciale de ses États, promit de faire solenniser à perpétuité la fête de l'Immaculée Conception de Marie, et mit sous cette puissante sauvegarde lui, sa famille et ses sujets.

Après la messe, l'empereur, accompagné du même cortège, se rendit avec l'évêque sur la grande place où était érigé le trophée de l'Immaculée Conception. Là, en présence de toute la ville de Vienne, le prélat bénit cette superbe colonne, tandis que la musique de l'empereur chantait les litanies de la sainte Vierge, au bruit des trompettes, des cymbales, des hautbois et d'une salve générale de toute l'artillerie de la ville.

Après que la cour et le peuple eurent passé le reste du jour dans les exercices de la plus tendre piété, un des plus édifiants et des plus pompeux spectacles vint terminer cette fête. Le soir, tandis que toutes les maisons de la ville étaient illuminées à l'envi, et la grande place surtout magnifiquement éclairée, la colonne, chargée de flambeaux de cire blanche, parut tout en feu, et la statue de la sainte Vierge était entourée d'un arc-en-ciel de lumière. Ce spectacle éblouissant était encore relevé par la présence des princes, des princesses et de toute leur suite. Deux heures se

passèrent en prières et en saluts chantés par la musique impériale, et toute cette pompe religieuse fut terminée par la bénédiction de Pévêque. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que Ferdinand recueillit bientôt les fruits de sa pieuse magnificence par les bénédictions que le ciel versa sur ses armées.

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