‹ Nouveau mois de MarieChapitre 67 sur 121 · Vœu de saint Louis · texte numérisé non relu

Vœu de saint Louis

Le sire de Joinville, dont le témoignage ne saurait être suspect, rapporte, comme témoin oculaire, un miracle arrivé par l'intercession de la très-sainte Vierge. Pendant que saint Louis, roi de France, revenait de Lorette, où il était allé visiter la maison de la Mère de Dieu, une furieuse tempête s'éleva tout à coup sur mer et mit toute la flotte en grand danger de faire naufrage. Pendant que le roi était prosterné devant une image de Marie, implorant son secours dans le péril, il arriva qu'un gentilhomme, qui se trouvait dans un autre navire, tomba dans la mer et fut bientôt entraîné par la violence des vents et l'impétuosité des flots ; et, comme on désespérait de pouvoir le secourir, ceux qui étaient dans le vaisseau royal aperçurent de fort loin ce gentilhomme porté au-dessus des vagues et demeurant immobile au milieu de toutes les bourrasques de la tempête. Peu à peu les flots le poussèrent jusqu'auprès du navire où se trouvait le roi ; alors on s'empressa de lui jeter des cordages pour l'aider à sortir de l'eau. Saint Louis, très-affligé du malheur qui lui était arrivé, fut extrêmement joyeux de le voir sauvé d'un si grand péril, et, lui ayant demandé comment il pouvait se faire qu'il n'eût pas été submergé, puisqu'il ne s'était donné aucun mouvement pour se sauver à la nage, il répondit qu'au moment même où il était

tombé dans la mer il avait invoqué la très-sainte Vierge, la conjurant de le secourir dans ce danger, et qu'aussitôt il avait reconnu son assistance, ressentant une vertu secrète et comme une main invisible qui le soutenait continuellement et l'empêchait d'être englouti par les vagues.

!<£. — ILe y(bb de salnit François de Sales.

Une personne de piété, ayant appris que saint François de Sales avait fait vœu en sa jeunesse de réciter tous les jours le chapelet, désira en faire autant ; mais elle ne voulut pas néanmoins le faire sans lui avoir demandé son avis. « Gardez-vous-en bien ! » lui dit le prélat. Cette personne étonnée lui demanda pourquoi il ne voulait pas qu'elle fît ce qu'il avait fait lui-même dans sa jeunesse. « Le mot de jeunesse décide l'affaire, reprit le bienheureux, parce qu'en ce temps-là je fis ce vœu avec moins de réflexion ; mais, maintenant que je suis plus avancé en âge, je vous dis : Ne le faites pas. Je ne vous dis pas de ne point dire votre chapelet ; au contraire, je vous le conseille autant que je puis, et je vous exhorte à ne passer aucun jour sans le réciter, parce que c'est une prière très-agréable à Dieu et à la sainte Vierge ; mais que ce soit par un bon et ferme propos plutôt que par vœu, afin que, quand il vous arrivera de l'omettre, vous ne vous exposiez pas au danger d'offenser Dieu. Car ce n'est pas tout de faire un vœu,

il faut l'accomplir, et cela sous peine de péché, ce qui n'est pas une petite affaire. »

Le saint évoque était si exact à cette pieuse pratique que, quoique chargé de la conduite d'un grand diocèse et appliqué au ministère de la prédication et à la composition de ces beaux ouvrages dont il a enrichi l'Église, il ne s'en dispensait jamais. Un jour qu'il se trouva plus occupé à cause des affaires extraordinaires qui lui étaient survenues, il fut obligé de remettre son chapelet à la nuit. Son aumônier, voyant qu'il se mettait en devoir de le commencer quoiqu'il fût déjà tard, voulut le prier de difïérer jusqu'au lendemain, et d'aller prendre le repos dont il avait un extrême besoin, s'il ne voulait altérer sa santé, a Apprenez, lui répondit le fidèle serviteur de Marie, qu'il ne faut jamais remettre au lendemain ce qui peut se faire en son temps; » et il continua sa prière jusqu'à la fin. (Esprit de saint François de Sales,)

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