‹ Nouveau mois de MarieChapitre 20 sur 121 · SJn serviteur de la mère de EMcu · texte numérisé non relu

SJn serviteur de la mère de EMcu

Un zélé serviteur de Marie, M. l'abbé Jehan, pré- Ire à l'église Saint-Paul, mort le 14 août 1858, s'était fail remarquer par la plus tendre piélé envers la mère de Dieu. C'était un saint prêtre, un homme qui remplissait les fonctions de son ministère avec un zèle vraiment catholique; mais ce qui le distinguait surtout, c'était une angélique ferveur pour le service de la mère de Dieu. Quelque occupé qu'il fût, il s'assujettissait à réciter chaque jour le chapelet, indépendamment de l'office ecclésiastique; sa piété avait un caractère naïf et touchant qui mérite d'être mentionné. A l'exemple du célèbre M. Olier, curé de Saint-Sulpice et fondateur du séminaire de ce nom, l'abbé Jehan ne se servait de ce qui était destiné à son usage qu'après en avoir fait auparavant l'offrande à Marie. Lui apportait-on une soutane neuve, une paire de souliers, un chapeau, il attendait jusqu'au samedi suivant pour s'en revêtir. C'était le samedi qu'il changeait de linge, qu'il écrivait ses prônes, et commençait en l'honneur de Marie et sous son invocation toutes ses entreprises.

Il n'y avait que ses voyages qu'il ne pouvait entreprendre ce jour-là, à cause de la nécessité de se trouver à son poste le dimanche, Dans sa dernière mala*

die, qui l'enleva à l'âge de trente-trois ans, on avait essayé, comme moyen curatif, de l'envoyer à la campagne; sentant néanmoins sa fin approcher, il voulut absolument se faire transporter chez lui le vendredi soir, de manière à arriver pour minuit à son domicile où il désirait mourir, et mourir un samedi. Dans ses derniers jours, il parut favorisé d'une vision continuelle de la sainte Vierge, soit qu'il la vît en réalité, soit que, dans son délire, il eût sans cesse devant les yeux l'image de celle qui avait été la préoccupation constante de toute sa vie. Aussi, dès qu'il recevait une visite de quelque prêtre ou des pieuses dames qui le connaissaient, il les avertissait de saluer avant tout Marie, et les invitait à se prosterner d'abord devant la sainte apparition, qui n'était visible que pour lui seul. Enfin, son vœu le plus cher fut exaucé : il mourut, comme il l'avait souhaité, le samedi soir, veilledel'Assomption, au troisième coup de V Angélus, Cette circonstance frappa tout le monde, et l'on demeura persuadé qu'il était allé droit au ciel, pour y célébrer, avec les saints et les anges, la fêle de l'auguste patronne à laquelle sa vie entière avait été consacrée.

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