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UNE EXÉCUTION DE LA DAME BLANCHE EN ALSACE

La ville de Guehwiîler (Haut-Rhin) mérite une place honorable clans la chronique musicale des provinces de la France (1).

Quoique l'industrie y domine par dessus tout, — c'est là que se trouvent les établissements des Schlumberger, des Bourcart, des Frey, des de Barry, etc., cités parmi les plus considérables de la France, — cette ville, malgré son activité industrielle, a toujours professé un culte très assidu pour la musique.

Elle possède d'abord une magnifique salle de

Dans cet ouvrage séducteur Brille le feu de ton génie, Partout ta divine harmonie Entraîne et ravit notre cœur; Nous sentons de Jacob la douleur paternelle, De Benjamin nous partageons le zèle, De Siméon nous plaignons les tourments, Nous tremblons a l'aspect d'un père Qui va, dans sa juste colère, Maudire à jamais ses enfants; Et lorsque arrêtant sa vengeance, Elleviou, de Joseph interprète enchanteur, De Jacoh désolé vient finir la douleur,

Nous prenons part à son bonheur.

De ton génie ainsi la sublime puissance Habilement a su nous retracer Le langage de la nature; Et les pleurs que tu fais verser Sont ta louange la plus sûre.

(Journal de f Empire, 26 février 1807.) Guizot.

(1) Il est inutile d'avertir que ces quelques pages ont été écrites avant la guerre avec la Prusse.

concerts, installée dans un ancien couvent de dominicains, aux voûtes gothiques et si hautes qu'on y superposerait trois fois la salle Herz; les gradins de l'orchestre y sont à poste fixe ; au bas se trouve l'emplacement pour les chœurs.

Guebwiller a deux orphéons, un chœur de voix mixtes, une musique militaire, une fanfare, un orchestre d'amateurs; au reste, tout ce qui précède est composé d'amateurs.

Guebwiller manque d'une salle de théâtre pourtant, mais il est question d'en bâtir une. A défaut* d'une salle spéciale, une troupe allemande, recrutée à Francfort, Darmstadt, Warnheim, est venue s'établir passagèrement dans une salle de café. Ces artistes, jouant des rôles qui, probablement, ne sont pas les leurs dans les villes ci-nommées, ont donné Freyscbùtz, Martha, Stradella, Orphée... aux Enfers, le Barbier, la Fille du régiment, etc., enfin la Daine blanche, représentation à laquelle j'ai eu la bonne fortune d'assister. L'orchestre se composait d'un pianiste, bon musicien. Pour la rampe, trois lampions avec réflecteurs; comme décors, la tapisserie du café, représentant une scène de chasse où les chiens sont entre les pieds du cerf, et où le fusil du chasseur semble viser le soleil; au fond du tableau, des vallons verdoyants, des lacs bleus, des arbres à la silhouette invraisemblable, enfin tout ce qui peut réjouir l'œil d'un buveur de bière. Durant les quatre actes (car il y a quatre actes), le décor est resté le même... et pour cause.

Afin de ne pas priver plus longtemps le public de la jouissance de ce décor, le pianiste a passé l'ouverture, et le rideau, de même confection que les décors, s'est ouvert par le milieu, composé qu'il était de deux châssis qu'on ramenait de chaque côté dans la coulisse, et non sans des efforts réitérés. Le chœur entonne : Sonnez, sonnez, les montagnards sont réunis, etc. Les Allemands, on l'a dit sur tous les tons, ont un tel sentiment de l'harmonie qu'ils improvisent instantanément les parties d'accompagnement sur un air quelconque. Il parait qu'il n'en est pas de même quand ces parties se trouvent écrites en toutes notes par le compositeur ; si bien que sopranos, altos, ténors et basses chantaient à l'unisson. Jenny, la tendre épouse de Dickson, était une grosse boulotte qui œilladait vivement les spectateurs, au lieu de réserver ses attentions pour Georges. Il est vrai que le Georges n'était pas beau. Par contre, il rachetait ses défauts physiques en chantant son rôle avec une voix féroce d'un bout à l'autre. Aussi quelle maladresse à ce M. Boïeldieu d'aller mettre des piano, des nuances enfin dans le rôle d'un soldat qui ne craint ni Dieu, ni diable, ni dame blanche, et qui se place en point de mire aux boulets ennemis par pure amitié pour son capitaine !

Le festin du premier acte se composait (Voyez la nature prise sur le fait) de fromage de gruyère, de pain frais et d'une bouteille de vin blanc, le tout posé sur une petite table ronde qui n'en pouvait

contenir davantage. Ce que voyant, les convive- s< sont retirés discrètement dans la coulisse, et il n'est resté que Georges, Dickson et sa femme, pour faire honneur à ce lunch écossais.

Le repas terminé, le chœur est rentré en scène (le chœur dont il s'agit était fort de trois femmes, deux ténors et une basse); bref, il rentra pour entendre la ballade : D'ici voyez ce beau domaine, etc. , Jennv désignait le cerf dix-cors avec sa meute entre

X, xj

les jambes.

Le fermier indiscret qui vient tirer Dickson par le bout de son plaid a produit un tel effet qu'on l'a rappelé, et il a fallu recommencer cette scène émouvante où Dickson, pour mieux figurer la frayeur, se couchait à plat ventre. Je ne dirai rien du duo, mais il y a eu dans ce morceau-là des vocalises qui n'étaient pas précisément de l'école de Mme Damoreau. A Paris, Georges embrasse lestement Jenny sur les épaules, mais ici Georges a pris la jolie fermière à bras le corps et l'a bel et bien embrass sur les deux joues, comme cela se pratique en Alsace quand on se dit adieu.

Au deuxième acte, la pauvre Marguerite avait un rouet qui ne voulait pas tourner; on l'avait emprunté chez quelque bonne bourgeoise, qui ne file pas souvent à ce qu'il parait ; ce maudit rouet a fait bien du tort aux couplets. Quant à Marguerite, elle n'en était peut-être pas trop fâchée, trouvant là une excuse pour interrompre son chant chaque fois que le rouet ne tournait plus : elle

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avait ses soixante ans bien sonnés, cette pauvre Marguerite !

Le Gaveston, par contre, possédait une terrible voix de basse ; on n'entendait que lui clans le trio, il s'en donnait à cœur joie ; malheureusement il chantait trop bas. Georges, en chantant : Viens, gentille diune, tenait le soufflet à la main, et n'a discontinué d'en diriger le bout à l'oreille du cerf précité qu'à la fin de l'air ; si le pauvre animal n'a pas attrapé un rhume de cerveau, il faut en faire honneur à sa robuste constitution et à son habitude de se trouver entre... deux airs. Pardon !

J'ai vu là un effet de scène, à la fin du duo, qu'on néglige à Paris, et bien à tort. A F Opéra-Comique miss Anna se retire assez tranquillement, tandis qu'ici au moment où Georges veut lui prendre la taille pour la retenir, elle le pousse adroitement sur le cerf et les chiens, et se sauve du côté du chasseur. Avis à M. le directeur de TOpéra-Comique, protecteur naturel des jeunes filles en danger.

Mac-Irton est désigné comme juge de paix à la scène française ; les Allemands, plus perspicaces, se sont bien gardés d'adopter cette erreur; ils ont substitué un notaire, par la simple raison que ce sont les notaires qui font les ventes, et non les juges de paix. Le malheureux Mac-Irton n'avait pas de voix du tout, ce qui fait que Georges, qui en avait beaucoup au contraire, n'a pas eu de peine à le faire taire pour se voir adjuger le château d'Avenel, à la grande rage de Gaveston. Au milieu de la vente, un

ouvrier de fabrique, prenant de F intérêt à Gaves ton, s'est écrié qu'il lui prêterait un napoléon sur sa bonne mine. On a ri, cela va sans dire. Au dernier acte, qui se passe dans la salle des chevaliers, j'ai remarqué un trait d'esprit du directeur : voulant faire comprendre au public que le décor avait changé, il n'a imaginé rien de mieux que de clouer deux drapeaux tricolores sur la tête du pauvre cerf. Gela n'avait-il pas une véritable couleur locale? On se trouvait en Ecosse, ou il fallait y mettre de la mauvaise volonté.

La représentation s'est terminée au milieu des applaudissements frénétiques des auditeurs ; j'ai fait comme eux, car j'en avais pour mon argent, vingt-quatre sous les premières !

Un jour, au milieu d'une pluie battante, le compositeur Panseron, réfugié dans un cabriolet, aperçut l'illustre maître Cherubini, longeant le trottoir et se rappetissant, se recroquevilhmt sous un mince petit parapluie, qui avait même quelques fentes.

Panseron fit arrêter son cabriolet, et interpellant le directeur du Conservatoire : « Monsieur Cherubini, monsieur Cherubini, prenez donc mon cabriolet, vous êtes tout mouillé, et à votre âge cela ne vaut rien. » — Cherubini, trouvant sans doute que Panseron avait raison, le remercia et s'em-

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pressa de monter dans le véhicule offert si généreusement.

Panseron sur le pavé, et recevant l'averse qui continuait, dit à Cherubini : « Mon cher maître, je vous demanderai à mon tour de vouloir bien me prêter votre parapluie; vous voyez, cela tombe bien.

Cherubini : Eh ! che, no vous savez bien, les parapluies ca ne se rend jamais. »

LE PREMIER OPERA d'aUBER.

On a coutume de donner à tout musicien une éténéalogie musicale : le père de Haydn jouait de la harpe; le père de Mozart jouait du violon; le père

de Beethoven chantait au lutrin Disons de suite

que le père d'Auber ne jouait d'aucun instrument et ne chantait pas, en public du moins ; ajoutons , d'après Bouilly, que c'était un homme distingué clans les arts, qui avait consacré sa fortune, ses recherches et ses soins à former cette riche et vaste collection des batailles, des hauts faits du règne de Napoléon Ier, dessinés par nos plus grands maîtres, et qu'avait enrichis le burin des premiers artistes de France. »

Si nous ajoutons que le grand-père d'Auber sculptait sur bois à ses moments perdus et avec un réel succès (1), nous aurons tout dit sur les origines artistiques du maître.

(1) Auber montrait à ses amis, nous l'avons vu bien des fois, un baromètre sculpté sur bois par son grand-père : il en était très fier.

Passant à un autre ordre d'idées, nous rappellerons qu'avant de produire devant le public une (i aivre dramatique de sa composition, le jeune Auber s'était essayé dans les opéras de salon. Sa première tentative dans ce genre fut de remettre en musique un poème ou plutôt une comédie lyrique de Monvel, Julie, qui avait déjà été traitée par Dezède, et représentée en 1772.

Mais quel poème que cette Julie! Qu'on se figure un amoureux, un grand seigneur, bégayant, qui commence son air par : Mon ca... ca... ca... ractère est d'être entreprenant, et le finale par :

Qu'a... qu'a... qu'a... qu'a... vez-vous?

Auber était jeune alors, et les bons poèmes étaient aussi rares qu'aujourd'hui. Voilà pour son excuse.

Julie n'est pas, à vrai dire, son premier opéra : ces exécutions intimes ne comptent pas. Serait-ce par hasard un autre ouvrage en un acte, composé pour le théâtre de M. Caraman, prince de Chimay ? — Pas davantage, car de celui-là nous n'avons aucune trace. Ce n'est qu'après ces auditions intimes qu' Auber se mit à travailler le contrepoint et la fugue avec Gherubini.

Je possède clans ma bibliothèque personnelle le précieux volume qui renferme ces études. Après les leçons de contrepoint à deux, à trois et à quatre parties, y compris le style fleuri, se trouve une fugue à quatre parties sur un thème de Faniska, opéra de son maître Gherubini; elle est signée.

Auber, désormais mûr pour la scène, y débuta

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avec un certain succès, sous les auspices de Bouilly.

C'est en effet cet auteur, plus fécond que littéraire, qui eut le mérite de produire le jeune débutant devant le public. Il avait insisté auprès de l'administration du Théâtre Feydeau pour que le poème le Séjour militaire fut confié au jeune compositeur, alors que les directeurs eussent préféré un nom connu, une réputation toute établie, comme celle de Nicolo ou celle de Boieldieu, par exemple : bonne petite habitude directoriale, qui existe encore de nos jours, et qui aura, sans doute, la vie aussi dure que le théâtre lui-même.

Quoi qu'il en soit, il parait bien certain que, malgré l'opposition de Nicolo, la musique d'Auber, entendue devant le comité, fut acceptée, grâce h l'appui de Méhul et de Gherubini.

Le Séjour militaire, représenté pour la première fois le samedi 27 février 1813, eut pour interprètes : M. et Mme Gavaudan, MM. Huet, Darancourt, Batiste, Ponchard, Gonthier et Mme Belmont.

Gomment le public a-t-il reçu les prémices du compositeur en herbe?

A en croire l'auteur du poème, Bouilly, « ce ballon d'essai s'éleva très heureusement dans les airs, sans essuyer la moindre intempérie. Il est vrai que Gavaudan et sa charmante femme étaient dans la nacelle et dirigeaient sa course. L'ouvrage en un mot eut tout le succès que pouvait mériter un simple badinage : la gaieté du sujet et les chants mélodieux de la musique obtinrent les suffrages du public, tou-

jours indulgent pour les premiers pas que fait l'artiste dans sa carrière, et le jeune Auber cueillit un laurier qui devait être suivi de tant d'autres. »

Ce sont les paroles d'un collaborateur, et j'ai cherché en vain un petit écho dans les journaux du temps.

Il n'y avait en l'an de grâce 1813 aucun journal spécial pour la musique. Le Moniteur universel du -2~ février 1813 donne la Situation de F Empire (quarante et une pages in-folio), mais il n'y est pas question du Séjour militaire. Même dans le petit alinéa consacré aux annonces des théâtres, l'Opéra-Comique est oublié ; la pièce d'Auber n'est donc pas même annoncée.

Le Moniteur universel paraît d'ailleurs ne pas faire bon ménage avec l' Opéra-Comique ; il n'an- . nonce jamais ce spectacle, même quand il lui reste un petit bout de blanc pour l'affiche abrégée des autres théâtres. Par contre, on y voit la Loterie impériale et ses tirages, en guise de pjremier Paris. Et puis, il faut bien le dire, les journaux les plus lus ne s'occupaient guère alors de théâtres. Ouvrons à cette même date du 27 février les Débats, qui s'appelaient alors Journal de F Empilée.... il n'y est pas question de théâtre; ce journal reproduit à son tour la Situation de F Empire.

Le 1er mars, le Séjour militaire ne se joue pas ; l'affiche porte : Amhroise ; Lully et Quinault, Ninette à la cour. Le 2 mars seulement a lieu la deuxième représentation du Séjour militaire, et

ce n'est que dans le numéro de ce jour-là qu'on trouve l'article suivant de Geoffroy :

« Opéra-Comique. — Le Séjour militaire, mauvaise farce, folie malheureuse, que le carnaval n'excuse pas, et même qu'il condamne ; il n'y a que les parades spirituelles et originales qui soient dignes de cette joyeuse saison; les autres abusent du carnaval et de la permission.

« Un épouseur vient de Landau dans une auberge de Saverne (Alsace) pour prendre des arrangements avec la famille de sa future ; un capitaine de dragons, avec ses soldats, représente cette famille pour se venger de cet épouseur, lequel a fait des chansons sur sa femme; est-ce ainsi que se venge un capitaine de dragons ';

« Le colonel Saint-Eugène écoute aux portes et entend le complot formé contre le fat de Landau ; il veut représenter ce fat pour s'amuser, et supporte tous les sots propos dont celte prétendue famille l'accable : quel amusement pour le colonel et le public?

« Cette rapsodie, dont le fond est si usé, paraît audessous du nom de l'auteur auquel on l'attribue. La musique est d'un jeune homme.

« Les acteurs ont fait de leur mieux. Le tout a réussi à la première représentation, et même est de force à se traîner jusqu'au mercredi des Cendres. La plus cruelle mystification qu'éprouve se ce moment l' Opéra-Comique c'est la cessation du service d'Elleviou. « Geoffroy. »

LEGENDES ET ANECDOTE-. 3i5

La musique est d'un jeune homme, voilà Tunique éloge qu'Auber reçut lors de son début au théâtre !

Le Séjour militaire figure encore sur les affiches des 5, 7, 12, 20 et 24 mars.... Et voilà le premier opéra d' Auber enterré à tout jamais, même avant le mercredi des Cendres !

Un insuccès pour un débutant n'est pas chose bien extraordinaire; mais avec un débutant qui se nomme Auber on s'attend naturellement à trouver au moins dans son œuvre quelque indice de cette exubérance mélodique, dont il fut si prodigue. Eh bien ! il faut bien le dire, ce qui fait le plus défaut dans le Séjour militaire, ce sont précisément ces indices. Les mélodies sont lourdes et presque communes, en exceptant pourtant les couplets de Mme Fritz : Le jour où Ton perd un époux.... tandis que ce sont les ensembles qui annoncent un musicien par leur contexture, leur netteté et leur mouvement.

Une de mes premières préoccupations à la Bibliothèque du Conservatoire avait été de compléter les œuvres (F Auber.

J'acquis à l'Hôtel des çommissaires-priseurs le Testament et les billets doux, deuxième opéra joué d' Auber . . . Cet ouvrage manquait au Conservatoire. Quant au Séjour militaire qui brillait également par son absence, je n'avais jamais pu le découvrir à Paris. J'avais fureté inutilement chez tous les revendeurs, bouquinistes, étalagistes delà capitale, et je commençais à désespérer lorsque je reçus un

jour un catalogue de Leipzig, annonçant la précieuse partition au prix de 20 francs.

J'envoyai une dépêche télégraphique, et mon émotion ne se calma qu'à l'arrivée du volume.

Le lendemain j'apportai ma partition au Comité des études, présidé par Auber, à qui je racontai mes démarches enfin couronnées de succès. Il me dit :

— Vous auriez pu vous épargner cette peine, mon ami, cela ne vaut pas grand'chose, c'est mon premier enfant.

— Mais, cher directeur, répondis -je, je ne suis pas un critique, je suis bibliothécaire, et votre ouvrage, fût-il cent fois plus mauvais, .il me le fallait.

Alors Auber se recueillant :

— Vous me rappelez qu'un jour Adolphe Adam vint me demander cette partition, j'en avais encore un exemplaire. Je lui fis observer que ce premier né était bien faible, et accusait fortement le jeune homme inexpérimenté.

Adam répliqua : mais c'est précisément pour cela, mon cher maître, que je viens vous le demander. Mes élèves, comme tous les jeunes gens qui commencent cette rude carrière, ont des moments de découragement contre lesquels je ne vois rien de mieux que de leur faire voir votre première partition ; ils s'écrieront à l'unisson : t Grand Dieu ! que c'est mauvais ! Gela leur mettra du courage au cœur pour l'avenir !

Et en racontant cette anecdote, Auber riait de ce

rire fin et spirituel qui lui était particulier et que je crois entendre encore.

Cette partition a dû être gravée aux frais d'Auber ; l'exemplaire est signé F. A., comme tous Font été sans doute, François Auber; c'est bien son écriture.

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