cJt^ARLES xir. noi de suède
Presque tous ses principaux officiers ayant été tués ou blessés dans ce siège, le colonel baron de Reichel, après un long combat, accablé de veilles et de fatigues, s'étant jette sur un banc pour prendre une heure de repos, fut appelle pour monter la garde sur le rempart ; il s'y traînait en maudissant Topiniâtreté du roi, et tant de fatigues si intolérables et si inutiles. L^ roi, qui Tentendit, courut à lui, et se dépouillant de son manteau qu'il étendit devant lui : '' Vous n'en pouvez plus/' lui dit-il, ** mon cher Reichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais, je vais monter la garde pour vous : dormez ; je vous éveillerai quand il en sera tems." Après ces mots il l'enveloppa malgré lui, le laissa dormir, et alla monter la garde.
Ce héros était trop sensible à la gloire militaire pour refuser ses éloges à ses ennemis, lorsqu'ils les méritaient. Un célèbre Général Saxon lui ayant échappé par de savantes manœuvres, dans une occasion où cela ne devait point arriver, ce prince dit hautement, Schulembourg nous a naincus.
Lorsque dans un siège ou un combat on lui annonçait la mort de ceux qu'il estimait, et qu'il aimait le plus, il répondait sans émotion : ^' Eh bien, ils sont morts en braves gens pour leur prince."
Ce prince disait à ses soldats : '' Mes amis, joignez^ l'ennemi ; ne tirez point : c'est aux poltrons à le faire." Charles ayant, en 1706, forcé les Polonais à exclure le Roi Auguste du ti'ône où ils l'avaient placé, entra en Saxe pour obliger ce prince lui-même à reconnaître les droits du successeur qu'on lui avait donné. Il choisit son camp près de Lutzen, champ de bataille fameux par la victoire et par la mort de Gustave Adolphe. Il alla voir là place où ce grand homme avait été tué. Quand on l'eut conduit sur le lieu: "J'ai tâché," dit-il, " de vivre comme lui; Dieu m'accordera peut-être un jour une mort aussi glorieuse."
Un jour le roi se promenant à cheval près de Leipsic, un paysan Saxon vint se jeter à ses pieds, pour lui demander justice d'un grenadier qui venait de lui enlever ce qui était destiné pour le dîner de sa famille. Le roi fit venir le soldat. Est-il vrai, dit-il, d'un ,visage sévère, que vous avez volé cet homme ? " Sîre," dit le soldat, << je ne lui ai pas fait tant de mal que