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DE LA FONTAINE

Je laîsse à penser la vie Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête, Rien ne manquait au festin :

Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.

A la porte de la salle Ils entendirent du bruit.

Le rat de ville détale, Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire ; Rats en campagne aussitôt ; Et le citadin de dire, Achevons tout notre rôt.

C'est assez, dit le rustique :

Demain vous viendrez chez moi.

Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi.

Mais rien ne vient m'interrompre :

Je mange tout à loisir.

Adieu donc ; fi ! du plaisir Que la crainte peut corrompre.

Le Loup et V Agneau.

La raison du plus fort est toujours la meilleure ;

Nous Talions montrer tout-à-l'heure.

Un agneau se désaltérait

Dans le courant d'une onde pure.

Un loup survient à-jeun, qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage.

Tu seras châtié de ta témérité.

Sire, répond l'agneau, que votre majesté

Ne se mette pas en colère.

Mais plutôt qu'elle considère

Que je me vas désaltérant Dans le courant,

Plus de vingt pas au dessous d'elle ; Et que par conséquent, en aucune façon.

Je ne puis troubler sa boisson.

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