EXCELLENCE DES PRATIQUES DE DÉVOTION ENVERS LA TRÈS-SAINTE VIERGE
La vie religieuse n'est pas éteinteen France, comme on pourrait le croire.
L'image de la sainte Vierge a sa place d'honneur dans toutes les familles chrétiennes plusieurs villes l'ont élevée sur leurs plus hauts monuments, son nom est réservé comme une bénédiction à la première-née de chaque famille.
On aime, par ces pratiques de dévotion, se
mettre sous la protection de la sainte Vierge
qui secourt toujours ceux qui ont recours à
elle. La catholicité tout entière s'émeut au récit des
prodiges opérés par le nom de Notre-Dame des Vie-
toire?v et demande à s'affilier à l'arehiconfrérie du Saint-Cœur de Marie.
Yroici la liste des membres.., comptez, ils sont inscrits par millions. Lisez : ce sont des noms de toutes conditions, souverains pontifes, monarques, hommes de guerre, hommes de lois, savants, riches, pauvres. Lisez : c'est l'humanité tout entière.
Le doigt de Dieu est là, et les pécheurs se convertissent, et les prodiges de tous genres s'opèrent, et la foule des fidèles de Paris va se prosterner, sans se lasser jamais, au pied de la statue de Notre-Dame des Victoires.
De toute part les fidèles se pressent autour des chaires sacrées du haut desquelles on proclame les louanges de Marie et ses titres à la confiance de l'univers.
Les pratiques de la piété envers Marie, qu'on aurait cru affaiblies, sont redevenues plus chères que jamais aux enfants de l'Église. Le saint scapulaire est porté avec ferveur ; la dévotion du Rosaire s'est ravivée, les pèlerinages aux sanctuaires de Marie sont aujourd'hui plus fréquents, et la médaille de la Mère de grâce repose sur la poitrine de tous ceux qui croient, souvent même de ceux qui ne croient pas.
il y a deux partis également opposés et contraires à la véritable piété : embrasser toutes les pratiques ' de dévotion sans discernement, ou les rejeter toutes sans distinction.
Toute pratique de piété, pour être véritable et
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digne de notre religion divine, afin que nos démarches soient prudentes, doit avoir la solidité dans ses principes, et de l'utilité dans ses effets, afin qu'elle soit salutaire.
C'est de Marie que nous vient le scapulaire, nous pouvons donc sans crainte l'accepter.
C'est au bienheureux Simon Stock, général de l'ordre des Carmes, qu'elle le remit.
Les quelques paroles qu'elle lui adressa en démontrent toute l'utilité .
« Reçois, cher fils, le scapulaire de ton ordre, et « pour tous les enfants du Carmel, une marque (liste tinctive de ma confrérie, un gage de paix et d'aï- « liance à toujours. C'est un signe de salut, une sau- (, vegarde dans les périls ; celui qui mourra vêtu de « ce saint habit n'ira pas au feu éternel. »
C'est à une Sœur de charité, qui existe encore, qu'en 18301a sainte Vierge apparut et ordonna de faire frapper la médaille miraculeuse. Marie ajouta que les personnes qui la porteraient indulgenciée jouiraient de sa protection toule spéciale. De nombreux exemples viennent montrer que celte promesse est tenue.
Saint Dominique avaitenlrcpris de ramènera la vérité les Albigeois; il eut la consolation de voir un bon nombre de ces hérétiques rentrer dans le sein de l'Église, mais le succès était loin de répondre à l'ardeur de son zèle. Comme il s'en plaignait hum-
blement auprès de Dieu, la Mère de miséricorde lui apparut dans la chapelle de Notre-Dame de Prouille, l'an 1202, et lui ordonna de prêcher la dévotion du sainl Rosaire.
Il le fit, et bientôt plus de cent mille hérétiques convertis, un nombre incroyable de pécheurs revenus de leurs désordres, furent les premiers effets de cette dévotion naissante qui se répandit bientôt dans toute l'Europe où elle a produit et produit encore des biens incalculables.
Les pratiques de dévotion envers la très-sainte Vierge ne sont donc pas inutiles, et tout chrétien ne doit pas rougir de porter la livrée de Ceile que Jésus mourant a désignée pour être notice mère.
Les prières de l'Église à Marie sont merveilleuses de confiance et d'amour; elles s'adressent à cette puissante Reine du ciel comme à la dépositaire des grâces et à la dispensatrice de tous les trésors divins.
La Salutation angélique est le plus bel hommage que nous puissions lui offrir : nous lui rappelons ses grandeurs, ses vertus, ses perfections, sa toute-puissance dans le ciel et sur la terre.
L'Inviolata est la plus suave des antiennes en l'honneur de Marie. L'amour dicta ces phrases courtes, ranidés, sonores, dont chacune emporte vers le ciel ua hommage, une prière, un soupir.
Quel plus beau panégyrique que ces touchantes
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litanies dans lesquelles la piété parle, sans le savoir, le langage de la plus sublime poésie.
Le Stabat n'est-il pas le plus beau chant qu'ait inspiré la plus pure et la plus touchante douleur?
Dans le Salve Regina, Marie nous apparaît comme une miséricorde toute-puissante, et une puissance toute miséricordieuse.
Qui pourrait raconter tous les prodiges de grâce dont le Meinorare a été le principe dans la famille chrétienne ?
De toutes les prières en l'honneur de Marie, il n'en est pas qui doive nous être plus chère que le Magnificat. C'est la plus haute expression du plus brûlant enthousiasme, la formule la plus divine de l'extase la plus céleste qui ait jamais enivré une âme immortelle.
Qu'elle est grande, celle vers qui, de tous les points du globe, montent incessamment de suaves prières; car il n'est pas une heure où, en avançant dans sa course, le soleil n'amène pour quelque peuple le i:.atin, le midi ou le soir, et où Y Angélus, cet hymne de louanges, ne salue la reine des cieux !
Le son de la cloche qui annonce Y Angélus a quelque chose de touchant. 11 y a, dans ces vibrations de l'airain qui nous disent d'invoquer Marie, de mystérieuses harmonies avec les besoins de notre âme. Voyageurs, qui cheminons tristement dans cette vallée de larmes, nous levons les yeux vers le ciel, et le
souvenir de la Vierge protectrice en descend comme une consolation et une espérance.