fie vœu de deux petits Savoyards
Un des titres sous lesquels la très-sainte Vierge est le plus souvent invoquée, c'est celui de Notre-Dame Auxiliatrice, qui signifie la môme chose que Notre- Dame de Bon-Secours. J'ai lu à ce sujet la charmante
histoire suivante. Vers la fin du mois de novembre 1848, Jean et Marin, deux petits frères savoyards, à peine âgés de douze ans, après avoir été bénis par leur mère, après avoir reçu de ses mains une médaille de la très-sainte Vierge, qu'ils portent attachée à leur cou, quittaient leurs montagnes déjà couvertes de neige pour aller au riche pays de France. Chemin faisant, à travers des sentiers escarpés et périlleux, les pauvres petits enfants se disaient, comme pour se consoler et se rassurer : « Nous sommes bien jeunes pour aller si loin et sans argent. Mais nous ne nous quitterons pas, nous prierons bien Dieu et sa bonne Mère ; Dieu veillera sur nous, et Marie guidera nos pas ; elle pourvoira à tous nos besoins et nous préservera de tout mal ; elle est si bonne, elle est si puissante ! Et puis, à quoi ne nous exposerions-nous pas pour procurer du secours à notre pauvre mère, qui, depuis qu'elle est veuve, n'a pas de pain à donner à notre sœur et à nos deux petits frères? Ah ! comme ils pleuraient en nous disant adieu ! » C'est ainsi que ces charmants enfants cherchaient à se donner du courage contre l'effroi qui commençait à les gagner, au milieu des immenses forêts et des profonds précipices dont ils étaient entourés, lorsqu'ils aperçurent au pied de la montagne la chapelle de Notre-Dame Auxiliafrice, que leur mère leur avait commandé de visiter. Pleins de joie et de confiance, ils accoururent aussitôt, et
tous deux, à genoux sur la môme pierre, animés d'un même sentiment d'amour, d'une foi vive et d'une pieuse confiance, ils font ensemble cette prière simple et touchante à Celle que l'on n'a jamais invoquée en vain : « Bonne Vierge, prenez sous votre garde deux petits Savoyards, qui vont en France, tout seuls et sans appui, chercher du pain pour leur pauvre mère. Nous vous promettons, bonne Marie, si nous arrivons sans accident, de consacrer les premiers vingt sous que nous aurons gagnés, à faire dire une messe en votre honneur, pour les âmes qui souffrent dans le purgatoire. » Et les pauvres enfants, rassurés par le vœu qu'ils viennent de faire à Marie, reprennent leur chemin avec un nouveau courage, et avec l'aide de Celle qui est appelée le guide du voyageur, arrivent heureusement au terme de leur course. A peine arrivés en France, ils se mirent à travailler, et, dès qu'ils eurent gagné vingt sous, ils s'empressèrent de les offrir au premier prêtre qu'ils rencontrèrent, le priant de leur dire la messe qu'ils avaient promise à Marie, pour les avoir si admirablement conduits. Aujourd'hui Jean et Marin, à l'aide des dons qui leur ont été faits, sont devenus petits marchands. Peut-être sont-ils en voie de faire fortune, el cette fortune aura pour fondement vingt sous, mais vingt sous consacrés à Dieu et bénis par la très-sainte Vierge,