‹ Nouveau mois de MarieChapitre 76 sur 121 · La liesse · texte numérisé non relu

La liesse

Une jeune personne qui avait déjà passé plusieurs années dans le désordre gémissait cependant en secret des chaînes honteuses dont elle s'était chargée,

autant par indigence que par passion. Un jour qu'elle était plus occupée du malheur de son état criminel, elle fut toute surprise de voir le complice de ses désordres entrer chez elle, les yeux baissés, l'air confus, avec un portefeuille à la main, et lui adresser ces paroles : « C'est assez longtemps avoir vécu dans le crime ; il est temps d'y renoncer et de songer à la pénitence : je me retire pour y penser, faites-en de même. Vous trouverez dans ce portefeuille de quoi vous fournir une subsistance honnête dans la retraite le reste de vos jours ; allez-y rendre à Dieu le cœur que vous aviez donné à la créature. » La jeune personne, d'abord interdite, ensuite pénétrée de confusion et de douleur, sentit dans ce moment briser toutes ses chaînes ; et, le cœur touché de contrition et de reconnaissance pour un Dieu qui lui facilitait ainsi sa conversion, elle court chercher un guide pour la conduire dans la nouvelle vie de pénitence qu'elle voulait mener et qu'elle mena en effet le reste de ses jours. Le confesseur, surpris d'un si heureux changement, lui demanda si elle n'avait pas conservé quelque pratique de piété dans sa vie criminelle. Elle lui répondit qu'elle n'avait jamais manqué d'entendre tous les samedis la sainte messe en l'honneur de la sainte Vierge, parce que sa mère, au lit de mort, le lui avait fait promettre. L'un et l'autre comprirent alors que la Mère de Dieu avait bien voulu récompenser, par de si grandes marques de bonté,

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cette légère marque de piété envers elle. (Recueil d'histoires.)

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