‹ Nouveau MusicianaChapitre 22 sur 112 · ROSSINI · texte numérisé non relu

ROSSINI

Piossini aimait la bonne chère, on l'a dit bien souvent : quand il dinait chez Rothschild, il entrait d'abord à la cuisine, pour faire un bout de conversation avec son ami le chef; il lui demandait la carte, même une petite dissertation sur les plats, remarquables par leur délicatesse, qui devaient paraître, et pour lesquels il fallait se réserver.

On discutait ces questions avec un sérieux et une attention des plus grandes, après quoi Piossini montait pour présenter ses hommages à là famille du riche banquier.

Àlrne Alboni m'a affirmé que le maitre avait composé un morceau de musique pour le chef de Rothschild, avec sa dédicace.

Rossini venait de mourir à sa propriété de Passy; Auber, apprenant ce triste événement, alla présenter ses compliments de condoléance à Mme Rossini. Celle-ci, tout en pleurs, lui dit : Oh! vous allez le voir, il est beau, il est beau!

Auber répondit : Eh bien ! non, madame Rossini, lenez, j'aime mieux garder son souvenir tel que je l'ai connu.

Alors Mme Piossini, dont les larmoiements s'arrêtèrent subitement : « Dites clone, vous, monsieur Auber, vous vivrez cent ans, car les émotions n'abrégeront pas votre existence. »

Le buste de Piossini était exposé dans la montre du magasin Flaxland. Deux cochers entrent pour demander de la monnaie. En sortant, Fini d'eux de dire : Quel est donc le portrait de cet homme-là ?

Un employé répond : C'est R.ossini.

— Ah ! oui, celui qui a voulu assassiner l'Empereur ! (Orsini.)

J'ai entendu une dame anglaise demander l'adresse de Rossini, et quel est son terme (son prix) pour des leçons de solfège ?

Rossini avait fait mettre une petite lyre sur sa

porte d'entrée à Passy (on peut l'y voir encore). Un jour, en passant devant l'habitation de M. de Lamartine, un ami qui accompagnait le maître lui fit remarquer que Lamartine avait aussi une lyre sur sa porte. Et Rossini de répondre : « Il aurait pu mettre une tire-lire (1).»

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