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TIMOTHEE

8 Timothee, excellent joueur de flustes, et qui, pour de l'argent, en tenoit escole publique, avoit ceste coutume, avant que recevoir queleun à son apprentissage, de sçavoirs'il avoit quelque commencement de jeu : il en prenoit plus grand prix de moitié, de ceux qui y avoient eu quelque entrée que des autres, lesquels ne scavoient rien : la raison est pour ce qu'il y avoit plus de peine à ôter le mauvais de ses disciples que d'enseigner le bon à ceux qui n'y entendoient rien. »

Les Neuf Matinées du seigneur deGholières, 1556.)

D'après Athénée, la ville de Thèbes possédait une

statue du célèbre chanteur Gléon. Lorsque Alexandre le Grand détruisit cette ville, un fugitif, embarrassé de son trésor, le jeta dans un creux formé par la draperie de Gléon.

Ce même fugitif revint trente ans plus tard dans sa ville natale, rebâtie à neuf; il retrouva exactetement son trésor sur la statue de Gléon.

Gomme nous sommes loin de là, malgré les progrès de la civilisation !

Chez les Romains, tout personnage jouissant d'une certaine considération ne pouvait être enterré sans musique. Il y avait à cette cérémonie des histrions, des danseurs, des joueurs de flûte et de trompette. Un proverbe romain disait d'un homme proche de la mort : Il peut commander les joueurs de flûte (1).

La musique était également immanquable aux repas et représentations, et d'après le Carmen seeulare d'Horace on a lieu de croire que des jeunes tilles et de's jeunes garçons chantaient des chœurs dialogues.

Il est assez remarquable que, dans l'espace de vingt-neuf ans, les bardes de trois rois de la Grande- Bretagne aient payé de leur vie les fonctions dont ils étaient chargés, et dont ils s'étaient sans doute

ili Quodsi idem frigus genus manusque tentaverit tuas, Hcet ad Tibicines initias, Petron. 129.

LEGENDES ET ANECDOTES. 30l>

écartés : Marc Smeaton, chanteur et valet de chambre d'Anne de Boulen, fut accusé d'être trop avancé dans les bonnes grâces de la reine, et exécuté le 12 mai 1536. Thomas Abel, maître de musique et de grammaire de la reine Catherine, femme de Henri VIII, ayant écrit une dissertation contre le divorce, fut pendu le 30 juillet 1540 et écartelé. David Rizzio, de Turin, chanteur luthiste et secrétaire de Marie Stuart, fut tué en présence de la reine le 9 mars 1565.

Demodocns, musicien qu'Agamemnon avait mis auprès de sa femme Glytemnestre, quand il partit pour la guerre de Troie, en le chargeant de lui jouer des airs doriens (1), fut mal récompensé par Egisthe, qui le tua. D'aprèsl'histoire, Phemius, placé dans les mêmes circonstances auprès de Pénélope, parait avoir été plus heureux : c'était sans doute un plus fort musicien.

Théodulphe, évêque d'Orléans sousCharlemagne, était du parti qui conseillait l'unité de l'Empire. Or on sait qu'il n'en fut pas ainsi après la mort du grand empereur.

Louis le Débonnaire fit enfermer Théodulphe ; on le condamna même à une prison perpétuelle.

La poésie vint adoucir la solitude de l' évêque

(1) Platon regardait la majesté du mode dorien comme très propre à la conservation des bonnes mœurs.

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d'Orléans durant ses trois années d'incarcération, et c'est là, entreautres poésies, qu'il composa l'hymne Gloria, laus et honor tihi Christe redemptor ; il le chantait le jour de Noël, précisément tandis que le monarque passait en grande pompe devant la prison. Ce chant inattendu, rendu par une belle voix, cette mélodie suave, et surtout cette pieuse poésie, touchèrent et pénétrèrent le prince. Il pardonna à Théodulphe et brisa ses fers.

Après sa grâce, Théodulphe, en chemin pour rejoindre son évèché, fut empoisonné avant d'y arriver par de bons petits amis qui, durant son absence, s'étaient emparés de ses biens.

Il est possible que la délivrance de Théodulphe soit une légende, car elle n'est pas racontée par les historiens qui parlent de l'évèque d'Orléans.

Le célèbre S t abat mater a aussi sa légende, fort touchante d'ailleurs. On attribue la composition de cette séquence (paroles et musique) h Jacopo Benecletto, dit Jacopo ne. Villemain, dans son Tableau de la littérature du moyen âge, raconte ainsi l'événement funeste qui l' éloigna tout à coup du monde : « Il était issu d'une famille noble (xive siècle) ; éloquent de sa nature, il suivit à Rome la profession d'avocat. Il était marié, riche, célèbre. Dans un fête où il assistait, la chute d'un plafond écrasa sa jeune épouse. En la retrouvant morte au milieu des rui-

nés, il s'aperçut qu'elle cachait un cilice sous sa robe de bal. Sa douleur, sa piété, s'exaltent à cette vue. Il renonce à tout, il devient fou. Après avoir erré comme un insensé, sa folie se calma, et il entra dans un couvent de franciscains. C'est là qu'il a dû composer le Stabat mater. »

Dès qu'une légende nous séduit, il y a toujours une troupe d'historiens qui la suit (je les compare à des pompiers), car ils viennent nous jeter un seau d'eau froide.

Ainsi M. Aloys Kunc dit que le Stahnt est une mélodie française qui n'est connue que depuis 1623.

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