‹ Nouveau mois de MarieChapitre 49 sur 121 · Lies chapelets île Pie ÏX · texte numérisé non relu

Lies chapelets île Pie ÏX

Un officier supérieur écrivait de Rome : Je semis fort embarrassé de compter les milliers de chapelets qui ont été achetés par nos soldats et par nous dans l'intention de les faire bénir par le pape : « En voilà pour huit francs, disait un simple soldat en montrant ses mains pleines, au sortir d'un magasin. Il ne me reste plus que deux sous ; mais c'est égal, tous les miens seront si contents !...» Le soir, j'ai rencontré un de nos jeunes troupiers qui montait lestementl'escalier des bureaux de la poste française : « Que portestu-là, lui dis-je? ta lettre est bien grosse et paraît fort pesante? — C'est, mon capitaine, un chapelet bénit par le pape que j'envoie à ma mère. — Mais sais-tu que cela te coûtera cher? Peut-être cinq francs; tu ferais mieux d'à l tendre une occasion. — Je n'en connais pas ; et puis ce serait long. Je ne veux pas faire attendre si longtemps ma mère; elle sera si joyeuse! Je payerai les cinq francs! » Et il courut déposer sa lettre. (Rome en 1848-49-50.)

CHAI'ELtî. H9

OUATOUZIEME JOLR

(suite).

^-4. — Chapelet miraculeux de saint Frauçois- Xavier.

Un négociant, étant sur le point de s'embarquer pour Malacca, alla prendre congé de saint François- Xavier. En recevant sa bénédiction, il lui demanda quelque gage d'amitié. Le Père, qui était très-pauvre, ne trouva rien à lui donner que le chapelet qu'il portait à son cou. « Ce chapelet, dit-il, ne vous sera p ts inutile, pourvu que vous ayez confiance en Marie, o Le marchand partit fort assuré de la protection du ciel, et ne redoutant ni pirates, ni vents, ni écueils. Mais Dieu voulut éprouver sa foi. Le vaisseau avait déjà presque traversé le golfe qui est entre Méliapour et Malacca, lorsqu'il s'éleva instantanément une furieuse tempête. Les voiles, le m.H, le gouvernail, se brisèrent, et le navire fut aussitôt poussé contre des écueils où il se fracassa totalement. La plupart des matelots et des passagers se noyèrent, quelques-uns se cramponnèrent aux rochers, sur lesquels ils avaient échoué; le marchand fut de ce nombre. Mais, comme ils étaient en haute mer et qu'ils ne pouvaient

17* QUATORZIÈME Joili.

demeurer en ce lieu sans s'exposer à y mourir de faim, ils prirent une résolution désespérée*. Ils ramassèrent quelques débris du vaisseau, et, les ayant joints ensemble le mieux qu'ils purent, ils se je.èrent dessus et s'abandonnèrent ainsi à la merci des vagues. Notre marchand, tonjourspleindeconfiai.ee en Marie, tenait le chapelet de Xavier, et ne craignait pas de périr tant qu'il aurait le bonheur de le eonserver. Tout à coup, il se sentit comme ravi hors de lui-môme, et s'imagina être dans Méliapour avec le P. François. Revenu de cette espèce d'évanouissement, il fut fort surpris de se trouver sur une plage inconnue et de ne plus voir ni les compagnons de son infortune, ni les planches auxquelles il avait confié sa vie. Il apprit de quelques personnes qui parurent quM était sur la terre de Négapatan; et, ne pouvant contenir sa joie et sa reconnaissance, il raconta, en détail, par quel miracle il venait d'échapper à L\ mort.

Page 1