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Guérison de mademoiselle Denise de JLacroix

Le 25 septembre 4860, il y eut sur la montagne de la Salette une belle cérémonie ; que dis-je? une de ces fêtes qui sont plutôt du ciel que de la terre ; qui se lève calme et riante sur l'enfance, comme une belle aurore dans un ciel sans nuage, et qui laisse toujours après elle de doux, de puissants et d'immortels souvenirs. Je veux parler de la première communion de mademoiselle Denise de Lacroix, petite-fille de M. le sénateur Sapey, ancien conseiller à la cour des comptes, député de l'Isère; qui, pendant plus d'un demi-siècle, servit si bien sa patrie de son intelligence et de son dévouement, et qui a rempli, avec tant de succès, sa belle et longue carrière

politique. Retenue depuis cinq mois dans son lit dt souffrance par une maladie douloureuse, mademoiselle de Lacroix désirait ardemment recevoir, pour la première fois, sur la montagne de la Salette. vers laquelle se portaient tous ses désirs, le Dieu qui réjouit la jeunesse, o Mère, disait souvent cet ange de Gethsémani à cette mère héroïque qui n'a jamais confié un seul instant à d'autres le soin de veiller sur son enfant bien-aimée ; mère, je ne marcherai, je ne serai guérie que sur la montagne de Notre-Dame de la Salette. » Pressée par les sollicitations inspirées de sa chère malade, vivement excitée par sa foi et sa confiance en Marie, abandonnant toute prudence humaine, madame la comtesse de Lacroix transporte sur la montagne son enfant, qui ne pouvait plus prendre seule la plus légère boisson ni môme faire un pas toute seule.

Le dimanche matin, 25 septembre, mademoiselle Denise est placée sur un fauteuil, dans le chœur du sanctuaire. Ni la plume, ni la parole, ni môme le pinceau, ne pourront retracer la modestie, le recueillement et la conviction profonde de la jeune communiante au pied des saints autels. La beauté de son âme si pure se reflétait sur son front virginal, et laissait apercevoir sur son visage céleste un bonheur ineffable. On croyait voir un ange que le ciel prôtail un instant à la terre. Elle offrait au Seigneur, comme autrefois la vierge d'Israël, tout ce que les homme?

recherchent et désirent : l'auréole d'un beau nom, d'une grande fortune et d'un brillant avenir. « 0 monde, disait-elle dans son cœur, ô monde, essaye donc, si lu le peux, de m'arracher, par l'appât de tes biens, de tes honneurs et de tes plaisirs, à cet amour si juste, à ces délices si pures, à cette joie si douce. Que peux-tu m 'offrir? Je possède mon Dieu, mon bonheur est immense comme celui qui me le fait goûter. Seigneur, ouvrez-moi toujours les portes de vos saints tabernacles, et sans regret je dirai au monde de me fermer les portes qui conduisent à ses fêtes. Laissez-moi garder pour ce festin ma robe d'innocence; et, sans envie, je laisserai aux joyeux du siècle leurs vanités et leurs parures. » Le R. P. Sibillat célébra le saint sacrifice de la messe et donna la communion à la malade. L'action de grâces terminée, madame de Lacroix prend encore sous ses bras son enfant pour l'emporter; mais elle veut essayer de marcher. O heureuse, agréable surprise ! O bonheur ineffable ! elle marche en effet; elle sort de l'église et se dirige vers les lieux bénis de l'apparition, Elle prend un verre, puise elle-même de l'eau à la source virginale et la boit avec bonheur. Les pèlerins entourent cette enfant privilégiée; tous veulent la voir, lui parler et se recommander à ses prières; tous voudraient l'embrasser. Gloire à Dieu, et reconnaissance à Notre-Dame de la Salette J...

â3 4 VINGT-SEPTIÈME JOUR.

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