ALMANACH MUSICAL DE
Dès le début de cet almanach de 1775, il y a une jolie annonce: « Les Charmes de la France, contredanse allemande et françoise, dédiée et présentée à la reine, par le sieur Bacquoy-Guédon. »
« M. Bacquoy-Guédon est connu par sa méthode
de redresser les bossus, qui a été annoncée
dans plusieurs journaux : il est auteur de plusieurs contredanses qui se vendent chez lui, de même qu'un recueil de menuets nouveaux avec la Basse chiffrée. »
Deux pages plus loin, il y a l'annonce du Journal de musique, contenant des mélanges et anecdotes, etc. Vies abrégées des musiciens célèbres; choix de jolies parole- a mettre en musique, etc. >
En 1770, Gluck demeurait Petit Hôtel des Deux- Ponts, vis-à-vis la rue de Gaillon. (Les maisons de Paris ne portaient alors pas de numéros.)
Gossee restait rue des Moulins, butte Saint-Iloe.
Gré/rv. rue Traversière.
Monsigny, maitre d'hôtel ordinaire de S. A. S. monseigneur le duc d'Orléans, au Palais-Koval.
PhJlidor, rue de I Un-y.
Désaugiers (le père du chansonnier), au petit hôtel de Eronsac, rue des PrCdres-Saint-Germainl'Auxerrois.
Coupenn. près de Saint-LTrrvais, chez un receveur de la loterie de l'Ecole royale militaire.
Demereau (qui ne s'écrivait pas de Méreau comme son fils), rue Saint-Denis, la porte cochère attenant a 1 enlise ^aiut-bauveur.
Parmi les marchands de musique, on trouve Hameau le fils, place Baudoyer, chez un notaire (pour les ouvrages de son père).
Puscid Tnskin, l'acteur de clavecins, rue de la Verrerie, vis-à-vis de la petite porte Saint-Mederic.
Dalayvac, garde de M. le comte d'Artois, en cour.
c 1776, janvier. — Jean Cornaro, gouverneur de Rome, y a fait publier une ordonnance concernant les spectacles. Il est défendu d'y siffler ou même d'y applaudir, sous peine de trois tours d'estrapade (1) qu'on subira sur-le-champ.
« Les musiciens ont défense de répéter un air, sous des peines pécuniaires ou corporelles, selon les cas. Les femmes légères ne doivent point paraître au spectacle, sous peine du fouet, et de cinq ans de galère pour ceux qui les y conduiront. »
En 1777, Gluck change d'adresse, il demeure chez MUe Rosalie, rue des Fossoyeurs.
Rigel, rue Saint-Honoré, près des Feuillants, chez le clinquailler.
Rameau, rue Saint-Sauveur, au petit hôtel de Sens.
h'ahhé Roze, maître de musique des S. S. Innocents, à la maîtrise. Cet abbé Pioze devint bibliothécaire du Conservatoire en 1807. Dans l'Almanach musical de 1776, il est mentionné parmi les compositeurs.
Dans une note, même almanach, un lit : « La communauté des luthiers et facteurs d'instruments de musique fut établie sous le règne de Henry IV,
(1) On appelait ainsi une espèce de potence, au haut de laquelle on élevait les criminels pour les laisser tomber à quelques pieds de la terre. (Dictionnaire de l'Académie, 1814.)
en 1599. On y réunit en 1692 les faiseurs d'orgues et de flûtes. Elle est actuellement composée de quatre-vingt-dix-sept maîtres ou veuves. Chaque maître a le droit de faire toutes sortes d'instruments de musique ; mais ils sont dans l'usage de s'adonner chacun à an genre particulier. »
En 1779, Rameau a déménagé à la rue des Ménétriers, première porte cochèreà gauche en entrant par la rue Saint-Martin. Quant à Rameau le fils, officier de la chambre du roi, il demeure rue du Roi-de-Sicile, presque vis-à-vis la rue Clocheperche (pour les ouvrages de M. son père).
Accordeurs de clavecins. — « Les maîtres luthiers et facteurs d'instruments ont seuls le droit d'accorder les clavecins : lorsqu'ils n'en ont pas le temps, ils emploient des jeunes gens de confiance et qui ont l'oreille exercée. Gomme ces accordeurs sont sans qualité, bien loin de les servir, ce serait se compromettre que d'en donner ici la liste, et le meilleur moyen de s'en procurer est de s'adresser aux maîtres de clavecin, ou aux facteurs. »
Dans cet almanach de 1779, on trouve pour la première fois, je crois, un projet pour l'établissement d'un Conservatoire. L'auteur démontre la nécessité d'un pareil établissement pour le progrès de la musique, et il expose une grande partie des moyens qui peuvent contribuer à le soutenir presque sans frais. La brochure a vingt-deux pages, elle coûte huit sous: j'en donnerais davantage. Le plus curieux, c'est le titre: L'hôpital musicien.
855 NOUVEAU MUSIGIANA.