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La naissance de saint Louis, roi de France, est due à la Mère de Dieu et à la dévotion du saint Rosaire. La pieuse reine Blanche de Castille désirait ardemment de donner au trône un héritier qui fût selon le cœur de Dieu. Saint Dominique, qui vivait de son temps, lui conseilla de recourir à la très-sainte Vierge et à la dévotion du Rosaire, de le réciter souvent et d'engager les personnes les plus dévotes qu'elle connaissait dans son royaume à lui rendre fréquemment en son nom le même hommage ; et il lui fît espérer d'obtenir le fruit de bénédiction qu'elle désirait, parla protection de la Mère de miséricorde. Blanche suivit ce conseil avec autant de bonheur que de fidélité. La vertu du saint Rosaire et la piété de la religieuse princesse obtinrent bientôt l'effet tant désiré. Elle eut un fils, et dans son fils un roi qui mit la sainteté sur le trône, qui consacra sa couronne par toutes les vertus chrétiennes, qui illustra sa vie par les actions les plus héroïques, en un mot,
qui porta au tombeau la robe de l'innocence baptismale, enrichie de tous les mérites qui font les saints.
Ce grand prince avait une dévotion si tendre et si vive pour la très-sainte Vierge et tant d'amour pour son humilité, que, pour l'honorer et pour l'imiter, il faisait assembler chaque samedi, jour consacré à Marie, une multitude de pauvres dans son palais, dans son appartement même. Là, à l'exemple du Sauveur, il leur lavait les pieds dans un bassin, les essuyait de ses mains royales ; ensuite il les leur baisait avec un respect qui faisait bien voir qu'il reconnaissait en eux les membres de Jésus-Christ ; après cela, pour joindre la charité à l'humilité, il les faisait dîner, et les servait lui-môme à table, plus satisfait mille fois de glorifier par là Jésus et sa sainte Mère que de tous les hommages qu'il recevait de sa cour. Enfin il terminait une si édifiante cérémonie par une riche aumône qu'il distribuait encore à chacun d'eux, toujours en l'honneur de la Reine du ciel et de la terre. Il avait désiré mourir un samedi, comme pour couronner par l'hommage de ses derniers soupirs tous les honneurs qu'il lui avait rendus chaque semaine de sa vie ce jour-là. Il fut exaucé, Marie voulant que ce jour d'honneur pour elle fût aussi celui de l'entrée dans la gloire du ciel pour son fidèle serviteur.