Un Frère guéri par la médaille miraculeuse
Parmi les nombreux exemples qui prouvent la puissance et la bonté de la très-sainte Vierge, en voici un qui est arrivé en 1837, à un Frère de la Doctrine chrétienne. Le bon religieux souffrait depuis longtemps au pied d'un mal qu'aucun remède n'avait pu guérir, et il empirait de jour en jour, sans que les remèdes pussent en arrêter le progrès. Enfin, le chirurgien jugea que l'amputation était devenue indispensable. Justement effrayé de la perspective de cette opération, le malade eut recours à la prière, mais sans que pour cela il parût éprouver aucun soulagement dans son triste état. Pendant une nuit, où il souffrait encore plus qu'à l'ordinaire, il eut la pensée de recourir à la Médaille miraculeuse, qu'il portait suspendue à son cou. Il la prit aussitôt, la glissa entre les linges qui enveloppaient son pied, pour la faire toucher à l'endroit malade, et fît en môme temps la petite prière : 0 Marie conçue sans péché, priez pour nous, qui avons recours à vous. Aussitôt il sentit la douleur se calmer, au point qu'il ne tarda pas à s'endormir profondément ; son sommeil fut très-paisible jusqu'à 5 heures du matin. En s'é-
veillant, il fut surpris de n'éprouver aucune duuleur. 11 touche son pied, le remue, le développe, se lève, et tout cela sans souffrance : le mal avait totalement disparu. Il court lui-même aussitôt en avertir le frère directeur et toute la communauté, en la priant de s'unir à lui pour rendre grâces d'une faveur si précieuse pour lui, et si glorieuse pour la très-sainU Vierge, qui la lui avait obtenue. Le supérieur général lui-même a attesté ce fait, qui fut connu de toutes les communautés de Paris. (G. S. G. catéchisme historique,)
10ï>. — «9e tous défends de faire Tenir nn prêtre*
A Strasbourg, vivait un homme qui affectait cette incrédulité malheureusement trop commune de nos jours dans certaine classe de la société. Inutile de dire, par conséquent, qu'il ne pratiquait point la religion. Après une longue carrière, où il n'avait montré que quelques vertus toutes naturelles, il tomba malade; c'était au mois de juin 1835 ; il fut bientôt réduit à l'extrémité. A cette cruelle époque, sa famille se trouva dans les plus cruelles sollicitudes. On parlait du danger pressant, de la nécessité d'appeler un confesseur ; mais la chose était extraordinairement embarrassante, et voici pourquoi. Dans une circonstance déjà fort reculée, ce malheureux avait dit un jour à une personne amie de sa famille: « J'ai tout lieu de croire que vous vous trouverez dans ma
maison à l'époque de ma dernière maladie ; eh bien, je vous défends de me faire venir un prêtre ; vous entendez bien. Je vous le défends absolument. » Ce malheureux souvenir déconcertait les plus zélés de ses parents, si bien que personne n'osait aborder la fameuse question. Cependant quelqu'un avait parcouru depuis peu la Notice sur la médaille miraculeuse, et y avait trouvé des centaines de faits de ce genre; il se sentit plein de confiance, et il proposa d'en placer une sur le malade, pendant qu'il dormait. Celte heureuse proposition fut accueillie et exécutée aussitôt. Le triomphe de Marie ne se fit pas attendre, et l'on ne peut y penser sans une vive émotion de reconnaissance : à l'instant même, notre incrédule fut entièrement changé. On appelle un respectable ecclésiastique, et il le reçoit avec un attendrissement peu ordinaire ; il lui fait une confession générale, donne toutes les marques du repentir le plus sincère, et, après avoir reçu les sacrements de l'Eglise, il meurt dans les meilleures dispositions. Voilà ce que l'on peut appeler un prodige. Puisse-t-il augmenter ou du moins fortifier notre confiance en la très-sainte Vierge 1