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LES PARTITIONS DE M111L DU BARRY

La bibliothèque du Conservatoire possède quelques volumes de musique qui ont appartenu à Mme Du Barry, d'abord Zémire et Azov, qui lui est dédié en ces mots :

A Madame la comtesse du Barry.

Madame,

Quand on possède si bien l'art de plaire, Ton ne peut manquer d'être sensible à tous les arts d'agrément ; et puisque le dernier ouvrage m'a mérité vos bontés, il devrait vous être offert par ma reconnaissance. Daignez l'agréer ainsi que le profond respect avec lequel je suis

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Grétry.

Fallait-il que la maîtresse de Louis XV fût influente ! surtout en lisant dans le petit volume du neveu de Grétry (1) « le lendemain de la première représentation de Zémire et Azov, Grétry, se ren-

(1) Grétry en famille, par A. Grktry, neveu, Paris, 1814.

dant chez la reine Marie-Antoinette, dont il était à cette époque le maître de chant, ne fut pas peu surpris, en traversant une galerie, de voir un garde du corps lui porter les armes, honneur qu'on ne rendait qu'aux princes et aux ministres : « M. le chevalier, lui dit-il, vous vous trompez, je suis Grétry. » Le garde du corps lui répondit : J'étais hier à Zémire etAzorl — Qu'on remarque bien que Zémire et Azor n'est pas dédié à la reine.

Dans le même petit volume on trouve également . ceci, qui est encore aujourd'hui très bien à sa place : « L'empereur Napoléon fit appeler Grétry après une représentation de Zémire et Azov à la cour. D'où vient, lui dit-il, que j'entends toujours à merveille les airs de vos opéras? — C'est, répondit Grétry, que je n'ai point l'habitude de placer le piédestal sur le théâtre et la statue dans F orchestre. » Mais alors, l'interversion des rôles du chant, et de l'orchestre commençait donc déjà à cette époque-là, et Richard Wagner n'est plus qu'un vulgaire plagiaire!

Une autre partition aux armes de Mme Du Barry a pour titre : F Union de F amour et des arts, hallet héroïque en trois actes, par M. Floquet, représenté par l'Académie royale en 1773.

Ces partitions n'indiquent pas précisément que Mme Du Barry était musicienne, ce sont des hommages à une personne qui pouvait être utile à ceux qui les lui offraient. Il est une autre dédicace qui paraît mieux comprise, au point de vue des aptitudes musicales de Mme Du Barrv : c'est le Recueil des

opéra français pour premier Dessus de chant, avec accompagnement de deux violons et basse, 4 volumes in-4° maroquin rouge, riches dentelles sur les plats. M. E. Quantin-Bauchart, dans son volume les Femmes bibliophiles de France, décrit ce bijou de reliure d'une façon bien naïve pour un connaisseur : « Nous signalons ce chansonnier sans garantir l'authenticité des armoiries qui décorent sa reliure et dont l'éclat nous a paru suspect. »

Oh! là! là!

M. Quentin-Bauchart ne savait donc pas que ce livre a été saisi chez Mme Du Barry pour venir au Conservatoire, et que c'est moi qui ait déficelé le paquet il y a quelques années ; voilà pourquoi cette reliure est si fraîche ! Quant à douter de l'authenticité de ces volumes, une fois qu'on les a vus, je le répète, c'est une naïveté sans pareille !

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