CHAPITRE III
Lettre de M. Le Gallois à MUe Regnault de Solier, touchant la musique.
Paris, Et. Michallet, 1680, in-12.
Voici en quoi consistait la suprême beauté d'un morceau de musique en l'an de grâce 1680 :
« Il faut que le chant en soit beau, bien tourné et bien naturel; qu'il y ait de petits endroits touchants et passionnés, avec des chutes agréables; qu'il y ait quelque chose qui surprenne et qui ne soit point commun ; que son chant ne soit pas répété, c'est-à-dire qu'on n'ait pas souvent entendu les mêmes traits clans d'autres pièces; qu'il ne soit ni trop recherché, ni trop rempli de cadences; qu'il soit bien lié et ne ressemble aux ouvrages de pièces
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rapportées; qu'il y ait de la diversité ; qu'il soit d'un beau mouvement et marque bien; qu'il ne fasse point de contretemps, et n'ait rien qui géhenne (gène) la mesure; que la pièce soit remplie de beaux accords, ornés et enrichis d'agréments touchants et de beaux ports de voix; que le tout y soit bien adapté, et que la basse avec les autres parties y fasse de belles imitations ou redites les unes après les autres. Enfin que la pièce soit bien animée et contienne de beaux mouvements qui ne soient ni trop lents ni trop vites. »
Pourquoi ne pas dire tout de suite' que ce soit une belle pièce de musique?
On lit dans le même volume :
Voici les noms des maîtres célèbres de ce temps : Pour le luth les deux Gautier, Ilémon, Blancrocher, Du But le père, Porion, M. Du But le fils, M. Mouton, M. de Solera, M. Galot. Le clavecin a eu pour illustres : Chambonnière, les Couperin, Hardelle, Richard, La Barre, M. (XEnglehert, Gautier, Burot (Butot), Le Bègue, Couperin.
Pour la viole : Hottman, de Sainte-Colombe, Desmarets, Du Buisson. Pour le téorbe (il met teurbe) : Le Moine, Pinel, de Visé, Hurel. Pour la guitare à francisque corbette : M. de Valroy, Mme de Visé.
Les grands compositeurs : Lulli , Du Mont, Robert.
L'orgue : Du Mont, Monard, Richard.
Les airs : Lambert, Le Camus, Boisset, Dambru y, Bacili.