‹ Nouveau recueilChapitre 139 sur 145 · FABLES · texte numérisé non relu

FABLES

Tu la troubles, reprit cette bete cruelle ; Et je sais que de moi tu médis l'an passé. Comment Taurais-je fait si je n'étais pas né ? Ileprit l'agneau, je tette encore ma mère.

Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. Je n'en ai point. C'est donc quelqu'un des tiens; Car vous ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers et vos chiens. |

On me l'a dit ; il faut que je me venge. 1

Là-dessus, au fond des forêts Le loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès.

Le Chêne et le Roseau.

Le chêne un jour dit au roseau, Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;

Le moindre vent qui d'aventure

Fait rider la face de l'eau

Vous oblige à baisser la tête ; Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil,

Brave l'effort de la tempête.

Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphyr. Encore, si vous naissiez à Tabri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

Vous n'auriez pas tant à souffrir ;

Je vous défendrais de l'orage :

Mais vous naissez le plus souvent Sur le: humides bords des royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel : mais quittez ce souci ;

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables t Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin» Comme II disait ces mots. Du bout de l'horison accourt avec furie

Le plus terrible des enfans •Que le nord eût portés jusque !à dans ses flancs.

L'arbre tient bon ; le roseau plie.

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