‹ Nouveau mois de MarieChapitre 6 sur 121 · Le mois de Blarie en Chine · texte numérisé non relu

Le mois de Blarie en Chine

« En 4852, la dévotion du Mois de Marie, renfermée jusque-là dans des bornes assez étroites, s'éten* dait à tout le diocèse de Nankin. Dès 1849, j'en avais fait l'heureux essai dans les principales chrétientés de Som-Riang-Fou. Touché des avantages que nous en retirions, Msr Maresca en autorisa les exercices a Chang-Hai, dans la chapelle de sa résidence. Vers la même époque, cette pieuse coutume s'introduisait dans la naissante école de Zi Ka-Wei. Enfin, dans une

circulaire adressée à tous les Pères de la Compagnie en Chine, et où je leur rappelais tous les secours que nous avons reçus de Marie au milieu des dangers et des fatigues de notre apostolat, je les invitait ne point terminer le mois de mai, qui était déjà commencé, sans instruire les fidèles des avantages spirituels attachés à cette dévotion, et sans leur annoncer que l'année suivante la fête des apôtres saint Philippe et saint Jacques serait le premier des 31 jours consacrés à Marie. Le mois lunaire des Chinois ne coïncidant pas avec notre mois solaire, c'était le seul moyen de fixer l'époque pour des fidèles peu instruits, qui ont d'ailleurs les fêtes d'apôtres marquées sur leur calendrier. Je recommandais dans la même circulaire, d'une manière toute spéciale, la dévotion au Cœur immaculé de Marie.

o Missionnaires et fidèles répondirent à cet appel, et le mois de Marie fut partout l'occasion de s'approcher avec ferveur des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.

« A Tum-Ka-Am, les petits garçons et les petites filles, dociles aux inspirations des vierges, tressaient chaque jour des couronnes de fleurs qu'ils déposaient dévotement sur l'autel de Marie; puis, à genoux et les mains jointes devant son image, ils la conjuraient de leur accorder en retour au moins la conversion d'une âme infidèle. Un enfant de six ans se fit, auprès des^païens, le zélateur de la gloire de Dieu et de Thon-

neur de Marie; cel angélique apôtre touchoe cœur d'un idolâtre qui fut ensuite baptisé, « Je ne sais, « disait le P. Yvetot, où naissent les fleurs qui cou- (i vraient l'autel de Marie, dans un pays où la flore est « si pauvre. A mon grand étonnement, partout de char- « mants bouquets, des guirlandes de roses, ornaient « l'image de Marie et répandaient dans le sanctuaire « un parfum délicieux ; c'étaient de vrais reposoirs de « la Fête-Dieu. » Ce qui vaut mieux, les consciences se purifièrent pour honorer Marie; tousdésiraientse confesser, et lesheures du missionnaire n'y suffisaient pas. » (Extrait d'un Mémoire sur la mission du Kiang- Nan, par le Révérend Père Brouillion, S. J., 1855.)

Page 1