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STANISLAS I. ROI DE POLOGNE. S

prouver l'ancienneté de sa maison. Ce grand prince ne se rappellait la gloire de ses ancêtres que pour s'exciter à i'heroisme. Son éducation fut pénible et laborieuse. Convaincu par les évèneraens pénibles de sa vie, que Ton change plutôt ses désirs que Tordre des choses, il n'enchaîna jamais son bonheur à la fortune, et l'attendit du plaisir seul de faire du bien. Rendre les hommes heureux était le principe de toutes ses actions : sa valeur, sa magnanimité, son économie même, découlaient d'une source si pure. Combien d'établissemens utiles, d'édifices superbes, d'embellissemens de toute espèce, créés de ses propres deniers pour la gloire et l'utilité de la Lorraine ! Un Athénien se féhcitait d'être né du tems de Socrates ; tous les Lorrains se regardaient heureux d'être nés sous le règne de Stanislas. Doux, affable, compatissant, il s'entretenait avec ses sujets comme avec ses égaux ; il partageait leurs peines, et les consolait en père tendre. Son peuple ne l'appellait autrement que Stanislas le Bieiijaisanty titre qui ne peut être comparé qu'à celui de Bien-Aimé. Ce prince, après nous avoir donné, pendant sa vie, l'exemple de toutes les vertus, nous instruit encore après sa mort, dans les écrits qu'il a laissés, et qui ont été rassemblés en quatre volumes in 8vo. et in 12mo. sous le titre d'Oeuvres du Philosophe Bienfaisant. Cet ami des hommes avait une physionomie des plus heureuses, et qui annonçait toute la candeur de son âme. Comme il avait beaucoup d'esprit et de lumières, il protégea d'une manière particulière les sciences et les arts, qu'il cultivait lui-même avec succès. S'il n'avait été qu'un simple particulier, on le louerait ici de ses talens pour la méchanique.

Stanislas eut le rare avantage de trouver dans un père tendre un ami éclairé, qui se rendit le compagnon d'études de son fils, pour l'aider plus facilement dans sa marche. Le jeune Stanislas récompensa ces soins paternels par les progrès les plus rapides dans les sciences et dans la vertu. A l'âge de dix-neuf ans ils discuta dans les Diètes, avec la plus vive éloquence, les intérêts de la Pologne. ^'Stanislas Leczynski," écrivait alors TEvêque de Warmie, '^ est regardé parmi nous comme l'honneur de notre patrie ; on pourrait l'appeller les délices du genre humain. Une heureuse facilité de mœurs qui éclate dans ses discours et dans

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ses manières, lui soumet généralement tous les cœurs. Je ne doute point qu'il ne soit ne pour être la gloire de son siècle ; du moins est-il dès à présent la joie de sa nation. Sa naissance, toute distinguée qu'elle est, n'est point au-dessus de ses vertus ; et ses vertus sont infiniment au-dessus de son âge. Dans la première fleur de sa jeunesse, on voit éclorre les fruits d'un âge avancé ; et pour tout dire en un mot, tout est grand en lui : son caractère, son génie, ses sentimens, et jusqu'à l'espoir qu'il donne à nos peuples des avantages qu'il peut un jour leur procurer."

En 1704, Stanislas fut député par l'assemblée de Varsovie auprès de Charles XII. Roi de Suède, qui venait de conquérir la Pologne, et de détrôner Frédéric Auguste. Stanislas était alors âgé de vingt-sept ans, Palatin de Posnanie, et avait été ambassadeur extraordinaire auprès du Grand Seigneur en 1699. Charles témoigna plusieurs fois la satisfaction et Tétonnement que lui causaient l'air plein de noblesse et le mérite supérieur du jeune député. Il dit un jour en sortant d'une longue conférence avec Stanislas, " Qu'il n'avait jamais vu d'homme si propre à concilier tous les partis ;" et il ajouta : *' Voilà celui qui sera toujours mon ami." On s'apperçut bientôt après que ces paroles signifiaient, voilà celui que je donnerai pour roi à la Pologne.

Le primat de Pologne était accouru pour faire tomber le choix du conquérant sur un Lubomirski. Il représenta que Stanislas Leczynski était trop jeune : *^ Mais il est à peu près de mon âge," répliqua sèchement Charles XII. et aussitôt il envoya le comt« de Hoorn signifier à l'assemblée dé Varsovie qu'il fallait élire un roi dans cinq jours, et qu'il fallait élire Stanislas Leczynski. Le cardinal primat ne voulut point se trouver à l'élection : l'Evèque de Posnanie vint présider à sa place, et proclama, le 12 Juillet 1704, Stanislas I. roi de Pologne, et grand duc de Lithuanie. Ce ne fut néanmoins que le 24 Septembre de l'année suivante qu'il fut couronné par TArchevêque de Léopold, et en présence du Roi de Suède, qui voulut être témoin de cette cérémonie.

Le nouveau roi suivit Charles XII. en Saxe, où il y eut en 1706, après plusieurs combats, un traité de paix conclu entre les deux rois d'une part, et le roi

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