‹ Nouveau recueil de cantiques, à l'usage du diocèse de QuébecChapitre 47 sur 191 · VANITE DU MONDE · texte numérisé non relu

VANITE DU MONDE

Air du Drapeau. N° 29.

Qu'olfre à nos rei*urds l'univers.

Tous ces brillans dehors,

Mensonge, fragilit Dans tous ces objets divers

■ ette poini>e.

Ces biens, ces trésors,

Tout nous trompe.

Tout nous éblouit ;

Mais tout nous échappe et tout fuit.

Telles ^u'on voit les flcur£j A vec leure vives couleurs, Eclore, s'épanouir, Se faner, tomber et périr ; Tel est des vains attraits Le partage, Tels l'éclat, les traits,

Du bel âge, Après quelques jours, Perdent leur beauté pour toujours.

En vain, pour être heureux.

Le jeune voluptueux Se plonge dans les douceurs Qu'offrent les mondains séducteurs :

Plus il suit les plaisirs

Qui l'enchantent.

Et moins ses désirs Se contentent : .

Le bonheur le fuit.

A mesure qu'il le poursuit.

Que doivent devenir, Pour l'homme qui doit mourir^ Ces biens lon<î-tems ramassés, ' Çet argent, cet or entassés ?

Fût-il du genre humain Seul le maître.

Pour lui, tout enfin Cesse d'être ;

Au jour de son deuil, îl n'a plus à lui qu'un cercueil.

Que sont tous ces honneurs ?

Ces titres, ces noms flatteurs ?

Où vont de l'ambitieux Les projets, les soins èt lés vœux ?

Faine ombre, pur néant,

Vil atome, Mensonge amusant, \ rai fantôme.

Qui s'évanouitj Après qu'il l'a toujours séduit.

Tel qui voit aujourd'hui, Ramper au dessous de lui.

Un peuple d 'adorateurs Qin brigue à l'envi ses faveurs ; Tel devenu demain La Victime D'un revers soudain Qui l'opprime, Nouveau malheureux.

Est esclave et rampe comme eux.

J'ai vu l'impie heureux.

Porter son air fastueux Et son front audacieux Au dessus du cèdre orgueilleux s Au loin tout revéroit

Sa puissance, Et tout adoroit

Sa présence, Je passe, et soudain Il n'est plus, je le cherche en vain.

Que sont donc devenus Ces grands, ces guerriers connus, Ces hommes dont les exploits Ont soumis la terre à leurs lois ?

Les traits éblouissans De leur gloire, Leurs noms florissans,

Leur mémoire, Avec les héros Sont entrés au sein des tombeâux !

Au savant orgueilleux Que sert un génie heureux, Un nom devenu fameux, par mille travaux glorieux ?

Non, les plus beaux taîens^ L'éloquence,

Les succès brillansj

La science, Ne servent de rien A qui ne vit pas en Chrétieii.

Arbitre des humains.

Dieu seul tient entre ses mains Les évênemens divers.

Et le sort de tout l'Univers.

Seul, il n'a qu'à parler,

Et la foudre Va frapper, brûler,

Mettre en poudre Les plus grands Héros, Comme les plus vils vermisseaux l

La mort, dans son courroux, Dispense, à son gré, ses coups, N'épargne, ni le haut rang, Ni l'éclat auguste du sang.

Tout doit un jour mourir.

Tout succombe ; Tout doit s'engloutir

Dans la tombe ; Les sujets, les Rois, Iront s'y confondre à la fois.

Oui, la mort, à son choix.

Soumet tout âge à ses lois, Et l'homme ne fut jamais A l'abri d'un seul de ses traits :

Comme sur son retour

La vieillesse, Dans son plus beau jour

La jeunesse.

L'enfance au berceau Trouvent, tour à tour, leur tombeau.

O combien malheureux Est l'homme présomptueux, Qui, dans ce monde trompeur.

Croit pouvoir trouver son bonheur î

Dieu seul est immortel,

immuable, Seul grand, étemel,

Seul aimable.

Avec son secours, Donnons-nouii à lui pour toujours.

Air Connu. N° 30.

Dans ce malheureux monde, Tout n'est que Vanité ; Tout passe comme Tonde, Avec rapidité.

Sa gloire, sa puissance, Ses plaisirs, ses grandeurs, N'ont rien que l'apparence ; Ils sont vains et trompeurs.

Dites-moi, je vous prie, Qu'est devenu Samson ?

L'honneur de sa patrie, L« sag.^ S.ilomon ?

Le vaillant Alexandre, L'aimable Jonathas ?

Ils sont réduits en cendre ; Ne le serez-vous pas ?

Où sont ces grands Monarques Qui bravoient les hasards ?

Keste-t-il quelques marques Des illustres Césars ?

Des généreux Pompées Et des riches Crésus ?

Leurs trésors, leurs trophées, Leurs sceptres ne sont plus.

O monde, que ta gloire Et tes plaisirs sont courts !

Leur plus douce mémoire S'efFace aved nos jours.

Tout passe, tout s'envoie !

Pourquoi donc, ô mortels^ Four un bien si frivole, Perdre les éternels ?

ferre^ cendre et pouBsièrCj Puisque vous ignorez Le jour, et la manière.

Et l'heure où vous mourrez ; Profitez de la vie !

Ménagez des momens^

Bes plus cruels tourmens.

Air : Assis sur riierhettê N

'EST à tes faux charmes, O monde imposteur !

Que je dois mes lannes Et tout mon malheur; C'est ainsi, perfide, Que l'homme insensé, Qui te prend pour guide, Est récompensé.

Tes biens nons séduisent ; Ils ont des attraits :

Biais quels fruits produisent Tes plus grands bienfaits ï Souvent dommageables, Toujours dangereux ; Ils font des coupables^ Jamais des Ijeureux.

Quoi de plus frivole Que tes agrémens î Ta faveur s'envole ^ur l'aMe des tems |

©ont

La perte est suivie

Ï/Hustant qui voit naître Tes plaisirs trompeurs, Les fait disparoître, Et les change en pleurs. •

O terre, l'aurore Verra, ce matin, Tes fleurs naître, éclere Sous un Ciel serein :

Demain de ses larmes Elle bqjgnera Les débris des charmes Q'un jour flétrira,

Charmante prairie, Qu'arrose un ruisseau ; Ta rive fleurie N'en peu fixer Feau.

Image du monde ; Il hâte son cours.

Ainsi que son oiade 8'écoulent nos jours.

Quitte, amant frivole, Ton sombre bandeau ; Viens de ton idole Ouvrir le tombeau . • • q C« hideux spectacle Qui fait fuir d'horreur, Etoit le miracle Qui charmoit ton cœur !

Maîtres de la terre.

Que sont devenus Ces foudres de guerre, L'effi'oi des vaincus ?

Cendres et poussière, La nuit du tombeau

Confond dg-ns la bière Sceptre et chalumeau.

J'ai vu jusqu'aux nues L'impie insensé Etendre se s vues ; Surpris, j'ai passé ; Déjà les deux grondent, Les airs sont éuuiSj Les échos répondent.

Hélas I il n'est plus.

EGAREMENS DU MONDE, AîB » bord d'un clair ruisseau^ ^® 3So

Pleurons le triste son

D'une foule stupide Que l'erreur pousse et guide Aux sentiers de la mort :

Le mal n'tst pas nouveau, On s'impose sans peine Une cruelle chaîne, Même jusqu'au tombeau.

De ce monde pervers On eonnoit Tartifice ; On uiaudit sa malice.

Mais on aime ses fers :

Quelle grossière erreur !

Quelle triste folie î On fuit j^endant la vie Lé chemin du bonheur.

Accablé de désirs Sans cesse on se consume ; Onress nt Tan^ertume De tanl de vains soupirs :

Tout le cœur a^ité gouffre un cruel naartyre |

Et tout ce qui l'attire N'est rien que vanité.

On passe tout son tems Pour se mettre à la mode | Mais ce soin incommode N'est-il pas un tourment ?

Ce goût de vanité N'est-il pas condamnable.

N'est-on pas plus aimable Par la simplicité ?

Mortels, ouvrez les yeux :

Le monde est une idole, Qui pour un bien ti ivole Vous éloiû^ne des Cieux :

Le monde est condamné ; Ses Amateius de même Sont frappe s d'anatheme Par le Dieu d'équité.

Formez- donc le projet D'une vie innocente ; Qu'une grâce paissante Vous change tout-à-fait :

Animez-vous d'ardeur, Déclarez avec zèle Une guerre éternelle A ce monde imposteur.

Ne soyez point surpris Des vains discours du inonde ; Qu'il murmure, qu'il gronde, Détruisez son esprit :

Donnez-vous au Seigneur, Sans peine et sans partage ; Il donne l'iiéritage De l'éternel bonheur.

Possédez tout mon cœur, Grand Dieu, si plein de charmes ; Je vous cède les armes.

Yûus êtes mon vainqueur i Je me rends désormais, Yotre joug est aimable ; Le monde est haïssable, J 'y renonce à jamais.

AïR t Un buveur à table. N* 31.

Aimer cettè vie

Malgré ses travaux.

Que cette folie

Nous cause de maux !

Aimer un Dieu même

Quel plus doux plaisir ?

C'est le bien suprême,

Peut-on mieux choisir. Jifii

Pour prendre en partage Un bien séducteur, ('ourir au naufrage Quelle aveugle erreur !

Aimer un Dieu même, &c.

Aimer ce qui passe C'est amusement ; Aimer ce qui lasse • C^est enchantement.

Aimer un Dieu même, &c.

Quelque douce imagé Qui s'offre à nos yeux.

Gardons notre hommage Pour le Roi des Cieux.

Aimer un Dieu même, &c.

NECESSITE DE LA RETRAITE, Air Connu, N^ 33.

Plaisirs inouïs.

Paix la plus parfaite.

Ce sont-là tes fruits^ Charmante retraite ; Monde, je romps tes liens, Vom goûter de si grands biens.

C'est dans ce saint lieiî^ Que le Ciel m'appelle ; Pour plaire à mon Dieu J'y cours avec zèle ; C'est-là que mon Rédempteur, Veut s'assurer de mon cœur.

Frécieux séjour !

Aimable retraite !

îci, chaque jour,

Sans être distraite, Mon ame, dans son Sauveur, Trouvera tout son bonheur.

De mon Créateur J'y vois la pu-ssancp, De mon Rédempteur L'insigne clémence,

iLt de mon juge irrite

La sévère autorité.

D'un air menaçant, Il me parle, il tonne :

Ce Dieu Tout-puissant M'éblouit, m'étonne t

11 m'apprend ses saintes loi* ;

Mes yeux s'ouvrent a sa voix.

Mes crim.es nombreux S'otFrent à ma vue ; Ah ! qu'ils sont affreux J'en ai l'ame émue i Je ne vois que châtiment, Si je ne change à l'instant.

Du pécheur mourant L'image effrayante,

Du juge puissant La voix foudroyante, Troublent mon cœur tour à iom^ Et m'allarm(>nt nuit et jour.

L'enfer, à mes yeux.

Sous nies pieds s'entr^ou^re ; Mille maux affreux Ma foi m'y découvre î

Ah ! trop tard j'ai médité

La terrible éternité.

Je frémis des coups D'un Dieu redoutable ; Mais, Ciel ! qu'il est doux !

Qu'il se rend aimable !

Quand, par un vrai repentir.

On veut à lui revenir ?

Touché de mes pleurs Mon Dieu me pardonne ; De mille faveurs, Sa main me couronne :

Quelle ineffable bonté !

Ah ! j'en suis tout transporté.

Heureux les Chrétiens Qui, dans la retraite, Font de tous ces biens L'heureuse conquête, Qui par un prompt changement.

Se font un sort si charmant î

Venez tous, pécheurs.

Venez aux Retraites, Goûter des douceurs Pures et partîtes ; Venez laver dans vos pleurs, De vos crimes les horreurs»

Ce n'est que dans la retraite

Qu'on jouit des saints plaisirs :

San's dangers et sans désirs,

L'ame est libre et satisfaite.

Heureux, heureux dont le cœur

y trouve en Dieu son bonheur. Firl^

La vertu douce et tranquille Fuit le faste et la grandeur ; L'innocence et la candeur N'habitent que cet asyle. Heureux, heureux dont le cœur

Y trouve en Dieu son bonheur.

O charmant et saint asyle !

Sous un Ciel pur et serein, Ton pouvoir vif et divin ]\ ous rend la vertu facile.

Heureux, heureux dont le cœur

Y trouve en Dieu son bonheur.

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