‹ Nouveau mois de MarieChapitre 5 sur 121 · PUISSANCE DE L'INTERCESSION DE MARIE · texte numérisé non relu

PUISSANCE DE L'INTERCESSION DE MARIE

Marie, a-t-il été dit, est une toute-puissance suppliante ; et si à ces paroles on ajoute celles du Salve Regina : « Mère de la miséricorde, notre vie, notre douceur, notre espérance,» on a Marie tout enlière. Jésus-Christ a dit : Ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera, et Jésus ne peut rien refuser à sa Mère ; c'est pourquoi toutes les prières que nous adressons à Marie sont exaucées.

Et, en effet, depuis dix-huit siècles, Marie n'a cessé de nous montrer la puissance de son intercession. Nous pouvons donc lui dire avec sainl Grégoire :

« Donnez à ma prière, ô Marie î car vous le pouvez, a le succès que je désire; vous avez auprès de votre « divin Fils un crédit qui ne peut s'affaiblir; votre e pouvoir est sans bornes, votre bras invincible : que o la multitude de mes iniquités ne triomphe point « de ce crédit, de ce pouvoir et de ce bras ! Rien ne «vous résiste, tout vous obéit; ainsi l'a voulu Celui a qui a fait de vous sa Mère. »

t6 DÉVOTION

N'avons-nous pas dans.les litanies un monument à sa gloire, et chaque mot de ces litanies n'est-il p^g un titre de plus à notre reconnaissance? Quelle entremise jilus touchante et plus digne du Très-Haut que celle de notre auguste Reine ! Si la foi nous apprend que les anges intercèdent pour nous avec succès, quel sera le succès de la Reine des anges ! Si l'Écriture nous montre le prophète Jère mie aimant toujours ses frères, priant toujours pour eux et pour la ville sainte, quelle sera donc la prière de la Reine des prophètes? quelle ne sera pas son efficacité?

Mère de la divine grâce, c'est par Marie qu'un Dieu, l'auteur de toutes les grâces, est venu jusqu'à nous.

Vierge puissante, oui, vraiment puissante, au ciel et sur la terre, puisque Jésus ne peut rien lui refuser.

Vierge clémente, dont le cœur compatissant n'a jamais éloigné le pécheur le plus criminel, dès qu'il a eu recours à sa bonté.

Porte du ciel, puisque tous les vrais serviteurs de la sainte Vierge y parviennent infailliblement.

Etoile du matin, qui nous guide vers Jésus et nous conduit au port du salut.

Santé des malades. Les exemples en sont sans nombre.

Refuge des pécheurs, combien en a-t-elle arraches aux portes de l'enfer ! Combien ont été retirés par elle de l'abîme du désordre !

Consolatrice des a/fltgés. lis sont toujours consolés

dès qu'ils recourent à Marie avec confiance. Son cœur est toujours prêta secourir ceux qui souffrent.

Le Seigneur, dit un éloquent évêque, s'est choisi une douce et puissante intermédiaire en Marie. La sainte Vierge, mère de douleurs pendant son pèlerinage terrestre, est la plus éprouvée des créatures; elle a le cœur incliné vers ceux qui pleurent, et la tâche la plus douce de sa royauté est de répandre le baume des consolations sur la plaie des souffrants.

Tous ces titres donnés a Marie, le peuple les résume en un seul. En l'appelant Notre Dame, il proclame à la fois la souveraineté de Marie et sa propre dépendance : c'est pourquoi on retrouve ce nom partout,

Marie ne veut pas garder pour elle seule les grâces dont l'a comblée son Fils, le Verbe incarné. Elie les réu'jchit sur nous, et désire vivement nous en faire part. Aussi l'Église l'appelle Miroir de justice, parce que, comme un miroir fidèle, en s'embellissant des rayons du Soleil de justice, elle les renvoie au monde et l'illumine de ses propres clartés. Écoutons M. de Chateaubriand ; en quelques mots il a dépeint le culte de Marie, sa grandeur, sa beauté, ainsi que ses con&o* lations et ses joies :

« Aucune religion n'a offert un culte plus attendris- (t saut que celui de Marie. Elle est comme la divinité « de l'innocence, de la faiblesse et du malheur. La « foule de ses serviteurs, dans nos églises, se compose « de pauvres matelots qu'elle a sauvés du naufrage,

« de vieux invalides qu'elle a arrachés à la mort sous « le ferdesennemisde la France, etde jeunes femmes a dont elle a calmé les douleurs. Celles-ci apportent a leurs petits enfants devant son image, et le cœur « du nouveau-né, qui ne comprend pas encore ie « grand Être, comprend déjà cette Mère céleste qui « tient un enfant dans ses bras. »

Continuez, ô notre mère, à nous couvrir de votre protection, puisqu'il est écrit que celui gui vous aura trouvée Couvera la vie, et qu'il puisera le salut aux sources du Seigneur»

a On se partage, dit un pieux auteur, sur le nom de celui qui a institué le Mois de Marie, ou, pour mieux dire, le véritable auteur n'est pas bien connu, c'est toujours comme cela ; ces saintes âmes dotent les hommes de précieuses pratiques, et elles se dérobent à leurs regards; nous jouissons des fruits excellents de leurs œuvres, et nous ignorons la main qui nous les a donnés!

« Cependant, on cite deux promoteurs de cette dévotion : les uns l'attribuent au P. François Lalomia, et je suis de ce nombre ; les autres veulent que l'institution du Mois de Marie remonte plus haut que ce pieux missionnaire, et en font honneur à saint Philippe de Néri, qui mourut à Rome en 1593.

« Si la dévotion du mois de Marie, dit M. de Sambucy, a fait des progrès dans le xvnr3 siècle, elle n'en est pas moins l'œuvre du xvie siècle, l'œuvre de saint Philippe de Néri, le fruit de son zèle pour le salut des âmes et de sa piété envers Marie. Ce saint, si ami de

la jeunesse, s'était aperçu que le mois de mai était le plus dangereux de l'année pour les jeunes gens. Désolé de ne pouvoir contenir ni la fougue de leur tempérament ni l'effervescence de leurs passions, il les regardait avec attendrissement et versait des larmes. Enfin il fut inspiré de recourir à la sainte Vierge et de mettre le jeune âge sous la protection de Marie pendant le mois de mai. A cet effet, il traça aux jeunés gens une règle de conduite à suivre dans tous les jours de ce mois. 11 leur prescrivit de pieux hommages devant les tableaux, statues ou autels de Marie; des exercices de piété quotidiens; l'assiduité à la messe, à la lecture spirituelle, au sermon et au salut; des prières plus fréquentes jointes à des actes de vertu, à des œuvres pies; enfin une communion générale ou particulière dans le cours ou à la fin du mois, et une consécration à la sainte Vierge. ;>

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