Un Parisien conTcrti par le chapelet
L'un des premiers miracles obtenus par le rosaire ou le chapelet fut celui que je vais raconter. Vers l'an 1219, saint Dominique, avec son zèle accoutumé, prêchait à Paris les mystères du saint Rosaire, et y opérait un grand nombre de conversions. L'une des plus remarquables fut celle d'un seigneur, distingué par son rang et ses grandes richesses, mais dont la vie scandaleuse et, déréglée faisait un pénible contraste avec les vertus de sa femme, qui jouissait d'une grande réputation de piété. Dans la peine qu'elle en éprouvait, cette pieuse dame se sentit inspirée de consulter saint Dominique, et celui-ci, selon sa cou* tume, eut tout d'abord recours à la nouvelle dévotion
du rosaire. Il en découvrit la vertu à cette dame, lui en promit d'heureux effets, lui fit même cadeau du modeste chapelet qui était à son usage, l'exhortant à le réciter dévotement pour la conversion de son mari. Heureuse de posséder un si riche trésor, la dame s'en retourna remplie de joie, et commença a réciter le rosaire avec toute la ferveur qu'il est possible d'imaginer. Bientôt la mère des miséricordes exauça ses prières ; car, pendant trois nuits consécutives, son mari, resté jusqu'alors insensible, éprouva de cruelles agitations dans son sommeil, ayant continuellement devant les yeux les châtiments terribles réservés dans l'autre vie aux libertins et aux scandaleux impénitents. Reconnaissant dans cette singulière impression un avertissement du ciel, et touché intérieurement de la grâce, il rentra en lui-même et déplora ses péchés ; puis, se jetant tout en larmes dans les bras de sa pieuse épouse, il lui promit de tenir désormais une conduite plus chrétienne. Ce n'est pas tout : il vint trouver saint Dommique, fit à ses pieds une confession générale et sincère, oùil donna toutes les marques d'une contrition parfaite. Bientôt même il demanda à être admis au nombre des confrères du Saint-Rosaire, et s'y distingua si bien, par son zèle etsa ferveur, que ses exemples contribuèrent puissamment à répandre à Paris et dant toute la France cette belle dévotion. Enfin, après plusieurs années passées dans la pratique des vertus chrétien-
nés, il rendit son âme à Dieu, le tL&ncjour que sa vertueuse femme, et ils furent ensevelis dans un môme tombeau. (Des Billters.)