Un révolutionnaire puni
La petite ville de Neuville-FArchevêque possède une église élégante, construite en 1680, par monseigneur Camille de Neuville, archevêque et gouverneur de Lyon; ce temple, dédié à Marie, fut embelli par les héritiers de ce puissant évêcjue. On remarque, entre autres ornements, une boiserie magnifique, de plus de vingt pieds d'élévation, et qui est enrichie de tableaux sculptés et de différents trophées, symboles et emblèmes de la religion et de ses mystères. Au fond du sanctuaire, au-dessus de la boiserie, s'élève, portée par deux anges dont l'un sonne de la trompette, une statue colossale de Marie rappelant son entrée triomphante dans le ciel.
Aux jours mauvais de 93, l'impiété ne pouvait laisser subsister cette image de la sainte Vierge et les tableaux religieux qui embellissaient cette église. Une horde de vandales, ivres de fureur, se précipite dans la maison de Dieu, et là, à l'envi, on détruit tout ce qui peut rappeler le Christ ou sa religion sainte. Cependant il fallait atteindre à la statue de la reine du
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ciel ; on a conjuré sa ruine, car pourrait-on se résoudre à siéger, dans le comité révolutionnaire, sous l'égide de celle dont chaque jour on attaque la maternité divine? Des échelles sont dressées avec peine, et un intrépide et hardi démolisseur, armé d'une hache, s'élance pour détrôner la Vierge qui, jusque-là, a protégé la ville et attiré sur ses habitants d'abondantes bénédictions. Une minute lui a suffi pour franchir l'espace; il brandit sa hache, et, pour donner à son bras plus de force, à son coup plus de justesse, il saisit de la main la trompette de l'ange, et s'apprête à frapper l'image de Marie. Ses complices, qui ont suivi toutes ses démarches, applaudissent déjà à son sacrilège triomphe. Mais, ô décrets impénétrables de la justice de Dieu ! la trompette se brise, et l'impie, entraîné par l'impulsion violente qu'il a voulu se donner, tombe sur l'autel et se rompt l'épine dorsale. Sa chute, ses blessures, ses cris, épouvantent les révolutionnaires; ils cessent leurs ravages, ils fuient, et c'est à cette circonstance que l'église de Neuville doit d'avoir conservé sa boiserie et surtout le groupe de l'Assomption deMarie, qui fait son plus bel ornement. Le malheureux blessé fut transporté dans sa demeure, où il expira trois jours après, poussant d'affreux hurlements de douleur et de désespoir. Le souvenir de ce terrible châtiment est encore présent à la mémoire de tous les habitants de Neuville, et a servi à plusieurs mères chrétiennes pour inspirer à leurs
enfants des sentiments de respect et de dévotion envers la sainte Mère de Dieu.
G. — Un écoSies» d'ane école protestante»
Un orphelin catholique se vit envoyé à une écoîe protestante. Le maître, pour connaître le degré d'instruction de l'enfant, lui dit de réciter ses prières Celui-ci récita donc couramment le Pater, et il allait commencer Y Ave Maria, lorsque le maître, l'interrompant, lui dit : «Ne parlons pas de cela; nous n'avons rien à démêler ici avec la Vierge Marie ! » L'enfant passa au Credo, et, lorsqu'il arriva à ces mots : Et il fut conçu du Saint-Esprit, il regarda le maître : a Monsieur, s'il vous plaît, dit-il d'un air narquois, la voilà encore, qu'en ferai-je? » — Nous ne savons ce que le maître lui fit faire, mais ceci prouve une fois de plus l'inconséquence du protestantisme.
En admettant Marie pour la mère de Jésus-Christ, comment les protestants peuvent-ils lui refuser les honneurs qu'elle mérite à ce titre auguste?
l'immaculée CONCEPTION. ît
9« — Un pieux évêque sauvé du danger par Marie immaculée.
Un évoque de Montaubnn, Bernard de la Roche, voyageant à cheval dans le Dauphiné, arriva près d'Embrun sur les bords de la Durance, qu'il devait traverser. Un pont jeté sur le fleuve semblait offrir un facile passage; malheureusement il était rompu dans le milieu, et précisément au-dessus de l'endroit où la violence du courant présentait le plus grand danger. Soit distraction, soit qu'il commençât à faire nuit, le bon évoque ne s'aperçut de rien à l'avance... Tout à coup il sent son cheval s'abattre, et il est saisi d'effroi en voyant que déjà il commence à rouler avec lui dans l'abîme. Alors il appelle la bienheureuse Vierge Marie à son secours, et fait vœu, si elle le sauve, de célébrer chaque année la fête de sa Conception immaculée. Sur-le- champ, et sans qu'il ait pu comprendre comment la chose se fit, il se trouva transporté sain et sauf, avec son cheval, de l'autre côté du pont. Le docte et pieux prélat raconta lui-même ce miracle, le 21 avril 1436, aux Pères du concile de Bâle, dans la séance où l'on disputa pour la première fois sur
l'Immaculée Conception, et il ajouta que, fidèle à sa promesse, il célébrait tous les ans avec pompe la solennité de l'Immaculée Conception de Marie.