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TyllcrTcillenx: effet d'une consécration à Marie

Unjeunehomme deBordeaux, commis-voyageur, courait après les plaisirs du monde et se tenait éloigné des pratiques de la religion. La curiosité

CONSÉCRATIONS A MARIE. 14l

l'attire dans le sanctuaire de Notre-Dame de Vercîelais, situé à quelques lieues de la ville. Il y accompagne une société déjeunes gens qui, sous la conduite de l'abbé Davin, vicaire de Saint-Michel, faisaient chaque année un pèlerinage à Notre-Dame. On chante une messe solennelle ; tous les membres de la congrégation ont le bonheur de s'approcher de la table sainte. Le soir, ils se pressent encore autour de l'autel de Marie, renouvellent leur consécration à celte Mère si bonne, et promettent de toujours marcher sous sa bannière.

Notre jeune commis regardait cette cérémonie d'un air indifférent et presque moqueur. M. Davin, qui le connaissait, et qui désirait ramener au bercail celle brebis égarée, se sent emporté par un mouvement de zèle: il le prend vivement par la main, et, le tirant à l'autel : « A votre tour, mon ami, lui dit-il, on ne vient pas à Verdelais sans se consacrer à la sainte Vierge : faites votre consécration. » Le jeune homme est interdit, il se trouble, il hésite. Mais le vénérable prêtre tombe à genoux, l'entraîne avec lui et s'écrie : « 0 Marie, voici un enfant prodigue, il est à vos pieds, je vous le consacre ; faites-lui sentir la puissance de votre miséricorde. »

0 prodige de la confiance et de la consécration î An même instant, ce pauvre pécheur est touché jus* qu'aux larmes, il sanglote, il demande à se confesser; il se confesse. Les chants sont suspendus ; on

prie en silence, on attend... La confession faite, le converti reparaît : son front rayonne de paix et de joie ; il remercie, en versant de douces larmes, la Mère des miséricordes. Bientôt le signal du départ est donné : on quitte, au son des instruments et au chant des cantiques de triomphe, le vénéré sanctuaire ; on l'emmène comme une conquête ; et, jusqu'à Bordeaux, ce ne fut parmi ces jeunes gens que louanges à Marie, que félicitations à ce nouvel ami, qu'ils admirent dans leur société, et dont il est aujourd'hui l'ornement et le modèle.

Ce jeune homme continue ses voyages ; mais sa conduite a bien changé; plus de compagnies mauvaises, plus de spectacles, plus de mauvais discours. La prière du matin et du soir, la confession et la communion tous les huit ou quinze jours, la lecture des bons livres, la sanctification du dimanche : voilà ce qu'il sait allier avec ses courses et avec ses affaires.

Si une consécration faite avec une sorte de violence a produit un tel eifet, que n'avons-nous point à espérer de celle que nous pouvons faire librement, faire de plein gré, faire de cœur et d'âme ?

onziehh; jour

AVE MARIA 68. — l/.&ve Maria gravé sus* uu anneau.

Saint Edme ou Edmond, qui devint archevêque de Cantorbéry, en Angleterre, avait été élevé dans une grande dévotion envers la très-sainte Vierge. En l'envoyant à Paris pour y faire ses études, sa mère lui recommanda surtout de ne pas manquer de s'adresser tous les jours à sa divine protectrice. Cette vertueuse mère lui écrivait souvent d'éviter avec soin les mauvaises compagnies, de fréquenter les sacre* ments de pénitence et d'eucharistie ; souvent aussi elle lui envoyait des instruments de pénitence, pour réprimer, disait-elle, les mauvais penchants qui pourraient nuire à sa vertu. Le saint jeune homme, docile aux conseils de sa mère, se montra toujours très-zélé pour la gloire de la Vierge Marie. Il allait plusieurs fois par jour se prosterner devant une de ses statues, et, pour marque de son engagement au service de la Reine des anges, il mit au doigt de cette statue un anneau, sur lequel il avait fait graver en entier la Salutation Angélique. Aussi, voyez comme cette dévotion, si sincère et si persévérante, fut agréable à la très -sainte Vierge. Après la mort du

i U ONZIÈME JOUR.

bienheureux Edmond, on remarqua que la môme prière était gravée sur son anneau épiscopal, auquel cette prière communiqua une vertu si efficace et si miraculeuse, qu'on s'en servit dans la suite pour opérer un grand nombre de guérisons. Il suffisait quelquefois de le faire toucher aux malades pour qu'ils fussent guéris à l'instant même. Si nous ne gravons pas les paroles de V Ave Maria sur une bague, gravons-les dans nos cœurs, cela vaudra encore mieux. (Noël.)

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